classique / musique contemporaine

Le Vivier : Judith Fliedl – Ultraviolin à l’église Sainte-Hilda

par Rédaction PAN M 360

Judith Fliedl est une violoniste établie à Vienne, considérée comme l’une des violonistes autrichiennes les plus polyvalentes de sa génération. Sa démarche artistique se distingue par l’étroite imbrication du jeu en solo et de la musique de chambre, par une ampleur de répertoire exceptionnelle — de la littérature classique à la musique contemporaine — et par la recherche artistique. Plusieurs fois lauréate de concours nationaux et internationaux, elle s’est imposée ces dernières années particulièrement dans le domaine de la musique contemporaine, tant comme soliste qu’au sein de formations d’ensemble les plus variées.

Judith Fliedl is a violinist based in Vienna and is regarded as one of the most versatile Austrian violinists of her generation. Her artistic focus lies in the close interrelation of solo performance and chamber music, an exceptional breadth of repertoire—from classical literature to contemporary music—and artistic research. A multiple prizewinner of national and international competitions, she has established herself in recent years particularly in the field of contemporary music, both as a soloist and in a wide range of ensemble constellations.

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haïtien / Piano

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

par Sandra Gasana

Il avait carte blanche pour cette soirée hommage à Jean Jacques Dessalines avec pour seule consigne : liberté. Et c’est avec cette liberté que David Bontemps nous a transportés durant cette heure de demie, grâce à son piano qui semblait être un prolongement de son corps. Avec des pièces qui mêlaient douceur et intensité, allant de l’un à l’autre de manière tout à fait fluide, nous ressentions en direct ces émotions contradictoires.

Ces morceaux avaient des allures d’histoires racontées à travers des notes de musique plutôt que des mots, avec un début, une intrigue souvent intense musicalement suivie d’une chute, parfois dramatique mais pas toujours. Lorsqu’il fermait les yeux, on pouvait ressentir cette connexion entre lui et son instrument, comme s’ils communiquaient entre eux, en plus de communiquer avec l’audience. Humblement, il saluait la salle toutes les deux ou trois chansons, avant de retourner à son piano.

La Chapelle musicale du Bon Pasteur était plutôt pleine en ce samedi soir d’automne avec des spectateurs de toutes les générations. Certains avaient l’air d’être des habitués du Mois du Créole puisque j’en ai reconnus plusieurs qui étaient au concert d’ouverture du 3 octobre avec Jocelyne Béroard et Tony Chasseur.

Une première partie était assurée par Kara Antoine qui nous a lu un magnifique poème de Félix Morisseau-Leroy, Mèsi Papa Desalin. Dans ce poème épique, ce poète et écrivain haïtien connu pour utiliser la langue créole dans ses œuvres rend un vibrant hommage à Jean Jacques Dessalines, figure emblématique de l’histoire d’Haïti. Dans ses vers teintés de reconnaissance, le poète a salué la bravoure, l’héroïsme et le courage de ce héros qui a œuvré en vue de bâtir une société haïtienne plus juste et plus égalitaire, une société basée sur la liberté, la fraternité, la dignité et le respect de la personne humaine.

Nous étions ainsi dans les meilleures conditions pour poursuivre avec le récital de David Bontemps. Et tel qu’il l’avait souhaité lors de notre entrevue quelques jours plus tôt, plusieurs dans la salle sont venus l’écouter, « les yeux fermés, et les oreilles ouvertes ».

Crédit photo: Valérie Gassien

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période classique

Arion : Cendrillon s’amuse et déploie sa magie

par Frédéric Cardin

Une vraie pépite que cette Cendrillon de Niccolo Isouard, créée en 1810 à l’Opéra-Comique. Après avoir savouré la présentation d’hier soir à la salle Bourgie, par un orchestre Arion dans une belle forme, dirigé vivement par Mathieu Lussier, et soutenant des performances souvent magistrales des solistes en présence, on comprend pourquoi cette oeuvre pleine de vie a séduit le public européen pendant une bonne partie du 19e siècle avant d’être malheureusement reléguée aux ombres de l’histoire par la version de Massenet (1899), et celle de Rossini (La Cenerentola), plus populaires de nos jours sur les scènes lyriques. Il faut dire que cette Cendrillon a une forme qui a elle-même passablement disparue, celle d’une alternance entre chant et dialogues parlés. N’empêche, quand on a entendu un aréopage aussi efficace que celui assemblés par les producteurs de cette itération en grande partie québécoise, on se plaît à imaginer un retour beaucoup plus assidu de ce genre de spectacles. Du moins de notre côté de l’Atlantique, car en Europe, c’est évidemment moins rare. M’enfin, comme dirait Gaston…

Si vous souhaitez en savoir beaucoup plus sur cette Cendrillon d’Isouard, et sur le compositeur lui-même, lisez l’entrevue que j’ai réalisée avec Alexandre Dratwicki, Directeur artistique du Palazzetto Bru Zane – Centre de musique française, qui a étroitement collaboré à cette production. 

ENTREVUE AVEC ALEXANDRE DRATWICKI

Cendrillon était présentée dans une mise en espace signée Julien Patenaude, qui jouait également le rôle du Baron Montefiascone, le méchant beau-père de Cendrillon, et père des deux exécrables demie soeurs. Des mouvements simples mais efficaces, et de menus détails scéniques pour camper les lieux : un foyer pour le château du Baron (ou vit Cendrillon) et des fleurs au sol pour l’épisode au Palais du Roi. Mais surtout, quelques projections sur le mur du fond franchement drôlatiques et adaptées au contexte local. Par exemple, à la fin du premier acte, quand le carrosse du Roi transporte les demie soeurs vers le Palais, et que cela mène à l’entracte, une image du centre-ville de Montréal avec un château digne de Walt Disney plus loin derrière, bordé par un bouchon de circulation, nous indique que le convoi aura une vingtaine de minutes de retard car il est pris sur Décarie. J’ai bien ri. 

Dès l’Ouverture, le ton était donné : Arion est en forme, en particulier Simon Poirier, le cor solo, qui lance une efficace mélodie qu’on ré-entendra plus tard, accompagné par la harpe en dentelle d’Antoine Malette-Chénier. Une partition redoutable pour un cuivre déjà difficile à contrôler, qui plus est ici dans son format ‘’naturel’’, c’est-à-dire sans valves. Tout se fait avec la bouche et la main dans le pavillon. Poirier s’en est sorti avec panache, même si quelques notes étaient trop ‘’bouchées’’ par ladite main dans le pavillon. N’empêche, respect. On savait donc, dès ce moment, que la qualité musicale (instrumentale) allait être au rendez-vous. On a également compris que l’attitude générale allait être bon enfant, avec les projections amusantes accompagnant ces initiales minutes occupées uniquement par l’orchestre. Une autre bonne idée de Julien Patenaude : les personnages sont présentés de façon ironique. Par exemple : Clorinde, occupation : détestable sœur. Alias : Florie Valiquette. Et ainsi de suite. Réussi. 

On est finalement convaincu pour de bon avec l’arrivée des solistes. Ils et elles sont tous bons, vocalement, en plus de jouer avec beaucoup de justesse. Les personnages sont certes caricaturaux, mais pas sur-écrits. Emma Fekete est une Cendrillon adéquatement authentique et bienveillante, Son soprano limpide, léger mais avec assez de chair, lui donne le timbre parfait pour le rôle, celui d’une jeune fille normale, simple et altruiste. Les deux méchantes sœurs sont délicieusement détestables. Elles ont les passages les plus stratosphériques, dans lesquels elles doivent virevolter comme des colibris énervés. Florie Valiquette (Clorinde) et Magali Simard-Galdès (Tisbé) semblent savourer pleinement leurs rôles, en leur imprimant une condescendance méprisable (envers Cendrillon et les ‘’inférieurs’’ en général) autant qu’une obséquiosité dégoulinante de mauvaise foi devant celui qu’elles pensent être le Roi (mais en réalité, un simple valet). Simard-Galdès s’est surpassée dans le Boléro de l’Acte II où elle tente de séduire le (faux) Roi, sur une musique et avec un bagout qui évoque, 65 ans d’avance, une certaine Carmen..

Cyrille Dubois est le grand nom de cette production, et il ne déçoit pas. Son ténor léger mais puissant lui permet d’incarner un Prince Ramir candide mais sincère et aimable. Laurent Deleuil est un efficient Alidor, Ministre et un peu Magicien du Roi, mais, à mon avis, c’est Dominique Côté qui vole la partie côté masculin, même s’il chante peu (et quand il le fait, on apprécie son baryton chaleureux). C’est surtout dans son jeu truculent de Dandini, le valet qui se fait passer pour le Roi, qu’il excelle et épate. Il est aussi le seul à (presque) jouer son rôle sans texte d’appui. Dès sa première apparition, on était attaché. Il se dandine, il fanfaronne, il fait de l’oeil au deux soeurs (qui le prennent pour le Roi) avec une délectation non feinte, et avec sa chemise déboutonnée, fait absolument penser à un mononc quétaine à qui on a donné 24 heures pour réaliser tous ses rêves. Fabuleux. 

Les épisodes choraux, de très belle teneur, sont assurés solidement par le Choeur Éphémère.

On notera un détail technique à améliorer : les surtitres, qui sont en vérité des ‘’arrières titres’’ (projetés sur le mur du fond) sont quasiment illisibles si on se trouve dans la moitié avant de la salle, car les chanteurs et leurs lutrins les cachent en bonne partie. On pourrait les monter plus haut…

Cela dit, cette production mérite d’être saluée pour son immense qualité. Les mêmes protagonistes feront d’ailleurs un enregistrement pour ATMA Classique, une initiative qui risque de devenir une version de référence, car il n’existe pas de compétition valable à l’heure actuelle. Un enregistrement de 1998 sous étiquette Olympia, dirigé par Richard Bonynge devant des forces moscovites, est devenu introuvable, en plus de souffrir d’une prise de son bas-de-gamme, typique de productions de l’ère soviétique (même si l’URSS était alors décédée). Une autre version, plus récente (2018), est disponible chez Albany, et menée par la Manhattan School of Music Opera Theater. Je l’ai écoutée, et si les solistes témoignent de belles aptitudes, l’orchestre n’est tout simplement pas à la même hauteur que Arion. 

Une autre représentation est donnée dimanche à 14h30. Si vous lisez ceci dimanche matin, il vous reste une chance de déguster ce trésor non seulement caché, mais déterré et ressuscité ici avec brio. 

Amenez-en d’autres comme ça. Longue vie à cette collaboration entre Arion et le Palazzetto Bru Zane. 

big band / jazz / jazz contemporain

Faculté de Musique de l’UdeM : Le Big Band de l’UdeM reçoit le batteur John Riley à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

À l’occasion du 60e anniversaire du Vangard Jazz Orchestra, le Big Band de l’UdeM reçoit le batteur John Riley, figure emblématique de cette prestigieuse formation. Cette rencontre exceptionnelle met à l’honneur l’héritage d’un orchestre légendaire et offre aux étudiant(e)s le privilège de partager la scène avec un des grands artisans du jazz contemporain.

To mark the 60th anniversary of the Vanguard Jazz Orchestra, the UdeM Big Band welcomes drummer John Riley, an iconic figure of this prestigious ensemble. This exceptional event celebrates the legacy of a legendary orchestra and offers students the privilege of sharing the stage with one of the great pioneers of contemporary jazz.

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classique

Faculté de Musique de l’UdeM : Les Profs de l’UdeM en concert à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

De nombreux interprètes rayonnant sur les scènes canadienne et internationale composent le corps enseignant de la Faculté de musique. La série Les profs de l’UdeM en concert propose des rendez-vous de haut niveau vous permettant d’apprécier gratuitement leur maestria et la finesse de leur jeu, dans des œuvres de musique de chambre. Et pour les étudiantes et étudiants qui aspirent poursuivre leurs parcours à la Faculté de musique, ces concerts inspirants sont des occasions privilégiées de voir et d’entendre leur futur prof.

The faculty of Music includes many performers who have made a name for themselves on Canadian and international stages. The “UdeM Faculty in Concert” series offers high-caliber performances that allow you to enjoy—free of charge—their mastery and the finesse of their playing in chamber music works. And for students who aspire to pursue their studies at the Faculty of Music, these inspiring concerts are special opportunities to see and hear their future professors.

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musique contemporaine

Prix Azrieli 2026 : les quatre piliers du Temple

par Frédéric Cardin

Le concert Gala des Prix Azrieli 2026 avait lieu hier soir à la Maison symphonique. L’un des plus importants ensembles de prix pour la composition contemporaine au monde, les Prix Azrieli récompensaient cette année quatre œuvres écrites pour orchestre symphonique, chœur et solistes (peu importe l’instrument ou le type de voix). 

Dans le Temple musical montréalais qu’est devenu la Maison symphonique, la parole créative de quatre compositions de haute tenue a eu droit à une cérémonie menée rondement par les artistes sur scène. Quatre œuvres portant un héritage sonore assez semblable, celui de l’avant-garde moderniste, teintée ici et là de spectralisme et d’expressionnisme atonal. Trois d’entre elles sont des créations, et deux sont spécifiquement focalisées sur la culture juive. 

Je résumerai succinctement mes impressions de chacune d’entre elles : De l’encra escafada (L’encre qui disparaît) de Adrian Mocanu est la plus aboutie; Letter From Across the River de Dalit Hadass Warshaw, la plus touchante; Height of Land de Nicholas Denton Protsack, la plus impressionniste; Riddle de Hana Ajiashvili, la plus viscérale. 

Captation du concert Gala des Prix Azrieli 2026 : 

Le Prix de la Commande Azrieli 2026 pour la musique internationale, De l’encra escafada de Adrian Mocanu, s’est avéré être une introduction judicieuse. Son univers de bruitisme moléculaire, initialement fourmillant de minuscules particules gravitant aléatoirement dans un espace sonore très délicat, révèle un discours progressif et intellectuellement brillant menant à une étoffe musicale qui gagne en amplitude et en coffre, mais avec quelques va-et-vient dynamiques. L’ensemble se conclut de façon très satisfaisante dans une plénitude finale rayonnante. Le sujet, la voix perdue des trobairitz (femmes troubadours médiévales) se manifeste tout du long de l’œuvre, à travers le frémissement de fragments motiviques fantomatiques, évoquant, on le devine, les spectres de ces artistes dont nous avons oublié les voix. Le chœur, plus souvent qu’autrement, utilise des techniques vocales étendues (murmures, glissandos), alors que l’orchestre est constamment atomisé en milliers de couleurs, de timbres, de textures. Devant, un consort de violes (Les Voix Humaines : Susie Napper, Elinor Frey, Felix Deak et Thomas Baeté) luttait parfois vainement pour se faire entendre. À noter pour une prochaine performance : il faudra retravailler l’équilibre entre ce quatuor et le reste de l’orchestre/chœur. C’est d’autant plus important que ces violes représentent l’esprit de Beatriz de Dia, dont la seule chanson qui nous soit parvenue constituait l’un des matériaux de la composition. Malgré tout, cette œuvre nous est apparue, à moi-même et mon collègue Alain Brunet, comme la plus savamment aboutie de la soirée.

CONSULTEZ L’ENTREVUE QUE J’AI RÉALISÉE AVEC LE COMPOSITEUR DE DE L’ENCRA ESCAFADA, ADRIAN MOCANU

Letter From Across the River de la New Yorkaise Dalit Hadass Warshaw, le Prix de la Commande Azrieli de musique juive, suivait avec une proposition éminemment touchante. Warshaw y raconte l’histoire de son arrière-grand-père, Juif polonais qui a traversé à la nage une rivière pour aller porter une lettre d’adieux à ses fils, réfugiés en territoire sécuritaire, avant de retourner partager le sort funeste de sa femme et du reste de sa famille, dans les Camps de la Mort. La construction de Letter s’articule sur un squelette discursif linéaire, facilement compréhensible, en grande partie à cause du texte chanté puissamment par le baryton Noam Heinz. Letter se déroule à la façon d’un drame cinématographique, ou encore d’un oratorio miniature. L’action est soulignée par une musique évocatrice, campée sur les activités racontées ou les émotions suggérées. Après un déversement torrentiel de l’orchestre, qui plonge le public dans la rivière tourbillonnante avec le protagoniste de l’histoire, qui manque aussi de s’y noyer à plusieurs reprises, une deuxième et dernière partie de la composition nous invite dans un moment de grâce lumineuse et spirituelle, portée par l’orchestre allégé et surtout l’apparition de la soprano Hila Plitmann. Sans être absolument sans faille, la performance de Baggio, sur une partition redoutable, exigeant des aigus aériens et lumineux, a offert l’expression angélique et l’illumination sacrée requise par la compositrice. Letter From Across the River est une pièce qui donne très envie de la réentendre.

CONSULTEZ L’ENTREVUE QUE J’AI RÉALISÉE AVEC LA COMPOSITRICE DE LETTER FROM ACROSS THE RIVER, DALIT HADASS WARSHAW

Troisième au programme (et première au retour d’entracte), Height of Land de Nicholas Denton Protsack représentait le Prix de la Commande Azrieli pour la musique canadienne. Le Canadien Protsack, basé en Nouvelle-Zélande, recherche la façon de créer une véritable réciprocité entre la Nature et la musique classique d’aujourd’hui. Protsack affirme vouloir faire en sorte que les sons de la nature soit de la musique, et vice-versa. Ça a déjà été tenté plusieurs fois, sous forme de musique concrète, d’électro ambient, ou encore d’imitation instrumentale de bruits d’animaux, du vent, etc. Protsack souhaite  proposer quelque chose de nouveau, une nouvelle façon de concevoir la relation entre les sons musicaux et l’esprit de la nature. Il affirme surtout ne pas offrir de véritable réponse, mais plutôt laisser les gens juger, et poursuivre ses propres recherches et questionnements. Y arrive-t-il, donc? Eh bien, Height of Land m’est apparue comme une construction contemporaine frétillante de textures qui évoquent souvent des sons d’oiseaux, des bruissements de feuilles, etc. Quelques idées esthétiquement stimulantes : la présence d’un chœur secondaire de huit chanteurs et d’un violoncelle parmi le public, ainsi qu’un épisode où les spectateurs sont appelés à frotter des mains. Rien dans tout ceci, cela dit, qui n’ait pas déjà été tenté (musiciens parmi le public, etc.), mais la réalisation de Protsack est belle et la partition brille de mille teintes et effets. La charpente générale est un peu difficile à saisir, et les idées semblent éparpillées, mais, en même temps, voilà probablement le principe à la base de l’oeuvre qui se manifeste : une musique qui souhaite être en relation symbiotique avec la Nature, ne peut pas non plus être construite avec un esprit trop cartésien. En fin de compte, Height of Land m’a grandement plu, esthétiquement, mais je sens que je devrai y retourner pour mieux en cerner les tenants et aboutissants. 

CONSULTEZ L’ENTREVUE QUE J’AI RÉALISÉE AVEC LE COMPOSITEUR DE HEIGHT OF LAND, NICHOLAS DENTON PROTSACK

La dernière œuvre au programme, le Prix Azrieli pour la musique juive (une musique déjà existante), était Riddle de Hana Ajiashvili. Au centre du propos, un texte du 12e siècle de Yehuda Halevi, en vérité une énigme qui mène à un commentaire politique : Qu’est-ce qui est fin, vide et lisse, mais dont le sang ‘coule de la bouche’ ? La réponse est puissante d’enseignement : la plume qui signe les ordres d’exécution. C’est sur cette réflexion aussi dramatique qui philosophique que Ajiashvili compose une trame puissante, viscérale, où l’orchestre éclate en tuttis saisissants, dans lesquels le choeur égrenne, graduellement, le texte de l’énigme en question, avant de terminer dans une décharge féroce. On en ressort un peu estomaqué. 

CONSULTEZ L’ENTREVUE QUE J’AI RÉALISÉE AVEC LA COMPOSITRICE DE RIDDLE, HANA AJIASHVILI

Chapeau à l’Orchestre symphonique de Montréal et au Chœur de l’OSM, resplendissants, ainsi que les divers solistes. À la direction, Asher Fisch semblait tout à fait adéquat, sans se démarquer particulièrement. 

Je disais plus haut que les quatre pièces procèdent d’une esthétique musicale contemporaine assez semblable. Même si chacune s’avère être un ajout significatif au répertoire de la musique savante, je me permettrai d’émettre le souhait que, lors des prochaines éditions, un soin particulier soit apporté à choisir des compositions qui représentent plus largement le monde de la nouvelle musique de concert. Parce que, en effet (et sans être exhaustif, de loin), quid du néotonalisme expressionniste (façon Anna Thorvaldsdottir), ou du post-minimalisme (façon Nico Muhly), ou du post-modernisme oecuménique fusionnant cultures pop et savantes (façon nicole Lizée)? En fait, des écoles de pensées nées et développées essentiellement dans les 25 dernières années, soit le 21e siècle. 

Une idée comme ça, qui n’enlève absolument rien à l’accomplissement que représente l’édition 2026 des Prix Azrieli. 

classique / musique contemporaine / tango nuevo

Faculté de Musique de l’UdeM : Les Profs de l’UdeM en concert à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

De nombreux interprètes rayonnant sur les scènes canadienne et internationale composent le corps enseignant de la Faculté de musique. La série Les profs de l’UdeM en concert propose des rendez-vous de haut niveau vous permettant d’apprécier gratuitement leur maestria et la finesse de leur jeu, dans des œuvres de musique de chambre. Et pour les étudiantes et étudiants qui aspirent poursuivre leurs parcours à la Faculté de musique, ces concerts inspirants sont des occasions privilégiées de voir et d’entendre leur futur prof.

The faculty of Music includes many performers who have made a name for themselves on Canadian and international stages. The “UdeM Faculty in Concert” series offers high-caliber performances that allow you to enjoy—free of charge—their mastery and the finesse of their playing in chamber music works. And for students who aspire to pursue their studies at the Faculty of Music, these inspiring concerts are special opportunities to see and hear their future professors.

Programme

Reena Esmail 
Khitkiyaan III. Tuttarana
Dmitri Chostakovitch 
Adagio, extrait du ballet Le Ruisseau limpide
Jacques Hétu 
Concerto pour trombone I. Andante con moto – Allegro moderato
Eugène Bozza 
Sonatine
Gioachino Rossini 
Prélude, thème et variations 
Astor Piazzolla 
Oblivion 
Joseph Jongen 
Concertino pour trompette, op. 41
Malcolm Arnold 
Quintet, op. 73 

Program

Reena Esmail
Khitkiyaan III. Tuttarana
Dmitri Shostakovich
Adagio, from the ballet The Clear Stream
Jacques Hétu
Trombone Concerto I. Andante con moto – Allegro moderato
Eugène Bozza
Sonatina
Gioachino Rossini
Prelude, Theme, and Variations
Astor Piazzolla
Oblivion
Joseph Jongen
Concertino for Trumpet, Op. 41
Malcolm Arnold
Quintet, Op. 73

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Musique contemporaine / trad québécois

Faculté de Musique de l’UdeM : Journée d’étude et concert autour du patrimoine immatériel québécois à la salle Serge-Garant et à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

Une journée consacrée à la réflexion, à la transmission et à la création autour du patrimoine immatériel québécois. Chercheurs et chercheuses, interprètes et artistes se rassemblent pour explorer les enjeux actuels de la musique, de la danse et de la culture traditionnelle au Québec.
Journée d’étude 
9 h 30 à 18 h
Salle Serge-Garant (B-484) 
Panels, prestations, danse et discussions portant sur la conservation, la diffusion et le renouvellement du patrimoine vivant québécois. 
Activité gratuite et ouverte au public
Horaire complet de la journée d’étude 
Concert 
18 h 30
 
Salle Claude-Champagne
L’Ensemble de musique contemporaine de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, accompagné de musicien.nes invité.es du Nouvel Ensemble Moderne (NEM), présente une création de Charles-Vincent Lemelin, étudiant à la maîtrise en composition et création sonore avec Ana Sokolovic.

A day dedicated to reflection, knowledge-sharing, and creativity centered on Quebec’s intangible cultural heritage. Researchers, performers, and artists come together to explore current issues in music, dance, and traditional culture in Quebec.
Study Day
9:30 a.m. to 6:00 p.m.
Serge-Garant Room (B-484)
Panels, performances, dance, and discussions focusing on the preservation, promotion, and renewal of Quebec’s living heritage.
Free event open to the public
Complete schedule for the study day
Concert
6:30 p.m.
Claude-Champagne Hall
The Contemporary Music Ensemble of the University of Montreal’s Faculty of Music, accompanied by guest musicians from the Nouvel
Ensemble Moderne (NEM), presents a new work by Charles-Vincent Lemelin, a master’s student in composition and sound design studying under Ana Sokolovic.

Programme

Charles-Vincent Lemelin
Les mi-carêmes, ballet carnavalesque pour gigue et orchestre de solistes
Premier Tableau 
1 – Introduction (forme ouverte)
2 – Grande Gigue libre
3 – La Gigue à Canisse
4 – Quadrille
Deuxième Tableau 
1 – La Pavane à Marie Calumet
2 – Reel croche redressé
3 – Chapelet pour M. le curé
4 – Gigue voleuse 
Troisième Tableau
1 – Bonhomme Carnaval (il me fait peur)
2 – Rave à bonhomme
3 – La Mi-carême
4 – Épilogue

Program

“Les mi-carêmes,” a carnival-style ballet for jig and a soloists’ orchestra
First Scene
1 – Introduction (open form)
2 – Grande Gigue libre
3 – La Gigue à Canisse
4 – Quadrille
Second Scene
1 – La Pavane à Marie Calumet
2 – Reel croche redressé
3 – Chapelet pour M. le curé
4 – Gigue voleuse
Third Scene
1 – Bonhomme Carnaval (He Scares Me)
2 – Rave à Bonhomme
3 – Mid-Lent
4 – Epilogue

CET ÉVÉNEMENT EST GRATUIT!

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expérimental / immersion / Musiques du Monde

Mundial Montréal : Toledano à la Maison des arts participatifs

par Rédaction PAN M 360

Toledano est le projet solo immersif de l’artiste et multi-instrumentiste maroco-canadienne Blanche Israël, reconnue pour ses collaborations primées avec Jeremy Dutcher (prix JUNO, NPR Tiny Desk Concert, Prix de musique Polaris). Ancré dans les langues et les chants judéo-espagnols, Toledano explore la manière dont les attentes, le soin, le désir et la survie se transmettent de mère en mère, ainsi que les moments où cette transmission se brise. À travers des enregistrements vocaux profondément personnels, le violoncelle, l’électronique et des archives sonores, le projet propose une méditation sur l’amour, l’autonomie, la maternité et le travail silencieux nécessaire pour briser certains cycles sans rompre avec son héritage.

Toledano is the immersive solo project of Moroccan-Canadian artist and multi-instrumentalist Blanche Israël, known for her award-winning collaborations with Jeremy Dutcher (JUNO Award, NPR Tiny Desk Concert, Polaris Music Prize). Rooted in Judeo-Spanish languages and songs, Toledano explores how expectations, care, desire, and survival are passed down from mother to mother—as well as the moments when that transmission breaks down. Through deeply personal vocal recordings, cello, electronics, and sound archives, the project offers a meditation on love, autonomy, motherhood, and the quiet work required to break certain cycles without severing ties with one’s heritage.

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latino / pop

Mundial Montréal : Midnight Boogaloo au Petit Campus

par Rédaction PAN M 360

Midnight Boogaloo, fondé par le guitariste colombien Alan Ruiz, apporte sur scène des grooves latinos énergiques, célébrant la diversité culturelle du Canada à travers le rythme et le partage. Influencé par les sonorités new-yorkaises des années 1960 et 1970, le projet puise son identité dans la scène musicale riche et diversifiée de Vancouver.

Midnight Boogaloo, founded by Colombian guitarist Alan Ruiz, brings energetic Latin grooves to the stage, celebrating Canada’s cultural diversity through rhythm and shared experience. Influenced by the sounds of New York in the 1960s and 1970s, the project draws its identity from Vancouver’s rich and diverse music scene.

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classique / musique contemporaine

SMCQ : Florilège et découvertes du piano québécois au Théâtre Paul-Desmarais – Centre canadien d’architecture

par Rédaction PAN M 360

Louise Bessette et Philippe Prud’homme interprètent les œuvres de Arcuri, Battah, Boudreau, David, Gilbert et Papineau-Couture. Réunissant des œuvres de compositeurs d’hier et d’aujourd’hui, ce programme propose un parcours vivant au cœur de la musique québécoise pour piano. Les pianistes Philippe Prud’homme et Louise Bessette, interprètes férus de musique des compositeurs québécois, nous présentent un récital commenté en deux volets, qui vous en mettra plein les oreilles.

Louise Bessette and Philippe Prud’homme perform works by Arcuri, Battah, Boudreau, David, Gilbert and Papineau-Couture. Bringing together works by composers from the past and present, this program offers a vibrant journey into the heart of Quebec piano music. Pianists Philippe Prud’homme and Louise Bessette, both passionate advocates of music by Quebec composers, present a two-part narrated recital that promises an exciting musical experience.

Programme

Suite (1956)
Jean Papineau-Couture
violon
Philippe Prud’homme, piano
[titre à déterminer] (2026)
Alexandre David
piano
Commande: SMCQ
Création
Philippe Prud’homme, piano
Cinq préludes
Francis Battah
piano
Philippe Prud’homme, piano
Intérieur, jour (2020), 12:00
Nicolas Gilbert
piano
Louise Bessette, piano
Fragments (1997), 9:00
Serge Arcuri
piano
Commande: SMCQ, avec l’aide du CAC
Louise Bessette, piano
Les Planètes (1983-98, 2011), 33:00
Walter Boudreau
piano
Louise Bessette, piano
Mercure
Le Soleil
Re-Mercure
Vénus
Terre
Re-Soleil
Mars
Jupiter
Saturne
Uranus
Neptune
Pluton
L’espace, l’infini

Program

Suite (1956)
Jean Papineau-Couture
violin Philippe
Prud’homme, piano
[title to be determined] (2026)
Alexandre David
piano Commission: SMCQ
Premiere
Philippe Prud’homme, piano
Cinq préludes
Francis Battah
piano
Philippe Prud’homme, piano
Intérieur, jour (2020), 12:00
Nicolas Gilbert
piano
Louise Bessette, piano
Fragments (1997), 9:00
Serge Arcuri
piano
Commission: SMCQ, with support from the CCA
Louise Bessette, piano
Les Planètes (1983-98, 2011), 33:00
Walter Boudreau
piano
Louise Bessette, piano
Mercure
Le Soleil
Re-Mercure
Vénus
Terre
Re-Soleil
Mars
Jupiter
Saturne
Uranus
Neptune
Pluton
L’espace, l’infini

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cinéma / orgue

OSM : Nosferatu le vampire, en ciné-concert

par Rédaction PAN M 360

Décors déformés, ombres inquiétantes, créatures hors du réel : Nosferatu le vampire réunit tous les codes du chef-d’œuvre expressionniste allemand. Réalisé en 1922 par Friedrich Wilhelm Murnau, ce film muet – première grande adaptation de Dracula de Bram Stoker – n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Projeté avec une musique entièrement improvisée en direct au Grand Orgue Pierre-Béique, il révèle une nouvelle intensité dramatique. Jason Roberts déploie une palette sonore éclatante, capable de colorer chaque scène, de la tension sourde aux élans spectaculaires, notamment lors du célèbre et funeste voyage en bateau. Une expérience sensorielle où l’image et le son s’unissent pour faire naître un frisson toujours intact, plus d’un siècle après la sortie du film. Concert d’improvisation à l’orgue avec projection du film (sans orchestre)

Distorted sets, haunting shadows, creatures beyond the realm of reality—Nosferatu the Vampire brings together every hallmark of the German Expressionist masterpiece. Directed in 1922 by Friedrich Wilhelm Murnau, this silent film—the first major adaptation of Bram Stoker’s Dracula—has lost none of its hypnotic power. Presented with a fully improvised live score on the Grand Orgue Pierre-Béique, it reveals a heightened dramatic intensity. Jason Roberts unleashes a vivid sonic palette, capable of colouring each scene—from simmering tension to sweeping surges of sound—most notably during the film’s famous, fateful sea voyage. A sensory experience in which image and music merge to spark a shiver that endures more than a century after the film’s release. Organ improvisation concert with film screening (without orchestra)

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Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360

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