Le 21 octobre, au Centre canadien d’architecture, la programmation de la Chapelle Historique proposait un concert de la SQMC avec une grande variété de musiques contemporaines des compositeurs québécois, interprétées par les renommé(e)s Philippe Prud’homme et Louise Bessette.
La première note positive du concert est l’introduction à chaque pièce, enrichie par la présence de certains compositeurs dans le public.
Le concert commence avec la Suite pour piano de Jean Papineau-Couture, un grand nom de la musique québécoise. La pièce, avec des traits néoclassiques clairs et des sonorités à la Hindemith, passe aisément du serein au tendu, dans une belle gamme d’émotions et d’atmosphères qui se succèdent agréablement. Cette pièce met en lumière la virtuosité de Prud’homme et sa capacité à créer des sons raffinés.
Elle se poursuit avec Six Préludes de Francis Battah, un jeune compositeur déjà établi sur la scène canadienne. Ces pièces témoignent d’une esthétique originale, parfois « jazzy », parfois agitée. Il y a quelque chose de debussyste dans l’œuvre de Battah, qui traite le piano avec une grande attention au son et au timbre, en résumé, aux possibilités expressives de l’instrument. Prud’homme interprète tout cela avec classe.
La création de la soirée est Latence d’Alexandre David : une pièce qui est une exploration musicale fluide et qui incarne parfaitement l’idée du titre. Suit Intérieur, jour de Nicolas Gilbert, qui décrit son œuvre comme intimité retrouvée. La pièce, écrite en 2020 pendant la COVID-19, transporte le public dans une atmosphère lunaire suspendue, parfois interrompue par des moments ornementaux de réminiscence baroque. Le tout est interprété avec une grande lucidité par Louise Bessette, icône du pianisme québécois contemporain. Dans Fragments de Serge Arcuri, la résonance des harmoniques des cloches traverse toute la pièce, magistralement interprétée par l’artiste. La soirée se termine avec Les planètes de Walter Boudreau, contenant diverses pièces riches en contrastes de registre et rythmées vivantes, qui rappellent l’image d’une constellation de planètes. Mention spéciale aux deux interprètes, qui ont su emmener le public dans un long voyage à travers la musique de notre époque avec honnêteté intellectuelle et dévouement artistique.
crédit photo : Pietro Freiburger























