classique / classique moderne / Piano

Hania Rani – Non Fiction : Piano Concerto in Four Movements au Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

Hania Rani est une compositrice et pianiste polonaise plusieurs fois récompensée qui évolue avec aisance entre les univers de la musique classique et expérimentale. Connue pour une série d’albums remarquables et en constante évolution — Esja, Home et Ghosts — elle a aussi composé pour le cinéma, le théâtre et la télévision.
Non Fiction est le premier concerto pour piano et la première pièce symphonique de Rani, composée en partie en réponse à la découverte en 2020 des compositions d’une jeune prodige de la musique, Josima Feldschuh, écrites pendant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale dans le ghetto de Varsovie. Émue par l’histoire de cette jeune fille, elle a choisi de l’examiner à travers le prisme des horreurs modernes : l’invasion de l’Ukraine et le génocide à Gaza, et la façon dont nous pouvons les « observer » et les « entendre » de près grâce aux médias modernes. Ce faisant, Rani examine la coexistence constante de l’harmonie et du désordre, créant une métaphore sonore de la survie de l’esprit humain face à la violence, et utilise la valeur émotionnelle du son pour rendre ces conflits quelque peu lointains plus accessibles à notre sensibilité humaine.
S’appuyant sur la formation classique de Rani et son admiration pour la musique expérimentale et improvisée, juxtaposant symboliquement une musique précisément orchestrée à la beauté de l’élan, Non Fiction est un chef-d’œuvre moderne : révélateur, puissant, émouvant et profond. 
Pour cette première mondiale, Rani est accompagnée du Manchester Collective, un orchestre de 45 musiciens dirigé par le violoniste Rakhi Singh, avec la participation exceptionnelle du saxophoniste Jack Wyllie (Portico Quartet) et de la batteuse Valentina Magaletti, sous la direction de Hugh Brunt (London Contemporary Orchestra).
Pour le premier set, Rani présentera une sélection de ses compositions instrumentales contemporaines pour le cinéma et le théâtre, ainsi que de nouvelles compositions arrangées pour un petit ensemble.  

Hania Rani is a Polish multi-award winning composer and pianist who moves effortlessly between the worlds of classical and experimental music. Best known for a series of remarkable, ever evolving albums — Esja, Home and Ghosts — she also has written for film, theatre and television.
Non Fiction is Rani’s first piano concerto and symphonic piece composed partially in response to the discovery in 2020 of the compositions of a young music prodigy, Josima Feldschuh, written during the horrors of World War II in the Warsaw Ghetto. Moved by the girl’s story she choose to examine it through the lens of modern horrors: the invasion of Ukraine and genocide in Gaza, and how closely we can ‘observe’ and ‘hear’ them through modern media. In doing this Rani examines the constant coexistence of harmony and disorder creating a sonic metaphor for the survival of the human spirit when faced by the violence and uses the emotional value of sound to make these somehow distant conflicts more relatable to us on a human level. 
Drawing on Rani’s classical background, and her admiration for experimental and improvised music, symbolically juxtaposing precisely scored music with the beauty of momentum Non Fiction is a modern masterwork: revelatory, powerful, emotional and profound. 
In this world premier Rani is joined by the Manchester Collective assembled as a 45-piece orchestra, led by violinist Rakhi Singh and guest performances saxophonist Jack Wyllie (Portico Quartet) and drummer Valentina Magaletti and conducted by Hugh Brunt (London Contemporary Orchestra). 
For the opening set Rani will present a selection of her contemporary instrumental music for film and theatre alongside new music arranged for a small ensemble. 

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Jazz Pop / lounge

Festival International de Jazz de Montréal : Pink Martini à la salle Wilfrid-Pelletier

par Rédaction PAN M 360

Depuis maintenant 31 ans, Pink Martini est un moteur inépuisable de joie qui continue de porter la mission de son fondateur Thomas Lauderdale, à savoir la connexion multiculturelle et l’inclusion, sur les scènes légendaires des six continents. Mêlant pop old school entraînante, couleurs du monde, rythmes big band et glamour hollywoodien, le célèbre « petit orchestre » de l’Oregon joue une musique qui séduit tout le monde, quel que soit l’âge ou l’origine. Le groupe compte une douzaine de musiciens qui interprètent des chansons dans plus de 25 langues et collabore avec une grande variété de chanteurs talentueux lors de ses concerts et sur ses 10 albums studio.

Now in its 31st year, Pink Martini is an unstoppable engine of joy that continues to bring founder Thomas Lauderdale’s mission of multi-cultural connection and inclusion to legendary concert stages on six continents. Presenting a mélange of catchy old-fashioned pop, global color, foot-tapping big band sound, and Hollywood glamour, Oregon’s famous “little orchestra” performs music intended to appeal to everyone, regardless of age or background. The band features a dozen musicians sharing songs in over 25 languages, and collaborates with a wide variety of gifted singers in performance and across the band’s 10 studio albums.

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Électro / jazz / soul

FIJM 2026 | Dominique Fils-Aimé, impériale et apaisante

par Michel Labrecque

Dominique Fils-Aimé est de passage à la maison pour deux jours, alors qu’elle poursuit une tournée internationale qui l’amènera en Europe en juillet, puis aux États-Unis en septembre.

Vendredi, le Théâtre Maisonneuve affichait complet. Montréal attendait son enfant prodigue avec bonheur, pendant qu’à l’extérieur, des milliers de personnes prenaient d’assaut la grande place où allait jouer Angine de Poitrine.

C’est ça le Québec d’aujourd’hui: une Haïtienne qui chante majoritairement en anglais et un duo Jeannois qui chante dans une langue que personne ne comprend. Et les deux font salle comble. De toute évidence, le Québec évolue plus vite que ses politiciens.

Dominique n’avait pas encore prononcé un seul mot que la foule l’acclamait. Le concert s’est ouvert (et s’est terminé) sur une chanson que sa mère lui chantait quand elle était enfant, conformément à son plus récent opus qui s’intitule My World Is The Sun.

Le spectacle est largement consacré à cet album, mais pas que. On entend aussi quelques chansons de sa trilogie d’albums précédents. Dominique Fils-Aimé nous emmène dans un voyage émotif, qui représente une journée ou un cycle temporel, dans lequel on est parfois apaisé, parfois choqué, parfois confus, avant de revenir dans le calme.

La chanteuse est entourée de six musiciens et d’une sonorisatrice qui est, en elle-même, un instrument supplémentaire, tellement elle utilise l’écho et la réverbération de façon brillante. Est-ce parce que nous nous trouvons au FIJM, les musiciens improvisent beaucoup plus que dans d’autres concerts auxquels j’ai assisté dans les années précédentes. Ce qui donne de forts jolis solos et donne du coffre à la musique.

Le concert est très construit, souvent les pièces s’enchaînent automatiquement, nous changeons de climat sans nous en rendre compte. Toutefois, quand elle s’arrête de chanter, Dominique est très volubile. Elle ressent vraiment le besoin de nous parler, de nous partager ses tranches de vie. Elle mentionne à plusieurs reprises qu’elle veut nous faire oublier nos mauvais moments, ainsi que le monde divisé dans lequel nous vivons.

La dernière partie du spectacle est quasi cinématographique, où on retrouve les arrangements plus dépouillés de ses disques, on entre presque dans une transe, avant de retomber avec l’interprétation d’une chanson de Francis Cabrel et de la berceuse maternelle.

Dominique nous a prévenu: pas de rappel, le concert se termine de lui-même. Excellente idée!

À la sortie, le public souriait, semblait comblé. Mon voisin de siège était impressionné. C’était sa première expérience Fils-Aiméenne.

Dominique Fils-Aimé construit sa voix, qui mélange le jazz, la soul, l’électro, ainsi qu’Haïti et son âme vibrante. Elle ne possède pas le registre vocal de Cécile McLorin Salvant, entendue dans la même salle, la veille. Mais elle ira loin, de façon différente. D’ailleurs, je suis convaincu que ces deux femmes libres, d’origine haïtienne, une de Montréal, l’autre de Miami, pourraient chanter ensemble.

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jazz

Festival International de Jazz de Montréal : Stacey Kent au Théâtre Maisonneuve

par Rédaction PAN M 360

Stacey Kent est une chanteuse de jazz américaine dans la lignée des plus grands, avec une légion de fans et une multitude de distinctions et de récompenses, dont une nomination aux Grammy Awards et, plus récemment, le Prix Ella Fitzgerald du Festival de jazz de Montréal. Avec des albums certifiés platine et or qui ont atteint plusieurs fois le sommet des classements et plus d’un demi-milliard d’écoutes sur Spotify, elle s’est constitué un vaste public international grâce à ses interprétations délicatement nuancées de standards, de chansons, de bossa nova et de compositions originales. Son répertoire multilingue unique comprend des compositions originales écrites par l’auteur Kazuo Ishiguro, lauréat du prix Nobel, en collaboration avec son mari, le saxophoniste, producteur, compositeur et arrangeur Jim Tomlinson. Leur première chanson, The Ice Hotel, a remporté le premier prix dans la catégorie jazz de l’International Songwriting Competition. Stacey a également enregistré avec les légendes brésiliennes Marcos Valle, Roberto Menescal et Danilo Caymmi, ainsi qu’avec le célèbre quatuor à cordes français Quatuor Ébène. Le nouvel album de Kent, A Time For Love, sortira en octobre 2025. Il reprendra sa collaboration en trio avec le pianiste Art Hirahara et Jim Tomlinson, dans une collection éclectique de chansons. Son précédent album, Summer Me, Winter Me, s’est immédiatement hissé en tête des charts jazz. Summer Me, Winter Me était une compilation de titres choisis par les fans, comprenant trois chansons originales : Postcard Lovers, coécrite avec Kazuo Ishiguro, et deux autres joyaux dont les paroles ont été écrites par Cliff Goldmacher, auteur de la chanson titre de l’album orchestral de Stacey, I Know I Dream. À côté de ces titres, on trouve un certain nombre de standards de jazz très appréciés, dont les versions anglaise et française de If You Go Away (Ne me quitte pas) de Jacques Brel.

Stacey Kent is an American jazz singer in the mold of the greats, with a legion of fans and a host of honors and awards including a Grammy nomination, and most recently, the Prix Ella Fitzgerald from Montreal Jazz Festival. With Platinum and Gold-selling albums that have reached a series of chart-topping positions, and over half a billion Spotify streams, she has garnered a huge international audience with her delicately nuanced interpretations of standards, chanson, Bossas and originals. Her unique multilingual repertoire includes originals written by the Nobel Prize-winning author Kazuo Ishiguro in collaboration with her saxophonist/producer/composer/arranger husband, Jim Tomlinson. Their first song, The Ice Hotel won first prize in the jazz category of the International Songwriting Competition. Stacey has also recorded with Brazilian legends Marcos Valle, Roberto Menescal and Danilo Caymmi, as well as the celebrated French string quartet the Quatuor Ébène. Kent’s new album, A Time For Love, will be released in October 2025. It will reprise her trio collaboration with pianist Art Hirahara and Jim Tomlinson, in an eclectic collection of songs. Her previous album, Summer Me, Winter Me immediately shot to the top of the Jazz charts. Summer Me, Winter Me was a collection of fan-chosen tracks which includes three original songs; Postcard Lovers, co-written with Kazuo Ishiguro and two other gems with lyrics by Cliff Goldmacher, who wrote the title track of Stacey’s orchestral album, I Know I Dream. Alongside these are a number of well-loved jazz standards including both English and French versions of Jacque Brel’s, If You Go Away (Ne me quitte pas).

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jazz contemporain / saxophone

Festival International de Jazz de Montréal : Isaiah Collier au Théâtre Jean-Duceppe

par Rédaction PAN M 360

Compositeur, arrangeur, éducateur et « scientifique du son » autoproclamé, Isaiah Collier s’est imposé comme l’une des voix les plus passionnantes du jazz contemporain. Originaire de Chicago, son travail lui a valu de nombreuses distinctions de la part d’institutions et de publications prestigieuses à travers le monde. Parmi ses nombreuses distinctions, Collier a été nommé Steve Jobs Archive Fellow, Chicagoan of the Year in Jazz (2024) et a fait la couverture du magazine DownBeat, la plus ancienne publication jazz au monde. Sa musique a également été reconnue par le New York Times, qui a classé son travail parmi les meilleurs albums jazz de l’année. Sa suite révolutionnaire, The Story of 400 Years, a été mise à l’honneur dans l’émission Jazz Night in America de NPR, et il a reçu le prix DownBeat Critics Poll, ainsi que le titre d’artiste émergent de l’année décerné par la Jazz Journalists Association. Collier est connu pour sa quête incessante visant à fusionner les riches traditions du passé avec l’urgence du présent afin de forger le son du futur. Décrit comme un anticonformiste doté d’une force créative et improvisatrice, il a collaboré avec des sommités du jazz telles que Kahil El’Zabar, Ambrose Akinmusire, Craig Taborn, Joe Dyson, Azar Lawrence, les maîtres du jazz NEA Billy Hart, Marshall Allen et Denardo Coleman (fils du pionnier du free jazz Ornette Coleman), ainsi que Nicole Mitchell, Randy Brecker, Billy Harper, Marquis Hill et Makaya McCraven. Il est également très connu pour son puissant ensemble, The Chosen Few. Fier membre de la légendaire Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM), Collier s’inscrit résolument dans la lignée du riche héritage du saxophone ténor de Chicago. C’est un mystique du son, un serviteur de son art et de sa culture, et un artiste qui canalise à la fois le respect et l’innovation dans chaque note. Le magazine DownBeat l’a salué comme « le prochain géant du saxophone », un titre qui convient parfaitement à un artiste qui continue de remodeler le paysage sonore du jazz moderne.

Composer, arranger, educator, and self-described “Sonic Scientist,” Isaiah Collier has emerged as one of the most exciting voices in contemporary jazz. Chicago native, his work has earned numerous accolades from prestigious institutions and publications across the world. Among his many honors, Collier has been named a Steve Jobs Archive Fellow, Chicagoan of the Year in Jazz (2024), and was featured on the front cover of DownBeat Magazine, the world’s oldest jazz publication. His music has also been recognized by The New York Times, where his work was listed among the Best Jazz Albums of the Year. His groundbreaking suite, The Story of 400 Years, was spotlighted on NPR’s Jazz Night in America, and he has been honored with the DownBeat Critics Poll award as well as being named Up and Coming Artist of the Year by the Jazz Journalists Association. Collier is known for his relentless pursuit of blending the rich traditions of the past with the urgency of the present to forge the sound of the future. Described as a maverick of creative and improvisational force, he has collaborated with jazz luminaries such as Kahil El’Zabar, Ambrose Akinmusire, Craig Taborn, Joe Dyson, Azar Lawrence, NEA Jazz Masters Billy Hart, Marshall Allen, and Denardo Coleman (son of free jazz pioneer Ornette Coleman), as well as Nicole Mitchell, Randy Brecker, Billy Harper, Marquis Hill, and Makaya McCraven. He is also widely known for his powerful ensemble, The Chosen Few. A proud member of the legendary Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM), Collier stands firmly within the lineage of Chicago’s rich tenor saxophone legacy. He is a mystic of sound, a servant to his craft and culture, and an artist who channels both reverence and innovation in every note. DownBeat Magazine has hailed him as “The Next Sax Giant”—a title befitting an artist who continues to reshape the sonic landscape of modern jazz.

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blues-rock / R&B

Festival International de Jazz de Montréal : Taj Mahal et Phantom Blues Band à la Maison symphonique

par Rédaction PAN M 360

Taj est une figure musicale imposante, une légende qui a transcendé le blues non pas en le laissant derrière lui, mais en révélant son magnifique champ d’application. En remontant ses origines jusqu’au sud des États-Unis, aux Caraïbes, en Afrique et ailleurs, il a créé des sons entièrement nouveaux.
Taj Mahal n’attend pas la permission. Si un son l’intrigue, il se met en tête de le reproduire. Si ses origines le mystifient, il part à leur recherche. Si des règles se dressent sur son chemin, il les enfreint sans vergogne. Pour Taj, les conventions n’ont aucune importance, mais les traditions sont sacrées. Il a fait progresser la musique et la culture, tout en gardant un regard affectueux sur le passé. Il souhaite simplement pouvoir créer la musique qu’il entend, et c’est ce qu’il fait.
Artiste brillant doté d’un esprit de musicologue, il a exploré et sublimé les racines de ces sons tant appréciés avec un dévouement et un talent sans limites. Il est impossible de quantifier l’importance de Taj, mais les gens essaient quand même.

Taj is a towering musical figure — a legend who transcended the blues not by leaving them behind, but by revealing their magnificent scope. As he traced origins to the American South, the Caribbean, Africa, and elsewhere, he created entirely new sounds.
Taj Mahal doesn’t wait for permission. If a sound intrigues him, he sets out to make it. If origins mystify him, he moves to trace them. If rules get in his way, he unapologetically breaks them. To Taj, convention means nothing, but traditions are holy. He has pushed music and culture forward, all while looking lovingly back. He just want to be able to make the music that he’s hearing come to him — and that’s what he does.
A brilliant artist with a musicologist’s mind, he has pursued and elevated the roots of beloved sounds with boundless devotion and skill. Quantifying Taj’s significance is impossible, but people try anyway.

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Alternative / folk-rock

FIJM 2026 I Nous étions toustes des frères Barr

par Stephan Boissonneault

En ce jeud soir du 25 juin, la Scène TD était bondée jusqu’aux confins de la Place des Festivals, avec cette foule qui se forme lorsqu’un groupe a été absent assez longtemps pour que ses retrouvailles ressemblent davantage à un événement céleste. Cela fait huit ans que The Barr Brothers n’ont pas sorti d’album complet — huit années au cours desquelles la vie les a entraînés vers de nouvelles directions, tant sur le plan personnel que professionnel. Puis, à la fin de l’année dernière, ils ont sorti Let It Hiss, un retour électrisant, un « merci » adressé à tout Montréal. On pouvait sentir tout ce poids dans l’air, puis Brad Barr a ouvert la bouche, et tout s’est évaporé comme de la fumée.

Je suis arrivé au moment où les Barr Brothers enchaînaient sur leur quatrième morceau, « Naturally », avec Leif Vollebekk qui faisait des merveilles à la guitare aux côtés de Brad Barr. Le groupe comptait une section de cordes, une harpe, une basse, une batterie, et Brad qui passait d’une guitare à l’autre. Une rangée d’ampoules à incandescence était suspendue au-dessus du groupe.

Vint ensuite Moonbeam, un autre titre issu de l’album de retour Let It Hiss, et ce n’est nulle autre que Klô Pelgag elle-même qui est montée sur scène pour l’interpréter en duo avec Brad, tandis que celui-ci jouait du clavier. Let It Hiss lui-même — le titre éponyme — a pris une toute autre dimension à plein volume, la guitare de Brad se transformant en un véritable rugissement garage, tandis que le groove de batterie d’Andrew faisait vibrer tout le corps. Le morceau-titre repose sur une base R&B brute, portée par un jeu de guitare sinueux et des grooves entraînants, propulsés par une section rythmique énergique.

C’est un morceau très contagieux en live. Vient ensuite Baseball, où Brad fait des prouesses à la guitare slide sur une vieille Gibson acoustique tandis qu’Andrew mène le shuffle rythmique. Un match de baseball en Technicolor est diffusé à l’écran, renforçant le côté surréaliste.

Les surprises s’enchaînent alors que les frères interprètent Burn Card, en utilisant une corde rouge drapée sur la guitare de Brad (pour lui donner un son de violon) et en mettant en valeur les douces voix en duo des Barr Brothers. J’ai toujours su qu’Andrew savait chanter, mais mon Dieu, sa voix est bien plus belle de près.

La dernière chanson de la soirée était un vieux titre, « Beggar in the Morning », tiré du premier album des Barr Brothers sorti en 2011. Le fils de Brad, qui ne doit pas avoir plus de huit ans, est venu chanter en chœur tout en jouant des maracas. C’était une affaire de famille, et pendant cette heure et demie, nous étions toustes des frères Barr.

Crédit photos: Victoria Diaz Lamich

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blues / jazz vocal / soul-roots

Festival International de Jazz de Montréal : Dominique Fils-Aimé au Théâtre Maisonneuve

par Rédaction PAN M 360

Dominique Fils-Aimé, autrice-compositrice-interprète montréalaise et double lauréate d’un prix JUNO, s’impose comme l’une des voix incontournables du jazz vocal actuel. Avec son nouveau projet My World Is The Sun, elle poursuit sa quête de liberté sonore, créative et spirituelle, et propose sur scène un spectacle immersif qui vous invite à plonger dans les racines de son âme. Son dernier album, Our Roots Run Deep, a remporté en 2024 le JUNO de l’Album jazz vocal de l’année, ainsi que le Félix de l’Album de jazz de l’année à l’ADISQ, confirmant l’importance de sa démarche artistique, à la croisée du jazz, de la soul et du blues. L’album numérique Live At The Festival International de Jazz de Montréal, sorti en 2025, témoigne également de la force de sa présence et de sa capacité à tisser un lien intime avec son public. Ces dernières années, elle s’est produite sur des scènes prestigieuses telles que le Blue Note New York, le Blue Note Los Angeles, le Monterey Jazz Festival, ainsi qu’à Jazz à Vienne et au North Sea Jazz Festival.

Two-time JUNO Award-winning Montreal singer-songwriter Dominique Fils-Aimé has established herself as one of today’s leading voices in vocal jazz. Her latest album, Our Roots Run Deep (2023), earned the 2024 JUNO Award for Vocal Jazz Album of the Year as well as the 2024 Félix Award for Best Jazz Album at ADISQ, affirming the importance of her artistic vision at the crossroads of jazz, soul, and blues. In February 2026, she will unveil the second chapter of her sophomore trilogy with a new studio album My World Is The Sun, preceded by the single Going Home (November 20, 2025). With this project, Fils-Aimé continues her exploration of sonic, creative, and spiritual freedom. On stage, she offers an immersive performance that invites audiences to delve into the roots of their soul, guided by a profound quest for connection. Live at the Montreal International Jazz Festival (2025), her first live album, is a testament to the strength of her stage presence and her ability to forge an intimate bond with her audience. In recent years, she has performed on prestigious stages including the Blue Note New York, Blue Note Los Angeles, and the Monterey Jazz Festival, as well as Jazz à Vienne (opening for Jamie Cullum) and the North Sea Jazz Festival. In 2026, Dominique Fils-Aimé will bring her new album to the stage on a world tour, with concerts announced in Europe at La Maroquinerie (Paris) and Le Botanique (Brussels), in Canada at the Montreal International Jazz Festival, and across the United States.

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Amérique latine

FIJM 2026 | Lila Downs enflamme un MTELUS devenu mexicain 

par Michel Labrecque

Le spectacle n’avait pas encore commencé qu’on entendait des « Viva Mexico » partout dans la grande salle, alors que des spectateurs installaient des drapeaux au bord du balcon. Suivis de « Lila, Lila, Lila! ». L’ambiance était installée et ce n’était qu’un début…

Puis, Lila Downs est arrivée sur scène avec un aréopage de musiciens et danseurs multiples. C’était un « grand débarquement » mexicain et autochtone, autant au niveau visuel qu’auditif. Lila, telle une grande prêtresse, officiait cette grand-messe profane avec une grande assurance. La Mexicaine-Américaine nous a souvent adressé la parole dans un français très correct, bien que la salle était, au moins au deux tiers, mexicaine et latina. Ceci illustre les volontés de la dame d’être inclusive. C’est noble.

Dire que Lila a enflammé le MTELUS n’est pas qu’une métaphore. Lors de la troisième pièce, une vidéo montrait une grande flamme, alors que la douzaine de personnes sur scène célébraient autant en musique qu’en danse. Avec des costumes flamboyants, largement inspirés de l’artisanat autochtone indigène. 

La chanteuse, également anthropologue et artisane, était accompagnée d’un solide groupe qui conjuguait les sonorités mexicaines. Accordéon, cuivres, percussions et guitares. Cumbia, musiques autochtones, norteña et musiques plus contemporaines ont été malaxées, mélangées, métissées, avec comme ancre, la voix profonde et plurielle de Lila Downs.

En plus des morceaux de son récent album, Cambias Mi Mundo, nous avons eu droit à une ode dédiée aux piments mexicains, à une vieille chanson révolutionnaire et à une réflexion sur la relation compliquée entre le Mexique et les déchets.

Il était tout aussi fascinant d’observer les spectateurs et spectatrices que Lila Downs et son ensemble. Ça souriait, ça dansait, ça écoutait. « Ce que fait Lila Downs est vraiment important », m’a confié Adriana, une “Mexicoise”, originaire de Mexico et heureuse de vivre à Montréal depuis six ans. « Elle défend les femmes et les Autochtones, qui sont les plus défavorisés du Mexique », ajoute-t-elle tout en spécifiant que Lila Downs est privilégiée dans ce pays si inégal.

Mais elle utilise ses privilèges pour défendre les pauvres. Ce qui n’est pas mal.

Nous avons aussi eu droit à une avalanche de costumes, incluant aztèques  et indigènes, qui nous faisaient plonger dans la formidable culture métissée de ce grand pays, en particulier de Oaxaca, d’où Lila est originaire. Un magnifique party mexicain surréaliste!

En première partie, la “Mexicoise” Gabriella Olivo, de mère mexicaine et de père québécois, élevée à Québec, nous a donné un avant goût de son album à venir, Reflexiones, qui paraîtra en octobre.

Gabriela poursuit sa démarche d’auteure compositrice qui alterne entre le français et l’espagnol. Une pop synthétique à raffiner. Curieusement, c’est quand elle a chanté des chansons traditionnelles mexicaines qu’elle a été le plus applaudie. C’était le public de Lila Downs.

Un petit impair : alors que Lila Downs, une Mexicaine-Américaine, a très peu utilisé l’anglais dans ses présentations, Gabriella Olivo a opté principalement pour la langue de Trump. Sans doute qu’elle visait le contact avec le public ou la presse anglo-saxonne.

Mais c’était mal avisé. Des gens lui ont crié de parler français. 

Dans sa seule intervention en anglais, Lila Downs a rappelé que l’Amérique n’était pas le nom d’un pays, mais plutôt d’un continent. Plurilingue, ajouterais-je.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin

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expérimental / contemporain / hip-hop alternatif / punk rock

Suoni Per Il Popolo : IWANT2BEONTV – The Spelling Bee of the Century with Bastard Idol, Laughing, Culvert Corpse and Perry Fraud à La Sala Rossa

par Rédaction PAN M 360

Bzzzzz… Qu’est-ce que vous entendez ? Un buzzer ou une abeille ? Peut-être bien le S-P-E-L-L-I-N-G Bee.
Approchez… et découvrez une occasion unique : un spectacle diffusé, aussi audacieux qu’inoubliable « The World’s Most Complicated Adult Spelling Bee », imaginé par IWANT2BEONTV.
Avec des invité·e·s musicaux : Belly Hatcher, Bastard Idol, Laughing… et un dernier nom encore gardé secret…
Ici, oubliez les concours d’orthographe traditionnels. Les participant·e·s seront poussé·e·s à leurs limites, confronté·e·s à des épreuves imprévisibles, des obstacles inattendus, et un chaos brillamment orchestré.
Un spectacle où l’esprit, la langue… et les nerfs seront mis à rude épreuve.
IWANT2BEONTV est un collectif montréalais fondé par Alex Apostolidis en 2021. Il crée des performances participatives hybrides, du théâtre et des concerts qui donnent lieu à des vidéos rendant hommage à l’histoire et à l’esthétique de la télévision câblée communautaire, dans un esprit queer et DIY. Leurs œuvres remettent en question les structures de pouvoir hégémoniques par le biais de l’humour, de la déviance et de la communauté, tout en repoussant les frontières du genre et de la performance. L’équipe est composée d’Alex Apostolidis, Charvel Rappos, Mars Zaslavsky et Chris Vargas.
ENTRE TORONTO ET MONTRÉAL – BASTARD IDOL JOUE UN PUNK BRUT À LA DISCLONE PENDANT ONZE MINUTES MAXIMUM. INSPIRÉ PAR DES GROUPES COMME GLOOM, FRAMTID ET SHITLICKERS. LOGO ET ILLUSTRATIONS PAR WILBUR. PRÉPAREZ-VOUS À VOUS FAIRE TOMBER !
Laughing est un groupe de rock montréalais composé de quatre membres. Leur premier album, « Because It’s True », est sorti en juin 2024, coproduit par le label montréalais Celluloid Lunch et le label madrilène Meritorio Records. Le magazine Paste les a qualifiés de « slacker-rock avec des solos de guitare », les comparant à Big Star, Pavement et Neil Young.
Fraud Perry est le projet pop et hip-hop alternatif de Melinda Massolas, artiste multidisciplinaire haïtiano-canadienne basée à Montréal. Massolas explique son exploration musicale sans genre par son désir d’explorer et de créer un espace pour toutes les facettes de sa personnalité. « Ayant vécu un passé de répression et de compartimentage émotionnels pour survivre et me sentir en sécurité aujourd’hui, j’utilise la musique comme moyen d’exprimer mes sentiments en profondeur et de me comprendre à travers la répétition inhérente à la création et à l’interprétation. » Fortement inspirée par la puissance et le rythme du punk, de la dance et du hip-hop, Perry allie avec brio la profondeur des textes, la fluidité et le côté entraînant de la pop, du R&B alternatif et du rock indépendant.
Culvert Corpse est un groupe de black metal brutal aux influences punk, dans le style de Perverted Ceremony, ildjarn et autres formations de black metal lourd. Originaire de Nouvelle-Écosse, Canada.

Bzzzzz…. What is that you hear? A buzzer or a bee? Maybe the S-P-E-L-L-I-N-G Bee! Come hither for a once in a lifetime opportunity for a broadcasted spectacle of « The World’s Most Complicated Adult Spelling Bee » created by iWant2BeOnTV with musical guests Belly Hatcher, Bastard Idol, Laughing and one more secret guest…
This is not your traditional orthographic mastery display- spellers will be pushed to their limits with unexpected obstacles and challenges.
IWANT2BEONTV is a Montréal-based collective founded by Alex Apostolidis in 2021, creating hybrid participatory performances, theatre, and concerts that result in video pieces honoring public access cable television histories and aesthetics with a queer, DIY ethos. The works challenge hegemonic power structures through comedy, deviancy, and community, while pushing the boundaries of genre and performance. The team includes Alex Apostolidis, Charvel Rappos, Mars Zaslavsky, and Chris Vargas.
SPLIT BETWEEN TORONTO AND MONTREAL — BASTARD IDOL PLAY RAW DISCLONE STYLE PUNK FOR NO MORE THAN ELEVEN MINUTES. INSPIRED BY BANDS LIKE GLOOM, FRAMTID, AND SHITLICKERS. LOGO & ART BY WILBUR. CRACK UP YOUR DULL BRAIN.
Laughing are a four piece rock and roll band from Montreal. Their debut album « Because It’s True » was co-released by Montreal’s Celluloid Lunch and Madrid’s Meritorio Records in June of 2024. Paste Magazine called them « slacker-rock with guitar solos », comparing them to Big Star, Pavement and Neil Young.
Fraud Perry is the alternative Pop and Hip-hop project of Montreal based Haitian-Canadian multi-disciplinary artist Melinda Massolas. Massolas credits her genreless exploration to her
desire to explore and create space for all the different facets of herself. “Coming from a past of emotional suppression and compartmentalization in order to survive my now in physical safety, I use music as the place to express my feelings to their depth and understand myself through the repetition found in creation and performance.” Heavily inspired by the power and rhythm of Punk, Dance, and Hip-hop Perry pairs it well with lyrical depth, smoothness, and the catchiness of Pop, alternative RnB, and Indie rock.
Culvert Corpse is ugly metal with some punk influences in the style of Perverted Ceremony, ildjarn, and other clunky black metal. From Nova Scotia, Canada

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jazz vocal

Festival International de Jazz de Montréal : Cécile McLorin Salvant au Théâtre Maisonneuve

par Rédaction PAN M 360

Cécile McLorin Salvant est compositrice, chanteuse et artiste visuelle. Elle est une curatrice éclectique, qui déniche des chansons rarement enregistrées et oubliées, riches en récits, en dynamiques de pouvoir intéressantes, en rebondissements inattendus et en humour. La regrettée Jessye Norman décrivait Salvant comme « une voix unique soutenue par une intelligence et une musicalité accomplie, qui illuminent chaque note qu’elle chante ». Salvant s’est découvert une passion pour la narration et la recherche de liens entre le vaudeville, le blues, les traditions folkloriques du monde entier, le théâtre, le jazz et la musique baroque. Salvant a remporté le concours Thelonius Monk en 2010. Elle a reçu trois Grammy Awards consécutifs dans la catégorie « Meilleur album vocal de jazz » pour ses albums The Window, Dreams and Daggers et For One To Love, et a été nominée pour ce prix en 2014 pour son album WomanChild. En 2020, Salvant a reçu la bourse MacArthur et le prix Doris Duke Artist Award. Ghost Song, le premier album de Salvant chez Nonesuch Records, est sorti en mars 2022 et a été acclamé par la critique. Il a ensuite reçu deux nominations aux Grammy Awards. Le dernier opus de Salvant, Ogresse, est une fable musicale sous forme de cantate qui mélange les genres; folk, baroque, jazz et country. Salvant en a écrit l’histoire, les paroles et la musique. Il a été arrangé par Darcy James Argue pour un orchestre de treize musiciens multi-instrumentistes. Ogresse, à la fois biomythographie et hommage à l’œuvre Erzulie peinte par Gerard Fortune et à Sara Baartman, explore le fétichisme, la faim, la diaspora, les cycles d’appropriation, les mensonges, l’altérisation et l’écologie. Il est en cours d’adaptation pour devenir un long métrage d’animation, que Salvant réalisera.

Cécile McLorin Salvant, is a composer, singer, and visual artist. Salvant is an eclectic curator, unearthing rarely recorded, forgotten songs with strong narratives, interesting power dynamics, unexpected twists, and humor. The Late Jessye Norman described Salvant as “a unique voice supported by an intelligence and full-fledged musicality, which light up every note she sings.” Salvant has developed a passion for storytelling and finding the connections between vaudeville, blues, folk traditions from around the world, theater, jazz, and baroque music. Salvant won the Thelonius Monk competition in 2010. She has received Grammy Awards for Best Jazz Vocal Album for three consecutive albums, The Window, Dreams and Daggers, and For One To Love, and was nominated for the award in 2014 for her album WomanChild. In 2020, Salvant received the MacArthur fellowship and the Doris Duke Artist Award. Ghost Song, Salvant’s debut for Nonesuch Records, was released in March 2022 to critical acclaim, and has gone on to receive two Grammy Nominations. Salvant’s latest work, Ogresse, is a musical fable in the form of a cantata that blends genres: folk, baroque, jazz, and country. Salvant wrote the story, lyrics, and music. It is arranged by Darcy James Argue for a thirteen-piece orchestra of multi-instrumentalists. Ogresse, both a biomythography and an homage to the Erzulie painted by Gerard Fortune and Sara Baartman, explores fetishism, hunger, diaspora, cycles of appropriation, lies, othering, and ecology. It is in development to become an animated feature-length film, which Salvant will direct.

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Ce contenu provient de la Place des Arts et est adapté par PAN M 360

hip-hop / rap keb

Francos 2026 | Lost, la rue en catharsis au MTELUS

par Samuel Lemieux

Le 20 juin dernier, dans le cadre des Francos de Montréal, Lost a investi la scène du MTELUS avec une intensité brute, viscérale. Devant une salle comble et fébrile, le rappeur montréalais n’est pas venu simplement offrir une performance. Il est venu se livrer.

Dès les premières notes, l’atmosphère est dense. Pas de mise en scène surchargée ni d’artifices inutiles, Lost mise sur l’essentiel. Sa présence. Sa voix. Et surtout, ses mots. Fidèle à sa réputation, il transforme chaque morceau en confession publique, oscillant entre rage contenue et lucidité désarmante.

Figure incontournable du rap montréalais, Lost s’est imposé avec une plume introspective où se croisent mémoire, rédemption et réalité sociale. Sur scène, cette écriture prend une autre dimension. Les textes, déjà lourds de sens sur disque, deviennent physiques, presque palpables,  portés par une interprétation tendue, habitée.

Le public, lui, suit. Et participe. Chaque refrain est repris en chœur, chaque punchline déclenche une réaction immédiate. Il y a quelque chose de profondément collectif dans ce show : une communion entre l’artiste et une foule qui semble connaître chaque ligne, chaque silence.

Accompagné notamment de Zayo et Fléau DiCaprio, Lost construit une montée en puissance efficace, alternant entre morceaux introspectifs et bangers plus directs . Cette dynamique permet au spectacle de respirer et d’éviter l’uniformité, tout en maintenant une tension constante.

Mais ce qui frappe surtout, c’est l’authenticité. Là où plusieurs performances rap tombent dans le spectaculaire ou le calculé, Lost reste ancré dans quelque chose de vrai, de rugueux. Il ne cherche pas à séduire,  il impose. Et c’est précisément ce qui capte.

Dans un festival comme les Francos, où cohabitent tous les styles de musique francophone , ce type de prestation rappelle à quel point le rap québécois peut être à la fois populaire et profondément artistique.

Quelques faiblesses subsistent : une balance sonore parfois inégale et une présence scénique qui, par moments, pourrait gagner en variation. Mais ces détails restent marginaux face à la puissance globale du spectacle.

Au final, Lost livre une performance à son image : intense, honnête et sans compromis. Un moment de vérité plus qu’un simple concert — et sans doute l’un des passages les plus marquants de cette édition des Francos.

Verdict : un show qui ne cherche pas à plaire à tout le monde  et qui y parvient justement pour cette raison.

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