Afrique / Morna

Nuits d’Afrique 2026 | Elida Almeida, une escale capverdienne inoubliable

par Juliana Cortes

En collaboration avec Sandra Gasana

C’est toute vêtue de rouge qu’Elida Almeida est apparue sur la scène Loto-Québec en cette dernière journée de la 40ème édition du Festival international Nuits d’Afrique. Alors qu’elle était de passage dans la métropole il y a plusieurs mois dans le cadre de la tournée Hommage à Cesaria Evora, ici on la découvrait à travers son propre projet, et elle a pu exprimer son art de manière encore plus authentique.

Accompagnée d’un guitariste, d’un bassiste, d’un batteur et d’un claviériste, elle a débuté comme elle a clôturé, c’est-à-dire avec la chanson “Bersu d’oru”, une chanson qu’Elida a écrite pour rendre hommage au Tabanka, genre musical de l’île de Santiago qui émerge des pratiques culturelles et spirituelles des personnes esclavisées qui étaient amenées au Cap-Vert. Au 19e siècle, ce petit archipel servait de « passage des milieux » pendant la traite transatlantique des esclaves. 

On pouvait voir des drapeaux cap-verdiens dans la foule. Cet archipel a attiré beaucoup d’attention durant les dernières semaines grâce à sa participation à la Coupe du monde de soccer. Le gouvernement a décidé de chercher des joueurs à travers le monde pour jouer dans cette Coupe du monde et ils gagnent le cœur des fans du soccer. Les Cap-Verdiens, comme Elida nous l’a dit pendant son entrevue, sont des gens qui voyagent à travers le monde, mais qui ont encore leur cœur et une fierté de leur pays.

« Je suis très contente d’être là avec vous et c’est notre dernière danse au Canada. On retourne aux États-Unis », nous apprend-elle avant de nous proposer de nous emmener en voyage sur son île natale.

Et c’était parti pour une véritable évasion musicale, avec des rythmes capverdiens variés, certains aux allures carnavalesques, des influences latines,  alors que d’autres étaient plus mélancoliques ou encore s’apparentaient au kompa ou au zouk.

Sourire aux lèvres, elle avait l’air de tripper à être sur scène, la météo contribuant probablement à sa belle humeur. Elida avait une présence scénique puissante, elle interagissait avec ses musiciens et avec le public, qu’elle faisait chanter à plusieurs reprises. Mais c’est au fur et à mesure qu’on avançait dans le spectacle qu’elle s’est arrêtée pour enlever ses bottes blanches pour annoncer ce qui allait suivre.

« La fête va réellement commencer », avant de se mettre à danser et de voir les festivaliers en faire de même.

Un moment coup de cœur était durant son interprétation de la chanson « Nta Konsigui » qui était tout simplement époustouflante puisqu’on avait l’impression qu’elle vivait la chanson devant nous. Une femme que je voyais au loin avait les larmes aux yeux durant ce moment, m’indiquant que la chanson parlait d’un sujet triste.

La qualité de la performance d’Elida nous a complètement impressionnés, au point que nous voulons la voir en tant que headliner dans une prochaine édition des Nuits d’Afrique. C’est sûr que beaucoup de festivaliers seront contaminés par le charme et le talent d’Elida, les rythmes de Cap-Vert qui d’une manière ou d’une autre nous parlent.

Crédit photo: Juliana Cortes

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Afrique / reggae

Nuits d’Afrique 2026 | Entre reggae et militantisme, Tiken Jah Fakoly signe une clôture mémorable

par Sandra Gasana

La tête d’affiche pour clôturer la 40ème édition du Festival international des Nuits d’Afrique n’est nul autre que le grand Tiken Jah Fakoly, un habitué. Il avait ouvert le festival il y a quelques années au MTelus mais cette année, c’est sur la scène extérieure TD qu’il a ambiancé les festivaliers.

Alors que les deux premières chansons étaient uniquement avec les musiciens, ce n’est qu’au bout du troisième morceau qu’on a vu débarquer Tiken Jah. Vêtu d’une sorte de poncho à capuche fait d’un tissu africain, il est fidèle à lui-même, toujours prêt à sauter, parcourir la scène d’un côté à l’autre, en faisant parfois des acrobaties tirées des arts martiaux.

Avec ses nombreux musiciens, dont certains étaient vêtus de tenues militaires, et ses deux choristes, il nous a proposé des titres de ses nombreux albums, des plus anciens aux plus récents.

« Est-ce que le peuple est là ce soir ? » demande Tiken devant une marée de festivaliers. En effet, pour cette dernière soirée, la météo était clémente. Et malgré l’heure tardive pour un dimanche soir, tout le monde était au rendez-vous, adultes, enfants et tout ce qu’il y a entre les deux.

J’ai croisé plusieurs artistes qui étaient dans la programmation cette année, et d’autres venus voir le géant du reggae africain.

Il a joué aussi ses morceaux en anglais, « Discrimination » et « Africa wants to be free », avant de poursuivre avec ses titres en français et dans sa langue maternelle. Comme souvent lors de ses concerts, Tiken Jah rappelle la place importante de l’Afrique aujourd’hui tout en évoquant le paradoxe africain : le plus riche continent mais avec la population la plus pauvre.

Le côté militant de Tiken Jah est resté intact. Il invite d’ailleurs les jeunes à revenir construire leur pays après leurs études au Canada.

Un des moments de la soirée était sans aucun doute durant le morceau mythique « Plus rien ne m’étonne ». La foule s’est transformée en véritable chorale. Cela dit, j’ai découvert le morceau « Massa » qui figure dans l’album Braquage de pouvoir mais après cela, il nous a fait un genre de medley de tous ses plus grands succès : « Le balayeur », « Quitte le pouvoir », « On en a marre », et j’en passe.

Autre moment fort, après une petite pause d’hydratation, il revient avec « Africain à Paris » avant de dénoncer les visas refusés aux Africains lorsqu’ils veulent aller en Occident alors que les Occidentaux sont accueillis à bras ouverts en Afrique. Un autre paradoxe.

Une surprise qui a plu aux festivaliers est lorsque Tiken a invité l’artiste Meiway sur scène pour une petite session d’improvisation. Meiway était de passage sur la même scène quelques minutes plus tôt pour chanter l’hymne conçu spécialement pour les 40 ans du Festival.

« Quand le grand frère est là, on laisse la place », dit Tiken avant de céder la scène à Meiway en signe de respect.

Le concert s’est terminé avec « Ouvrez les frontières » sur lequel on a pu apprécier les belles voix des choristes. C’est ainsi que la 40ème édition du Festival international des Nuits d’Afrique a pris fin, aux alentours de minuit.

En somme, cette édition, qui se voulait ambitieuse de part son chiffre rond, a su relever le défi. Montréal vibrait du 7 au 19 juillet inclusivement et ce sont de nombreux Montréalais et touristes qui ont su en profiter. Rendez-vous l’année prochaine pour une autre programmation tout aussi éclatante !

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Antilles / Caraïbes / haïtien / kompa

Nuits d’Afrique 2026 | Tabou Combo fait rayonner l’âme d’Haïti

par Sandra Gasana

Le kompa a fait parler de lui ces dernières années avec le succès planétaire de Joé Dwèt Filé ou encore plus récemment l’artiste Naïka qui a enflammé le quartier des spectacles.

Mais tout cela a commencé avec un groupe légendaire, l’orchestre Tabou Combo qui a mis le kompa sur la carte. Fondé en 1968 dans les banlieues de Pétion-Ville par les frères Chancy, Albert à la basse et Adolphe à la guitare, ce groupe en est à sa quatrième participation au Festival international des Nuits d’Afrique, et ont même clôturé le festival en 2014.

Au fil des années, le groupe a évolué, plusieurs nouveaux membres ont rejoint le groupe, d’autres ont quitté en cours de route. Après Haïti, ils se sont installés aux États-Unis et leur chanson « New York City » était au top des palmarès. Ils ont rempli des stades en Europe, en Afrique et en Amérique latine, et même après près de six décennies sur la scène, ils continuent à enflammer les foules.

Pour cette soirée du 18 juillet, un invité spécial était sur scène avec la formation, en remplacement d’un des membres absent en raison des conditions météorologiques plus tôt cette journée-là.

La communauté haïtienne était présente en grand nombre, toutes les générations confondues. Les nostalgiques et les plus jeunes appréciaient tout autant la soirée. Sur la scène, une panoplie de musiciens, un ensemble de cuivres, des percussions, deux guitares, une basse et un clavier, en plus des chanteurs.

Avec le kompa, on peut également remarquer les influences de funk et de soul sur certains morceaux venant de leurs années passées aux États-Unis. Un de leur plus grand succès qui figure dans l’album Sans limites paru en 2000, « Tu as volé », que je connaissais sans savoir que c’était une de leurs chansons, a particulièrement plu à l’audience qui se déhanchaient devant la scène TD. Les chansons étaient parfois très longues, composées de plusieurs sections, avec un changement de rythmes, pour revenir au rythme initial du début. Les classiques tels que « Mabouya » ou encore « Lakay » ont reçu un accueil chaleureux en cette soirée post-pluvieuse.

On peut entendre de l’espagnol également dans le morceau « Fiesta », qui nous donne l’impression d’être à Cuba, démontrant leur lien particulier avec l’Amérique latine, entre autres avec le Panama, où ils sont très populaires. Ils ont d’ailleurs un morceau intitulé « Panama Querida », qui figure dans l’album Fiesta Caribena paru en 2012. Au clavier, un musicien qui animait également la foule, parfois en anglais, parfois en créole. C’est d’ailleurs lui qui a volé la vedette lorsqu’il a repris le morceau « We are the world » pour dénoncer la situation politique et économique actuelle en Haïti. Durant cette chanson, les cellulaires avaient tous leur lumière allumée et nous vivions un moment de communion que seule la musique peut créer.

« Nous avons besoin de la lumière pour éclairer les mauvais esprits », annonce le claviériste, avant de brandir le drapeau haïtien sur la scène.

Après la tristesse, place à la joie. Le groupe enchaine avec « Feel Good », comme pour consoler l’audience qui venait de vivre un moment de recueillement, avec une touche de rap et la participation du public sur certaines mélodies.

Quelques chorégraphies étaient au menu, les musiciens et chanteurs faisant quelques pas synchronisés tout en animant la foule avant de faire une dédicace spéciale pour le peuple du Congo, plus particulièrement à l’un de ses pionniers, Patrice Lumumba. C’est ainsi qu’ils ont poursuivi avec un titre iconique « Indépendance Cha Cha », une bonne rumba congolaise.

Deux femmes à côté de moi, qui ne se connaissaient pas, l’une qui semblait Haïtienne et l’autre Blanche, ont tout simplement commencé à danser ensemble. Sans se parler, sans s’expliquer, juste danser.

C’est aussi ça la force de la musique: elle rapproche les gens, elle crée des moments de communion et soulage les coeurs. Tabou Combo a fait tout cela et plus encore pour son public venu le voir en grand nombre.

Crédit photo: André Rival

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Afrique / reggae

Festival international Nuits d’Afrique : Tiken Jah Fakoly au parterre du Quartier des spectacle

par Rédaction PAN M 360

Ceux qui y étaient en parlent encore. Parmi les très, très grands moments de Nuits d’Afrique, on compte le spectacle de Tiken Jah Fakoly à l’occasion de la clôture de la 14e édition du festival en 2000, accompagné de musiciens montréalais (les meilleurs!). Ce fut le début d’une histoire d’amour réciproque avec, dit-il, « le festival ambassadeur de l’Afrique culturelle » (Radio-Canada, 2022). Chacun de ses spectacles subséquents a témoigné de la chimie entre l’artiste et son public montréalais. Il était donc tout naturel que la star internationale remette ça pour le 40e anniversaire. Doté d’une présence scénique époustouflante, le fougueux et influent reggaeman réveille les consciences, s’élève contre le pouvoir illégitime et l’injustice. Il milite pour l’unité, célèbre la richesse de l’Afrique. Sans relâche. Comme une mission qu’il s’est donnée. Et le public embarque. Parce que ça bouscule, que ça vient chercher. Parce que c’est vrai, senti et que ça résonne. Et parce que les cuivres irrésistibles, les lignes de guitares tranchantes et les riddims bien balancés donnent furieusement envie de chanter et de danser. De s’exprimer.

Those who were there are still talking about it. Among Nuits d’Afrique’s many highly memorable moments, Tiken Jah Fakoly’s closing concert of its 14th edition in the year 2000 is way up there, accompanied by Montreal musicians (they’re the best!). It marked the beginning of a mutual love affair with, as he put it, “the festival that serves as an ambassador for African culture,” (Radio-Canada, 2022). Each of his subsequent performances demonstrated the rapport between the artist and his Montreal audience. So, it is only natural for the international star to want to help celebrate the Festival’s 40th anniversary. With an astonishing stage presence, this fiery and influential reggae artist raises people’s awareness to counter illegitimate power and injustice, a self-driven mission. He advocates for unity and celebrates Africa’s diversity. Relentlessly. As if it were a mission he has set himself. The audience becomes hooked. Because he shakes things up, strikes a nerve. Because it’s true, heartfelt and resonates deeply. And because the irresistible brass, the sharp guitar riffs, and the well-balanced riddims make you desperately want to sing and dance. To express yourself.

CE SPECTACLE EST GRATUIT!

Ce contenu provient du Festival international Nuits d’Afrique et est adapté par PAN M 360

Afrique / soukouss

Festival international Nuits d’Afrique : DIBLO DIBALA et MATCHATCHA au parterre du Quartier des spectacle

par Rédaction PAN M 360

Diblo Dibala n’est rien de moins que le créateur du soukous et l’un des artisans des grandes heures de ce genre musical si entraînant. Une véritable légende respectée, qui a inspiré plusieurs générations de jeunes artistes. Chacune de ses apparitions, sans exception, au Festival international Nuits d’Afrique ces 40 dernières années a fait le buzz. Naturellement, il répond présent pour cette édition anniversaire. Et aucun doute qu’une fois de plus il ensorcellera le public avec ses rythmes effrénés! Surnommé Machine Gun pour sa dextérité à la guitare et ses sébènes affolants, Diblo Dibala livre un soukous explosif qui fait monter la température en crescendo, défiant quiconque de résister à l’envie d’onduler du bassin. Autre légende – et pilier de groupes de référence comme Bella Bella (avec Kanda Bongo Man), Loketo (avec Aurlus Mabélé) et Matchatcha, Diblo Dibala continue de laisser sa marque après plus de 50 ans de carrière.

Diblo Dibala is none other than the creator of soukous and one of the architects of the golden age of this infectious musical genre. A true and respected legend, he has inspired several generations of young artists. Without exception, every single one of his appearances at the Nuits d’Afrique International Festival over the last 40 years has caused a sensation. Naturally, he’ll be there for this anniversary edition. And there is no doubt that once again he will cast a spell over the audience with his frenetic rhythms! Nicknamed ‘Machine Gun’ for his dexterity on the guitar and his maddening seven-beat rhythms, Diblo Dibala delivers an explosive soukous that builds the energy to a crescendo, challenging anyone to resist the urge to sway their hips. Another legend – and a mainstay of leading bands such as Bella Bella (with Kanda Bongo Man), Loketo (with Aurlus Mabélé) and Matchatcha – Diblo Dibala continues to make his mark after a career spanning more than 50 years.

CE SPECTACLE EST GRATUIT!

Ce contenu provient du Festival international Nuits d’Afrique et est adapté par PAN M 360

afro-latin / Brésil / jazz-samba

Festival international Nuits d’Afrique : Tamboreal Samba Bloco au parterre du Quartier des spectacle

par Rédaction PAN M 360

« Un projet musical à la fois festif et inclusif » (La Presse, 2025). On vous invite à danser ? Un parfum de carnaval de Rio embaumera la nuit montréalaise. Surdo, conga, caisse claire, tamborim, repique, chocalho : les percussions sont reines dans l’univers de ce joyeux cercle, récipiendaire du Syli d’argent des musiques du monde 2026, qui égraine avec puissance et à une cadence élevée les samba de roda, cabula, maracatu et autres rythmes afro-brésiliens. Relevée d’impros jazzistiques et de chants entraînants, la musique foisonnante de ce collectif énergétique, fondé en 2022 par Carlos Henrique Feitosa, concurrence sans l’ombre d’un doute celle des réputées écoles de samba brésiliennes.

“A musical project that is both festive and inclusive,” (La Presse, 2025). Would you like to dance? Get ready for a Montreal night to be filled with the aromas of a Rio Carnival. Surdo, conga, snare drum, tamborim, repique, chocalho: percussions reign supreme with this joyful band of musicians—winner of Silver at the 2026 Syli des Musiques du Monde awards—that energetically renders samba de roda, cabula, maracatu and other Afro-Brazilian rhythms at an impressive tempo. Full of jazz-inspired improvisations and catchy tunes, the exuberant music of this dynamic collective—founded in 2022 by Carlos Henrique Feitosa—is undeniably on par with that of Brazil’s renowned samba schools.

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classique / opéra

ICAV : Offenbach – Les contes d’Hoffmann au Monument-National

par Rédaction PAN M 360

Un orchestre sur scène, des chœurs puissants et une histoire fascinante : découvrez Les contes d’Hoffmann d’Offenbach, un voyage lyrique rempli de magie, de passion et de mystère. Une production exceptionnelle présentée par l’Institut canadien d’art vocal et l’Orchestre de la Francophonie, dans une mise en scène de Nathalie Deschamps et sous la direction de Julien Proulx.

A live orchestra, powerful choruses and a fascinating story: discover Offenbach’s Les contes d’Hoffmann, a lyrical journey brimming with magic, passion and mystery. An exceptional production presented by the Canadian Vocal Arts Institute and the Orchestre de la Francophonie, staged by Nathalie Deschamps and conducted by Julien Proulx.

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient de l’Institut canadien d’art vocal et est adapté par PAN M 360

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