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Sous la direction de la cheffe polonaise Anna Sułkowska-Migoń, trois compositeurs d’un siècle tourmenté se rencontrent dans un programme où la musique devient un éclat de liberté. Composé au moment charnière de son retour en URSS, le ballet Roméo et Juliette de Prokofiev naît du heurt entre aspirations personnelles et pressions politiques, porté par des mélodies expressives et une modernité éclatante. Le Concerto pour piano n° 1 de Chostakovitch, composé avant que la censure stalinienne ne s’abatte sur lui, surprend par son dialogue audacieux entre piano et trompette, propulsé par l’énergie de Gabriela Montero. La Symphonie n° 2 de Grażyna Bacewicz, écrite dans l’élan de l’après-guerre, allie tension et lumière, révélant la puissance créatrice et la résilience d’une compositrice visionnaire.
Under the baton of Polish conductor Anna Sułkowska-Migoń, three composers from a time of upheaval are brought together in a program where music becomes a spark of freedom. Composed at the pivotal moment of his return to the Soviet Union, Prokofiev’s Romeo and Juliet emerged from the tension between personal artistic ambition and political constraint, carried by expressive melodies and a strikingly modern tone. Composed prior to the tightening grip of Stalinist censorship, Shostakovich’s Piano Concerto No. 1 captivates with its bold dialogue between piano and trumpet, driven by Gabriela Montero’s energy. Grażyna Bacewicz’s Symphony No. 2, written in the immediate aftermath of World War II, marries tension and light, revealing the creative strength and resilience of a visionary composer.
Programme
BACEWICZ, Symphonie n° 2
CHOSTAKOVITCH, Concerto pour piano n° 1
PROKOFIEV, Roméo et Juliette (extraits)
Program
BACEWICZ, Symphony No. 2
SHOSTAKOVICH, Piano Concerto No. 1
PROKOFIEV, Romeo and Juliet (excerpts)
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Entre Mendelssohn et Schubert, un dialogue à travers le temps : celui d’un génie saluant un autre. Admirateur fervent de Schubert, Mendelssohn fut l’un des premiers à reconnaître la grandeur de sa musique et à la révéler au monde. Sous la direction sensible et lumineuse de Philippe Herreweghe, ce concert rend hommage à cette filiation artistique. Le Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn, chef-d’œuvre d’élégance et d’inspiration lyrique, ouvre la soirée avec éclat. Puis la Symphonie n° 9 « La Grande » de Schubert – que Mendelssohn contribua à faire découvrir après la mort du compositeur – déploie toute sa puissance radieuse. Un voyage où l’admiration devient musique, où la passion d’un chef et d’un orchestre fait revivre cette amitié rêvée entre deux esprits fraternels.
Between Mendelssohn and Schubert, a dialogue across time—a genius saluting another. A devoted admirer of Schubert, Mendelssohn was among the first to recognize the greatness of his music and bring it to light. Under Philippe Herreweghe’s sensitive and luminous direction, this concert pays tribute to that artistic kinship. Mendelssohn’s Violin Concerto in E minor, a masterpiece of elegance and lyrical inspiration, opens the evening in brilliant fashion. Then Schubert’s Symphony no. 9, “The Great”—which Mendelssohn helped unveil after the composer’s death—unfolds in all its radiant power. A journey where admiration becomes music, where the passion of a conductor and orchestra revives the dream of friendship between two kindred spirits.
Programme
Felix Mendelssohn Bartholdy, Concerto pour violon, op. 64 (26 min)
Franz Schubert, Symphonie nᵒ 9, D. 944 « La Grande » (48 min)
Program
Felix Mendelssohn Bartholdy, Violin Concerto, op. 64 (26 min)
Franz Schubert, Symphony no. 9, D. 944 « The Great » (48 min)
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Moe Clark
Artiste multidisciplinaire aux deux esprits âpihtawikosisâniskwêw (d’ascendance métisse et coloniale), Moe Clark (elle/iel) est un·e oiseau-tonnerre chantant. Originaire du territoire du Traité no 7, l’artiste est membre de la Nation métisse de l’Alberta et réside actuellement à Tio’tiá:ke/Mooniyang/Montréal, au Québec, où iel travaille comme artiste et pédagogue. Moe se consacre également à l’apprentissage du nêhiyawêwin (cri des plaines) et du michif et collabore étroitement avec les Aîné·es et les gardien·nes du savoir à la revitalisation linguistique par le chant. Sa pratique traverse l’improvisation vocale, la conception sonore, l’accompagnement cérémoniel ancré dans le territoire (oskapêwis) et la création scénique, pour créer des œuvres centrées sur les connaissances incarnées, la résurgence autochtone bispirituelle et les afinités créatives.
âpihtawikosisâniskwêw (Michif/mixed-settler) multidisciplinary artist Moe Clark (she/they) is a 2Spirit singing thunderbird. Born and raised in Treaty 7, they are a proud member of the Métis Nation of Alberta. Currently they reside as a guest in Tio’tiá:ke/ Mooniyang/ Montréal (QC) where she works as an artist and educator. A dedicated nêhiyawêwin (Plains Cree language) and Michif language learner, Moe collaborates intimately with Elders and knowledge keepers to advance language resurgence through song-based practices. She works across disciplines of vocal improvisation, sound design, land-based oskapêwis facilitation (ceremonial Elder apprenticeship), and performance creation, to create work that centres embodied knowledge, 2Spirit Indigenous resurgence, and creative kinship.
Melody McKiver
Melody McKiver (iel/ile) est un musicien anishinaabe, violiste, compositeur, et danseur traditional de powwow. Son origine est issue de la Première Nation de Obishikokaang Lac Seul ainsi que de l’Écosse et de la Lithuanie. Ile est professeur adjoint de musique autochtone avec l’Université de Manitoba. Melody a maintenant établi ses quartiers à Winnipeg Manitoba dans la térritoire de Traité no 1, mais était élevée en Ottawa. À titre d’artiste soliste, ile explore toute la gamme des possibilités de l’alto, de l’expression musicale minimaliste jusqu’à la musique cinématique. Melody présent Reckoning EP éponyme pour alto solo en décembre 2017.
Melody McKiver’s (they/them, do not use any other pronouns) musical work integrates electronics with Western classical music to shape a new genre of Anishinaabe compositions. A proud member of Obishikokaang Lac Seul First Nation, Melody is currently Assistant Professor of Indigenous Music (tenure-track) with the Desaultels Faculty of Music at the University of Manitoba and a member of the Mizi’iwe Aana Kwat (LGBTQ2S+ Council) within the Anishinaabe Nation of Treaty #3. They are the 2020 recipient of the Canada Council’s Robert Flaming Prize awarded annually to an exceptionally talented young Canadian composer, and a recurring invited participant in the Banff Centre for the Arts’ Indigenous Classical Music gatherings.
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Super Scintillant
Le duo Super scintillant produit une musique à la fois douce et vivante par la rencontre inusitée de deux univers : celui de la virtuose de la clarinette basse de Mélanie Bourassa et du synthétiseur modulaire de Nicolas Bernier. À la croisée de la musique ambient et improvisée, les artistes construisent leur musique dans l’instant en réagissant aux événements électroniques imprévisibles. Au sein du duo, la clarinette possède un pouvoir magique : celui d’activer l’instrument électronique. De ce dialogue émane des surprises perpétuelles qui se matérialisent dans de riches textures sonores et ont tout pour fasciner les oreilles.
The duo Super scintillant creates music that is both delicate and vibrant through the unexpected meeting of two worlds: the virtuosic bass clarinet of Mélanie Bourassa and the modular synthesizer of Nicolas Bernier. At the crossroads of ambient music and free improvisation, the artists build each performance in real time, responding to the unpredictable behaviour of electronic sound. Within the duo, the clarinet possesses a magical power—it activates the electronic instrument. From this dialogue emerge constant surprises that take shape as richly textured sonic landscapes, offering listeners a deeply captivating experience.
Plant
Ludique, radicale, bordélique, précise, exigeante, la musique du duo Plant repose sur une discipline de l’improvisation totale et mise sur une énergie qui pousse à la perte de contrôle, à l’inconnu. Le groupe est formé de deux musiciens aux techniques étonnantes: Éric Normand et Jim Denley. Leur devis technique : une plante et un ampli, devant lesquels ils utiliseront objets, instruments et fruits pour créer une musique à la fois fragile et d’une rare intensité. Les prestations de Plant s’inscrivent dans une démarche de détournement et de questionnement instrumental et comportent un aspect empruntant au “performance art” ou au théâtre instrumental par des manipulations étranges d’instruments conventionnels.
Playful, radical, chaotic, precise, and uncompromising, the music of the duo Plant is grounded in the discipline of total improvisation, driven by an energy that embraces loss of control and the unknown. The group brings together two remarkable musicians, Éric Normand and Jim Denley, whose unconventional approach pushes the boundaries of instrumental performance. Their technical rider is disarmingly simple: a plant and an amplifier. Around these, they use objects, instruments, and even fruit to create music that is at once fragile and strikingly intense. Plant’s performances challenge traditional ideas of instrumentation through unusual manipulations of conventional instruments, drawing as much from performance art and instrumental theatre as from experimental music.
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Ce contenu provient de Québec musiques parallèles et est adapté par PAN M 360
Après l’événement Opera’Actuel la semaine dernière dans la programmation du Vivier, c’était de nouveau la voix qui était à l’honneur dans la programmation d’un organisme en musique nouvelle alors que la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) ouvrait sa 61ème saison avec Sotto Voce, un concert qui mettait de l’avant la création lyrique contemporaine.
La voix est un matériau stylistique et une source d’inspiration qui occupe depuis plusieurs décennies selon les dires de Simon Bertrand, directeur artistique de la SMCQ, une place toute particulière et prisée des compositeurs et compositrices. Cette richesse que l’on retrouve dans ce programme trace en filigrane l’héritage qu’a laissé notamment Claude Vivier avec des œuvres iconiques tels Lonely Child, une de ces pièces les plus connues, mais aussi avec Bouchara, ce chant d’extase à l’amour qui était le pénultième moment de ce concert. Sans être un fil stylistique apparent, c’est une célébration de la voix sous ces différentes facettes qui a été proposée à l’assistance de la Salle Pierre-Mercure.
En introduction, la soprano Marianne Lambert a interprété des extraits du cycle Laudes du compositeur Marc Hyland, accompagné au piano par Pamela Reimer. Hyland a voulu célébrer et exprimer dans ces louanges « son éblouissement devant le principe créateur à l’origine de tout, en libérant le chant de sa fonction poétique ou sémantique rationnelle ». Pour ce faire, il a extrait pour chaque pièce des phonèmes de trois textes traduits en plusieurs langues. À un accompagnement au piano tantôt épuré et intime, tantôt actif, Lambert appose à ce flot vocal une voix brillante et claire, usant de différentes techniques, notamment le bocca chiusa (bouche fermée) pour créer un effet timbrale distinctif.
Madrigal VI de Bruce Mather est la pièce qui a demandé et qui a été la plus méditative. Écrite pour soprano, flûte, piano et bande magnétique, la pièce fait interagir le matériel musical sur support, soit la flûte et la voix de soprano pré-enregistré, avec ces mêmes interprètes dans un jeu de dialogues. Le timbre vocal perçant de Magali Simard-Galdès se mélangeait aux hautes fréquences de la flûte de Marie-Hélène Brault alors que Pamela Reimer ponctuait cette action musicale d’interventions utilisant le piano dans son corps complet, de jouer en étouffant les cordes à faire frotter le crin d’un archet entre celles-ci.



C’était une excellente idée de la part de Simon Bertrand que de faire intervenir la soprano Marie-Danielle Parent, celle qui a été une muse et une interprète des œuvres de Claude Vivier. Son allocation sagace après la pièce de Mather, en plus d’offrir une fenêtre sur la personne profondément humaine qu’était son ami Claude, elle a permis de donner du contexte au style de Vivier à la création de Bouchara. C’est une œuvre complexe où Vivier invente un langage de mots qui privilégie les consonnes percussives et les syllabes construites avec la voyelle « Y » et dont l’évolution dans la chanson d’amour installe progressivement une dynamique incantatoire. La soprano Elisabeth Boudreault a offert une performance incarnée et digne. L’extase de la chanson d’amour, elle le vivait dans son corps, dans son esprit et dans ces gestes. C’était un spectacle autant de la voir vivre cette œuvre que de regarder Cristian Gort, chef de l’Ensemble de la SMCQ, vivre avec tout autant d’énergie et de plaisir. Que ce soit dans son introduction épurée où le violoncelle interagit avec le son du cor; les envolées lyriques ratissant une large tessiture vocale et les imposants coups de gongs, l’extase était palpable du début à la fin.
La conclusion de la soirée appartenait à Sébastien Goulet à qui la SMCQ avait passé une commande d’œuvre : Ophiolite. Faire suite en concert à une pièce de Vivier peut être intimidant pour un jeune compositeur, mais Goulet s’en est tiré avec élégance, présentant une composition pour deux sopranos, accompagné d’un instrumentarium conséquent, composé entre autres de deux clarinettes, d’une harpe, d’un hautbois, d’une trompette, d’un cor et de cordes. L’inspiration de Bouchara est apparente, notamment dans la texture orchestrale et avec ces grands temps fort marqués fortissimo qui viennent accentuer des changements d’actions dans le texte. Le traitement de la poésie est, lui, plutôt conventionnel et très tonal avec des élans très imagés, presque cinématographique. À ces textures orchestrales, Goulet compose des lignes vocales d’une grande finesse, faisant un usage judicieux des timbres de Magali Simard-Galdès et Elisabeth Boudreault.
La voix de la musique contemporaine est bien vivante et fertile et elle continuera de s’exprimer sous ces différentes facettes, alors la SMCQ se prépare pour l’édition 2027 du festival Montréal/Nouvelles Musiques qui aura pour thème : les Amériques.
crédits photos : Luc Desjardins
Conte de fée en musique propose une rencontre ludique entre musique, récit et théâtre. Imaginé par Ji Eun Moon, ce concert s’inspire du conte québécois Le Fantôme de l’avare, écrit par Honoré Beaugrand. Cette histoire est l’objet d’une réinterprétation musicale à travers une suite d’une dizaine de mouvements, où se croisent pop, musique classique contemporaine, rock, jazz, improvisation et sonorités d’avant-garde. Porté par des chanteur·euse·s, des instrumentistes et un narrateur ou comédien de doublage, le récit prend vie grâce à une palette d’expressions théâtrales: dialogues, chuchotements, pleurs, chants et cris. Les guitares électriques se mêlent aux instruments acoustiques pour créer des univers sonores singuliers, tandis que chaque mouvement révèle les émotions et la personnalité des personnages.
Fairy Tale in Music offers a playful encounter between music, storytelling, and theatre. Conceived by Ji Eun Moon, this concert draws inspiration from the Quebec folk tale The Miser’s Ghost, written by Honoré Beaugrand. The story is reimagined musically through a suite of around ten movements, bringing together pop, contemporary classical music, rock, jazz, improvisation, and avant-garde sounds. Performed by singers, instrumentalists, and a narrator or voice actor, the story comes to life through a rich palette of theatrical expression: dialogue, whispers, sobs, singing, and cries. Electric guitars blend with acoustic instruments to create distinctive sound worlds, while each movement reveals the emotions and personalities of the characters.
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Le concert tant attendu de Sister Nancy était prévu pour la conclusion du programme de 23 h au Piccolo Rialto, mais c’est peu après 1 heure du matin que la grande prêtresse du dancehall est apparue sur la scène du Picolo Rialto. Et quelle apparition !
Sister Nancy, Ophlin Russell de son vrai nom, est une pionnière en matière de dancehall made in Jamaïca, univers majoritairement masculin à son époque. Les fans de cuture jamaïcaine savent qu’elle a ouvert la porte à plusieurs femmes qui ont suivi ses traces.
Du haut de ses 64 ans, elle était plutôt en forme lors de sa prestation pour la 25ème édition de Pop Montréal et faisait même quelques sauts sur scène durant sa performance. Accompagnée d’un DJ qui balançait des riddims endiablés, elle a débuté avec une session d’improvisation rendant hommage à Montréal.
Connue mondialement grâce à son mégatube Bam Bam, sa voix reste identifiable dès les premières notes, cette grande performer n’a certes pas perdu de sa vigueur avec les années. Quelle énergie !
Sister Nancy a joué plusieurs de ses succès mais j’ai découvert également des morceaux moins connus. De temps en temps, elle partageait des messages avec son audience, que ce soit pour parler de l’importance de s’aimer les uns et les autres dans les temps actuels ou encore de profiter de la vie au max. Lors de sa dernière visite à Montréal, elle avait rencontré Carrie Brown dans les coulisses, une artiste canadienne du reggae, décédée en janvier 2026. « Aujourd’hui, je suis ici et elle n’est plus là. La vie est courte, profitez de chaque moment », prêche-t-elle entre deux sons.
Elle a même partagé la toute première chanson de sa carrière datant de 1979, annonçant d’emblée qu’elle ne se souvient pas toujours des paroles et a sollicité l’aide du public qui était ravi de chanter avec elle. Elle aura aussi repris à son avantage des rimes de Hal David, « What the world needs now is love sweet love », tirée d’une grande chanson composée par Burt Bacharach.
Son énergie débordante sur scène était contagieuse, la salle dansait tout le long, certains adeptes du reggae étaient ravis de voir leur idole alors que d’autres découvraient l’artiste pour la première fois. En sortant du Rialto, je me suis promise de visionner le documentaire réalisé à son sujet pour découvrir encore plus le parcours de cette grande dame.
En attendant que Sister Nancy monte sur scène, je me suis retrouvée dans le sous-sol du Rialto pour aller voir Honeydrip, un nom marquant de la scène électronique underground montréalaise. En arrivant, cette DJ, qui compte une dizaine d’années dans le métier, mixait sur du dub et du reggae avec les basses qui explosaient nos tympans. Et plus ça allait, plus le rythme s’accélérait pour donner de plus en plus de place à de l’électro, tout en gardant l’aspect planant et atmosphérique du reggae. Très concentrée sur ses pitons, elle n’interagissait pas beaucoup avec son public qui semblait séduit et qui dansait tout le long du set.
Honeydrip est également productrice de bass music et bâtisseuse de haut-parleurs respectée, en plus de poursuivre sa carrière de DJ au niveau national et international. Elle a parcouru l’Europe, l’Amérique du Sud et le Canada et fait parler d’elle de plus en plus.
Elle a terminé son set avec du dancehall et elle a choisi le morceau Nobody moves, Nobody gets hurt au grand plaisir des spectateurs qui se sont mis à applaudir.
Lorsque Honeydrip n’est pas derrière des platines, elle anime des ateliers adressés aux femmes et à la communité LGBTQ+ afin de les outiller et les inclure dans la culture sound system. Elle est avant-gardiste dans ses choix de labels et a déjà publié sur des labels tels que Banofee Pies Records entre autres et continue de contribuer au développement de la culture du sound-system à Montréal. Un nom à retenir !
Sous la direction de la cheffe polonaise Anna Sułkowska-Migoń, trois compositeurs d’un siècle tourmenté se rencontrent dans un programme où la musique devient un éclat de liberté. Composé au moment charnière de son retour en URSS, le ballet Roméo et Juliette de Prokofiev naît du heurt entre aspirations personnelles et pressions politiques, porté par des mélodies expressives et une modernité éclatante. Le Concerto pour piano n° 1 de Chostakovitch, composé avant que la censure stalinienne ne s’abatte sur lui, surprend par son dialogue audacieux entre piano et trompette, propulsé par l’énergie de Gabriela Montero. La Symphonie n° 2 de Grażyna Bacewicz, écrite dans l’élan de l’après-guerre, allie tension et lumière, révélant la puissance créatrice et la résilience d’une compositrice visionnaire.
Under the baton of Polish conductor Anna Sułkowska-Migoń, three composers from a time of upheaval are brought together in a program where music becomes a spark of freedom. Composed at the pivotal moment of his return to the Soviet Union, Prokofiev’s Romeo and Juliet emerged from the tension between personal artistic ambition and political constraint, carried by expressive melodies and a strikingly modern tone. Composed prior to the tightening grip of Stalinist censorship, Shostakovich’s Piano Concerto No. 1 captivates with its bold dialogue between piano and trumpet, driven by Gabriela Montero’s energy. Grażyna Bacewicz’s Symphony No. 2, written in the immediate aftermath of World War II, marries tension and light, revealing the creative strength and resilience of a visionary composer.
Programme
BACEWICZ, Symphonie n° 2
CHOSTAKOVITCH, Concerto pour piano n° 1
PROKOFIEV, Roméo et Juliette (extraits)
Program
BACEWICZ, Symphony No. 2
SHOSTAKOVICH, Piano Concerto No. 1
PROKOFIEV, Romeo and Juliet (excerpts)
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Le spectacle final du Festival Opér’Actuel 2026, présenté par Chants Libres, avait lieu hier (mais est également repris aujourd’hui 26 septembre à 15h et a 19h30). La formule du spectacle n’est pas nouvelle en soi : une sorte de showcase d’extraits de plusieurs opéras contemporains en cours d’écriture. Opér’Actuel, avant sa transformation en festival biennal d’une semaine, était un rendez-vous, lui aussi biennal, d’un seul grand événement comme celui d’hier, répété sur deux jours. En résumé, on a conservé la formule et on lui a ajouté d’autres événements sur toute une semaine. Voilà.
Hier, donc, on nous proposait de découvrir six works-in-progress d’opéra contemporain/expérimental/théâtre musical. Tous ces termes sont appropriés car la vastitude de genres et d’approches était impressionnante. La soirée a commencé à l’extérieur du Centre Calixa-Lavallée (dans le Parc Lafontaine), où l’audacieuse Sarah Albu (qui était également la curatrice, programmatrice et metteure en scène de la soirée) nous offrait une sorte d’expérience happening dans laquelle elle haranguait le public à qui elle demandait parfois de se frotter, de sauter, de crier à tour de rôle devant elle, cris qu’elle répétait exactement (j’ai tout de suite pensé à Marina Abramović), ou encore d’imiter des cris d’animaux, dont des girafes homosexuelles. Tout cela flanquée de deux musiciens largement impassibles de l’ensemble Paramirabo (Jeffrey Stonehouse et Krystina Marcoux), accoutrés comme des Men in Black genre Glam-Goth. Les passants occasionnels n’en revenaient pas. Albu se donne sans compter dans ce genre d’aventure, et il faut lui lever notre chapeau. Mais, finalement, cette pièce signée de la Brésilo-Danoise Marcela Lucatelli et intitulée Songs of Survival : A Manual for Life relevait plutôt du théâtre dadaïste que de l’opéra (il n’y avait pratiquement pas de chant).
Cela dit, la perfo ludique et bon enfant a eu l’avantage de mettre les spectateur-ices dans un état d’esprit accueillant et souriant pour le reste du programme, qui s’est déplacé dans la salle Paul-Buissonneau.
L’œuvre suivante m’a tout de suite plu. Je suis fan de science-fiction, et j’apprécie que ce genre littéraire trouve de plus en plus sa place dans la création savante contemporaine. Beneath, de Jean-François Daigneault, raconte les derniers instants de la dernière personne humaine sur une Terre dévastée, avant de transférer sa conscience dans un ordinateur quantique, et d’y retrouver sa partenaire, déjà ‘’intégrée’’. Avant de faire le saut virtuel, la protagoniste laisse des instructions à un robot qui aura pour tâche de reconstruire l’histoire humaine, en y effaçant toutes haines, les discriminations, etc. La musique de Daigneault est agréable, moderne mais chantante, picturale et expressive. Le texte est déployé dans un mélange de chant et de narration théâtralisée.
L’opéra suivant était le plus conventionnel de la liste. GIANTESS, de la Canadienne (installée à Londres) Victoria Bernath, explore une partie de la vie de l’artiste surréaliste Leonora Carrington, longtemps internée dans un asile. Sur une musique prévisiblement moderniste, la compositrice et librettiste explore l’idée de folie et de création originale. À noter que Bernath joue également de l’alto dans la partition, et que parfois même, elle chante, en jouant. Le meilleur moment de l’opéra est survenu d’ailleurs quand Bernath interagissait et dialoguait avec le personnage de Leonora (très bien campé par Marie-Annick Béliveau), avec son instrument.
Suivait ce qui s’est révélé être mon coup de cœur de la soirée : Opéra Laurentien de Gabo Champagne, sur un livret de JJ Houle. La langue québécoise est ici instrumentalisée de façon pleinement réussie, contrairement à quelques essais que j’ai déjà entendus ailleurs, où le résultat semblait artificiellement plaqué. Placés dans un contexte de parents qui se plaignent que leur enfant ne dort pas la nuit (la nuitte), les mots, authentiques (jama pour jamais, charcher pour chercher) sont fusionnés à des onomatopées et autres techniques vocales élargies pour créer une trame étonnante de vivacité et de cohérence. La musique de Gabo est une fusion brillante de couleurs trad et de modernisme expressionniste. Tous les opéras présentés, je l’ai dit, sont des œuvres en construction. Certaines ne seront peut-être jamais réalisées concrètement. En ce qui me concerne, Opéra Laurentien est l’un de ces travaux lyriques qui mérite le plus de se rendre au bout du processus. Bravo.
Peste Bianca est une création de la Mexicaine Daniela Falcon. Une sévère critique à la fois de l’industrie du ‘’bien-être’’, poussée par le secteur pharmaceutique, et abrutissante de superficialité, tout en étant la source de la prolifération de drogues addictives (les opioïdes). La mise en scène comprenait la vidéo d’une jeune femme assez caricaturale des années 60, et la présence sur scène de Sarah Albu, déguisée en chimiste. Le caractère cynique de l’œuvre faisait rire, mais pas autant que la moustache d’Albu qui décollait sans cesse.
La dernière présentation était celle de CARE d’Erin Gee (musique) et Laurence Dauphinais (livret). On y voyait deux ovules (interprétés par Gee et Dauphinais) qui se questionnent sur leur réel désir de sortir dans le monde. Le dispositif requis était le plus imposant de tous : l’ensemble Paramirabo au complet et un chœur rapatriant toustes les solistes de la soirée. La musique m’a semblé un peu anonyme, sauf pour les fortes impressions laissées par le traitement des voix chorales, qui créaient une sorte de bain sonore hallucinant, enveloppant le texte récité avec puissance par Dauphinais (et parfois chanté par Gee).
Saluons bien haut l’excellence des artistes en présence. L’ensemble Paramirabo formé de Jeffrey Stonehouse aux flûtes, Gwénaëlle Ratouit aux clarinettes, Hubert Brizard au violon, Viviane Gosselin au violoncelle, Romain Pollet au piano et Krystina Marcoux aux percussions. Les solistes vocaux : Marie-Annick Béliveau, Sarah Albu, Émilie Versailles, Virginie Mongeau, Liz Lima et Clayton Kennedy. Stephen Mulligan, solide, était à la direction.
Au-delà des ressentis de tout un chacun devant chaque oeuvre (mes préférences ne seront probablement pas les mêmes que vous ou d’autres, et c’est la beauté de la chose), Opér’Actuel, autant dans sa formule showcase traditionnelle que Festival, vient de démontrer sa pertinence, ne fut-ce que pour stimuler et soutenir de nouvelles créations archi branchées sur le monde contemporain et permettre au public d’y goûter, ne fut-ce que quelques minutes.
Prochain rendez-vous (après les deux représentations supplémentaires d’aujourd’hui) en 2028.