Le Vivier : Kimihiro Yasaka – Gotō à l’église Sainte-Hilda
par Rédaction PAN M 360
Gotō (archipelago) est une œuvre musicale, vidéo et pour piano solo basée sur des enregistrements audio et vidéo de l’archipel Gotō à Nagasaki, Japon. Elle a été commandée par le pianiste Kimihiro Yasaka, originaire de Nagasaki et basé à Montréal, et le compositeur Daryl Jamieson, né au Canada et basé au Japon. Gotō est important pour les débuts du bouddhisme japonais, possède une histoire riche, notamment des sites archéologiques néolithiques, et regorge de sons naturels magnifiques. Sa culture musicale unique comprend les traditions locales de musique rituelle shintoïste et les hymnes des chrétiens cachés (persécutés). Les enregistrements utilisés dans l’œuvre ont été réalisés au cours de quatre voyages – un par saison – dans les cinq îles principales de l’archipel de Gotō. Jamieson a composé la partie piano en dialogue avec les sons naturels qu’il a enregistrés, ainsi qu’avec les réponses improvisées de Yasaka à ces enregistrements. Le résultat est une véritable collaboration entre les deux artistes, le lieu et son histoire culturelle, ainsi qu’une véritable collaboration entre les artistes canadiens et japonais et leurs façons d’écouter.
Gotō (archipelago) is a soundscape, video, and solo piano work based on audio and video recordings of the Gotō Archipelago in Nagasaki, Japan. It was commissioned by Montreal-based, Nagasaki-born pianist Kimihiro Yasaka, and Canadian-born, Japan-based composer Daryl Jamieson. Gotō is important for early Japanese Buddhism, has a deep history including Neolithic archaeological sites, and plenty of beautiful natural sounds. Its unique musical culture includes local traditions of Shintō ritual music and the hymns of the Hidden (persecuted) Christians. The recordings used in the work were made over four trips – once per season – to the five main islands of the Gotō archipelago. Jamieson composed the piano part in dialogue with the natural sounds he recorded, as well as Yasaka’s improvised responses to those recordings. The result is a true collaboration of both artists with the place and its cultural history, and a true collaboration between Canadian and Japanese artists and ways of listening.
On comprend mieux pourquoi Vision Diversité a décidé de clôturer sa série Mozaïk avec Abdel Grooz et son groupe de musiciens talentueux. Contrairement aux autres concerts avant celui-ci qui étaient plutôt intimistes et invitant à l’introspection, nous avons eu droit à un spectacle tout autre, haut en couleurs, qui en a mis plein la vue au public. Intimiste, ça l’était quand même puisqu’Abdel a partagé de petits bouts d’histoires de vie, ou encore le contexte derrière certaines chansons en nous invitant dans son univers. Le décor se prêtait bien au jeu, avec un éclairage adéquat, des plantes un peu partout sur la scène, un tapis, un peu comme si on était dans son salon.
Mais avant toute chose, parlons des musiciens de haut calibre qui accompagnaient Abdel pour l’occasion : son compagnon de longue date Donald Auguste Dogbo à la batterie, qui a d’ailleurs célébré son anniversaire sur scène, Zacharie Winter à la guitare, Rémi Cormier à la trompette, Chacón au clavier et un invité surprise nommé Nazim Mohammedi, un guitariste algérien de passage à Montréal pour le Raï Fest de Montréal.
Dès le premier morceau, Abdel a réussi à faire chanter le public qui a tout de suite embarqué. On est constamment surpris durant ce spectacle puisqu’on passe du diwane, aux sonorités d’Afrique de l’Ouest en passant par des rythmes latins grâce au clavier de Chacón. Ce dernier, originaire de Cuba, a su rajouter sa touche latin jazz au riche répertoire d’Abdel. Parfois, dans la même chanson, Abdel parvient à mélanger deux ou trois styles différents qu’il parvient à agencer parfaitement.
L’un des temps forts de la soirée est lors du solo de basse d’Abdel sur une chanson dédiée à sa grand-mère. Ce moment était clairement suspendu dans le temps et l’on pouvait ressentir les émotions de l’artiste, qui a ensuite apporté la chanson vers une autre direction.
Les musiciens ont eu le temps de briller de mille feux puisqu’ils ont eu l’espace pour le faire. Dans chacun des morceaux, Abdel nomme le musicien avant de lui donner le temps nécessaire pour se déployer, prolongeant ainsi l’expérience. Les solos de Zacharie Winter ont particulièrement plu au public, tout comme les envolées de trompette de Rémi Cormier. En effet, ce dernier revient tout juste d’un séjour au Sénégal durant lequel il a participé à la 5ème édition du Stéréo Africa Festival et au Festival de Jazz de Saint-Louis. Chacón a également eu la chance de se dévoiler au public qui n’est pas prêt d’oublier son nom.
La complicité entre Abdel et Donald était palpable, que ce soit à travers les sourires complices qu’ils se lançaient mais aussi pour communiquer avec les yeux sur la direction musicale.
« Nous avons une bonne nouvelle à vous annoncer : le spectacle Diwane a été sélectionné pour CAM en tournée ! » nous partage Abdel à la fin du concert.
En plus de la surprise avec Nazim, nous avons pu faire quelques pas de danse grâce à deux sœurs jumelles membres de la troupe Kalabanté. Abdel a participé aux tournées de cette troupe de cirque guinéenne et cette expérience a aussi marqué sa carrière. C’était l’occasion parfaite pour le public de se dégourdir les jambes et danser, au grand plaisir d’Abdel.
C’est ainsi que s’est clôturée la série Mozaïk qui a débuté en janvier, marquant les 20 ans de Vision Diversité, et cela s’est fait sur une note très festive. J’étais ravie que mes enfants puissent assister à ce spectacle et qu’ils découvrent ce qui se fait de mieux dans les musiques métissées à Montréal.
Audacieuse transformation du Lac des Cygnes de Tchaïkovsky voulue par le chorégraphe Ivan Cavallari, Le Lac, dans cette identification tronquée mais bonifiée de nouveaux symboles et autres signes sociaux, était créé hier soir en première mondiale dans la grande salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal.
Un Lac des Cygnes débarrassé de ses princes, ses princesses, ses animaux parlants et ses méchants sorciers pour se retrouver dans le monde du luxe et de la mode olfactive, soit une agence de promotion d’une marque de parfums. Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des détails concernant la vision du directeur artistique des Grands Ballets de Montréal, vous pouvez, à ce sujet, consulter le compte-rendu d’une rencontre réalisée avec M. Cavallari lui-même la semaine dernière, juste ici :
Le rideau s’ouvre sur une scène typique de féérie chorégraphique. Mais la magie s’interrompt dans une transition efficace de type cinéma vers un plateau de tournage. Les décors s’estompent, la structure technique d’éclairage apparaît en descendant du plafond, les caméras se manifestent, les techniciens et techniciennes s’activent. Odile, égérie du parfum Cygne Noir prend toute la place, vedette incontestée de la marque. Siegfried est manifestement son amant, mais reste barouetté sans ménagement par la personnalité imposante de la frêle mais caractérielle star. Un premier pas de deux ne modifie pas l’impression : c’est Odile qui mène le jeu. Ici, Cavallari a complètement dénudé la scène pour laisser toute la place au duo. Des rideaux bleus profond en décor, et c’est tout. Le Lac, en une simple couleur, vidé de son âme de stéréotype magique pour laisser la place aux personnalités des protagonistes.
Transition vers une école de danse. Sous le regard lourd des trois créateurs d’origine du ballet, Tchaïkovsky (musique), Petipa et Ivanov (chorégraphie), les enfants s’exécutent avant de laisser entrer Odette, la remarquablement douée de l’école. Elle se distingue d’Odile par une manifeste naïveté et un caractère sans arrogance. On le perçoit assez bien dans les mouvements, les gestes, le costume, aussi. Une robe simple, légère, en contraste avec les vêtements sport, athlétiques et performants sous un voile transparent, d’Odile.
Odette quitte l’école, Siegfried le plateau. La scène de leur rencontre est ingénieuse, et bellement esthétique. Les deux attendent dans un abribus qui se déplace graduellement du côté cour au côté jardin. Dans l’abribus, une pub du fameux parfum Cygne Noir. Odette est fascinée, Siegfried se présente, il fait partie de la pub lui aussi. Odette repart avec une carte de Siegfried. Elle ira participer aux auditions pour le prochain produit de la marque.
Lors de ces auditions, Odette fascine tout le monde par sa grâce et son talent, et particulièrement les trois créateurs, désormais matérialisés sous l’apparence de designers capricieux en rouge et noir, et avatars ‘’réalistes’’ du méchant Rothbart d’origine. C’est lors de cet épisode que Siegfried, attiré par Odette, danse avec elle. Odile les surprend et laisse éclater sa colère. Elle laisse un sac avec son parfum dedans. Odette est envoûtée par l’odeur et se laisse piéger par les trois designers qui lui offrent un contrat sur le champ. Que dis-je, on lui impose un arrangement.
Il y a quelque chose de très significatif dans cette scène où trois hommes en position de pouvoir se chargent d’instrumentaliser une jeune femme comme on le ferait d’un outil particulièrement efficace pour arriver à des fins de productivité. Elle se retrouve affublée d’un costume façon bikini stylé que pourrait porter Lady Gaga à Ibiza. Odette est clairement déshumanisée, et laissée un peu pantoise par la vitesse à laquelle les choses se sont produites, se demandant même ce qu’elle vient de signer exactement. Un pacte avec le (les trois) diables, on dirait.
Musique, entre synthèse et découpe radicale
C’est ici que Cavallari fait entrer en jeu l’extrait de la Symphonie Pathétique de Tchaïkovsky, en remplacement des danses folkloriques d’origine, désormais plutôt inutiles dans ce contexte. La transition avec la musique du Lac des Cygnes se fait plutôt bien. Évidemment, c’est le même compositeur, et la même patte. Reste que ça aurait pu jurer. Mais non, le choix de Cavallari est tout aussi symbolique : la Symphonie elle-même, mais surtout le 4e mouvement, qui se termine dans le silence et non en apothéose. Une certaine Odette vient de mourir.
Profitons-en pour parler de la musique. Si vous souhaitiez vous plonger dans la trame sonore complète et somptueusement enveloppante de Tchaikovsky, vous devrez passer votre tour. Sachez d’abord que le ballet d’origine dure plus de deux heures trente. Le Lac de Cavallari en fait une bonne heure de moins. En remplaçant, qui plus est, une partie de la partition par des extraits de la Symphonie no 6 ‘’Pathétique’’ du même compositeur, la musique que vous connaissez déjà est encore plus fortement amputée.
Finalement, des repères fameux, tel le Thème du Cygne, habituellement entendu au deuxième acte, est cette fois présenté en tout début de soirée. Un peu comme si le chorégraphe avait voulu se débarrasser le plus rapidement possible de cet emblème mélodique encombrant, car peut-être trop puissamment associé à l’aspect ‘’magique’’, genre ‘’Il était une fois’’, de l’œuvre. Dans la logique du Lac, l’idée se défend. Cela dit, les habitudes aidant, on cherche encore ce repère sonore plus tard dans l’œuvre, alors qu’il ne vient pas.
Côté interprétation, l’Orchestre des Grands Ballets a joué de façon correcte, certains élans d’ensemble forts beaux, d’autres, comme les premières mesures, de façon mécanique, sans fluidité. Je ne prends pas trop de temps habituellement pour évoquer les fautes techniques ou d’intonation. Ce genre de chose arrive. Mais je dois souligner le grave problème d’intonation du solo de violon associé aux pas de deux de Siegfried et Odile puis Odette. Une partition notoirement difficile, il est vrai. Mais là, c’était faux à faire grincer des dents. Et pas qu’une fois. De façon soutenue et répétée. C’est dommage. Si j’avais été avec des visiteurs, j’aurais été gêné.
La révolte d’Odette
Revenons à l’action sur scène. La frénésie du succès devient la vie quotidienne d’Odette. Mais c’est un succès qui ne lui appartient pas. La scène suivante, première au retour de l’entracte, est d’une grande violence symbolique : les trois designers manipulent Odette, et son corps, à leur guise. Sur des écrans verticaux en fond de scène, on voit un corps (celui d’Odette), marqué de nombreuses indications, autant de retouches à y faire. Les trois ‘’méchants’’ déshabillent violemment Odette, qui dansait avec une robe toute simple, de celle qu’elle portait à l’école. L’agressivité est ici toute masculine, lourde de messages. On lui impose un tutu/corset (lumineux!) futuriste, affublé d’un bustier en pointe comme celui de Jean-Paul Gaultier réalisé pour Madonna.
Odette joue le jeu, mais finit par se lasser. Elle se révolte, suscitant l’apparition de quatre cygnes blancs, des échos de son identité submergée par un rôle qui n’est pas le sien. La bataille fait rage avec les trois designers, qui refusent de perdre leur pouvoir sur la jeune femme. À travers tout cela, Siegfried fait bien piètre figure. Il tente de protéger Odette, mais est assez facilement écarté. C’est Odette, seule, qui mène désormais le jeu, qui déchire ses liens avec ce monde qui a failli l’engloutir.
Ironie notable : après leur échec, les trois designers se retrouvent dans l’abribus vu plus tôt et croisent Odile qui elle aussi semble se remettre en question. Un symbole me semble porter cette réflexion : ses cheveux sont détachés, laissés libres de flotter et ondoyer dans les mouvements.
Intuition juste, car dans la scène suivante, la dernière du spectacle, Odette a aussi laissé ses cheveux libres. Ça se termine dans une scène d’apaisement, où Odette s’enlace avec Siegfried, avec d’autres couples derrière, dans l’ombre. Cela n’a rien d’une finale en conte de fée, la jeune femme ne trouve pas le réconfort ultime dans les bras de l’amant. Ici, j’ai plutôt eu l’impression que c’est Siegfried qui est le réconforté. Odette lui fait une faveur en l’aimant, malgré son insignifiance.
Un peu de magie malgré tout
Dans l’ensemble, Ivan Cavallari offre une relecture intéressante et efficacement modernisée du conte classique. Le message est certes assez évident, voire peu subtil. Mais il apparaît néanmoins encore nécessaire de le répéter, au regard du bouillonnement rétrograde qui s’active en ce moment dans le monde.
Quand on va voir le Lac des Cygnes, et malgré le passéisme du discours social qui s’y adjoint, on aime être émerveillés. On aime entrer dans le conte et dans la féérie. Le grand piège de cette actualisation était d’en faire un truc socio-politique, un véhicule à message engagé, avec des propos sérieux évacuant complètement le sens de la magie et de l’envoûtement.
Cavallari a opté pour un entre-deux, d’où l’étiquette de Réalisme magique qu’il a lui-même apposé à sa création. Si bien qu’en finalité, ce Lac modernisé ne se retrouve pas totalement dénué de merveilleux. La magie s’infiltre encore à travers les symboles, à travers les allégories, à travers l’onirisme éveillé d’Odette. Cela dit, certaines scènes épurées à l’extrême, comme le premier pas de deux devant un vaste rideau bleu, auraient quand même profité d’un environnement plus évocateur, qu’il soit classique ou moderne. On avait l’impression d’une certaine sécheresse émotionnelle.
Côté chorégraphie, le choix de Cavallari de rester strictement fidèle à la gestuelle, la métrique et les codes du classicisme aurait pu être lui aussi, en sus de la musique et du propos scénique, être remodelé pour signifier avec encore plus de force la dichotomie entre le rêve et la réalité, entre le Réalisme et la Magie, entre l’authenticité et l’écrasement corporatiste. Le monde de la mode aurait pu être illustré avec une gestuelle moderne, contemporaine.
Je reste agréablement marqué par quelques scènes parlantes : l’abribus, le grand présentoir du Cygne Noir, vulgairement doré et presque trumpiste, les trois designers qui, furtivement dans une scène qui passe très vite (il faut observer attentivement), reprennent leur apparence des trois créateurs, Tchaïkovsky, Petipa et Ivanov, la scène finale de l’enlacement, etc. Je pense que cette vision offerte par Ivan Cavallari apporte une partie de réponse à la modernisation de classiques empoussiérés par les dissonances sociales qu’ils véhiculent en ce 21e siècle où les nouvelles générations ont besoin de se connecter différemment aux chefs-d’œuvre. Certains diront qu’on l’a fait en cédant au déficit d’attention d’une génération habituée au scrolling rapide. Peut-être aurait-on pu prolonger l’étude du caractère d’Odette et Odile, prendre le temps de l’approfondir, et de concrétiser leurs transitions de façon plus organique, plus crédible. Ça se passe en effet un peu vite.
Mais la projection du personnage d’Odette comme élément véritablement central de l’œuvre, laissant le ‘’prince charmant’’ Siegfried loin derrière dans l’ombre, ça, ça fait du bien en tutu. En titi.
La présentation du Lac se poursuit jusqu’au 7 juin.
Le rideau se lève sur 24 violonistes d’exception. Le Concours commence : soyez témoins des moments où les destins se dessinent. À tour de rôle, les violonistes font résonner leur virtuosité, leur musicalité et les nuances de leur personnalité dans l’acoustique de la Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal. Dans cette première étape de 30 minutes, les concurrents et les concurrentes tentent de se démarquer en présentant : • Une œuvre de J. S. Bach, Telemann, ou d’un autre compositeur baroque; • Une œuvre de virtuosité (Bazzini, Ernst, Paganini, Saint-Saëns, Sarasate, Waxman, Wieniawski); • Une œuvre au choix d’une troisième période musicale. Réservez dès maintenant vos places pour le Concours musical international de Montréal 2026 et vivez la virtuosité sans frontières.
The curtain rises on 24 exceptional violinists. The Concours begins: be there to witness these moments when destinies are forged. In turn, each violinist showcases their virtuosity, musicality, and personality in the superb acoustics of Bourgie Hall, at the Montreal Museum of Fine Arts. In this First Round, each competitor has 30 minutes to shine by performing: • A work by J.S. Bach, Telemann, or another Baroque composer • A work showcasing the competitor’s virtuosity (Bazzini, Ernst, Paganini, Saint-Saëns, Sarasate, Waxman, Wieniawski) • A work of the competitor’s choice from a third musical period. Book your tickets now for the Concours musical international de Montréal 2026 and experience virtuosity without borders!
Viva Vivaldi : Quatre saisons & Gloria à la Maison symphonique
par Rédaction PAN M 360
Pour célébrer le 70e anniversaire des Petits Chanteurs du Mont-Royal (PCMR), cette soirée enchantera les spectateurs avec deux chefs-d’œuvre d’Antonio Vivaldi. Sous la direction d’Andrei Feher, le concert débutera avec les célèbres Quatre saisons, op. 8, une œuvre lumineuse et vibrante, mettant en vedette le violoniste solo Marc Djokic. Les quatre concertos, La primavera, L’estate, L’autunno, et L’inverno, exploreront les changements de saisons avec une intensité qui capte à la perfection l’esprit de la nature. Après l’entracte, le majestueux Gloria de Vivaldi, une œuvre sacrée envoûtante sera présentée avec Les Petits Chanteurs du Mont-Royal, dirigée par Andrew Gray.
To celebrate the 70th anniversary of Les Petits Chanteurs du Mont-Royal (PCMR), this enchanting evening will feature two masterpieces by Antonio Vivaldi. Under the direction of Andrei Feher, the concert will open with the famous Four Seasons, Op. 8, a luminous and vibrant work showcasing OCM’s concertmaster Marc Djokic as soloist. The four concertos, Spring, Summer, Autumn, and Fall, will explore the changing seasons with a striking intensity that perfectly captures nature’s ever-shifting moods. After intermission, the OCM will present the majestic Gloria, Vivaldi’s captivating sacred work, featuring Les Petits Chanteurs du Mont-Royal under their Musical Director, Andrew Gray.
Finale du CMIM | Épreuve Mozart à la Maison symphonique
par Rédaction PAN M 360
Vivez l’intensité de la Finale du Concours musical international de Montréal à la Maison symphonique! Lors de cette première étape de la Finale consacrée à la musique de Mozart, cinq finalistes rivalisent d’élégance et de virtuosité, accompagnés par l’Orchestre symphonique de Montréal – l’orchestre officiel du Concours – placé sous la direction du chef invité Sascha Goetzel. Découvrez comment ces cinq jeunes violonistes interprètent le génie de Mozart et font rayonner leurs personnalités à travers les pages du maître viennois. Un moment de finesse et d’émotion pure qui déterminera les trois finalistes de la Grande finale du Concours musical international de Montréal 2026.
Experience the intensity of the Concours musical international de Montréal’s Final at the Maison symphonique! In the first evening of the Final, dedicated to the music of Mozart, five finalists compete with elegance and virtuosity, accompanied by the Orchestre symphonique de Montréal—the Concours’ official orchestra—under the baton of guest conductor Sascha Goetzel. Discover how these five young violinists interpret Mozart’s genius and bring their personalities to life through the pages of the Viennese master’s music. A moment of finesse and pure emotion that will determine the three finalists for the Concours musical international de Montréal 2026’s Grand Final.
À l’issue d’une Première épreuve chaudement disputée, les dix demi-finalistes se retrouvent sur scène pour livrer une nouvelle joute artistique lors de la Demi-finale. À cette étape déterminante et captivante du Concours, les concurrents et les concurrentes doivent présenter un programme de 50 minutes soigneusement sélectionné et comprenant : • Une sonate complète de Bartók, Beethoven, Brahms, Debussy, Enescu, Fauré, Franck, Janáček, Prokofiev, Ravel, Schnittke, Schumann, Schubert ou R. Strauss ; • Une œuvre au choix du concurrent de n’importe quel compositeur ; • Une œuvre au choix d’une compositrice ou d’un compositeur canadien. Réservez dès maintenant vos places pour le Concours musical international de Montréal 2026 et vivez la virtuosité sans frontières.
After a fiercely contested First Round, ten semifinalists take to the stage for another artistic showdown in the Semifinal. At this decisive and exciting stage of the Concours, each competitor must present a carefully selected 50-minute program comprising of: • A complete sonata by Bartók, Beethoven, Brahms, Debussy, Enescu, Fauré, Franck, Janáček, Prokofiev, Ravel, Schnittke, Schumann, Schubert or R. Strauss • A work of the competitor’s choice, by any composer • A work of the competitor’s choice, by a Canadian composer. Book your tickets now for the Concours musical international de Montréal 2026 and experience virtuosity without borders!
Festival de musique de chambre de Montréal : Soirée à l’opéra! à la salle Bourgie
par Rédaction PAN M 360
Ce concert, avec la soprano Natasha Henry, la mezzo Jeanne Ireland, le ténor David Pomeroy, le violoniste Kevin Zhu et le violoncelliste Cameron Crozman, réunit les plus grands airs et les plus grandes œuvres instrumentales du théâtre lyrique.
Opera meets chamber music in a spellbinding program: beloved arias performed by opera stars Natasha Henry, Jeanne Ireland, and David Pomeroy, with violinist Kevin Zhu and cellist Cameron Crozman.
Kulusé Souriant, un jazz nourri des racines antillaises
par Sandra Gasana
Par un concours de circonstances, je me suis retrouvée à couvrir le lancement de l’album Douvan de Kulusé Souriant à l’Entracte le 21 mai dernier. Pour l’occasion, son quintet était composé de Geneviève Gauthier, au saxophone alto, Antonin Bourgault au saxophone ténor, le grand Santiago Ferrer au piano et Sean Burke à la contrebasse alors que Kulusé était à la batterie. Installé à Montréal depuis quatre ans, Kulusé, batteur et compositeur d’origine guadeloupéenne se fait de plus en plus connaitre sur la scène jazz de Montréal. Il collabore avec plusieurs artistes, notamment Rachel Therrien, qui prépare un projet plutôt original durant le Festival de jazz auquel il va participer.
Sorti le 15 mai 2026, cet opus de 9 titres inclut quelques collaborations, entre autres Malika Tirolien sur le morceau « Horizon ». Cette dernière était présente à l’Entracte alors qu’elle revient tout juste d’un séjour au Sénégal pour le Stéréo Africa Festival ainsi que le Festival de Jazz de Saint-Louis. Douvan est un appel à se reconnecter avec ce qui est important, avec soi-même, avec la nature et avec les autres pour mieux aller de l’avant.
D’un morceau à l’autre, les musiciens sont mis en valeur. Les saxophones alternent, tout en étant synchronisés par moment. Pendant certains solos de Geneviève, Kulusé semblait apprécier le moment, fermant les yeux pour mieux s’en imprégner. Nous sommes plongés dans différents univers musicaux tout au long du concert, passant du doux et introspectif à des moments plus intenses avec des solos à couper le souffle.
« Je suis ému de présenter cette musique qu’on prépare depuis 2 ans », nous confie Kulusé entre deux morceaux. Cet artiste, qui est en questionnement sur ses identités personnelles et musicales, semble avoir trouver des pistes de réponse à travers cet album.
À part « Héritage » et « Compassion » qui durent moins de cinq minutes, la plupart des titres sont suffisamment longs pour nous immerger dans le répertoire de Kulusé, qui mêle jazz avec d’autres styles tels que le gwo ka, comme c’est le cas dans « Anecdote », sur lequel il collabore avec Léo Tibao Leborgne.
Santiago Ferrer nous en a mis plein la vue, comme toujours. Ses envolées au piano ainsi que ses solos ont plu à l’audience qui semblait séduite. Par moments, on avait l’impression d’être dans un bar mythique de jazz de New York. L’Entracte se prêtait bien pour la soirée puisqu’elle offrait ce cadre intimiste. Kulusé a d’ailleurs habité quelques années à New York en 2019 où il a étudié à la New School of Jazz avant de déménager à Montréal quelques années plus tard.
« Je suis chanceux de jouer avec des musiciens aussi talentueux », confesse-t-il. Selon les baguettes qu’il utilise, l’atmosphère varie. Sur « Solitude », on a l’impression d’entendre des rythmes plutôt mystiques, ce qui lui permet de réinventer le jazz en y ajoutant des sonorités guadeloupéennes.
Cela dit, le moment le plus fort de la soirée était sans aucun doute la présence de Malika Tirolien sur « Horizon ». On ressent l’immense respect et admiration de Kulusé envers sa compatriote. Plusieurs rythmes figurent dans cette chanson qui nous fait vivre des émotions différentes. La section improvisation de Malika a envoûté la salle, qui a répondu avec beaucoup d’applaudissements.
Salomé Perli, chanteuse et multi-instrumentiste, figure également dans l’album mais n’avait pas pu être présente pour ce lancement. Une chose est sûre: cet album va réellement propulser Kulusé Souriant sur la scène jazz de Montréal puisqu’il se consacrait principalement à sa maitrise avant cela. Retenez donc bien ce nom, vous risquez d’en entendre parler, encore et encore.
ArtChoral chante les Beatles: la pop classique dont on avait besoin
par Alexandre Villemaire
La « Beatlemania » a pénétré l’enceinte de la Maison symphonique avec l’Ensemble ArtChoral le dimanche 17 mai dernier en après-midi. Amateurs des Fab Four, habitués des concerts d’ArtChoral (ou un mélange des deux) s’étaient rassemblés en grand nombre pour venir entendre, à la sauce classique, les grands succès du groupe pop/rock emblématique des années 1960.
Dirigé par Matthias Maute et accompagné seulement d’un petit set de percussions (essentiellement une batterie et cloche) sous la responsabilité de Philip Hornsey avec Antoine Joubert au piano pour donner par moment un soutien harmonique et un élan rythmique, les chanteurs et chanteuses d’ArtChoral ont fait défiler les tubes des Beatles. De Yellow Submarine, qui a ouvert le concert, à Can’t Buy Me Love en passant par Penny Lane, Eleanor Rigby, In My Life, Yesterday, pour ne nommer que celles-ci, les chanteurs d’ArtChoral avec leur voix pure et solide ont donné un rendu de « leur » interprétation des classiques des Beatles. On aurait tort de rejeter du revers de la main toute proposition de concert qui met de l’avant le répertoire des Beatles sous prétexte que cette musique n’est pas suffisamment complexe, répétitive et pas assez classique pour être traitée par des ensembles du calibre de l’ensemble.
La performance des pièces Michelle et Because en est le meilleur exemple. Interpréter avec seulement les voix, permet de rendre compte et de constater la richesse des harmonies et la complexité des accords et des timbres qui façonnent ces pièces. L’interprétation de Michelle était aérienne et Because a instauré une aura mystique dans la salle avec ses accords lumineux et ses passages chromatiques qui viennent altérer la couleur de la pièce de manière constante. John Lennon disait qu’il a composé cette pièce après avoir entendu Yoko Ono jouer la célèbre « Sonate au clair de lune » de Beethoven et, frappé par cette mélodie, il lui aurait demandé de jouer la progression d’accords de reculons. Tout comme dans l’écriture de cette célèbre page de Beethoven, le langage est précis, épuré et envoûtant. Comme quoi encore une fois on peut démontrer que la frontière entre la musique classique et la musique dite populaire n’est pas si poreuse. Un autre exemple de cette parentalité se trouve dans la pièce Black Bird, qui a eu droit, tout comme I Saw Her Standing There, à un traitement de solo pianistique offert par Antoine Joubert. La mélodie simple de Black Bird, elle-même également inspirée par une pièce du répertoire classique, soit la Bourrée en mi mineur de Jean-Sébastien Bach, a donné à Joubert un superbe matériau de travail pour livrer une interprétation aux contours musicaux variés avec une grande virtuosité qui mettait à l’honneur les possibilités interprétatives de cette pièce.
Un concert d’ArtChoral n’en serait pas un sans au moins une participation du Grand chœur, cette chorale ad hoc formée de choristes de divers horizons. Ils se sont joints aux chanteurs d’ArtChoral pour des interprétations senties de Let It Be et All You Need Is Love. En conclusion de concert, tous ont entonné Hey Jude, alors que le public a été invité à se joindre aux musiciens pendant que la Maison symphonique s’est retrouvée baignée d’un « show de lumière » apparenté aux grandes performances de concerts rock.
Les choix assumés de Matthias Maute dans ce concert montrent bien que le répertoire de Paul McCartney, John Lennon, Ringo Starr et Georges Harrisson transcende les barrières du genre et ces deux univers ne sont finalement pas si éloignés l’un de l’autre. Était-ce un concert d’une virtuosité extrême ? Non. Mais, ce n’était pas non plus un concert terne où on présente des Beatles « classique » pour présenter du Beatles classique sans âme. Tous, du chef aux chanteurs en passant par les choristes, étaient habités par un plaisir de chanter ce répertoire, sans prétention, et de le livrer à un public tout aussi enjoué qui a bien rendu la pareille aux musiciens. Par les temps qui courent, l’amour de la musique et la passion de la transmettre, c’est bien une des seules choses dont nous avons besoin.