Virée classique | Orchestre de Jeux Vidéo : Quand Mère Nature rencontre carte mère

Entrevue réalisée par Sami Rixhon
Genres et styles : musique de jeux vidéo / orchestre

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Gamers, mélomanes curieux, c’est ce samedi, 19h, que vous aurez la chance d’entendre les airs les plus connus tout droit sortis de vos consoles, alors que l’Orchestre de Jeux Vidéo (OJV) présentera, à l’esplanade Tranquille, son spectacle Une odyssée musicale avec Zelda & Mario. Le chef d’orchestre de l’ensemble à vents, Jonathan Dagenais, grand passionné de l’univers vidéoludique, s’est entretenu avec Sami Rixhon afin de nous mettre l’eau à la bouche, tout en détaillant l’immense évolution qu’a connue la musique de jeux vidéo ces 20 dernières années.

PAN M 360 : Pourriez-vous me parler du programme qui attend les auditeurs, samedi prochain?

Jonathan Dagenais : « Chaque année, la Virée classique demande aux ensembles participants de, si possible, faire tourner leur répertoire autour d’une thématique précise. Cette année, la thématique, c’est la nature. On s’entend que, dans les jeux vidéo, c’est quand même un concept très large. Donc, on a une sélection de six, ou peut-être sept pièces, avec un petit rappel si le temps nous permet, de jeux qui sont en lien direct ou un petit peu plus éloigné avec la nature. »

Le spectacle de l’OJV évoquera autant la nature sacrée et mystique de l’opus de Zelda Twilight Princess que les grottes, forêts et rivières fragiles d’Undertale, tout en faisant voyager les oreilles du public dans les contrées en ruines d’Hollow Knight ou dans l’arbre-monde de Faxanadu.

Bref, la nature dans tous ses états, un pixel, une note à la fois.

PAN M 360 : Mettons tout de suite quelque chose au clair, ce n’est pas un spectacle uniquement adressé aux gamers, c’est ça?

J. D. : « Non, mais c’est sûr que les gamers, un petit peu comme dans nos concerts habituels, qu’on autoproduit, s’y retrouvent beaucoup, parce qu’on va directement appuyer sur le bouton nostalgie. Mais ce sont aussi souvent des personnes “non-gamers” qui viennent à nos concerts et qui adorent cette musique. Parce que c’est un petit peu comme la musique de film, c’est-à-dire que c’est une musique qui est hyper évocatrice, qui fait appel à une grande, grande variété d’émotions, et qui vient vraiment nous chercher dans les couleurs, les textures et l’expressivité directe. Donc oui, ça s’adresse à tout le monde. Même à l’intérieur de l’orchestre, dans nos musiciens, on a des gens qui sont des “non-gamers”, et cette musique-là les touche profondément. »

PAN M 360 : Tout le monde connaît le thème de Mario Bros ou de Tetris, mais peu de gens sauraient dire qui sont les compositeurs derrière ces airs. Le phénomène n’est pas le même avec la musique de film, tout le monde connaît le nom de John Williams, Hans Zimmer ou même Danny Elfman. Comment expliqueriez-vous cette différence?

J.D. : « En fait, je crois que cette différence est de moins en moins vraie. Il y a 25-30 ans, souvent, les gens associaient beaucoup la musique de jeux vidéo à des bips-bips, à des airs de synthétiseurs très basiques. Et maintenant, cette musique-là est jouée par des orchestres dans des salles prestigieuses à travers le monde. Quand on pense aux tournées de Zelda Symphony, Final Fantasy : Distance Worlds ou The Game Awards Orchestra, les compositeurs derrière, il y a 25 ans, étaient des compositeurs nichés qui utilisaient des médiums très limités. Maintenant, ils sont appelés à composer pour orchestres symphoniques et autres. On entend de plus en plus parler de Yoko Shimomura, Austin Wintory ou encore Kōji Kondō, des noms qui vont encore émerger avec le temps qui passe, avec la grande démocratisation de la musique de jeux vidéo. »

PAN M 360 : Pensez-vous que Montréal soit un bon terreau pour un orchestre comme le vôtre?

J.D. : « Oui! Ça fait plus de 15 ans qu’on existe, et on a tout le temps jouit d’une grande popularité. On était l’un des premiers orchestres de jeux vidéo, je crois, à exister à travers le monde. Il y en a de plus en plus maintenant, que ce soit au niveau professionnel ou amateur, mais c’était très précurseur à l’époque. »

PAN M 360 : Décrivez-moi à quoi doit-on s’attendre en allant voir un spectacle de l’OJV.

J.D. : « On est très loin des concerts traditionnels, classiques et, si je pourrais dire, occidentaux. Souvent, on retrouve plus une ambiance de show de rock [rires]. Quand on fait une pièce, le public peut devenir très émotionnel et vocal, il nous témoigne son affection parce que ça vient le chercher. Je trouve qu’une des grandes forces d’un orchestre comme le nôtre, aussi, c’est qu’on contribue à la démocratisation de la musique en salle. Il y a parfois des gens qui viennent voir nos concerts qui n’ont jamais mis le pied dans une salle de spectacles auparavant. »

Le programme de l’OJV pour son spectacle Une odyssée musicale avec Zelda & Mario

Toru Minegishi, Asuka Ota, Koji Kondo, The Legend of Zelda: Twilight Princess (arr. Camille Frappier-Fortin)

Toby Fox, Undertale (arr. Alexandre Choinière)

Christopher James Larkin, Hollow Knight (arr. Jérémie Desaulnier)

Jun Chikuma, Faxanadu (arr. Jonathan Dagenais)

Gareth Coker, Ori and the Blind Forest (arr. Camille Frappier-Fortin)

Mahito Yokota, Koji Kondo, Super Mario Galaxy (arr. Laura Intravia)

Crédits photo : Vincent Mesure

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