Le quatuor montréalais Ragers fait un retour en force à ses racines alt-rock et offre son effort le plus solide avec Missed Calls From Home, un long-jeu de 10 titres réalisé avec Max Antoine Gendron, lauréat d’un Juno. Des percussions qui font l’effet d’un coup de poing à l’estomac, des riffs de guitare accrocheurs et entraînants et des paroles sincères, parfois inconfortables, qui racontent des histoires d’amour et de chagrin, expliquant pourquoi les appels d’êtres chers peuvent rester sans réponse; voilà à quoi s’attendre du nouvel album. Après une décennie à être considéré comme « expérimental », il semble qu’avec Missed Calls from Home, Ragers ait trouvé une réponse aux expériences.
On Missed Calls from Home, the Montreal-based four-piece bring it back to where they started, leaning on the ingenious use of their live band set-up to showcase their full artistry. Here, the infectious hooks, strong riffs and drums that inspire a call to arms are on full display. After a decade of experimentation with aspects of hip-hop and electronic music, and countless collaborations with various artists from across the globe, Ragers offer their most solid effort with a ten-track LP, released on September 29th, 2023.
Taking cues from their inspirations which number Gym Class Heroes, The Hives and their Canadian predecessors in groups like Simple Plan and Sum 41, Ragers use this album as an excuse to introduce a new generation the earnest, fun and relatable appeal of pop-punk, always with a modern twist.
Le pianiste de jazz Brad Mehldau, lauréat d’un Grammy Award, sera de passage à Montréal le 26 janvier, à la Maison symphonique.
Considéré comme l’une des voix les plus lyriques et les plus intimes du piano jazz contemporain, Brad Mehldau s’est forgé une voie unique, qui incarne l’essence de l’exploration du jazz, du romantisme classique et de l’allure pop. Acclamé par la critique pour son groupe, il s’est aussi fait connaître sur la scène internationale en collaborant avec Pat Metheny, Renee Fleming et Joshua Redman. Il continue de récolter de nombreuses récompenses et de susciter l’admiration des puristes du jazz et des amateurs de musique.
Grammy Award-winning jazz pianist Brad Mehldau will be in Montreal on January 26 at the Maison symphonique.
Considered one of the most lyrical and intimate voices in contemporary jazz piano, Brad Mehldau has forged a unique path that embodies the essence of jazz exploration, classical romanticism and pop allure. Critically acclaimed for his band, he has also made a name for himself on the international scene, collaborating with Pat Metheny, Renee Fleming and Joshua Redman. He continues to garner numerous awards and the admiration of jazz purists and music lovers alike.
Mundial Montréal : Super Duty Tough Work, KRUTЬ, Qairo, Joy Lapps, Mister Drê-D et Al-Qasar
par Rédaction PAN M 360
Un goût de l’époque dorée, inspiré également de l’époque moderne. Enraciné dans la tradition des arts de résistance noirs américains, Super Duty Tough Work est connu pour divertir et inspirer tout en utilisant un esprit cinglant et une analyse approfondie pour promouvoir leur politique radicale de révolution, de fête et de connerie. Inspirés par le son dirty jazz loop du hip hop de la côte est des années 90, ils sont l’incarnation vivante de la quintessence de la culture hip hop. Mélangeant un rap décontracté et un discours tranchant avec des boucles sans effort et des transitions surprenantes, SDTW tient le public en haleine et le fait saliver d’impatience.
Qairo est un ensemble de musique et de danse fougueux et dynamique qui associe les voix chargées d’émotion et les rythmes trépidants du flamenco aux mélodies contagieuses et aux tonalités percutantes de la diaspora méditerranéenne. De l’Espagne à la Turquie, avec des escales en cours de route, Qairo est une musique à danser – peu importe d’où vous venez.
Mister Drê-D nous revient avec un deuxième album Tounen nan rasin qui signifie «retour aux sources/sur le chemin de mes racines». Cet auteur-compositeur et interprète propose un album majoritairement en créole en hommage à ses racines. Telle une étoile qui trace son chemin dans le temps, cet auteur-compositeur et interprète nous éblouit par son indéniable talent vocal et par la grande portée de ses oeuvres musicales. Sa musique se définit comme étant Afro fusion incorporant de la soul, du reggae et les musiques du monde et ses textes profonds témoignent de son vécu tout en jetant un regard unique sur l’actualité.
Lorsque les continents entrent en collision, ils produisent un bruit de tonnerre. Al-Qasar crée la bande sonore de cette fission. Ils parlent de fuzz arabe, une vision effrontément électrique et profondément connectée à ses racines. Le groupe a été créé dans le quartier de Barbès à Paris par le producteur Thomas Attar Bellier, qui a rassemblé des musiciens de France, du Liban, des États-Unis, du Maroc, d’Algérie, d’Arménie et d’Égypte.
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Mundial Montréal | Vitrines officielles: Second Moon, Mi’gmafrica, Bruno Capinan et Dumai Dunai
par Rédaction PAN M 360
Vitrines officielles: Second Moon, Mi’gmafrica, Bruno Capinan et Dumai Dunai présenté par KAMS Mundial Montréal est heureux de vous présenter les vitrines de Second Moon, Mi’gmafrica, Bruno Capinan et Dumai Dunai au Cabaret Lion d’Or le mardi 14 novembre 2023.
Second Moon
Évoquant le son traditionnel coréen du pansori et mélangé à des instruments occidentaux, Second Moon est un groupe dynamique de 7 membres qui fait des vagues depuis sa formation en 2004. Combinant deux genres musicaux très différents, Second Moon apporte un son unique en fusionnant le Pansori coréen, un style de narration musicale, avec la musique irlandaise en incorporant des instruments tels que le sifflet irlandais, le bodhran et la mandoline. Le groupe s’est fait connaître en 2006 lorsqu’il a été sélectionné pour les prix « Rookie of the Year » et « Record of the Year » aux Korean Music Awards. Second Moon a continué à repousser les limites musicales avec son album Pansori Chunhyangga, qui a remporté le prix « Best Jazz & Crossover » aux Korea Music Awards 2017.
Mi’gmafrica
Mi’gmafrica, c’est la rencontre musicale entre la culture mandingue, avec Sadio Sissokho, émérite griot du Sénégal, à la kora et au chant, et la culture mi’gmaq, avec Valérie Ivy Hamelin, artiste multidisciplinaire de la Nation micmac de Gespeg, au tambour, à la flûte et au chant. Les mélodies, les chants et les hommages aux anciens s’allient en douceur et puissance, pour vous amener dans les confins de l’histoire de l’humanité. Deux traditions, deux continents, qui puisent leur inspiration et force aux mêmes sources, les racines de la terre et la Création. Ils nous présentent avec magie et beauté, ces chants revisités et des compositions.
Bruno Capinan
Bruno Capinan est un auteur-compositeur-interprète canadien qui fusionne l’afro-futurisme, les rythmes inspirés de la bossa-nova et une performance extravagante en tant qu’acte de résistance queer. Originaire de Bahia, au Brésil, Capinan a présenté sa personnalité féroce sur scène à des publics au Japon, en Afrique, en Europe, en Amérique du Sud et aux États-Unis. Reconnu internationalement en 2016, avec des critiques dans les journaux britannique The Guardian et français Libération, et trois nominations pour la prestigieuse APCA (Association des critiques d’art de São Paulo) pour ses albums « Tara Rara » (2022), « Leão Alado Sem Juba » (2020) et « Real » (2019), Capinan est un artiste de premier plan.www.capinan.com/
Dumai Dunai
Formé en 2021 à Montréal, Dumai Dunai a un son éclectique. Avec les grooves profonds du dub et l’énergie du punk rock, ainsi que les styles de chant slaves des chanteurs Natalia Telentso et Eli Camilo, ce groupe a pour mission de vous faire danser. Ce groupe de sept musiciens originaires d’Ukraine, de Bulgarie, du Canada et des États-Unis travaille sur son premier album, dont la sortie est prévue pour 2024.dumaidunai.com/
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M pour Montréal : Super Plage, Hawa B et LaF au Club Soda
par Rédaction PAN M 360
Copacabana, Santa Monica ou bien Daytona, ces plages connues du monde entier n’ont rien à voir avec la proposition musicale de Jules Henry, alias Super Plage. Mis à part peut-être que sa musique puisse tout à fait être écoutée en bordure de mer, de lac ou de rivière, boisson à la main et serviette à la ceinture, par un soir de canicule d’été, comme le prouve son probant album Magie à minuit, paru en mars dernier.
Entouré sur scène de ses musicien.ne.s, dont la talentueuse Virginie B, Jules Henry patrouille ses claviers tout en maintenant une symbiose avec son public. Un spectacle qui promet de faire danser petits et grands (avec ou sans microdose).
HAWA B (de son vrai nom Nadia Hawa Baldé) sait sans nul doute dompter une scène, elle qui l’a déjà partagée avec les valeurs sûres de la pop québécoise que sont Hubert Lenoir et Les Louanges. L’autrice-compositrice-interprète nous présente maintenant son innovant projet solo. On y retrouve un probant mélange de néo-soul, de rock alternatif et de jazz moderne grace auquel HAWA B créé son propre univers musical, destiné à dépeindre la tristesse sous un jour plus positif. D’où d’ailleurs le titre de son premier EP Sad in a Good Way qui lui aura valu une nomination au Gala Dynastie. Elle co-réalise maintenant son deuxième EP avec le réalisateur Félix Petit.
Depuis leurs premiers verses livrés avec aplomb au Parc Laurier à l’adolescence, les membres de LaF (diminutif de La Famille) proposent un rap gentil aux mélodies chargées de vers d’oreille qui laissent peu de gens indifférents. Forts d’un dernier opus ambitieux, l’excellent CHROME, le sextet formé de trois MCs et trois DJs a certainement pris du galon depuis sa victoire lors du prestigieux concours-vitrine Les Francouvertes en 2018.
La sortie de l’album Citadelle, paru en 2019, et du EP Soin Entreprise, paru en 2020, cimentent le statut de porte-étendard de la garde alternative du rap montréalais de LaF.
Gawbé est un projet de rock alternatif francophone tantôt garage, tantôt posé, bien ancré dans la ville de Québec. Comme un îlot de fraicheur pour la jeunesse urbaine, Gabrielle Côté y raconte ses histoires populaires et intimes avec une attitude décomplexée et entrainante.
Gawbé prend aujourd’hui une tournure plus effervescente, alors que Gabrielle (guitare/chant) s’entoure de Jérémy Dufour (batterie) (Lyd, Élégie, Anne et le tigre), Mathieu Ferland (basse), François Fortier (clavier) et Antoine Fugère (guitare/choeurs). Grand rendez-vous de gentils bums, le Gawband invite à se rencontrer et à se dandiner autour d’une énergie complice et contagieuse.
Les Lunatiques est un quintette de garage rock composé d’Antoine Bourque, de Juliette Drapeau, de Simon Guay, de François Pelletier et de William Lévesque. Extraites de l’esprit hyperactif d’Antoine, musicien octopode, les pièces de leur plus récent album, Orange flottant tirent leurs influences des tapis à poils longs, des lava-lamps et d’un temps où les guitares prenaient feu sur scène. Tantôt psychotrope, tantôt frénétique, le rock des Lunatiques sait à coup sûr faire oublier la gravité.
L’exceptionnel claveciniste Jean Rondeau délaisse son instrument habituel pour le pianoforte dans un programme d’œuvres de maîtres viennois de la fin du XVIIIe siècle, complété par quelques études du recueil pédagogique Gradus ad Parnassum de Muzio Clementi.
Extraordinary harpsichordist Jean Rondeau forgoes his usual instrument for the fortepiano in a program of works by great 18th-century Viennese composers, supplemented by a few etudes from Muzio Clementi’s pedagogical collection Gradus ad Parnassum.
Coup de coeur francophone | Sluice et Feu Toute ! à L’Esco
par Rédaction PAN M 360
Sluice
Jimmy Eat World qui rencontre Weezer qui rencontre Motörhead qui rencontre Gin Blossoms sur le speed. Voilà une partie du spectre de références qui anime Sluice, projet mené par l’auteur-compositeur-interprète néo-écossais Trevor Murphy. Après un premier album, Le succès par le travail, en 2021, le quatuor écrit une lettre d’amour à sa patrie acadienne sur Archiviste, une œuvre power pop qui raconte l’histoire de la Nouvelle-Écosse. Lisez notre interview dimanche !
C’est avec le désir d’étendre au grand jour son trop-plein de passion que Cynthia Veilleux a créé Feu Toute!, projet musical qui dessine une pop rock déjantée à la manière des Rita Mitsouko, de Niagara ou de Diane Dufresne. La gagnante de la 45e édition du Festival international de la chanson de Granby (au sein du duo Garoche ta sacoche) a suivi la trail habituelle des concours et des premières parties (notamment celles de Pierre Flynn, Pépé et Martin Léon) avant de dévoiler un premier album, Parade nuptiale (Dance with me), en 2021. La suite arrivera cet automne.
Alisa Weilerstein : Bach, sublimé, chamboulé et actualisé
par Frédéric Cardin
Alisa Weilerstein, violoncelle concert Fragments cr.: Antoine SaitoAlisa Weilerstein, violoncelle concert Fragments cr.: Antoine SaitoAlisa Weilerstein, violoncelle concert Fragments cr.: Antoine SaitoAlisa Weilerstein, violoncelle concert Fragments cr.: Antoine SaitoAlisa Weilerstein, violoncelle concert Fragments cr.: Antoine SaitoAlisa Weilerstein, violoncelle concert Fragments cr.: Antoine Saito
Hier soir, à la Maison symphonique de Montréal, a eu lieu une rencontre tout à fait réjouissante (pour certains) et déconcertante (pour d’autres) : un concert-concept intitulé Fragments et mené intensément pendant deux heures, en solo, par la violoncelliste Alisa Weilerstein (la conjointe de Rafael Payare). Comment, d’abord, résumer succinctement le dit concept? Il y a six Suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach, vous le savez probablement déjà. À chacune de ses Suites, Weilerstein a ajouté plusieurs compositions (pour violoncelle solo également) commandées spécialement à un large aréopage de compositrices et compositeurs contemporains. Chacune des suites devient un cycle intitulé Fragments (de 1 à 6, donc). À l’intérieur de ces Fragments, tout est mélangé entre les mouvements des suites (même pas joués dans l’ordre habituel, le célèbre Prélude de la première suite arrivant à la fin du Fragment I!)) et les nouvelles compositions. Seule considération : des enchaînements opérés en fonction d’un arc dramatique et expressif scénographié et appuyé par une mise en scène assez sobre, mais subtilement expressive. Celle-ci est réalisée grâce à deux éléments fondamentaux : des blocs/panneaux illuminés de l’intérieur placés diversement (chaque Fragment a son ‘’placement’’ particulier), et un éclairage général dynamique et changeant au fil du déroulement du Fragment interprété. Ainsi, chaque Fragment, d’une durée d’une heure, devient un théâtre musical à la dramaturgie unique. Vous aurez compris que Weilerstein n’a pas joué les six Fragments de son projet total hier. Le concert se serait terminé au milieu de la nuit! Nous avons donc eu droit aux deux premiers de la série.
Mais bon, vous êtes ici pour savoir si c’était bon, non? Bien entendu, cela dépend des sensibilités de chacun, mais pour ma part, je suis très heureux du résultat, et j’ai très envie de connaître les quatre autres cycles de la série.
Je ne vous inonderai pas avec une description de chaque pièce enchaînée avec chaque autre, et tel mouvement de Bach, etc. Ce serait comme décrire une liste d’épicerie. Je tenterai plutôt de caractériser chacun des deux Fragments entendus, car là est l’intérêt de la chose : il s’agit d’une proposition artistique qui remet Bach en contexte à l’intérieur de cycles musicaux contemporains possédant une personnalité unique. Du moins, c’est ce que j’ai compris de l’exercice.
Fragments I est organique, fluide et ‘’pacifiste’’. La relation entre les pièces contemporaines et celles extraites de la Suite sol majeur, BWV 1007 (la no 1) est en général bienveillante, quoique certains éclats contrastant se manifestent ici et là. Joan Tower, Reinaldo Moya, Chen Yi, Gil Schwarzmann et Allison Loggins-Hull ont créé un dialogue fait de post-minimalisme, de modernisme lyrique et même de sonorités latines et chinoises (trés diluées. Pas de ‘’crossover’’ pop ici), avec le grand Jean-Sébastien. La scénographie et l’éclairage sont faits de caractérisations symboliques assez évidentes : les cubes/panneaux sont agencés de manière équilibrée, en demi-cercle parfait et ceinturant la soliste comme l’intérieur d’un temple. Une scène sur la scène. De plus, ils deviennent blancs pour chaque mouvement de Bach (symbole de pureté?). Pour les autres, nous avons des teintes de rouges, de bleus et d’orangés assez chaleureux. Les transitions entre les pièces se font de manière assez naturelle. Nous sommes ici dans un parcours émotionnel posé qui offre aux spectateurs une entrée en matière à la fois étonnante et amicale. La modernité des pièces nouvelles n’est pas astringente, quoique tout de même exigeante en terme d’écoute attentive.
Fragments II est différent. D’entrée de jeu, Weilerstein est elle-même dans un autre personnage : habillée plus ‘’modernement’’ et surtout coiffée façon ‘’glam-rock’’. La musique est lancée sur les chapeaux de roue : une attaque frontale rythmique et dynamique avec une pièce de la Québécoise Ana Sokolovic qui crache sa virulence au public. Le message est lancé : on est ailleurs. En fait, c’est l’ensemble du Fragment II qui est placé sous le signe d’une personnalité beaucoup plus agressive que le premier (mais pas que, car un superbe épisode final où Weilerstein chante une douce berceuse tout en s’accompagnant offre un moment de grande tendresse poétique). Fragment II est un cycle de contrastes frappants, dans lequel Bach et nos contemporains se heurtent et se jaugent. Mais, il y a bel et bien dialogue. Un dialogue argumentatif où l’on n’est pas toujours d’accord, mais qui reflètent tout de même une réalité bien actuelle : tout n’est pas rose et harmonie dans un monde de bonnes intentions. Du choc naîtront aussi de nouvelles idées et de nouvelles perspectives. La mise en scène, encore une fois, caractérise cette personnalité de façon claire : les cubes/panneaux sont, cette fois, éparpillés sur scène, certains couchés. On a l’impression que le temple évoqué dans le premier Fragment est maintenant en ruines. Bach continue d’être en blanc, mais l’éclairage de scène est beaucoup plus cru qu’en première partie. Des projecteurs bord en bord assaillent souvent la soliste. Les pièces de ce cycle ne s’enchaînent pas, elles se suivent et se cognent. Ce sont donc les univers d’Ana Sokolovic, Caroline Shaw, Gity Razaz, Daniel Kidane et Alan Fletcher qui ont ici le mauvais rôle : celui de faire paraître Bach comme salvateur dans un monde en perdition.
Cela dit, les œuvres nouvelles de ces compositeurs et compositrices ne sont pas, en toute honnêteté, si terribles. On a entendu bien pire. Certes, elles sont souvent rythmiquement motoriques, ou dynamiquement explosives, mais les discours offerts sont compréhensibles. Toutes les pièces ‘’racontent’’ quelque chose, dramatiquement parlant, bien que cela puisse être n’importe quoi, et très différent selon la personne qui écoute. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a aucun exemple, nulle part, d’atonalisme dodécaphonique ou sériel cérébral. Rien qui puisse se réclamer, non plus, de l’avant-garde expérimentale. Rien non plus, à l’inverse, de franchement néo-classique/romantique, ou strictement minimaliste. C’est peut-être d’ailleurs là où Weilerstein aurait pu creuser davantage, afin de donner un portrait plus réaliste de la musique d’aujourd’hui. J’admets que le travail de cohésion aurait été décuplé. Mais personne ne dit que la véritable création est simple.
La Maison symphonique, pas pleine mais bien garnie, a réagi favorablement en majorité. Une partie du public n’est pas revenue après le premier Fragment, et quelques personnes sont parties pendant le deuxième. Il y avait quand même un nombre appréciable de jeunes, et je n’ai pas cru constater que ceux-ci étaient parmi les déserteurs! Je dis ça, et je ne dis rien…
Un collègue a émis l’opinion qu’il n’y avait peut-être pas d’intérêt à l’exercice s’il fallait ‘’détourner’’ Bach (à sa décharge, je pense qu’il faisait référence à l’approche très ample et romantique du jeu de Weilerstein dans les extraits des Suites, mais son opinion générale du concept n’était pas vraiment plus enthousiaste…). Je me demande comment on peut encore en être là dans ce genre de réflexion. Je ne retrouve plus la référence (qui a dit cela à l’époque?), mais les arrangements de Liszt de symphonies de Beethoven pour piano seul généraient le même genre de réactions de certains ‘’spécialistes’’ au 19e siècle. Et probablement toutes les ‘’revisites’’ de grands classiques à travers l’histoire de la création.
La démarche de la violoncelliste Alisa Weilerstein est résolument contemporaine. Pas dans le sens d’un avant-gardisme harmonique et désormais académique qui remonte en fait à carrément un siècle. Plutôt, et essentiellement, dans le sens d’une posture d’écoute et de conception de la musique réellement contemporaine, digne du 21e siècle et de l’ère des playlists Spotify ou celles de nos téléphones. Les traditionnels conservateurs continuent d’écouter la musique dans une perspective absolutiste où le premier mouvement vient avant le 2e, et où une Allemande de la Suite en ré mineur, BWV 1008 (la no 2) ne suit pas logiquement une pièce qui lui est stylistiquement extraterrestre et qui est intitulée With One Foot Heavy and the Other Light, Johanna and Anna Lilted Across Long Years (Microfictions vol.2, I). Pourtant, au 21e siècle, la nouvelle ‘’écoute’’ est ainsi déconstruite, chez les plus jeunes, surtout. Weilerstein (elle n’est pas la seule) nous propose un autre narratif du concert. Un scénario où ce dernier n’est plus le simple miroir d’un répertoire bien rodé et structuré, ou encore le perroquet d’une conception discursive basée sur une liste d’œuvres ‘’à jouer’’, dans le bon ordre et avec les bons compléments. Dans cette proposition, et à l’instar de la radio qui s’est dans le passé affranchie de la structure du concert, le concert façon Weilerstein s’affranchit aujourd’hui de la disposition traditionnelle dans laquelle il est enfermé depuis le 19e siècle. Les jours du programme live Ouverture-Concerto-Symphonie (pour la version d’orchestre) sont bien comptés. Le récital, moins contraint, se voit quand même remis en question par ces Fragments.
Est-ce une bonne chose? Une mauvaise chose? C’est une réalité. Il est futile de s’y opposer pour des raisons idéologiques ancrées dans une certaine conception rigide du bon goût, ou de la ‘’pertinence’’. On a eu des querelles entre les ‘’Modernes’’ et les ‘’Anciens’’, entre la gang à Brahms et celle à Wagner, entre les partisans de Boulez et ceux de Glass. Bêtises, toutes ces certitudes. Aucun de ces camps n’a fait disparaître l’autre, ou l’a rendu obsolète.
Il n’est pas non plus pertinent de savoir si ce que Alisa Weilerstein propose avec ces Fragments deviendra une forme ‘’à la mode’’ ou pas. Ou annonce une déconstruction totale des formes d’écoute du concert classique. Mais ce qui est certain, c’est que l’artiste explore un besoin très actuel, et très pertinent celui-là, de revoir la façon dont les concerts classiques sont donnés et écoutés. Ce questionnement est très contemporain et nécessaire, qu’on le veuille ou pas. Il est réjouissant, aussi, car il montre que la musique classique continue de susciter des questionnements, et qu’une jeune génération est prête à expérimenter avec elle, pas seulement en l’écrivant, mais aussi en la présentant à sa façon et selon ses propres codes. Ça, ça me dit qu’elle est bien vivante, et j’en suis très heureux.
Weilerstein (qui a joué spectaculairement avec une étonnante diversité de textures et de sonorités) n’a peut-être pas trouvé la formule magique (de toute façon, je suis sûr qu’il n’y en a pas!), mais elle a offert une idée, et nous a donné un ‘’spectacle’’ dont j’ai envie de connaître la ‘’suite’’ (lol).
Nous sommes tous, comme l’a si bien dit Oscar Wilde, dans le caniveau. Cependant, certains d’entre nous regardent les étoiles. Sur leur dernier album Sky Void of Stars, les grands seigneurs suédois de la morosité Katatonia plantent solennellement le décor d’un nocturne à la fois écrasant et exaltant, car ce n’est qu’en l’absence d’étoiles que l’on peut vraiment briller.
Passant du doom metal gothique des années 90 à l’entité post-metal éthérée qu’il est aujourd’hui, le groupe mené par les membres fondateurs Jonas Renkse et Anders Nyström a toujours été et sera toujours une chose : un vaisseau d’émotions profondes, enveloppé du désespoir scandinave et d’un désir universel de salut.
We are all, as Oscar Wilde once so famously remarked, in the gutter. However, some of us are looking at the stars. On their latest journey Sky Void of Stars, Swedish grand seigneurs of gloom Katatonia solemnly set the stage for a nocturne both crushing and exhilarating; for it is only in the absence of stars that we can truly shine.
Carving their way from their nineties gothic-tinged doom metal to the ethereal post-metal entity they are today, the band led by founding members Jonas Renkse and Anders Nyström have always been and will forevermore be one thing—a vessel of deep emotion; shrouded in Scandinavian despair and a universal longing for salvation.
Off World et Nicole Rampersaud à la Casa del Popolo
par Rédaction PAN M 360
Spectacle de sortie d’un double LP. Off World (Constellation Records) sort son chant du cygne « 3 » et se produit en live en tant qu’ensemble composé de Sandro Perri (électronique), Andrew Zukerman (électronique), Nicole Rampersaud (trompette) et Mark Molnar (violoncelle). Nicole Rampersaud sort son premier album « Saudade » (Ansible Editions) et se produit en solo (trompette + électronique). Yoganathan/Jacobs Sound System ouvrira la soirée, oscillant entre rythmes dub erratiques, drones méditatifs, collages sonores inspirés du post-punk et éruptions de free jazz.
Double LP release show. Off World (Constellation Records) release their swan-song « 3 » and perform live as an ensemble consisting of Sandro Perri (electronics), Andrew Zukerman (electronics), Nicole Rampersaud (trumpet), and Mark Molnar (cello). Nicole Rampersaud releases her stunning debut LP « Saudade » (Ansible Editions) and performs solo (trumpet + electronics). Yoganathan/Jacobs Sound System will open the night, flowing between erratic dub rhythms, meditative drones, post-punk inspired sonic collages, and free jazz eruptions.
Barbada et les Musicien.nes de l’OM – Maquillage d’automne
par Rédaction PAN M 360
« Il était trois fois… » le premier de trois contes musicaux racontés par Barbada sur une trame sonore créée par des musicien.ne.s de l’Orchestre Métropolitain ! Trois amis partent en forêt et voyagent d’une saison à l’autre afin de trouver les fameuses perles de rosée multicolores qui créent une merveilleuse musique rendant les gens heureux.
“Once upon three times…” the first of three musical tales told by Barbada to a soundtrack created by musicians of the Orchestre Métropolitain! Three friends set off into the forest, travelling from season to season in search of some highly famed multicolour dewdrops that create marvellous music to make people happy.