classique / période romantique

Les profs de l’UdeM à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

De nombreux interprètes rayonnant sur les scènes canadienne et internationale composent le corps enseignant de la Faculté de musique. La série Les profs de l’UdeM en concert propose des rendez-vous de haut niveau vous permettant d’apprécier gratuitement leur maestria et la finesse de leur jeu, dans des œuvres de musique de chambre. Et pour les étudiantes et étudiants qui aspirent poursuivre leurs parcours à la Faculté de musique, ces concerts inspirants sont des occasions privilégiées de voir et d’entendre leur futur prof.

Many performers who shine on Canadian and international stages make up the Faculty of Music’s teaching staff. The Les profs de l’UdeM en concert series offers high-level concerts where audiences can freely enjoy their mastery and the subtlety of their playing in chamber music works. For students aspiring to continue their studies at the Faculty, these inspiring concerts provide a unique opportunity to see and hear their future professors in action.

CES SPECTACLES SONT GRATUITS!

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classique / musique contemporaine

Faculté de musique de l’UdeM : L’Ensemble de musique contemporaine en concert à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

La musique contemporaine a toujours occupé une place de premier plan à la Faculté de musique. Sous la direction du chef Jean-Michaël Lavoie, l’Ensemble de musique contemporaine de l’Université de Montréal revisite les manières de faire de la création et de la recherche artistique, que ce soit avec des œuvres marquantes des 20e et 21e siècles, ou avec des œuvres présentées en première mondiale. Proposant un répertoire éclaté, ces concerts saisissants mettent en lumière les étudiantes et étudiants de la Faculté, et sont présentés gratuitement!

Contemporary music has always held a prominent place at the Faculty of Music. Under the direction of conductor Jean-Michaël Lavoie, the Université de Montréal Contemporary Music Ensemble reexamines approaches to creation and artistic research, presenting both landmark works from the 20th and 21st centuries as well as world premieres. Featuring a bold and eclectic repertoire, these striking concerts highlight the talents of the Faculty’s students, and are offered free of charge.

CE SPECTACLE EST GRATUIT!

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big band / Classe de maître / jazz

Le Big Band de l’UdeM reçoit le pianiste Hilario Durán à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

Le Big Band de l’UdeM aura la chance de se produire aux côtés du pianiste cubain de renommée internationale Hilario Durán. Ayant immigré au Canada à la fin des années 1990, Hilario Durán est un musicien célébré tant sur la scène canadienne que cubaine, récipiendaire de plusieurs prix. Durant son impressionnante carrière, il a joué aux côtés de sommités du jazz telles Chucho Valdés, Dizzy Gillespie et Michel Legrand, et a fondé sa propre maison de production nommée Es mi musica Productions. En plus de prendre part au concert sous la direction de João Lenhari, Hilario Durán animera un cours de maître présenté gratuitement le 25 mars 2026, permettant tant aux musiciennes et musiciens qu’au grand public d’en apprendre davantage sur son art.

The UdeM Big Band will have the opportunity to perform alongside internationally renowned Cuban pianist Hilario Durán. Having immigrated to Canada in the late 1990s, Hilario Durán is a highly celebrated musician on both the Canadian and Cuban music scenes and a recipient of numerous awards. Over the course of his remarkable career, he has performed with jazz legends such as Chucho Valdés, Dizzy Gillespie, and Michel Legrand, and founded his own production company, Es mi musica Productions. In addition to taking part in the concert under the direction of João Lenhari, Hilario Durán will lead a free master class on March 25, 2026, offering musicians and the general public alike a unique opportunity to learn more about his artistry.

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chant lyrique / classique

ICAV : L’Elisir d’Amore – Soirée reconnaissance Vanda Treiser à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

Depuis 2023, Les Initiatives Vanda Treiser se dressent comme un pilier de soutien pour l’Institut canadien d’art vocal. C’est avec une profonde gratitude que nous souhaitons lui rendre hommage lors d’une soirée de reconnaissance privée et exclusive, organisée en son honneur. À cette occasion, nous invitons toutes les personnes souhaitant y participer au montant hommage de 750$ par personne ou au montant admission générale de 300$ par personne. Un reçu de charité de 675$ ou de 225$ sera émis en accordance avec votre contribution. Des tables commanditaires au montant de 7500$ pour 8 personnes sont aussi disponibles en échange d’une visibilité accrue pendant l’événement et dans notre matériel promotionnel. Cette soirée sera aussi un moment privilégié pour remercier chaleureusement l’ensemble de nos commanditaires et donateurs et pour souligner leur soutien inestimable envers notre mission et nos artistes lors d’une soirée musicale et gastronomique. Nous présenterons pour l’occasion l’opéra de Donizetti L’elisir d’amore, en collaboration avec La boussole des arts et les Concerts Centr’art. Vous entendrez pour l’occasion d’ancien chanteurs d’ICAV dans une mise en scène et une animation de la créative diva Natalie Choquette et dirigé par le chef Simon Charette (il est directeur artistique de l’Opéra comique de Washington et a participé à 4 reprises à ICAV), Antonio Figueroa (Nemorino), Odéi Bilodeau (Adina), Alexandre Sylvestre (Dulcamara), Marc-Antoine d’Aragon (Belcore) et Cloée Morissette (Giannetta).

Since 2023, Les Initiatives Vanda Treiser has stood as a pillar of support for the Canadian Vocal Arts Institute. With deep gratitude, we wish to pay tribute during a private and exclusive recognition evening, held in her honor. For this occasion, we invite all those wishing to attend this exceptional evening at a tribute amount of $750 per person or general admission at 300$. A charitable receipt of 675$ or 225$ will accordingly be issued. Sponsored tables for 8 people, priced at $7,500, are also available in exchange for increased visibility during the event and in our promotional materials. This evening will also be a special moment to warmly thank all our sponsors and donors and to highlight their invaluable support of our mission and our artists—through a musical and gastronomic evening. For this occasion, we will present Donizetti’s opera L’elisir d’amore, in collaboration with La boussole des arts and Concerts Centr’art. You will hear former ICAV singers in a production directed and staged by the creative diva Natalie Choquette and conducted by Simon Charette (artistic director of the Washington Comic Opera and a four-time ICAV participant), featuring Antonio Figueroa (Nemorino), Odéi Bilodeau (Adina), Alexandre Sylvestre (Dulcamara), Marc-Antoine d’Aragon (Belcore), and Cloée Morissette (Giannetta).

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classique / opéra

Faculté de musique de l’UdeM : Orphée en Enfer à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

Parmi l’imposante production d’opérettes du compositeur français Jacques Offenbach, l’une se distingue encore aujourd’hui par sa grande popularité : Orphée aux enfers. Parodiant allègrement le mythe d’Orphée, cette œuvre des plus comiques séduit par sa légèreté, ses drôleries, de même que par son célèbre cancan. Deux distributions formées de chanteuses et chanteurs de l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal se partageront les divers rôles, accompagnés de l’Orchestre de l’Université de Montréal sous la direction de Mathieu Lussier. La mise en scène signée par François Racine ramènera l’intrigue dans une boîte de nuit; promettant ainsi une production éclatée et haute en couleur. Découvrez les artistes lyriques de la nouvelle génération sur la scène de la salle Claude-Champagne, et délectez-vous de la joyeuse musique d’Offenbach !

Among the vast output of operettas by French composer Jacques Offenbach, one work remains especially popular today: Orpheus in the Underworld. Cheerfully parodying the myth of Orpheus, this delightfully comic piece charms audiences with its lightness, its humor, and, of course, its famous cancan. Two casts made up of singers from the Université de Montréal Opera Workshop will share the various roles, accompanied by the Université de Montréal Orchestra under the direction of Mathieu Lussier. The staging by François Racine transposes the story to a nightclub, promising a vibrant, colorful, and high-energy production. Discover the next generation of opera artists on the stage of Salle Claude-Champagne, and revel in Offenbach’s exuberant music!

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jazz latin / latino

Ensemble de musique du monde de l’UdM : un bon cru, né dans le froid

par Frédéric Cardin

Chaque fin de session, l’ensemble de musique du monde de l’Université de Montréal, sous la direction de Julian Gutierrez Vinardell, présente le travail des étudiants du programme. Si vous cherchez un bon concert de musique latino (c’est l’expertise de Vinardell) gratuit, avec de respectables performances de salsa, de meringué, de cha-cha-cha et autres rythmes classiques de la musique latine, tout cela fortement teinté de jazz, vous devriez ajouter les concerts de ce groupe à votre agenda. 

Hier soir avait lieu le concert de la fin de session d’automne, avec un Julian Gutierrez Vinardell qui avait pour mission de compenser la noirceur hâtive et le froid frigorifique (hâtif lui aussi!) avec de la bonne humeur, pleine de soleil et de chaleur. Il réussit plutôt bien en la matière le monsieur, jouant l’entertainer efficace, mais heureusement sobre. Les jeunes musiciens (exception faite de deux vétérans supplémentaires à la trompette et aux percussions) ont bien intégré la nature mouvante des rythmes latinos, dans un programme constitué de deux compos de Vinardell, un traditionnel dominicain, plusieurs chansons arrangées pour l’occasion et une version de La valse des lilas de Michel Legrand. 

J’ai remarqué les belles présences de David Gareau à la voix et de Raphaël Labonté-Mathieu au piano. Le premier pour son timbre séduisant, son aisance avec l’espagnol et le legato rythmique latin, le deuxième pour de belles envolées improvisées et jazz. 

Une soirée qui a agréablement réchauffé l’espace vaste et très formel de la salle Claude-Champagne, au demeurant plutôt clairsemée. À ce sujet, je me demande s’il ne serait pas plus intéressant d‘offrir ce genre de concert dans un endroit approprié comme le Balattou, ou la Sala Rossa? L’efficacité, et la proximité des musiciens, décuplent l’efficacité des prestations. 

Quoi qu’il en soit, un autre programme sera donné au mois de mai 2026. J’ai très envie d’y être car j’ai été convaincu. Je vous suggère de tenter le coup également, si ce n’est déjà fait. 

AUTRES PUBLICATIONS PANM360 SUR LE SUJET : 

Entrevue de Vinardell par Frédéric Cardin il y a quelques jours

Entrevue de Vinardell par Michel Labrecque en mai 2025

Recension de l’album De Ti Lo Quiero Todo de Vinardell, sorti en 2024

jazz / jazz latin / orchestre / saxophone

L’âme de Melissa Aldana transperce le Big Band de l’UdeM

par Michel Labrecque

Avec le froid et les cordes de pluie qui tombaient sur Montréal, il fallait un peu de courage pour se rendre à la salle de concert de la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Mais ce n’était pas en vain : le saxophone solaire de la Chilienne Melissa Aldana nous attendait. Avec un Big Band d’étudiants qui semblait chauffé à bloc. La pluie ? Quelle pluie ?

Melissa Aldana s’est attiré beaucoup d’éloges au cours des dernières années pour l’originalité de son jeu et la qualité de ses compositions. « C’est une des meilleures saxophonistes sur la planète », m’a dit João Lenhari, trompettiste, professeur et directeur musical du Big Band lors de notre entrevue. Et par cela, il voulait dire sans distinction du sexe.

Habituellement, Melissa se produit en sextet ou en quintette. Son unique expérience en big band était un projet réalisé avec le Frankfurt Radio Big Band, un projet inspiré par l’artiste mexicaine Frida Kahlo. C’est à une version de ce projet que nous avons eu droit à la Salle Claude Champagne.

João Lenhari l’a déclaré, d’entrée de jeu, dans son français joliment teinté d’accent portugais : reproduire ces compositions de Melissa Aldana arrangées par Jim McNeely était un travail sérieux de complexité qui a exigé beaucoup de répétitions.

Dans l’ensemble, ce concert était à la hauteur. Les kids se sont très bien tirés d’affaires. Ces pièces, qui sont du jazz teinté de latinité, mais de façon très subtile, sont effectivement difficiles à exécuter. Mais, dans l’ensemble, tout coulait. La section rythmique était particulièrement impeccable, de mon  avis de profane, qui écoute beaucoup de musique.

Ce qui est particulièrement chouette dans ce genre de concert, c’est la capacité d’humilité de la « vedette ». Melissa Aldana laissait beaucoup de place aux solos des étudiants, les applaudissait, les encourageait. Je ne sais pas si on trouve ceci dans la musique classique. Il y a eu un moment particulièrement émouvant ou la saxophoniste ténor Maude Gauthier et Melissa Aldana dialoguaient, se donnaient la réplique. Je me demandais à quelle vitesse le cœur de Maude battait. C’est une chance incroyable !

Bref, ce fût une soirée chaleureuse et musicalement excellente. Seul petit bémol : parfois, le Big Band enterrait un peu le saxophone de Melissa, qui est souvent dans des émotions très subtiles. Fort heureusement, elle a pu démontrer tout son talent dans un solo sans accompagnement, où on réalisait l’ampleur de son registre et des nuances.

Je vous recommande donc d’écouter son dernier album Echoes Of The Inner Prophet, pour prendre la mesure de ses talents de saxophoniste et de compositrice.

Le 7 décembre, la Salle Claude Champagne recevra le saxophoniste Bob Minzer, accompagné par le Big Band des diplômés de l’université.

musique contemporaine

Deux anniversaires célébrés avec le génie musical québécois

par Frédéric Cardin

Samedi soir à la salle Claude-Champagne de l’Université de Montréal avait lieu un concert pour célébrer les anniversaires de deux vénérables institutions musicales québécoises : le 60e de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) et le 75e de la Faculté de musique de l’Université de Montréal (UdeM). Confluences contemporaines, c’est le titre du concert, soulignait les nombreux croisements entre les deux organismes. Le programme mettait à l’honneur les différents directeurs musicaux de la SMCQ à travers l’histoire (Serge Garant, Gilles Tremblay, Walter Boudreau, Ana Sokolovic), qui ont tous été également enseignants à l’UdeM. En bonus : une création d’un jeune compositeur, Maxime Daigneault, car il ne faut pas oublier que la mission des deux institutions est aussi d’assurer l’avenir de la musique savante. C’est l’ensemble de la SMCQ, dirigé par Christian Gort, et l’Enseble de musique contemporaine de l’UdeM, dirigé par Jean-Michaël Lavoie, qui se partageaient la scène et les morceaux, parfois en tandem.

LISEZ L’ENTREVUE À PROPOS DE CE CONCERT

Voilà pour le topo général. Le programme a montré la profondeur de la création savante en musique québécoise. Coffre III(a) (Le Cercle Gnostique I {<Incantations IV>}) de Boudreau lançait la soirée avec la marque habituelle du compositeur, ses coloris épatés et son énergie pétillante. Le trio de jeunes UdeMiens, composé de Jérémie Arsenault à la clarinette, Alona Milner au piano et Leîla Saurel au violoncelle, a été impressionnant de qualité technique, de précision et de beauté timbrale. 

Suivait le Quintette de Serge Garant pour flûtes, hautbois/cor anglais, percussions, piano et violoncelle, une vraie merveille de construction en arche, dont la beauté expressive s’appuie sur un sens de la couleur et de la métamorphose thématique exceptionnel. Les Cinq locomotives et quelques animaux d’Ana Sokolovic portent la trace du style efficace de la compositrice montréalaise. Épisodes descriptifs incluant des motifs rythmiques et stylistiques issus du folklore balkanique, entrecoupés d’interventions courtes propulsés par une énergie motrice excitante. Ironiquement, c’est l’œuvre qui a semblé la plus morcelée de la soirée en termes de cohérence sonore, alors que les autres cherchaient plutôt à créer une totalité intégrée, morphique et organique malgré leur pointraitisme omniprésent. N’en reste pas moins que l’écriture de Sokolovic demeure irrésistible. 

Souffle (Champs II) de Gilles Tremblay nous a rappelé à quel point la complexité formelle et intellectuelle des oeuvres du compositeur s’allie également avec une fascinante maîtrise de l’expression et du discours. Le foisonnement de couleurs et l’épatante poésie de cette abstraction séductrice ne cessent d’émouvoir. Du très grand art, comme l’ont rappelé Lavoie et l’Ensemble de l’UdeM. 

J’ai beaucoup apprécié la dernière pièce de la soirée, Sensations : Lueurs du néant de Maxime Daigneault. Cette commande exécutée par le plus grand nombre de musiciens du programme a témoigné de façon assez explicite de la nature du langage contemporain de 2025, face à celui de ses prédécesseurs, essentiellement concentré dans les années 1978 à 1996. La musique de Daigneault est organique, métamorphique dans le sens d’un fluide mouvant ne recelant presque jamais de coupures sonores. Cette fluidité est très représentative de la musique actuelle en création savante, informée probablement par le post-minimalisme et le néo-romantisme. En ce 21e siècle, on cherche à remplir le champ expressif, à le couvrir entièrement. C’est très différent de l’atomisme qui dominait la pensée musicale avant-gardiste et institutionnelle de la deuxième moitié du 20e siècle. 

Daigneault me disait avant le concert que l’idée de cette pièce était de traduire le processus compositionnel qui caractérise sa propre démarche. Au moment d’amorcer l’écriture d’une œuvre, il n’y a rien. Une page blanche, ou plutôt un néant obscur. Puis, à force de chercher, quelques fils lumineux apparaissent, des idées, des intuitions. On tire dessus, on vooit ce qu’on peut faire avec, on les attache ensemble, on finit par transformer les ténèbres en lumière. Sensations : Lueurs du néant est une musique totalitaire, dans le sens d’un accaparement total de l’espace sonore, sans coupures, ou presque. C’est également une musique très fortement expressive, et qui a un impact presque physique sur l’auditeur-trice. En ce qui me concerne, une belle réussite. Pourquoi m’a-t-il alors semblé que les applaudissements étaient un brin trop polis? 

Les musiciens des deux ensembles ont été à la fine pointe des exigences, nombreuses, des partitions. Avec peut-être l’avantage à celui de la SMCQ, qui est aussi le plus expérimenté.

La célébration des deux anniversaires s’est déroulée de façon sobre tout en soulignant l’essence même de leurs missions : favoriser l’épanouissement du génie musical d’ici.

classique / période romantique / post-romantique

Faculté de musique de l’UdeM : Étoiles montantes à la salle Claude-Champagne

par Rédaction PAN M 360

Qu’ils exercent leur talent en composition, en direction d’orchestre, comme solistes ou instrumentistes au sein l’OUM, les étudiants et les étudiantes de la Faculté de musique seront sous les feux de la rampe lors de cette soirée Étoiles montantes!
Eun Jung Park et Igor Alfonzo Martinez Valderrama, étudiants en direction d’orchestre
Julien Régol et Ming-Jing Wong, piano

Whether showcasing their talents in composition, orchestral conducting, as soloists, or as instrumentalists within the Université de Montréal Orchestra, students from the Faculty of Music will take center stage during this Rising Stars! evening.
Eun Jung Park and Igor Alfonzo Martinez Valderrama, conducting students
Julien Régol and Ming-Jing Wong, piano

CE SPECTACLE EST GRATUIT!

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chant lyrique / classique occidental

Festival d’art vocal de Montréal | Un gala où la relève prend la scène

par Alexandre Villemaire

L’aventure touche bientôt à sa fin pour la cohorte 2025 de l’Institut canadien d’art vocal (ICAV). Après quatre semaines de formation, le public a eu droit ce 24 juillet à une présentation lors d’un concert gala d’une partie du travail accompli par les différents stagiaires de l’ICAV, allant des chanteurs et chanteuses aux pianistes accompagnateurs, chefs d’orchestre, et aussi stagiaire en mise en scène, en la personne d’Hélène Rassendren, à qui incombait la tâche de la conceptualisation et de la mise en scène de ce concert.

Évènement incontournable à chaque édition, le gala est une vitrine qui met en valeur les voix dans un cadre festif de ces jeunes artistes lyriques dans différents styles de numéros vocaux. Conséquemment nous avons eu droit à plusieurs tubes du répertoire lyrique, des numéros « chouchous » des mélomanes et de ce type de concert, avec notamment le « Brindisi » extrait de La Traviata, le chœur « Brüderlein und Schwesterlein » de Die Fledermaus et « Make Our Garden Grow » tiré de Candide de Bernstein, pour ne nommer que ceux-ci.

Au niveau de la mise en scène, Rassendren demeure assez conservatrice. Chaque tableau et scène dont sont issus les extraits des arias, duos et numéros d’ensemble sont scénographiquement cohérents et contextualisés brièvement par des interventions faites par elle-même et Marc-Antoine d’Aragon, directeur général de l’institut. Les voix de cette brigade 2025 offrent un bel équilibre vocal sur tous les registres. Celles qui se sont démarquées et qui seront à surveiller sont celles des sopranos Lise Nougier et Marie-Claire Drolet, du baryton Danlie Rae Acebuque, de la mezzo-soprano Oryna Veselovska et du ténor Fletcher Davis. Leurs interventions, tant scénique que vocale, étaient juste engagées et sensibles. Dans le duo « Dunque io son », extrait du Barbier de Séville de Rossini, Acebuque offre un timbre feutré au caractère noble qui se marie avec celui de Marianne Bertrand. Un numéro plus tard, il se transforme en Papageno parfaitement trépignant. Les autres extraits de la Flûte enchantée qui ont suivi nous ont permis, entre autres, d’apprécier les voix de Natasha Henry (Pamina), Yiran Xing (Tamino) et Han Zhenji (Sarastro), Natalie Grimmett (Reine de la Nuit) et Fletcher Davis, précis dans son rôle de Monostatos. Seule basse de cette cohorte, Han Zhengji a livré un Sarastro d’une belle noblesse vocale. Ces scènes nous ont également donné un aperçu de la manière dont elles seront mises en scène dans l’espace de la salle Claude-Champagne lors de la production de l’opéra le dimanche 27 juillet.

Dans le duo entre Zerlina et Don Giovanni « La ci darem la mano » tiré de l’opéra éponyme de Mozart, le séducteur qu’incarnait Han Zhengji tenait plus de la lourdeur de son très juste Sarastro interprété précédemment que d’un. En voulant être trop mielleux – avec une prononciation italienne inégale –, il finit par être trop élastique avec le tempo, créant ainsi un débalancement avec l’orchestre et avec sa collègue Marie-Claire Drolet qui ne peut faire autrement que de s’adapter. Nous avons pu cependant apprécier à sa juste valeur le timbre éclatant et enveloppant de cette dernière dans l’air « Chi bel sogno di Doretta », extrait de La Rondine de Puccini. Seule au centre de la scène, son interprétation reste toute en retenue et en sensibilité avant de se déployer avec force et caractère. Un autre moment particulièrement touchant fut l’interprétation de l’air de Liù extrait de Turandotpar Lise Nougier, d’une grande intensité avec un timbre lumineux.

Le quintette de Carmen de Bizet est toujours un numéro un peu casse-cou à faire, notamment à cause de son rythme haletant. Il ne laisse aucune place à l’erreur tant pour le chef que pour les chanteurs.  Pas de grande déconvenue dans cet énergique ensemble qui a, entre autres, mis de l’avant la Carmen d’Oryna Veselovska.

Mentionnons également le travail du ténor irlandais Graham Cooper dans son interprétation de l’air « Lonely House » de Street Scene de Kurt Weill. Le timbre métallique de sa voix convenait parfaitement aux inflexions plus « jazzy » de cet air. Les chanteurs étaient accompagnés par un petit ensemble de musiciens aguerris composé de Nadia Monczak et Yubin Kim (violons), Brenna Hardy-Kavanagh (alto), Sonya Matoussova (violoncelle), Brandon Lewis (contrebasse), Johanna Silberman (flûte) ainsi que des pianistes stagiaires Vinicus Costa et Avis Yan. Ils étaient dirigés tour à tour par Simon Charrette, Etienne Lemieux-Després, Soojeong Kwon et Ramon Theobald.

En somme, une soirée qui ne s’éloigne pas des sentiers battus au niveau du style et du répertoire, mais qui, comme à chaque édition, permet de découvrir, parfois sous des formes encore un peu brutes, parfois sous des formes plus affinées, les nouvelles voix qui cherchent à fouler les planches des salles de concert et des maisons d’opéra. En attendant de voir lesquels de ces noms seront en haut de l’affiche, le public pourra les découvrir et les entendre une dernière fois dans la production de La Flûte enchantée. Une production qui s’annonce emballante et colorée.

crédit photo : Yifan Zing et Cynthia Turquot

ambient / électronique / expérimental / contemporain / musique acousmatique / noise

Série Ultrasons de l’UdeM | Des sons, de l’art et de la relève

par Alexandre Villemaire

Après une première soirée où l’alignement du programme donnait dans la variété des performances, cette seconde soirée des Ultrasons 2024-2025 du 25 avril, consacrée aux œuvres des étudiant.e.s des programmes de musique numérique de l’Université de Montréal proposait un programme essentiellement acousmatique avec des œuvres sur support. 

Pour l’occasion, l’intérieur de la Salle Claude-Champagne s’est métamorphosé en dôme de haut-parleurs et fut plongé dans le noir, pour permettre une posture et une atmosphère d’écoute optimale. D’emblée il nous faut le souligner, une soirée complète de pièce acousmatique, dont la durée oscille toujours généralement autour une dizaine de minutes, n’est pas nécessairement donnée aux oreilles les plus novices et même pour les plus habituées. On peut facilement se sentir submergé par ce flot continu de sons. Les œuvres qui ont cependant été présentées, bien que conçues sur le même support, avaient toute une personnalité sonore distincte, une griffe bien personnelle. 

C’est la pièce acousmatique de Mikael Meunier-Bisson TG-DM-VAE-01 qui a ouvert la soirée. La pièce prend son titre du processus créatif qui la jalonne, soit un dialogue entre tone generator, drum machine et variational auto-encoder. La matière y est granuleuse, semi-erratique et brute. D’une écologie sonore plus fraîche, Fun2 de Felipe-Emile Francoeur, est, comme son nom l’indique, une exploration stylistique dont les sujets principaux étaient le plaisir et le jeu. On y entendait des sons traités, rappelant la pièce précédente, mais également des éléments plus organiques.

Alexandre Hamel a offert une performance audiovisuelle avec Cagliari MK0, une suite spirituelle d’un projet de lutherie numérique élaboré dans une précédente session. Présent sur scène, le jeune compositeur manipule la matière sonore à l’aide d’un microcontrôleur Daisy Seed. Il n’est pas donné de toujours voir de près la manipulation qui est faite sur la machinerie utilisée. Hamel a démontré une bonne maîtrise de la matière sonore, sans tomber dans les excès ou la perte de contrôle du son, qui aurait saturé nos oreilles.

Lors de l’entracte, le foyer de la salle Claude-Champagne a été le théâtre d’une performance de Z Neto Vinheiras avec sa pièce “here now all over again”.  Le dispositif autour duquel s’était amassée une bonne partie du public comprenait 2 guitares électriques, 2 amplificateurs, une station de no-input et quelques pédales d’effet. Il en résultait une œuvre au rythme ondulatoire et à la pulsation constante dont l’intensité contrôlée par Z Neto Vinheiras variait en intensité, passant d’un grondement sourd à de légères distorsions. 

La deuxième partie nous a donné à voir deux œuvres de vidéomusique. Citons Pieces de Kassandra Picazo, œuvre où la voix humaine est mise à l’honneur dans une superposition d’échantillonnage et Moi. Je. Elle. Est, court métrage expérimental de Gabriela Hébert où la musique venait accompagner de manière plus figurative les différents gestes de la comédienne Amélie Clément dans un environnement sonore plein de tensions.

Vivian Li, que le collègue Alain Brunet a interviewée l’année passée dans le cadre du festival Akousma, a présenté une des pièces les plus complètes au niveau du matériel textural. Baignant dans un son éthéré et cristallin en trame de fond, Sonic Memories, est un baume sensoriel, tout à fait en phase avec l’approche thérapeutique à la musique de la compositrice. Entre Deux Tempêtes de Clément Castaing, « explore les strates mouvantes de la mémoire, de l’introspection et du rêve » en utilisant comme matériau de base des enregistrements de terrains hivernaux et des mémos vocaux de l’enfance du compositeur. Il en ressort une pièce à l’esthétique décalée où les voix sont transformées, échantillonnées pour se fondre dans la nouvelle masse sonore.

Finalement, Brouillard I, pièce acousmatique d’Antonin Gougeon-Moisan mélange savant interventions d’instruments acoustiques enregistrés (piano, saxophone et clarinette basse) avec une esthétique alliant ambiant, noise et électronique dans un flot musical continu. Le traitement est savamment dosé, laissant à chaque texture un temps de développement. Il en ressort une œuvre à la fois onirique, mais aussi, par moment, explosive. Cette pièce d’ailleurs se retrouvera sur un album éponyme à paraître.

Devant une assistance d’au moins une centaine de personnes, les étudiantes ont livré des performances franches et sensibles et ont surtout démontré la maîtrise de la matière sonore qu’il possède et la variété de techniques qu’ils peuvent compter dans leur arsenal pour exprimer leur art. À aucun moment nous ne nous sommes sentis en présence de travaux juvéniles. Au contraire, chacun présentait une histoire, un but, une démarche et une esthétique qu’il nous était possible de discerner. S’il y a bien une chose que les professeurs Myriam Boucher, Dominic Thibault et Nicolas Bernier peuvent se dire, c’est qu’il y a de la relève dans le milieu. Et elle est belle et bonne.

crédit photo : Nina Gibelin Souchon

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classique occidental

Université de Montréal : une relève placée sous de bonnes étoiles

par Frédéric Cardin

Samedi soir, le 12 avril, avait lieu le concert des Étoiles montantes de l’Université de Montréal. Des finissants en direction d’orchestre, en composition et interprétation (flûtes) ont présenté le résultat d’années d’apprentissage. Celui-ci est inspirant.

La cheffe Marie-France Mathieu a commencé par présenter les trois premières pièces au programme, des créations de trois étudiants en composition, Gabriel José Melim Schwarz, Amichai Ben Shalev et Charles-Vincent Lemelin. Schwarz a offert une pièce néo-romantique tonale et plutôt solaire, ironiquement intitulée Folle. Vibrante d’énergie inspirée du Brésil natal de Schwarz, il s’agit d’une œuvre agréable à écouter, peu exigeante pour l’auditeur. 

Suivait A Groyse Metzieh de Ben Shalev, musicien que l’on connaît également pour faire partie de l’ensemble Les Arrivants. Le titre signifie ‘’une belle trouvaille’’, qui est en vérité une formule sarcastique typique de l’humour juif et qui veut dire ‘’pas grand-chose’’. J’ai beaucoup aimé cette pièce post-moderne qui mélange tonalité et avant-gardisme bruitiste, grâce à une large palette de techniques instrumentales liées à l’expérimentation. Ça commence dans une atmosphère sombre avec un thème chaleureux aux cordes, vite parcouru de saillies colorées que n’aurait pas déplues à Messiaen. Le reste avance lentement mais sûrement vers une saturation ponctuée de stridences tonitruantes avant de se terminer dans un retour à la consonance, mais avec le chœur des cuivres. Superbe.

Finalement, la Passacaille de Lemelin m’a fait le plus grand effet. Dans cette pièce qui traite l’orchestre comme une masse vivante, sombre mais néanmoins parcourue de nombreuses stries lumineuses, et qui se gonfle graduellement jusqu’à sa densité sonore et harmonique maximales, j’ai perçu des échos de Saariaho, de Rautavaaraa, mais aussi d’un certain monumentalisme Straussien et de l’expressionnisme musclé de l’ex-Hollywoodien Goldenthal. Passacaille est une démonstration de puissance tranquille, parfaitement calibrée et construite. Votre humble chroniqueur a grandement apprécié.

Le reste du programme faisait place à du répertoire Romantique, à commencer par un charmant Concerto pour deux flûtes de Franz Doppler, le roi de la flûte (avec son frère) au 19e siècle. C’était l’occasion de voir et entendre à l’oeuvre deux jeunes interprètes lauréats du 3e prix au Concours de Concerto de l’OUM 2024, Gabriel Lapointe Guay et Sarah Billet. Les deux artistes ont insufflé toute la pétillance voulue dans cette musique souriante et bienfaisante. 

La deuxième partie était consacrée à l’Ouverture Manfred de Schumann et à la Suite (1919) de l’Oiseau de feu de Stravinsky. C’était surtout l’occasion de juger du travail de direction de Marie-France Mathieu et de Paul Karekezi. C’est ce dernier qui nous a donné une Manfred pleine de drame, habitée par une nécessaire décharge d’émotions conflictuelles. Peut-être un peu tempérée, mais bellement incarnée. 

L’Oiseau de feu a été animé de très belles couleurs et de détails cristallins soulignés avec force par la cheffe Mathieu. 

Puisque les deux jeunes artistes en direction ont également mené l’OUM (Orchestre de l’Université de Montréal) dans les créations citées précédemment, j’ai pu remarquer deux personnalités de battue et de contrôle différentes mais complémentaires. 

Paul Karekazi, qui dirigeait la Passacaille de Lemelin (et comme je viens de le dire, Manfred), a témoigné d’une direction claire, certes, mais surtout imprégnée d’intensité émotionnelle et de force intérieure. Celles-ci favorisent des nuances appuyées et un legato empreint de lyrisme senti.

Marie-France Mathieu quant à elle, plus sobre dans ses épanchements, sait toutefois faire habilement ressortir les coloris détaillés et les contrastes texturaux de manière limpide grâce à une battue chirurgicale qui ne laisse planer aucun doute. Elle a très bien mené les pièces de Schwarz et ben Shalev, le Doppler (et bien sûr le Stravinsky). 

Soulignons que Karekazi et Mathieu sont des étudiants de Paolo Bellomia, les deux flûtistes proviennent de la classe de Denis Bluteau, et les trois compositeurs profitent du savoir de Jimmie Leblanc, Ana Sokolovic, François-Hugues Leclair et Olivier Alary. 

Ce fut une très belle soirée pour l’avenir de la musique à Montréal, au Québec et au Canada.

crédit photo: Tiago Curado

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