Le vendredi 26 juin, Flore Laurentienne a atteint sa pleine maturité dans une Maison symphonique pleine à ras-bord. Le vaisseau de Mathieu David Gagnon, compositeur et leader d’orchestre, mérite tout notre respect et notre admiration, car cette façon de faire se démarque de toutes propositions du paysage néoclassique. Ce brillant orchestre dont on pourrait qualifier l’esthétique de « prog de chambre », doit être désormais considéré comme un fleuron québécois, l’indice de découvrabilité internationale est à son max!
Normalement, je ne suis pas très friand des œuvres instrumentales exclusivement tonales lorsqu’elles sont imaginées à notre époque, c’est-à-dire excluant le dodécaphonisme et autres systèmes compositionnels différents des acquis du romantisme et de la musique moderne au début du siècle précédent.
Mathieu David Gagnon n’est pas de l’école contemporaine, sa signature se trouve ailleurs : dans l’instrumentation et dans le son plutôt que dans les harmonies et mélodies. Aux cordes (violons, alto, violoncelle, harpe, etc.) et aux percussions de son ensemble, il greffe différents claviers analogiques pour créer un effet textural des plus singuliers. Qui plus est, l’orgue de l’OSM en format de scène s’avère un ajout substantiel à la proposition.
Ainsi, cette brillante avancée texturale confère aux compositions de Mathieu David Gagnon un caractère absolument unique, au confluent du prog, du néoclassicisme et du post-minimalisme.
Dans les fortissimos, cette puissance harmonique devient tout simplement éblouissante! Comment ne pas être emporté par de telles montées dramatiques, à la fois d’une grande profondeur et d’une simplicité apparente?
Depuis Fleuve 1, une pièce emblématique de Flore Laurentienne sortie en 2019 et jouée vendredi en fin de programme, cette “dramaturgie sonore’ a pris de l’ampleur, ces montées d’intensité étaient d’ailleurs repérables dans plusieurs extraits de l’album sorti ce printemps, l’excellent Volume III – qui constituait la première partie du concert, suivi des « grands succès » de Flore Laurentienne, tels que qualifiés par leur compositeur, impassible et pince-sans-rire.
Inutile de conclure que ce très doué musicien québécois a trouvé une voie unique dans la musique instrumentale mondiale, prédisons que cette œuvre fera plusieurs fois le tour de cette petite planète… qui a tant besoin de ces ondes salvatrices.
Crédit photos: Frédérique Ménard-Aubin






















