Conçu pour la semaine sainte, le cycle Membra Jesu nostri, que l’Allemand d’ascendance danoise Dietrich Buxtehude composa en 1680. Les sept courtes cantates de ce cycle rendent grâce au corps du Christ et ses plaies observables sur la Croix, le tout inspiré de poèmes spirituels médiévaux attribués à Bernard de Clairvaux. On considère le cycle Membra Jesu Nostri parmi les chefs-d’œuvre de la musique luthérienne. Sous la direction d’Andrew McAnerney, le Studio de musique ancienne de Montréal (SMAM) exécute ce cycle devant public, la performance est aussi enregistrée pour une webdiffusion. En hommage à feu l’organiste Réjean Poirier(1950-2020), l’ensemble interprétera aussi la Sonata Cromatica per organo du compositeur baroque italien Tarquinio Merula.
ARTISTES
Marie Magistry et Stephanie Manias, sopranos Josée Lalonde, alto Michiel Schrey, ténor Normand Richard, basse
Tanya Laperrière, violon solo et viole d’amour Guillaume Villeneuve, violon Susie Napper, viole de gambe Mélisande Corriveau et Marie-Laurence Primeau, violes Christophe Gauthier, orgue positif
Andrew McAnerney, direction
PROGRAMME
Le cycle des sept cantates Membra Jesu nostri (BuxWV 75) de Dietrich Buxtehude (1680)
Cantate I, Ad pedes (aux pieds), pour deux sopranos, alto, ténor, basse, deux violons et basse continue en do mineur Cantate II, Ad genua (aux genoux), pour deux sopranos, alto, ténor, basse, deux violons et basse continue en mi bémol majeur Cantate III, Ad manus (aux mains), pour deux sopranos, alto, ténor, basse, deux violons et basse continue en sol mineur Cantate IV, Ad latus(au côté), pour deux sopranos, alto, ténor, basse, deux violons et basse continue en ré mineur Cantate V, Ad pectus (à la poitrine), pour alto, ténor, basse, deux violons et basse continue en la mineur Cantate VI, Ad cor (au cœur), pour deux soprano, basse, trois violes de gambe et basse continue en mi mineur Cantate VII, Ad faciem (à la face), pour deux sopranos, alto, ténor, basse, deux violons et basse continue en do mineur
La maestra finlando-ukrainienne Dalia Stasevska dirige un programme intégralement nordique, exécuté par l’OSM et destiné à la webdiffusion. Créé au tournant du XXe siècle, le poème symphonique Finlandia de Johan Sibelius, certes le plus célèbre des compositeurs finlandais, est l’introduction d’un programme incluant le Concerto pour harpe du compatriote Einojuhani Rautavaara (1926-2016) et dont la soliste est Jennifer Swartz, musicienne de l’orchestre montréalais. La Symphonie no 1 en fa mineur, op. 10, oeuvre de jeunesse de l’immense compositeur russe Dmitri Chostakovitch, complète ce programme singulier.
L’OSM brise la glace (très mince) avec Barber, Still et le soliste Kerson Leong
par Alain Brunet
crédit photo : Antoine Saito
Les variants de la COVID 19 n’ayant pas encore fait trop de ravages sur le territoire québécois, les premiers concerts en salle de l’OSM ont lieu les 7 et 8 avril. Et, vu que l’habitude est prise, la webdiffusion de ce concert est prévue du mardi 20 avril au 4 mai.
Chef assistant de l’OSM, Thomas Le Duc-Moreau dirige l’exécution de la Symphonie no 2 Song of a New Race du William Grant Still (1895-1978), pionnier afro-américain de la composition moderne, éduqué dans les grandes écoles (Oberlin, New England Conservatory), aussi tributaire des enseignements de son compatriote afro-américain W.C. Handy et du visionnaire français Edgar Varèse. Cette symphonie se veut une représentation sonore de l’homme de couleur moderne en Amérique dans les années 30, très souvent métissé (africain, autochtone, caucasien)… et vraiment pas au bout de ses peines. Voilà une fusion des genres comparables à celle de George Gershwin mais cette fois écrite dans une perspective afro-américaine.
En première partie de programme, ont été prévues deux œuvres pleines de lyrisme de Samuel Barber, autre compositeur américain… qui eut certes la vie plus facile que son collègue William Grant Still pour des raisons évidentes, et dont le travail est aujourd’hui connu de tous les mélomanes enclins à la musique classique moderne. L’OSM exécutera donc son Adagio pour cordes, et son Concerto pour violon avec pour soliste le jeune virtuose montréalais Kerson Leon, promis à une brillante carrière internationale.
PROGRAMME
Orchestre symphonique de Montréal
Thomas Le Duc-Moreau, chef d’orchestre
Kerson Leong, violon
Barber, Adagio pour cordes, op. 11 (8 min)
Barber, Concerto pour violon, op. 14 (25 min)
crédit photo: Antoine Saito
NOTRE COMPTE-RENDU
Peut-on vraiment parler d’un grand retour de l’OSM avec son public? Probablement pas mais… Oui, le nouveau maestro de l’orchestre et son meilleur premier violon brillaient par leur absence, il apparaissait clair que l’organisation avait dû réagir très rapidement à l’allégement des mesures annoncées il y a quelques jours par le gouvernement québécois. Par voie de conséquence, on mettait de l’avant un programme dirigé par le jeune chef adjoint de l’orchestre, Thomas Le Duc-Moreau.
Dans un sobre préambule, la directrice générale Madeleine Carreau nous fera éloge de la résilience des musiciens et du public et ne cachera pas sa perplexité face à la conjoncture et la relance pérenne des arts de la scène… « Qui peut parler d’avenir maintenant? » Effectivement, la troisième vague de la COVID est déjà en train d’éteindre bien des étincelles mais il s’en trouvait encore mercredi à nous allumer dans une Maison symphonique peuplée selon les règles de distanciation nécessaires dans le contexte.
À l’origine conçu par Samuel Barber (1910-1981) comme un mouvement de son premier quatuor à cordes, cet Adagio pour cordes op. 11 s’avère une œuvre-clé du siècle précédent. On s’y laisse emporter dans spirale ascendante du discours mélodique, superbe jeu de timbres, harmonisations post-romantiques et modernes. On aime ce flot lent, à la fois violent et sage du discours orchestral, on en apprécie les magnifiques variations qui suivent une trajectoire arquée, qui nous mènent à un superbe pic fortissimo-forte et qui nous ramènent ensuite au calme méditatif. Voilà sans conteste des sons fondateurs de la musique moderne et aussi de la culture populaire audiovisuelle – l’Adagio pour cordes de Barber fut cité dans une vingtaine de films et une quinzaine de séries de télévision grand public. De manière générale, la direction sobre et rigoureuse du jeune maestro québécois aura bien servi cette œuvre exécutée par une quarantaine d’interprètes.
Ce programme nord-américain incluait une autre œuvre-clé du compositeur américain, son Concerto pour violon op. 14, composé en Europe en 1939-40 et terminé peu après son rapatriement aux USA. Pour servir l’oeuvre, le jeune virtuose montréalais Kerson Leong fera preuve d’un jeu remarquable, sans conteste d’un niveau international. La maîtrise des timbres, la projection et l’articulation du soliste lui sont propres. Les deux premiers mouvements de l’oeuvre, allegro et andante, sont l’occasion pour Leong de faire valoir sa recherche timbrale, et le troisième, presto in moto perpetuo, révèlent ses formidables capacités d’interprètes vu les exigences techniques prévues par le compositeur dans ce mouvement caractérisé par un flux continu de notes exécutées sur un tempo rapide. La clarté de l’articulation est ici celle des meilleurs. Sans être flamboyant dans sa gestuelle, Kerson Leong s’affirme désormais comme l’un des plus brillants violonistes canadiens. Quant à l’accompagnement de l’orchestre, on s’en tiendra aux qualificatifs bon ou correct.
En dernier lieu, le public aura eu droit à un juste retour du balancier, soit la reconnaissance d’un des premiers compositeurs afro-américains de l’histoire moderne, William Grant Still (1895-1978). Son œuvre ne fut pas très connue du public, on imagine que le racisme systémique n’a certes pas joué en la faveur de son rayonnement, alors que ses œuvres étaient comparables à celles d’un George Gershwin, pour citer l’exemple le plus évident. Still était clairement influencé par le romantisme et l’impressionnisme européens mais aussi soucieux de mettre ces enseignements au service du blues et du gospel, fondements africains de sa culture noire d’Amérique. Il nous faut donc rattraper notre retard et admettre les qualités probantes d’une œuvre échelonnée sur un demi-siècle, soit des années 20 aux années 70. Et aussi admettre que la culture noire américaine peut depuis longtemps s’émanciper à travers la musique écrite de haut niveau. Composée en 1937, sa Symphonie no.2 en sol mineur, Songs of a New Race, évoque l’émergence de ces métis modernes d’Amérique, population de couleur aux origines multiples qui n’ont cessé depuis de gagner en importance dans la société états-unienne. Encore là, Thomas Le Duc-Moreau et l’OSM servent l’ œuvre avec la rigueur nécessaire. Du bon travail dirigé par un jeune chef dont la personnalité pourra s’affirmer davantage avec le temps.
L’OSM célèbre Pâques avec une œuvre de Joseph Haydn: Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze, en français Les Sept Dernières Paroles de Notre Sauveur en Croix… ou encore Les Sept Dernières Paroles du Christ. Commandée au compositeur autrichien en 1786, cette œuvre fut imaginée tour à tour pour orchestre, pour quatuor à corde, pour piano seul et en oratorio, pour quatre voix solistes, chœur mixte et orchestre. Sous la direction de Bernard Labadie, grand maestro québécois de la période baroque (et plus encore) avec une narration du texte sacré par l’acteur québécois Yves Jacques, nous aurons ainsi droit à la version pour orchestre.
Orchestre symphonique de Montréal
Bernard Labadie, chef d’orchestre
Yves Jacques, narrateur
Haydn, Les Sept dernières paroles du Christ, Hob.XX:1, version pour orchestre
Le contrebassiste-compositeur «Auguste le Prez», quolibet attribué à Alain Bédard, s’y consacre depuis des mois: LOGUSLABUSMUZIKUS sera lancé et sa matière sera jouée lors de ce concert virtuel. Le Jazzlab Orchestra s’applique aussi bien à transcender l’enjeu du collectif que la singularité des voix individuelles. Les séquences audacieuses se succèdent dans une pluralité d’éléments thématiques qui élèvent cet ensemble et dépasse ainsi la somme de ses parties. Rappelons qu’il s’agit de la 19e présentation du festival Jazz En Rafale, fondé par Alain Bédard et président du label Effendi. La présentation de cette année comprend neuf concerts d’artistes québécois webdiffusés en temps réel et en différé, jusqu’en mai 2021.
Oeuvre baroque archi-connue, Les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi a été réaménagée en profondeur par par le post-minimaliste Max Richter, voilà le plat principal de ce programme mis de l’avant par le Trio Fibonacci. Outre le compositeur allemand, les musiciens montréalais ont choisi deux autres pointures de la même mouvance esthétique, Philip Glass et Ludovico Einaudi.
Ludovico Einaudi | Life Philip Glass | Façades Ludovico Einaudi | Experience Chanson traditionnelle norvégienne | Soyez les bienvenus Max Richter | Les Quatre Saisons de Vivaldi recomposées
Sous la direction de Mathieu Lussier, Arion Orchestre Baroque se consacre à des oeuvres du compositeur germanique naturalisé anglais au 18e siècle: George Frideric Handel (1685-1759), à qui l’on doit non seulement le Messie mais encore un corpus considérable d’oeuvres marquantes de l’époque baroque. D’où la pertinence de ce concert en ligne exécuté par l’ensemble montréalais, enregistré le 5 mars dernier à la Salle Bourgie.
Astor Piazzolla aurait eu 100 ans le 11 mars dernier. Le bandonéoniste et compositeur, grand réformateur du tango après avoir étudié la musique contemporaine et le jazz moderne, avait triomphé à Montréal au milieu des années 80. Inutile de rappeler que sa mort prématurée en juillet 1992 (il avait 71 ans) avait créé une onde de choc auprès des mélomanes. Ce centenaire justifie amplement un programme spécial mis en oeuvre par l’orchestre de chambre I Musici. Pour l’occasion, le jeune chef québécois Nicolas Ellis dirige l’ensemble de 15 interprètes et accueille (évidemment ) un soliste au bandonéon: Jonathan Goldman, professeur titulaire en musicologie à la Faculté de musique de l’Université de Montréal, de surcroît bandonéoniste de très bon niveau. Goldman est aussi membre du groupe Quartango, lauréat d’un Prix Juno et d’un Prix Opus en 2015. Le programme a cela d’intéressant qu’il ne se limite pas aux grands succès de Piazzolla; sauf Adios Noninos, les oeuvres mises de l’avant creusent dans le répertoire du grand compositeur argentin et nourriront l’âme des mélomanes.
Kleztory célèbre 20 ans d’activités à l’occasion d’un spectacle-lancement. La matière d’un sixième album Momentum sous étiquette Chandos Records (monde) et Amérix Artists (Canada). Kleztory est en soi une mosaïque de cultures dont plusieurs ont bourgeonné au terminus de l’Occident au fil des des siècles derniers, le tout imprégné de jazz et de musique classique modernes.
L’album Momentum présente oeuvres parmi les préférées du public de Kleztory, assorties de compositions plus récentes. . Airat Ichmouratov, Elvira Misbakhova, Dany Nicolas, Mélanie Bergeron et Mark Peetsma, soit les 5 membres de Kleztory sont ici entourés d’un quatuor à cordes (Veronika Cherniak, Anastasia Virlan, Cynthia Blanchon, Jean-Christophe Lizotte), du pianiste David Ryshpan et du percussionniste Bertil Schulrabe.
Musiciens de Kleztory:
Airat Ichmouratov, (prix Charles-Biddle 2020) Direction, clarinette, clarinette basse et duclar Elvira Misbakhova, Violon et alto Dany Nicolas, Guitare Mélanie Bergeron, Accordéon Mark Peetsma, Contrebasse
Musiciens invités:
David Ryshpan, piano Bertil Schulrabe, percussions Veronika Cherniak, violon Anastasia Virlan, violon Cynthia Blanchon, alto Jean-Christophe Lizotte, violoncelle
Au cours des dernières années, le trompettiste Jacques Kuba Séguin a composé une symphonie jazzistique, ainsi que des pièces en sextuor pour le projet MiGRATIONS, primé d’u Félix et d’un Juno. Le voilà plongé dans une nouvelle phase de création. Accompagné du bassiste/contrebassiste Rémi-Jean Leblanc et du batteur Kevin Warren, Kuba Séguin a composé récemment une série de courtes pièces, » petites nouvelles musicales du quotidien ». On se doute bien que ce projet de confinement fait écho à l’étrange année 2020. Le trompettiste et ses collègues y explorent les espaces habités par les humains, « ceux que nous cachons comme ceux que nous avons redécouvert ». Voilà du coup une occasion d’explorer l’intériorité de l’humain après plus d’une année de réclusion. Présentée dans le contexte du festival virtuel Jazz en rafale, cette nouvelle exécution est prévue ce samedi 13 mars en direct, mais les jazzophiles peuvent y accéder par la suite.
Marie Davidson, compas dans L’Œil nu… de Denis Côté
par Rédaction PAN M 360
Lancé en septembre dernier, l’album bilingue Renegade Breakdown (sous étiquette Ninja Tune) fut un virage pop multi-genres négocié contre toute attente par la performer technoïde, en tout cas ce fut ainsi perçu par plusieurs fans de Marie Davidson – une fois de plus entourée des ses fidèles complices Pierre Guerineau et Asaël R. Robitaille sous la bannière L’Oeil nu. Il fallait ensuite penser webdiffusion en attendant le retour des beaux jours… encore lointains. Marie Davidson et ses collègues n’étant pas très friands de concerts live stream, la forme d’un concert virtuel destiné à la matière de Renegade Breakdow fut ruminée lentement, pas très sûrement. On faisait du sur-place jusqu’à ce que l’impresario de Marie Davidson, Alexandre Lemieux, eut l’idée de contacter Denis Côté afin qu’il tourne à sa manière la première exécution de cette nouvelle matière ici théâtralisée, en phase idéale avec la patte du cinéaste québécois. À la fois une performance musicale et un film d’art, cette captation très spéciale est mise en ligne ce 11 mars, 20h. La performance restera en ligne pour les 72 heures qui suivront.
L’Orchestre Métropolitain offre gratuitement son exécution du Requiem de Fauré
par Rédaction PAN M 360
À l’occasion de la Journée de commémoration nationale en mémoire des victimes de la COVID-19, décrétée par le gouvernement du Québec, l’Orchestre Métropolitain sous la direction de Yannick Nézet-Séguin offrent gratuitement en webdiffusion le Requiem de Gabriel Fauré.
Véritable chef-d’œuvre du répertoire vocal sacré, considéré par certains comme l’oeuvre maîtresse de Fauré, ce génial Requiem allie les acquis de la musique sacrée de la période romantique et des prémisses de la modernité française en rendant ce vibrant hommage aux disparus, victimes de la COVID 19 dans le cas qui nous occupe. L’oeuvre fut créée le 16 janvier 1888 à l’église de la Madeleine, dans la Ville Lumière, le compositeur français mit de nombreuses années à peaufiner cette oeuvre, soit de 1887 à 1901.
Du compositeur afro-américain d’origine canadienne Robert Nathaniel Dett, la pièce The Chariot Jubilee figure aussi au programme.
Enregistré à la Maison symphonique de Montréal et présenté en ligne une première fois en novembre dernier, ce concert réunit la soprano Suzanne Taffot, le baryton Philippe Sly, un chœur de choristes professionnels, les musiciens de l’OM et leur chef Yannick Nézet-Séguin.
Le concert sera offert gratuitement en webdiffusion du mercredi 10 mars à midi jusqu’au jeudi 11 mars à 23 h 59.
Le public doit s’inscrire sur la page d’accueil du site Web de l’Orchestre Métropolitain afin de recevoir un lien privé de visionnement. Pour y parvenir, C’EST ICI.