improvisation libre / jazz / musique contemporaine

Québec musiques parallèles x Festival Flux : Patrick Giguère – Ce qui frémit et Quatuor Bozzini joue George Lewis à La Chapelle – scènes contemporaines

par Rédaction PAN M 360

Patrick Giguère – Ce qui frémit

Inspirée d’un passage de La vie habitable de Véronique Côté, Ce qui frémit est une invitation à ralentir et à tendre l’oreille vers ce qui résonne en nous. À travers des harmonies et des mélodies d’une étonnante familiarité, sublimées par l’utilisation du tempérament juste, Patrick Giguère explore une écoute intime, sensible et lumineuse. Interprétée par Marie-Loup Cottinet à la viole de gambe et Daniel Áñez aux synthétiseurs, cette œuvre nous convie à renouer avec une part fragile mais essentielle de nous-mêmes.

Inspired by a passage from Véronique Côté’s La vie habitable, Ce qui frémit (What Trembles) is an invitation to slow down and listen to what quietly resonates within us. Through harmonies and melodies of striking familiarity, enhanced by the use of just intonation, Patrick Giguère explores an intimate, sensitive, and luminous mode of listening. Performed by Marie-Loup Cottinet on viola da gamba and Daniel Áñez on synthesizers, this work invites us to reconnect with a fragile yet essential part of ourselves.

Quatuor Bozzini joue George Lewis

Dans le cadre de Québec Musiques Parallèles, le Quatuor Bozzini consacre une soirée exceptionnelle à l’univers du compositeur, musicologue et tromboniste américain George Lewis, figure majeure de la création musicale contemporaine. Reconnu pour son travail novateur à la croisée de la composition, de l’improvisation et des technologies interactives, Lewis explore dans ses œuvres les multiples façons dont la musique peut refléter les réalités sociales, culturelles et humaines. Interprète privilégié des musiques d’aujourd’hui, le Quatuor Bozzini propose un portrait à travers des pièces pour quatuors à cordes composées entre 2016 et 2022. Une occasion rare de découvrir l’écriture riche, inventive et profondément engagée de George Lewis, portée par l’un des ensembles les plus influents de la scène contemporaine montréalaise.

As part of Québec Musiques Parallèles, Quatuor Bozzini presents an exceptional evening devoted to the work of American composer, musicologist, and trombonist George Lewis, a leading figure in contemporary music. Renowned for his groundbreaking work at the intersection of composition, improvisation, and interactive technologies, Lewis explores the many ways music can reflect social, cultural, and human realities. One of today’s foremost interpreters of contemporary repertoire, Quatuor Bozzini performs three string quartets composed between 2016 and 2022, offering a rare opportunity to experience the richness, inventiveness, and profound engagement of George Lewis’s music through one of Montréal’s most influential contemporary ensembles.

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expérimental / free jazz / musique actuelle

Québec musiques parallèles : Geneviève Ackerman – Rimes défaites par le Sphinx et Érick d’Orion – Mes fantômes à La Chapelle – scènes contemporaines

par Rédaction PAN M 360

Geneviève Ackerman – Rimes défaites par le Sphinx

Rimes défaites par le Sphinx est un cycle de chansons énigmatiques et rêveuses en « intonation juste » pour deux chanteuses (Florence Tremblay et Geneviève Ackerman) et deux guitaristes (Alexandre Éthier et Francis Brunet-Turcotte). Chaque chanson est un tableau sonore et vivant, qui invite l’auditeur à devenir comme un voyageur intime des profondeurs de la matière. Cette musique se veut aussi lumineuse que faire se peut, un soleil sonore qui résonne malgré les épreuves de la réalité, et qui offre à l’auditeur un espace de recueillement, de charme et de douceur, afin qu’il puisse dérouler à son aise le long fil de ses rêves. Les textes inédits sont signés du poète Frédérik Dufour, et la musique de la compositrice Geneviève Ackerman.

Rimes défaites par le Sphinx is a cycle of enigmatic, dreamlike songs in just intonation for two singers (Florence Tremblay and Geneviève Ackerman) and two guitarists (Alexandre Éthier and Francis Brunet-Turcotte). Each song unfolds as a living sonic tableau, inviting listeners to become intimate travellers through the depths of matter. The music strives to be as radiant as possible—a sonic sun that continues to resonate despite life’s hardships—offering a space for contemplation, enchantment, and gentleness where listeners can freely unravel the long thread of their dreams. The original texts are by poet Frédérik Dufour, with music by composer Geneviève Ackerman.

Érick d’Orion – Mes fantômes

À l’occasion du lancement de son nouvel album Mes fantômes, paru chez Ambiances Magnétiques, Érick d’Orion présente sur scène l’intégralité de cette œuvre en trois mouvements née d’une résidence de création au Centre d’expérimentation musicale (CEM). À la rencontre du free jazz, du rock et de la musique actuelle, Mes fantômes explore les traces invisibles laissées par le son : résonances, fragments et présences spectrales qui émergent, disparaissent et reviennent nous hanter. Entouré d’un ensemble de musicien·ne·s du Saguenay et accompagné pour l’occasion du guitariste Bernard Falaise, le compositeur poursuit sa recherche à la frontière de la composition et de l’improvisation, où l’accident devient matière de création.

To mark the release of his new album Mes fantômes on Ambiances Magnétiques, Érick d’Orion presents the complete three-movement work, created during a residency at the Centre d’expérimentation musicale (CEM). Blending elements of free jazz, rock, and experimental music, Mes fantômes explores the invisible traces left behind by sound: resonances, fragments, and spectral presences that emerge, vanish, and return to haunt us. Joined by an ensemble of musicians from the Saguenay region and featuring guitarist Bernard Falaise, the composer continues his exploration of the fertile territory between composition and improvisation, where chance itself becomes creative material.

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classique / période romantique / Piano

OM : Roméo, Juliette et les éclats d’un siècle à la Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

Sous la direction de la cheffe polonaise Anna Sułkowska-Migoń, trois compositeurs d’un siècle tourmenté se rencontrent dans un programme où la musique devient un éclat de liberté. Composé au moment charnière de son retour en URSS, le ballet Roméo et Juliette de Prokofiev naît du heurt entre aspirations personnelles et pressions politiques, porté par des mélodies expressives et une modernité éclatante. Le Concerto pour piano n° 1 de Chostakovitch, composé avant que la censure stalinienne ne s’abatte sur lui, surprend par son dialogue audacieux entre piano et trompette, propulsé par l’énergie de Gabriela Montero. La Symphonie n° 2 de Grażyna Bacewicz, écrite dans l’élan de l’après-guerre, allie tension et lumière, révélant la puissance créatrice et la résilience d’une compositrice visionnaire.

Under the baton of Polish conductor Anna Sułkowska-Migoń, three composers from a time of upheaval are brought together in a program where music becomes a spark of freedom. Composed at the pivotal moment of his return to the Soviet Union, Prokofiev’s Romeo and Juliet emerged from the tension between personal artistic ambition and political constraint, carried by expressive melodies and a strikingly modern tone. Composed prior to the tightening grip of Stalinist censorship, Shostakovich’s Piano Concerto No. 1 captivates with its bold dialogue between piano and trumpet, driven by Gabriela Montero’s energy. Grażyna Bacewicz’s Symphony No. 2, written in the immediate aftermath of World War II, marries tension and light, revealing the creative strength and resilience of a visionary composer.

Programme

BACEWICZ, Symphonie n° 2
CHOSTAKOVITCH, Concerto pour piano n° 1
PROKOFIEV, Roméo et Juliette (extraits)

Program

BACEWICZ, Symphony No. 2
SHOSTAKOVICH, Piano Concerto No. 1
PROKOFIEV, Romeo and Juliet (excerpts)

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classique / période romantique

OSM : Schubert selon Herreweghe

par Rédaction PAN M 360

Entre Mendelssohn et Schubert, un dialogue à travers le temps : celui d’un génie saluant un autre. Admirateur fervent de Schubert, Mendelssohn fut l’un des premiers à reconnaître la grandeur de sa musique et à la révéler au monde. Sous la direction sensible et lumineuse de Philippe Herreweghe, ce concert rend hommage à cette filiation artistique. Le Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn, chef-d’œuvre d’élégance et d’inspiration lyrique, ouvre la soirée avec éclat. Puis la Symphonie n° 9 « La Grande » de Schubert – que Mendelssohn contribua à faire découvrir après la mort du compositeur – déploie toute sa puissance radieuse. Un voyage où l’admiration devient musique, où la passion d’un chef et d’un orchestre fait revivre cette amitié rêvée entre deux esprits fraternels.

Between Mendelssohn and Schubert, a dialogue across time—a genius saluting another. A devoted admirer of Schubert, Mendelssohn was among the first to recognize the greatness of his music and bring it to light. Under Philippe Herreweghe’s sensitive and luminous direction, this concert pays tribute to that artistic kinship. Mendelssohn’s Violin Concerto in E minor, a masterpiece of elegance and lyrical inspiration, opens the evening in brilliant fashion. Then Schubert’s Symphony no. 9, “The Great”—which Mendelssohn helped unveil after the composer’s death—unfolds in all its radiant power. A journey where admiration becomes music, where the passion of a conductor and orchestra revives the dream of friendship between two kindred spirits.

Programme

Felix Mendelssohn Bartholdy, Concerto pour violon, op. 64 (26 min)
Franz Schubert, Symphonie nᵒ 9, D. 944 « La Grande » (48 min)

Program

Felix Mendelssohn Bartholdy, Violin Concerto, op. 64 (26 min)
Franz Schubert, Symphony no. 9, D. 944 « The Great » (48 min)

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autochtone / musique contemporaine

Festival Flux : Moe Clark + Melody McKiver à daphne

par Rédaction PAN M 360

Moe Clark

Artiste multidisciplinaire aux deux esprits âpihtawikosisâniskwêw (d’ascendance métisse et coloniale), Moe Clark (elle/iel) est un·e oiseau-tonnerre chantant. Originaire du territoire du Traité no 7, l’artiste est membre de la Nation métisse de l’Alberta et réside actuellement à Tio’tiá:ke/Mooniyang/Montréal, au Québec, où iel travaille comme artiste et pédagogue. Moe se consacre également à l’apprentissage du nêhiyawêwin (cri des plaines) et du michif et collabore étroitement avec les Aîné·es et les gardien·nes du savoir à la revitalisation linguistique par le chant. Sa pratique traverse l’improvisation vocale, la conception sonore, l’accompagnement cérémoniel ancré dans le territoire (oskapêwis) et la création scénique, pour créer des œuvres centrées sur les connaissances incarnées, la résurgence autochtone bispirituelle et les afinités créatives.

âpihtawikosisâniskwêw (Michif/mixed-settler) multidisciplinary artist Moe Clark (she/they) is a 2Spirit singing thunderbird. Born and raised in Treaty 7, they are a proud member of the Métis Nation of Alberta. Currently they reside as a guest in Tio’tiá:ke/ Mooniyang/ Montréal (QC) where she works as an artist and educator. A dedicated nêhiyawêwin (Plains Cree language) and Michif language learner, Moe collaborates intimately with Elders and knowledge keepers to advance language resurgence through song-based practices. She works across disciplines of vocal improvisation, sound design, land-based oskapêwis facilitation (ceremonial Elder apprenticeship), and performance creation, to create work that centres embodied knowledge, 2Spirit Indigenous resurgence, and creative kinship.

Melody McKiver

Melody McKiver (iel/ile) est un musicien anishinaabe, violiste, compositeur, et danseur traditional de powwow. Son origine est issue de la Première Nation de Obishikokaang Lac Seul ainsi que de l’Écosse et de la Lithuanie. Ile est professeur adjoint de musique autochtone avec l’Université de Manitoba. Melody a maintenant établi ses quartiers à Winnipeg Manitoba dans la térritoire de Traité no 1, mais était élevée en Ottawa. À titre d’artiste soliste, ile explore toute la gamme des possibilités de l’alto, de l’expression musicale minimaliste jusqu’à la musique cinématique. Melody présent Reckoning EP éponyme pour alto solo en décembre 2017.

Melody McKiver’s (they/them, do not use any other pronouns) musical work integrates electronics with Western classical music to shape a new genre of Anishinaabe compositions. A proud member of Obishikokaang Lac Seul First Nation, Melody is currently Assistant Professor of Indigenous Music (tenure-track) with the Desaultels Faculty of Music at the University of Manitoba and a member of the Mizi’iwe Aana Kwat (LGBTQ2S+ Council) within the Anishinaabe Nation of Treaty #3. They are the 2020 recipient of the Canada Council’s Robert Flaming Prize awarded annually to an exceptionally talented young Canadian composer, and a recurring invited participant in the Banff Centre for the Arts’ Indigenous Classical Music gatherings.

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ambient / électronique / théâtre musical

Québec musiques parallèles : Super scintillant et Plant à La Chapelle – scènes contemporaines

par Rédaction PAN M 360

Super Scintillant

Le duo Super scintillant produit une musique à la fois douce et vivante par la rencontre inusitée de deux univers : celui de la virtuose de la clarinette basse de Mélanie Bourassa et du synthétiseur modulaire de Nicolas Bernier. À la croisée de la musique ambient et improvisée, les artistes construisent leur musique dans l’instant en réagissant aux événements électroniques imprévisibles. Au sein du duo, la clarinette possède un pouvoir magique : celui d’activer l’instrument électronique. De ce dialogue émane des surprises perpétuelles qui se matérialisent dans de riches textures sonores et ont tout pour fasciner les oreilles.

The duo Super scintillant creates music that is both delicate and vibrant through the unexpected meeting of two worlds: the virtuosic bass clarinet of Mélanie Bourassa and the modular synthesizer of Nicolas Bernier. At the crossroads of ambient music and free improvisation, the artists build each performance in real time, responding to the unpredictable behaviour of electronic sound. Within the duo, the clarinet possesses a magical power—it activates the electronic instrument. From this dialogue emerge constant surprises that take shape as richly textured sonic landscapes, offering listeners a deeply captivating experience.

Plant

Ludique, radicale, bordélique, précise, exigeante, la musique du duo Plant repose sur une discipline de l’improvisation totale et mise sur une énergie qui pousse à la perte de contrôle, à l’inconnu. Le groupe est formé de deux musiciens aux techniques étonnantes: Éric Normand et Jim Denley. Leur devis technique : une plante et un ampli, devant lesquels ils utiliseront objets, instruments et fruits pour créer une musique à la fois fragile et d’une rare intensité. Les prestations de Plant s’inscrivent dans une démarche de détournement et de questionnement instrumental et comportent un aspect empruntant au “performance art” ou au théâtre instrumental par des manipulations étranges d’instruments conventionnels.

Playful, radical, chaotic, precise, and uncompromising, the music of the duo Plant is grounded in the discipline of total improvisation, driven by an energy that embraces loss of control and the unknown. The group brings together two remarkable musicians, Éric Normand and Jim Denley, whose unconventional approach pushes the boundaries of instrumental performance. Their technical rider is disarmingly simple: a plant and an amplifier. Around these, they use objects, instruments, and even fruit to create music that is at once fragile and strikingly intense. Plant’s performances challenge traditional ideas of instrumentation through unusual manipulations of conventional instruments, drawing as much from performance art and instrumental theatre as from experimental music.

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chant lyrique / musique contemporaine

La voix en extase ouvre la saison de la SMCQ

par Alexandre Villemaire

Après l’événement Opera’Actuel la semaine dernière dans la programmation du Vivier, c’était de nouveau la voix qui était à l’honneur dans la programmation d’un organisme en musique nouvelle alors que la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) ouvrait sa 61ème saison avec Sotto Voce, un concert qui mettait de l’avant la création lyrique contemporaine. 

La voix est un matériau stylistique et une source d’inspiration qui occupe depuis plusieurs décennies selon les dires de Simon Bertrand, directeur artistique de la SMCQ, une place toute particulière et prisée des compositeurs et compositrices. Cette richesse que l’on retrouve dans ce programme trace en filigrane l’héritage qu’a laissé notamment Claude Vivier avec des œuvres iconiques tels Lonely Child, une de ces pièces les plus connues, mais aussi avec Bouchara, ce chant d’extase à l’amour qui était le pénultième moment de ce concert. Sans être un fil stylistique apparent, c’est une célébration de la voix sous ces différentes facettes qui a été proposée à l’assistance de la Salle Pierre-Mercure.

En introduction, la soprano Marianne Lambert a interprété des extraits du cycle Laudes du compositeur Marc Hyland, accompagné au piano par Pamela Reimer. Hyland a voulu célébrer et exprimer dans ces louanges « son éblouissement devant le principe créateur à l’origine de tout, en libérant le chant de sa fonction poétique ou sémantique rationnelle ». Pour ce faire, il a extrait pour chaque pièce des phonèmes de trois textes traduits en plusieurs langues. À un accompagnement au piano tantôt épuré et intime, tantôt actif, Lambert appose à ce flot vocal une voix brillante et claire, usant de différentes techniques, notamment le bocca chiusa (bouche fermée) pour créer un effet timbrale distinctif.

Madrigal VI de Bruce Mather est la pièce qui a demandé et qui a été la plus méditative. Écrite pour soprano, flûte, piano et bande magnétique, la pièce fait interagir le matériel musical sur support, soit la flûte et la voix de soprano pré-enregistré, avec ces mêmes interprètes dans un jeu de dialogues. Le timbre vocal perçant de Magali Simard-Galdès se mélangeait aux hautes fréquences de la flûte de Marie-Hélène Brault alors que Pamela Reimer ponctuait cette action musicale d’interventions utilisant le piano dans son corps complet, de jouer en étouffant les cordes à faire frotter le crin d’un archet entre celles-ci. 

C’était une excellente idée de la part de Simon Bertrand que de faire intervenir la soprano Marie-Danielle Parent, celle qui a été une muse et une interprète des œuvres de Claude Vivier. Son allocation sagace après la pièce de Mather, en plus d’offrir une fenêtre sur la personne profondément humaine qu’était son ami Claude, elle a permis de donner du contexte au style de Vivier à la création de Bouchara. C’est une œuvre complexe où Vivier invente un langage de mots qui privilégie les consonnes percussives et les syllabes construites avec la voyelle « Y » et dont l’évolution dans la chanson d’amour installe progressivement une dynamique incantatoire. La soprano Elisabeth Boudreault a offert une performance incarnée et digne.  L’extase de la chanson d’amour, elle le vivait dans son corps, dans son esprit et dans ces gestes. C’était un spectacle autant de la voir vivre cette œuvre que de regarder Cristian Gort, chef de l’Ensemble de la SMCQ, vivre avec tout autant d’énergie et de plaisir. Que ce soit dans son introduction épurée où le violoncelle interagit avec le son du cor; les envolées lyriques ratissant une large tessiture vocale et les imposants coups de gongs, l’extase était palpable du début à la fin.

La conclusion de la soirée appartenait à Sébastien Goulet à qui la SMCQ avait passé une commande d’œuvre : Ophiolite. Faire suite en concert à une pièce de Vivier peut être intimidant pour un jeune compositeur, mais Goulet s’en est tiré avec élégance, présentant une composition pour deux sopranos, accompagné d’un instrumentarium conséquent, composé entre autres de deux clarinettes, d’une harpe, d’un hautbois, d’une trompette, d’un cor et de cordes.  L’inspiration de Bouchara est apparente, notamment dans la texture orchestrale et avec ces grands temps fort marqués fortissimo qui viennent accentuer des changements d’actions dans le texte.  Le traitement de la poésie est, lui, plutôt conventionnel et très tonal avec des élans très imagés, presque cinématographique. À ces textures orchestrales, Goulet compose des lignes vocales d’une grande finesse, faisant un usage judicieux des timbres de Magali Simard-Galdès et Elisabeth Boudreault.

La voix de la musique contemporaine est bien vivante et fertile et elle continuera de s’exprimer sous ces différentes facettes, alors la SMCQ se prépare pour l’édition 2027 du festival Montréal/Nouvelles Musiques qui aura pour thème : les Amériques.

crédits photos : Luc Desjardins

avant-garde / musique contemporaine / théâtre musical

Le Vivier : Ji Eun Moon – Conte de fée en musique à la Salle Bleue de l’Édifice Wilder

par Rédaction PAN M 360

Conte de fée en musique propose une rencontre ludique entre musique, récit et théâtre. Imaginé par Ji Eun Moon, ce concert s’inspire du conte québécois Le Fantôme de l’avare, écrit par Honoré Beaugrand. Cette histoire est l’objet d’une réinterprétation musicale à travers une suite d’une dizaine de mouvements, où se croisent pop, musique classique contemporaine, rock, jazz, improvisation et sonorités d’avant-garde. Porté par des chanteur·euse·s, des instrumentistes et un narrateur ou comédien de doublage, le récit prend vie grâce à une palette d’expressions théâtrales: dialogues, chuchotements, pleurs, chants et cris. Les guitares électriques se mêlent aux instruments acoustiques pour créer des univers sonores singuliers, tandis que chaque mouvement révèle les émotions et la personnalité des personnages.

Fairy Tale in Music offers a playful encounter between music, storytelling, and theatre. Conceived by Ji Eun Moon, this concert draws inspiration from the Quebec folk tale The Miser’s Ghost, written by Honoré Beaugrand. The story is reimagined musically through a suite of around ten movements, bringing together pop, contemporary classical music, rock, jazz, improvisation, and avant-garde sounds. Performed by singers, instrumentalists, and a narrator or voice actor, the story comes to life through a rich palette of theatrical expression: dialogue, whispers, sobs, singing, and cries. Electric guitars blend with acoustic instruments to create distinctive sound worlds, while each movement reveals the emotions and personalities of the characters.

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dancehall / reggae

Pop MTL 2026 | Sister Nancy, (O) Riginal !

par Sandra Gasana

Le concert tant attendu de Sister Nancy était prévu pour la conclusion du programme de 23 h au Piccolo Rialto, mais c’est peu après 1 heure du matin que la grande prêtresse du dancehall est apparue sur la scène du Picolo Rialto. Et quelle apparition !

Sister Nancy, Ophlin Russell de son vrai nom, est une pionnière en matière de dancehall made in Jamaïca, univers majoritairement masculin à son époque. Les fans de cuture jamaïcaine savent qu’elle a ouvert la porte à plusieurs femmes qui ont suivi ses traces.

Du haut de ses 64 ans, elle était plutôt en forme lors de sa prestation pour la 25ème édition de Pop Montréal et faisait même quelques sauts sur scène durant sa performance. Accompagnée d’un DJ qui balançait des riddims endiablés, elle a débuté avec une session d’improvisation rendant hommage à Montréal.

Connue mondialement grâce à son mégatube Bam Bam, sa voix reste identifiable dès les premières notes, cette grande performer n’a certes pas perdu de sa vigueur avec les années. Quelle énergie !

Sister Nancy a joué plusieurs de ses succès mais j’ai découvert également des morceaux moins connus. De temps en temps, elle partageait des messages avec son audience, que ce soit pour parler de l’importance de s’aimer les uns et les autres dans les temps actuels ou encore de profiter de la vie au max. Lors de sa dernière visite à Montréal, elle avait rencontré Carrie Brown dans les coulisses, une artiste canadienne du reggae, décédée en janvier 2026. « Aujourd’hui, je suis ici et elle n’est plus là. La vie est courte, profitez de chaque moment », prêche-t-elle entre deux sons.

Elle a même partagé la toute première chanson de sa carrière datant de 1979, annonçant d’emblée qu’elle ne se souvient pas toujours des paroles et a sollicité l’aide du public qui était ravi de chanter avec elle. Elle aura aussi repris à son avantage des rimes de Hal David, « What the world needs now is love sweet love », tirée d’une grande chanson composée par Burt Bacharach.

Son énergie débordante sur scène était contagieuse, la salle dansait tout le long, certains adeptes du reggae étaient ravis de voir leur idole alors que d’autres découvraient l’artiste pour la première fois. En sortant du Rialto, je me suis promise de visionner le documentaire réalisé à son sujet pour découvrir encore plus le parcours de cette grande dame.

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dancehall / dub reggae / électronique / reggae

Pop MTL 2026 | Honeydrip, une DJ pas comme les autres

par Sandra Gasana

En attendant que Sister Nancy monte sur scène, je me suis retrouvée dans le sous-sol du Rialto pour aller voir Honeydrip, un nom marquant de la scène électronique underground montréalaise. En arrivant, cette DJ, qui compte une dizaine d’années dans le métier, mixait sur du dub et du reggae avec les basses qui explosaient nos tympans. Et plus ça allait, plus le rythme s’accélérait pour donner de plus en plus de place à de l’électro, tout en gardant l’aspect planant et atmosphérique du reggae. Très concentrée sur ses pitons, elle n’interagissait pas beaucoup avec son public qui semblait séduit et qui dansait tout le long du set.

Honeydrip est également productrice de bass music et bâtisseuse de haut-parleurs respectée, en plus de poursuivre sa carrière de DJ au niveau national et international. Elle a parcouru l’Europe, l’Amérique du Sud et le Canada et fait parler d’elle de plus en plus.

Elle a terminé son set avec du dancehall et elle a choisi le morceau Nobody moves, Nobody gets hurt au grand plaisir des spectateurs qui se sont mis à applaudir.

Lorsque Honeydrip n’est pas derrière des platines, elle anime des ateliers adressés aux femmes et à la communité LGBTQ+ afin de les outiller et les inclure dans la culture sound system. Elle est avant-gardiste dans ses choix de labels et a déjà publié sur des labels tels que Banofee Pies Records entre autres et continue de contribuer au développement de la culture du sound-system à Montréal. Un nom à retenir !

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