classique arabe / Musiques du Monde

FMA 2026 | MaqaMorphose présente Abdelwahab, compositeur Romantique

par Frédéric Cardin

Ceux et celles qui connaissent la musique classique européenne comprendront la signification de la majuscule dans le terme Romantique du titre. Pour les autres, permettez-moi d’expliquer : le terme Romantique avec une majuscule ramène à la période de musique Romantique, celle qui fait environ tout le 19e siècle et se poursuit jusqu’au début du 20e, voir jusqu’à nos jours car cette esthétique continue d’être pratiquée (dans la grande musique de film, par exemple). Le mot ne fait pas référence à la sensualité amoureuse (quoique, c’est très possible), mais plutôt à l’affirmation personnelle et individuelle, l’expressivité intense, et d’autres caractéristiques précises qui font de la Période Romantique l’une des plus emblématiques de la musique occidentale. Pensez à Tchaïkovsky, pensez à Brahms, pensez aux opéras de Puccini, de Verdi, pensez à Mahler, pensez à Rachmaninov, etc., etc. Voilà. 

MaqaMorphose a proposé dimanche soir une relecture en format quintette de chambre atypique (piano, violoncelle, qanun, ney et percussions) des musiques icôniques de Mohammed Abdelwahab, compositeur qui a écrit de nombreux tubes de la grande chanson classique arabe, et qui en a écrit d’autres pour des divas célèbres comme Fairouz, Warda et Oum Kalthoum. 

Des relectures informées par le désir des deux initiateurs du projet, la qanuniste Chaima Gaddour et le violoncelliste Samih Souissi, de faire dialoguer la musique arabe et la  musique occidentale, dans une esthétique près du classicisme savant transculturel. Abdelwahab se portait bien à cette initiative car il a lui-même puisé quelque fois chez Beethoven et d’autres, par respect et par ouverture. 

LISEZ L’ENTREVUE AVEC CHAIMA GADDOUR ET SAMIH SOUISSI

On est d’abord frappé par la sono, puissante. Personnellement, je trouve cela too much. J’aimerais entendre ces instruments dans leur personnalité authentique, et leurs relations croisées sans entraves. Dans cette amplification poussive, on perd le grain naturel du violoncelle. Du ney aussi. Je me suis renseigné : en raison de l’utilisation d’un piano synthétique, inévitablement amplifié, il a fallu amplifier les autres. Bon. Cela dit, quand vous aurez un piano acoustique, faites-moi signe, j’aurais beaucoup de plaisir à goûter l’essence véritable de cette jolie musique de chambre. Samih Souissi me dit d’ailleurs que c’est un work-in-progress. Des ajustements restent à faire. Je me rassure.

Faisant finalement abstraction de ce détail, je me concentre sur la musique elle-même, bien entendu. La première partie se focalise sur les chansons qu’Abdelwahab a interprétées lui-même, ainsi que sur sa musique de film et quelques pièces qu’il appelait ‘’symphonies instrumentales’’. Jolies compositions qui superposent parfois les inflexions en quart de ton, typique de la musique arabe, et orientale en générale, à la tonalité à tempérament égal imposée par la présence du piano. Des frottements qui paraîtront d’abord étranges, qui donneront parfois l’impression qu’on joue faux, mais qui demandent que l’on patiente jusqu’à leur résolution. 

C’est dans la deuxième partie du concert que la musique soulève l’Ausgang Plaza pour de bon. MaqaMorphose propose alors une série de medleys en hommage au chansons qu’Abdelwahab a réalisées pour les chanteuses les plus populaires de l’âge d’or de la chanson arabe. Fairouz, Warda, Oum Kalthoum, trois noms qui ont traversé en Occident, mais qui résonnent encore comme des idoles dans le monde arabe. Un peu comme Édith Piaf, Juliette Gréco et Dalida, une Trinité de la mémoire collective. Les arrangements sont vivants, agréablement polyphoniques et les mélodies évoquées souvent reprises en chœur par le public, connaisseur, qui remplit l’espace intime du Ausgang Plaza. 

Entre les pièces, de beaux textes récités par les divers musiciens, qui mettent la table pour une appréciation bonifiée de ce qu’on va entendre. Au départ, ces musiques étaient presque toutes chantées. Les textes, en musique arabe, sont centraux à la démarche artistique. La poésie, en général, reste une discipline reine, contrairement à l’Occident où elle est devenue marginale. Au final, même si MaqaMorphose souhaite émanciper cette musique de son lien subordonné au texte, l’ensemble ne peut faire totalement abstraction de son esprit omnipésent derrière ces compositions. L’astuce est bonne. 

On sent que le matériel passe la rampe. Non seulement pour les nostalgiques, mais, pour ma part, pour le mélomane curieux et inspiré autant par la musique classique européenne que par les traditions non-européennes. Abdelwahab prend ici des habits de Romantique imprégné d’une personnalité créative unique et gonflée de belles richesses. 

Au-delà de cet hommage à un compositeur bien connu de la tradition arabe, c’est un univers de rencontres et de dialogues transculturels et savants (dans un sens très positif, tout sauf pédant) que laisse entrevoir la démarche du groupe largement basé à Montréal (sauf pour le violoncelliste, basé à Paris). 

En attendant, trouvez un bon Yamaha de bonne gamme classique (même pas obligés de courir les Steinway), et ramenez-nous cette musique en déploiement purement acoustique, dans une salle à cet effet, pour que l’on puisse jouir pleinement de cette offre stimulante. 

MaqaMorphose : 

Chaima Gaddour, qanun

Samih Souissi, violoncelle

Arden Arapyan, piano

Mohsen Achour, percussions

Aymen Trabelsi, ney

jazz

Jazz@Vue | Léno show et l’élégance de Gentiane

par Frédéric Cardin

Un samedi soir d’Halloween à Outremont. La rue Bernard frémissait de monstres sympathiques, petits et grands. Sans se douter, probablement, qu’à l’intérieur du Théâtre Outremont se déroulait le troisième ‘’plateau double’’ du nouveau festival Jazz@vue, organisé par le Théâtre Outremont en collaboration avec le label Effendi, les Productions Yves Léveillé et les Productions Félix Stüssi. Troisième soirée ou deux ensembles se partagent la scène à tour de rôle. En cette soirée des morts, c’était la musique plutôt vitale et tonique du duo parisien Léno (pour le pianiste LÉonardo Montana et le batteur ArNAUD Dolmen) qui couvrait la première moitié de l’affiche. 

LISEZ L’ENTREVUE AVEC LE DUO LÉNO

Musique énergisante, oui, tout à fait. Un piano palpiteur, percussif, qui s’épanouit généreusement en intensité dramatique et en force expressive à mesure que progressent les pièces. Un discours mélodique hachuré, fragmenté mais incessamment groovy. Un ami me faisait remarquer que ce type (Leonardo Montana, tout comme Dolmen le batteur, j’y reviendrai) doit avoir un troisième bras caché pour ajouter des notes. 

Arnaud Dolmen, autre doué des mains, impressionne par sa technique hyper assurée. Cet artiste des baguettes maintient la pulsation, mais s’amuse avec elle comme un chat avec une balle, la faisant s’envoler, rouler et bondir dans des parcours surprenant, toujours excitants. 

Les deux garçons mélangent les sonorités et influences du jazz moderne très informé de bop et post bop, mais aussi beaucoup de résonances antillaises (Dolmen est Guadeloupéen) et moderno brésilienne (plusieurs échos à Milton Nascimento, du moins à mes oreilles). Ce bel oecuménisme sert de cadre expressif à des relectures épatantes de Mongo Santamaria (Afro Blue), Wayne Shorter (Joy Rider), du Pedro Aznar et certaines compos personnelles (Spirale) issues de leur album éponyme sorti en 2024.

Le genre de show qui me rend heureux, car c’est assurément l’une des belles perfos musicales jazz de mon année 2026! Il faudra les réinviter. Mais aussi, le genre de show qui, malheureusement, m’attriste, parce que le Théâtre Outremont semblait bien trop vaste pour le public présent. Un peu gênant. Comment ce haut niveau de qualité artistique peut-il rester aussi confidentiel dans les médias (à part chez PanM)?

La deuxième partie était assurée par la musique tout en élégance et en finesse contemporaine, mais accessible, du trio de Gentiane MG. De bons extraits de l’album Can You hear the Birds? sorti en mars dernier, et dont je vous proposais une recension positive. 

LISEZ LA RECENSION DE L’ALBUM CAN YOU HEAR THE BIRDS? DE GENTIANE MG TRIO

ÉCOUTEZ L’ENTREVUE D’ALAIN BRUNET AVEC GENTIANE MG

Je disais ceci de la musique de l’album : … invite instinctivement à respirer, à nous détendre et à laisser l’impulsion du moment se faire un nid et stimuler notre imagination. Une aération du jeu et des phrases, une douceur des interactions entre les trois artistes…

Évidemment, sur scène, la spontanéité prend de l’expansion, la liberté s’ébroue un peu plus, mais en général l’esprit est entièrement respecté et contribue à conclure une très belle soirée, unie par la juxtaposition de deux visions différentes mais complémentaires du jazz contemporain. 

folk-pop / indie pop / pop de chambre

Gracie Abrams au Centre Bell

par Rédaction PAN M 360

Depuis ses débuts avec « Mean It » en octobre 2019, Gracie Abrams s’est imposée comme l’une des auteures-compositrices les plus fascinantes de sa génération, suscitant l’admiration d’artistes partageant les mêmes valeurs, tels que Lorde, Billie Eilish et Olivia Rodrigo. Auteure-compositrice accomplie qui cite Joni Mitchell comme sa principale influence, elle a écrit sa première chanson à l’âge de huit ans, puis s’est constitué un public fidèle grâce à ses paroles intimistes et à son sens de la création DIY. Au fur et à mesure que sa notoriété grandissait, Abrams a été désignée comme une artiste à suivre par des médias influents tels que Pigeons & Planes, Fader et -iD, en plus d’être couronnée comme l’une des sept musiciennes émergentes par Vogue UK. Avec la sortie de son premier album, minor, à l’été 2020, elle a reçu des critiques élogieuses de la part de magazines tels que NME, qui a salué ses « récits douloureusement honnêtes de chagrin d’amour, enveloppés de mélodies délicates qui suscitent bien plus d’intérêt que celles des auteurs-compositeurs-interprètes habituels ». Produit par Blake Slatkin – et réalisé en collaboration avec des producteurs de renom tels que Joel Little et benny blanco –, cet album de sept titres comprend ses singles très appréciés « 21 », « I miss you, I’m sorry » et « Long Sleeves ». En mars, Abrams a sorti « Unlearn », une collaboration avec le hitmaker benny blanco (qui a également produit le titre éponyme de son premier album acclamé, minor). En mai, Abrams a partagé son dernier single poignant, « Mess It Up », accompagné d’un clip réalisé par Matty Peacock.

Since making her debut with « Mean It » in October 2019, Gracie Abrams has emerged as one of the most compelling songwriters of her generation, earning the admiration of such likeminded artists as Lorde, Billie Eilish, and Olivia Rodrigo. A consummate songwriter who names Joni Mitchell as her most formative influence, she penned her first song at the age of eight, then went on to amass a devoted following on the strength of her emotionally intimate lyrics and DIY sensibilities. As her profile rose, Abrams was named an artist to watch by tastemaking outlets like Pigeons & Planes, Fader, and -iD, in addition to being crowned one of seven breakout female musicians by Vogue UK. With the arrival of her debut project minor in summer 2020, she received glowing reviews from the likes of NME, who praised her « painfully honest tales of heartbreak draped in delicate melodies that carry much more intrigue than the usual run-of-the-mill singer-songwriter. » Executive-produced by Blake Slatkin – and also made with leading producers like Joel Little and benny blanco – the seven-song effort features her beloved singles « 21, » « I miss you, I’m sorry, » and « Long Sleeves. » In March Abrams released « Unlearn, » a collaboration with hitmaker benny blanco (who also served as producer on the title track to her acclaimed debut project minor). Abrams shared her most recent poignant single « Mess It Up » in May with a video directed by Matty Peacock.

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métal alternatif / post-grunge / rock alternatif

Nickelback au Centre Bell

par Rédaction PAN M 360

Un coup d’œil à la liste des titres de The Best of Nickelback Volume 1, la compilation des plus grands succès que les rockeurs post-grunge canadiens ont lancée en 2013, révèle à quel point le groupe domine les ondes depuis sa percée avec son troisième album, Silver Side Up, paru en 2001. Des succès comme « How You Remind Me », « Someday », « Photograph » et « Rockstar » ont contribué à faire vendre plus de 22 millions d’albums de Nickelback aux États-Unis, faisant du groupe l’un des plus vendeurs des années 2000. Les fans qui ont acheté des billets pour « The Hits Tour » en 2013 ont pu découvrir sur scène des interprétations percutantes de ces chansons et de bien d’autres. Le chanteur Chad Kroeger a fondé Nickelback avec deux de ses frères — le guitariste Mike et le batteur Brandon — ainsi que le guitariste et claviériste Ryan Peake, dans leur petite ville natale isolée de Hanna, en Alberta. Ils ont ensuite déménagé à Vancouver pour travailler sur leurs propres compositions et ont décroché un contrat avec Roadrunner Records après avoir lancé leur premier album, Curb, de façon indépendante en 1996 et s’être bâti un vaste public à Vancouver. Brandon Kroeger a quitté le groupe peu après ses débuts; le batteur actuel de Nickelback est Daniel Adair.

A glance at the tracklisting of The Best of Nickelback Volume 1, the greatest hits set that the Canadian post-grunge rockers released in 2013, shows how dominant the band has been on the airwaves since breaking through with their third album, 2001’s Silver Side Up. Hits like « How You Remind Me, » « Someday, » « Photograph, » and « Rockstar » have helped Nickelback to sell more than 22 million albums in the U.S., making them one of the top-selling groups of the 2000s. Fans who bought tickets for the band’s 2013 « The Hits Tour » got to see crunching renditions those songs and more in concert.Frontman Chad Kroeger formed Nickelback with two of his brothers — guitarist Mike and drummer Brandon — and guitarist-keyboardist Ryan Peake in their isolated hometown of Hanna, Alberta. They eventually moved to Vancouver to work on original music, and landed a deal with Roadrunner Records after self-releasing their debut album, Curb, in 1996 and building a large fan base in Vancouver. Brandon Kroeger left the group early in its run; Nickelback’s current drummer is Daniel Adair.

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country / pop / pop-rock

Niall Horan au Centre Bell

par Rédaction PAN M 360

Niall Horan est un chanteur-compositeur aux multiples disques de platine qui s’est d’abord fait connaître à l’échelle mondiale en tant que membre du groupe One Direction et s’est depuis imposé comme un artiste solo incontournable. Il a vendu plus de 90 millions de disques à travers le monde et sorti plusieurs albums en tête des classements, dont Heartbreak Weather, qui a atteint la première place au Royaume-Uni et s’est classé en tête du classement « Top Album Sales » de Billboard. En 2024, son album The Show a donné lieu à une tournée mondiale à guichets fermés sur plusieurs continents, consolidant encore davantage son statut de l’un des artistes pop les plus captivants sur scène. Horan a également remporté trois fois le titre de coach dans l’émission The Voice sur NBC, et sortira son nouveau single « Dinner Party » le 20 mars, en avant-première de son quatrième album studio.

Niall Horan is a multi platinum selling singer/songwriter who first rose to global fame as a member of One Direction and has since established himself as a powerhouse solo artist. He has sold over 90 million records worldwide and released multiple chart topping albums, including Heartbreak Weather, which reached No. 1 in the U.K. and topped Billboard’s Top Album Sales chart. In 2024, his album The Show sparked a sold out global arena tour across multiple continents, further cementing his status as one of pop’s most compelling live performers. Horan is also a three time winning coach on NBC’s The Voice, and will release his new single « Dinner Party » on March 20 ahead of his fourth studio album.

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dance-pop / électro-pop / pop de chambre

Angèle au Centre Bell

par Rédaction PAN M 360

Au fil des dernières années, Angèle s’est imposée comme l’une des artistes européennes les plus influentes de sa génération. Avec plusieurs sorties certifiées, près de 4 milliards de streams dans le monde, des tournées en arenas à guichets fermés et une empreinte culturelle qui s’étend à la musique, à la mode et au cinéma, elle a construit l’une des identités artistiques les plus singulières de la pop européenne. Angèle vient de dévoiler son nouveau single « une seule vie », un hymne pop solaire qui ouvre les portes de l’univers d’INSTINCT. Son nouvel album sortira le 16 octobre, et est désormais disponible en précommande. Construit sur les fondations électroniques d’INSTINCT, le titre fait évoluer le son vers quelque chose de plus lumineux, pensé pour fonctionner aussi bien sur une piste de danse qu’à la radio en journée.

Over the past few years, Angèle has established herself as one of the most influential European artists of her generation. With multiple certified releases, nearly 4 billion streams worldwide, sold-out arena tours and a cultural footprint spanning music, fashion and film, she has built one of the most distinctive artistic identities in European pop. Angèle recently releases her new single « Une seule vie », a radiant pop anthem that opens the door to the world of INSTINCT. Her new album will be released on October 16 and is now available for pre-order. Built on the electronic foundations of INSTINCT, the song evolves into something brighter, designed to work just as well on the dancefloor as it does on daytime radio.

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pop-rock

The Neighbourhood au Centre Bell

par Rédaction PAN M 360

Après cinq ans d’absence, The Neighbourhood est de retour avec (((((ultraSOUND))))), un album qui évoque davantage un renouveau qu’un simple retour. Le groupe californien, qui a marqué les années 2010 avec sa pop mélancolique à l’esthétique noir et blanc, a retrouvé la couleur, ou du moins certaines de ses nuances. D’abord enregistré aux studios Conway de Los Angeles avec leur collaborateur de longue date Justyn Pilbrow, puis finalisé dans un petit local de répétition de Van Nuys appelé The Beehive, sous la réalisation de Jono Dorr, (((((ultraSOUND))))) témoigne des retrouvailles entre Jesse Rutherford, Zach Abels, Jeremy Freedman, Mikey Margott et Brandon Fried après une pause de trois ans. « Nous n’étions pas obligés de faire cet album », explique Abels. « Nous sommes revenus parce que nous en avions envie. C’était comme à l’époque où nous jouions dans un garage : c’était amusant et beaucoup moins encadré. » Sans échéance imposée par une maison de disques ni personne pour surveiller leur travail, les séances d’enregistrement se sont déroulées naturellement. « Personne ne nous disait que nous devions le faire », raconte Fried. « Pour la première fois, nous étions entièrement maîtres de nos décisions : pas de maison de disques, pas de contrat, juste nous qui décidions de refaire de la musique ensemble. » À travers ses quinze chansons, le groupe délaisse les artifices et privilégie l’émotion à l’effet spectaculaire. La chanson « Private », qui a inspiré le titre de l’album, mêle introspection et rythme hypnotique. « Parfois, je n’arrivais pas à trouver les mots », confie Rutherford. « Il aurait fallu une échographie pour voir ce que je ressentais, pour regarder à l’intérieur et comprendre ce qui se passait vraiment. » Le gris, une couleur que le groupe rejetait autrefois, traverse (((((ultraSOUND))))) comme une révélation discrète. En 2013, le groupe avait même écrit « No Grey », une chanson qui exprimait une vision du monde faite d’absolus. Aujourd’hui, cette teinte se retrouve dans l’univers visuel de l’album ainsi que dans plusieurs chansons, devenant une métaphore de la nuance et de l’évolution personnelle. « Avant, tout était noir ou blanc », explique Rutherford. « Maintenant, tout est gris. » Avec (((((ultraSOUND))))), The Neighbourhood donne l’impression d’un groupe qui n’a plus rien à prouver, mais encore tant à raconter. Cinq musiciens qui redécouvrent l’équilibre entre contrôle et chaos, cette alchimie qui a fait leur singularité dès le départ.

After five years away, The Neighbourhood return with (((((ultraSOUND))))) – a record that feels less like a comeback than a renewal. The California band that defined black-and-white pop melancholy in the 2010s has found color again, or at least shades of it. Recorded first at Conway Studios in Los Angeles with longtime collaborator Justyn Pilbrow, then finished in a cramped Van Nuys rehearsal space called The Beehive with Jono Dorr producing, (((((ultraSOUND))))) captures Jesse Rutherford, Zach Abels, Jeremy Freedman, Mikey Margott, and Brandon Fried reconnecting after a three-year hiatus. « We didn’t have to make this record, » Abels says. « We came back because we wanted to. It was like being in the garage again –  fun and not so controlled. » Without a label deadline or anyone looking over their shoulders, the sessions unfolded naturally. « There was no one telling us we had to do it, » Fried says. « We were self-governing for the first time – no label, no contract, just us deciding to make music again. » Across fifteen tracks, the band strips back the gloss and trusts feeling over flash. « Private » – the song that gives the album its name – folds self-examination into a hypnotic pulse. « Sometimes I didn’t have the words, » Rutherford says. « You’d need an ultrasound to see what I was feeling – to look inside and go, oh, that’s what’s happening. » Grey – the color they once rejected – runs through (((((ultraSOUND))))) like a quiet revelation. They even wrote « No Grey » back in 2013 as a declaration of absolutes. Now the shade shows up in the artwork and in several songs, a metaphor for nuance and growth. « Everything used to be black and white, » Rutherford says. « Now it’s grey. » (((((ultraSOUND))))) sounds like a band with nothing to prove and everything to say – five musicians rediscovering the balance between control and chaos that made them matter in the first place.

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death-metal / métal alternatif / nu-métal

Slipknot au parc Jean-Drapeau

par Rédaction PAN M 360

Slipknot est un groupe de metal originaire de Des Moines, en Iowa. Formé en 1995, le groupe est reconnu pour ses prestations scéniques impressionnantes ainsi que pour son image composée de neuf membres portant des masques. Slipknot est l’un des groupes les plus importants de la NWOAHM (New Wave of American Heavy Metal).

Slipknot is a metal group based in Des Moines, Iowa. They were formed in 1995, and are well known for their live shows and their image of nine masked performers. They are one of the most important bands of the NWOAHM (New Wave of American Heavy Metal).

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baroque / classique

Arion Orchestre Baroque : Le retour du Roi à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Après une dizaine d’années de révolution en quête de démocratie et près de quinze ans passés sous la poigne impériale de Napoléon, une France épuisée accueille de nouveau, dans une allégresse désabusée, les Bourbons sur le trône. Ce retour du roi Louis XVIII, frère du malheureux Louis XVI, devient prétexte à des célébrations dont la musique reste, de nos jours, à peu près inconnue. À la tête des Jacobins, un ensemble à vents historiques, Mathieu Lussier nous propose une incursion dans la vie musicale parisienne lors de cette époque fascinante.

After a decade or so of revolution in pursuit of democracy followed by nearly fifteen years under Napoleon’s imperial rule, an exhausted France welcomed the Bourbons back to the throne with a sense of disillusioned joy. The return of King Louis XVIII, brother of the ill-fated Louis XVI, served as a pretext for celebrations the music of which remains virtually unknown today. Leading the Jacobins, a historical wind ensemble, Mathieu Lussier offers us a glimpse into Parisian musical life during this fascinating era.

Programme

Œuvres de François-Adrien Boieldieu, François-Joseph Gossec, Louis-Ferdinand Hérold, Étienne-Nicolas Méhul, Hélène de Montgeroult et leurs contemporains

Program

Works by François-Adrien Boieldieu, François-Joseph Gossec, Louis-Ferdinand Hérold, Étienne-Nicolas Méhul, Hélène de Montgeroult and their contemporaries

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Ce contenu provient de l’Arion Orchestre Baroque et est adapté par PAN M 360

avant-garde / musique contemporaine

Le Vivier : le super Ultra violon de Judith Fliedl

par Frédéric Cardin

Dans le très intime espace Sainte-Hilda, le Vivier recevait vendredi soir (30 octobre) la violoniste autrichienne Judith Fliedl. La jeune dame maîtrise, comme il se doit, le répertoire classique (elle affectionne particulièrement Bach et Mozart), mais elle se concentre depuis plusieurs années sur la musique contemporaine et d’avant-garde. Comme elle le disait dans la discussion que nous avons eue ensemble, Judith Fliedl aime produire des sons ‘’qui ne sont pas normaux’’. 

ENTREVUE AVEC JUDITH FLIEDL

Ce sont donc des sonorités audacieuses, parfois étranges, mais plus souvent atypiquement séduisantes que la jeune artiste a offertes lors d’un concert qui a largement impressionné l’auditoire du Sainte-Hilda. 

À travers les étonnements musicaux des quatre œuvres au programme (Ultraviolin de Benedikt Alphart, Partita for Solo Violin No. 1 de Chris Paul Harman, …när korpen vitnar (Quand le corbeau blanchit) de Malin Bång et Frises de Kaija Saariaho) c’est principalement une technique splendide, époustouflante d’aisance mécanique et de justesse tonale, que nous avons pu percevoir. On ne peut qu’imaginer une telle hauteur de jeu dans Bach ou Mozart. Ce qui sera peut-être pour une prochaine fois, si les programmateurs de concerts d’ici lisent ce texte. Cela dit, les gens de Toronto l’accueilleront exactement pour ce genre de programme le 3 novembre prochain: une affiche Mozart et Korngold sera donnée, pour le lancement de la nouvelle Société Mozarteum Canada. Profitez-en! 

En attendant, on se remémorera agréablement cette très belle heure de musique exigeante, portée avec passion et conviction par la dame. L’Ultraviolon de Alphart fait référence à l’utilisation d’ultrasons (évidemment ramenés à un niveau audible pour les humains) dans une bande accompagnant la soliste, qui dialogue avec ceux-ci de manière très délicate. À tel point qu’à certains moments, les murmures du violon étaient entièrement noyés par ladite bande. Ironique, pour des sons au départ impossible à pouvoir être entendus…

Bref, si l’idée semble intéressante, le résultat ne convainc pas autant. Le contraire de la pièce suivante, …när korpen vitnar de la Suédoise Malin Bång, un tour de force expressif et technique, comme une toccate éclatée et ébouriffante, mené avec brio par Judith Fliedl. La remarquable Partita for Solo Violin No. 1 du Montréalais Chris Paul Harman a apporté une élégance classique, bien que strictement abstraite. Fliedl l’a apprise en prévision de son passage au Canada, un geste non seulement respectable, mais surtout réjouissant compte tenu de l’évident et authentique investissement personnel que la jeune dame y a mis. Son interprétation a de quoi flatter, car elle démontre toute la valeur de la musique canadienne. Fliedl l’a qualifiée de très difficile à maîtriser. On peut la croire, les passages impressionnants de hardiesse dactyle, ainsi que les impossibles contrastes de nuances, s’additionnent impitoyablement, tout en ne montrant aucun signe de pouvoir venir à bout de la perfection de jeu de Fliedl. Si l’Autrichienne enregistre un jour cette pièce, elle risque de devenir la référence.

Extrait de Frises (Kaija Saariaho) par Judith Fliedl – Sainte-Hilda, Montréal, 30 octobre 2026 (avec l’aimable autorisation de Judith Fliedl) :

Le court récital s’est terminé par l’interprétation d’un bijou, déjà un classique du répertoire actuel pour violon : Frises de la Finlandaise Kaija Saariaho. Fliedl révèle qu’il s’agit de l’une de ses oeuvres préférées, en raison de sa beauté sonore, des innombrables couleurs et scintillances qui s’y trouvent, et de l’onirisme ensorcelant qui se dégage de la partition. Encore une fois, Fliedl réussit avec brio à transmettre toute la magie presque féérique et teintée d’émerveillement. Son affinité personnelle avec cette pièce transpire et communique puissamment avec le public. La délicate bande électronique qui accompagne le violon fait parfois penser à un vibraphone, tout en créant une réverbération ample et chaleureuse des lignes chantantes jouées par Fliedl. Un moment de très belle magie. 

Une rencontre inspirante. Chapeau, Le Vivier, pour nous l’avoir fait vivre!

chaâbi / chanson française / Maghreb

FMA 2026 | Baaziz fait chanter, rire et pleurer Montréal

par Sandra Gasana

La communauté algérienne de Montréal est sortie en grand nombre pour aller apprécier le grand chanteur et guitariste Baaziz, qui a ouvert la 27ème édition du Festival du monde arabe. Vêtu d’une marinière sous un veston et d’un foulard noué autour du cou, il annonce d’emblée ses couleurs : Algérien mais basé en France depuis plusieurs années. Et ce n’est pas que dans l’accoutrement que l’on retrouve cette influence française mais également dans sa musique qui mélange parfois les codes de la variété française à la Brassens tout en y incorporant des sonorités maghrébines. D’ailleurs, nous avons eu droit à une interprétation de Brassens à la sauce châabi.

Toutes les générations étaient représentées au Théâtre Beanfield. Dès son entrée sur scène, il lance des blagues à tout bout de chant, raconte des histoires avant chaque chanson, toutes aussi drôles les unes que les autres, on avait l’impression d’assister à un show d’humour avec de la musique. La satire, les vérités sans filtre, l’autodérision, bref, nous avions toutes les facette de Baaziz, qui était accompagné pour l’occasion par deux guitaristes, un contrebassiste et un percussionniste pour son tout premier show dans la ville.

Il insère du français dans ses chansons en arabe, ainsi que lorsqu’il s’adresse à la foule. D’ailleurs, ces bribes de français m’aidaient à comprendre les quelques mots d’arabe que je saisissais, résultat : je comprenais à 90% de quoi il parlait.

Il a fait chanter la salle dès le premier morceau, mais l’a ensuite fait pleurer lors du deuxième. En effet, c’était l’un des moments forts du concert puisqu’il rendait hommage à son père et a partagé une histoire à son sujet juste avant. La salle, y compris moi, étions en larmes à la fin du morceau.

« Bon, j’ai bien plombé l’atmosphère », remarque-t-il avant d’enchainer avec une série de blagues qui nous ont fait oublier ce petit moment de tristesse. Il nous a également partagé des histoires sur sa femme pour qui il a beaucoup d’affection, ainsi que sa mère qui était très fière de lui. Une chanson est même née de cette admiration maternelle intitulée « The best », teintée d’humour et qui a mis de la joie dans la salle. L’audience applaudissait régulièrement durant ses chansons, comme pour rajouter une autre touche percussive.

Par moments, il prenait la guitare de l’un des musiciens pour gratter dessus sur un morceau, pendant que ce musicien jouait le banjo. Il mêlait des chansons de ses albums à des classiques algériens que toute la salle connaissait par cœur.

C’est peut-être son premier concert à Montréal mais je suis certaine que ce ne sera pas son dernier. Et vu qu’il n’est plus trop jeune, il faut le faire revenir le plus souvent possible parce qu’en plus d’être un chanteur talentueux, il est également un excellent conteur, un humoriste hors pair et on a vraiment l’impression qu’il s’amuse sur scène. Et ça, ça fait du bien par les temps qui courent.

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baroque / classique

Concerto Italiano à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Le réputé Concerto Italiano est de passage à la Salle Bourgie avec un programme consacré à de passionnantes transcriptions d’œuvres pour clavier de J. S. Bach.

The celebrated Concerto Italiano visits Bourgie Hall with a captivating program dedicated to transcriptions of J. S. Bach’s keyboard pieces.

Programme

BACH
Suite pour orchestre no 3 en ré majeur, BWV 1068 : Ouverture
Passacaille et fugue en ré mineur (transcr. R. Alessandrini d’après la Passacaille et fugue en do mineur, BWV 582)
Concerto en sol majeur (transcr. R. Alessandrini d’après la Toccata pour clavecin, BWV 916)
Ouverture française, BWV 831 (transcr. R. Alessandrini d’après l’original pour clavecin)

Program

BACH
Overture, from the Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068
Passacaglia and Fugue in D minor (transcr. R. Alessandrini after the Passacaglia and Fugue in C minor, BWV 582)
Concerto in G major (transcr. R. Alessandrini after the Toccata for Harpsichord, BWV 916)
Overture in the French Style, BWV 831 (transcr. R. Alessandrini after the original for harpsichord)

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Ce contenu provient de la salle Bourgie et est adapté par PAN M 360

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