baroque / classique

Arion Orchestre Baroque : Le retour du Roi à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Après une dizaine d’années de révolution en quête de démocratie et près de quinze ans passés sous la poigne impériale de Napoléon, une France épuisée accueille de nouveau, dans une allégresse désabusée, les Bourbons sur le trône. Ce retour du roi Louis XVIII, frère du malheureux Louis XVI, devient prétexte à des célébrations dont la musique reste, de nos jours, à peu près inconnue. À la tête des Jacobins, un ensemble à vents historiques, Mathieu Lussier nous propose une incursion dans la vie musicale parisienne lors de cette époque fascinante.

After a decade or so of revolution in pursuit of democracy followed by nearly fifteen years under Napoleon’s imperial rule, an exhausted France welcomed the Bourbons back to the throne with a sense of disillusioned joy. The return of King Louis XVIII, brother of the ill-fated Louis XVI, served as a pretext for celebrations the music of which remains virtually unknown today. Leading the Jacobins, a historical wind ensemble, Mathieu Lussier offers us a glimpse into Parisian musical life during this fascinating era.

Programme

Œuvres de François-Adrien Boieldieu, François-Joseph Gossec, Louis-Ferdinand Hérold, Étienne-Nicolas Méhul, Hélène de Montgeroult et leurs contemporains

Program

Works by François-Adrien Boieldieu, François-Joseph Gossec, Louis-Ferdinand Hérold, Étienne-Nicolas Méhul, Hélène de Montgeroult and their contemporaries

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baroque / classique

Concerto Italiano à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Le réputé Concerto Italiano est de passage à la Salle Bourgie avec un programme consacré à de passionnantes transcriptions d’œuvres pour clavier de J. S. Bach.

The celebrated Concerto Italiano visits Bourgie Hall with a captivating program dedicated to transcriptions of J. S. Bach’s keyboard pieces.

Programme

BACH
Suite pour orchestre no 3 en ré majeur, BWV 1068 : Ouverture
Passacaille et fugue en ré mineur (transcr. R. Alessandrini d’après la Passacaille et fugue en do mineur, BWV 582)
Concerto en sol majeur (transcr. R. Alessandrini d’après la Toccata pour clavecin, BWV 916)
Ouverture française, BWV 831 (transcr. R. Alessandrini d’après l’original pour clavecin)

Program

BACH
Overture, from the Orchestral Suite No. 3 in D major, BWV 1068
Passacaglia and Fugue in D minor (transcr. R. Alessandrini after the Passacaglia and Fugue in C minor, BWV 582)
Concerto in G major (transcr. R. Alessandrini after the Toccata for Harpsichord, BWV 916)
Overture in the French Style, BWV 831 (transcr. R. Alessandrini after the original for harpsichord)

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classique / musique de chambre / période romantique

Trio Fibonacci – Voyage en Europe de l’Est à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Entre terre et ciel, tradition et contemplation, traversez les paysages sonores de l’Est européen! Au programme : le romantisme russe et les accents populaires de Borodin côtoient l’héritage slave teinté de modernité parisienne de Martinů. Tandis que le langage de silences et de lumière intérieure de Pärt résonne avec celui fragile et incandescent de Vasks dans une même dimension spirituelle. Du souffle romantique à la contemplation mystique, ce voyage révèle une Europe de l’Est plurielle, contrastée et profondément inspirée.

Between earth and sky, tradition and contemplation, travel through the soundscapes of Eastern Europe. On the program: the Russian Romanticism and folk-inflected accents of Borodin alongside Martinů’s Slavic heritage tinged with Parisian modernity. The language of silence and inner light in Pärt resonates with the fragile, incandescent voice of Vasks in a shared spiritual dimension. From Romantic sweep to mystical contemplation, this journey reveals a multifaceted, contrasting, and profoundly inspired Eastern Europe.

Programme

Alexander BORODIN Trio pour piano n°2 en ré majeur (1880–1881)
Bohuslav MARTINU Trio pour piano n°1, H. 229 (1927)
Arvo PÄRT Mozart-Adagio (1992)
Pēteris VASKS Lonely Angel (2020)

Program

Alexander BORODIN Piano Trio No. 2 in D major (1880–1881)
Bohuslav MARTINU Piano Trio No. 1, H. 229 (1927)
Arvo PÄRT Mozart-Adagio (1992)
Pēteris VASKS Lonely Angel (2020)

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musique contemporaine

Molinari-Mondrian : excellente rencontre des yeux, des oreilles, du Québec et des Pays-Bas

par Frédéric Cardin

C’était un maudit bon show. Non, ce n’est pas à la sortie du Centre Bell ou du Metropolis que moi-même et mes estimés collègues PanMistes (Alain Brunet et Michel Rondeau) avons exprimé ensemble cette réflexion spontanée. C’était après un concert du Quatuor Molinari à la salle Bourgie. Un programme intelligemment rodé, composé d’oeuvres contemporaines de très haut niveau, aussi agréables à écouter qu’elles sont exigeantes. Une exigence qui récompense au centuple les musicophiles qui plongent dans l’aventure. 

Le concept était porté par l’esprit d’une rencontre entre le Québec et les Pays-Bas. D’abord par la musique, avec deux compositeurs québécois (John Rea et Denis Gougeon) et deux néerlandais (Wilbert Bulsink et Guus Janssen), lesquels, à parts égales aussi se partageaient une création et une interprétation d’une pièce existante. La rencontre se faisait également à travers l’univers pictural des deux géants respectifs que sont Guido Molinari au Québec et Piet Mondrian aux Pays-Bas. Finalement, pour boucler la boucle de ce regard transversal, des projections vidéo inspirées de tableaux des deux maîtres (entre autres) accompagnaient le jeu des quatre membres du Quatuor montréalais. 

Le programme s’est amorcé avec Objets perdus de John Rea (né en 1944), une pièce de 1991 et que je n’avais pas entendue depuis belle lurette. En la réécoutant sous les doigts experts des Molinari, je me suis rendu compte à quel point cette musique avait bien vieilli. Ses pulsations fourmillantes, survolées de temps à autre par des lignes amples et lyriques, son ancrage tonal (élargi), son expressivité franche, tout cela sonne comme de la bonne musique dite ‘’post-moderne’’ actuelle, celle qui dit retourner à des formes et principes classiques et sortir du cadre idéologique de l’avant-garde stricte. Ainsi, Objets perdus était (et est toujours) une partition plus pertinente que beaucoup de pièces expérimentales et rigidement abstraites écrites à la même époque. L’accompagnement visuel, construit par le vidéaste Udo Prinsen n’a pas démontré des connexions pertinentes au langage musical de Rea. Du moins en ce qui me concerne. Heureusement, les suivantes allaient être plus inspirées (j’y reviendrai). 

La création suivante était celle de Wilbert Bulsink (né en 1983), compositeur apparemment assez bien réputé dans son pays, et ailleurs en Europe, mais méconnu ici. Son Quatuor à cordes no 2 s’inspire de quatre tableaux de Guido Molinari : Serial, un titre de la série Continuum, Collage et un tableau issu de sa période expressionniste ou il peignait dans le noir, sans recours visuel (le titre n’est pas précisé). La musique de Bulsink est informée structurellement par la picturalité de Molinari. Dans le cas de Serial, les bandes verticales colorées, nettement découpées, sont illustrées musicalement par des motifs/textures/expressions sonores fortement contrastées, juxtaposées sans aucune transition. Ces opposés coupés au couteau se côtoient d’abord sans se mélanger, mais vers la fin, une sorte de rapport holistique est perceptible, comme si, après avoir observé chaque monade de couleur verticale, l’observateur pouvait enfin appréhender du regard l’oeuvre complète. Continuum est un tableau habité par un foisonnement de petits carreaux chromatiques, dans un canevas carré basculé d’un quart, de sorte que le cadre apparaît sur sa pointe plutôt que sa base droite. L’impression est plutôt celle d’un entrecroisement de teintes. En musique, Bulsink construit une partition plus intégrée, dans des contrastes moins violents, qui s’entrelacent avec plus de naturel. Collage fait référence a la technique des bribes de matériaux réunis par Molinari dans des compositions charpentées par du masking tape. Bulsink reprend des bribes des deux premiers mouvements et les assemble de manière plus cohérente que ce qu’on en attend. Finalement, …dans le noir est inspiré des expériences de Molinari avec la peinture automatique, réalisée dans le noir, donc sans recours visuel. Afin de créer une équivalence en musique, Bulsink a demandé aux interprètes de Quatuor Molinari de se couvrir de casques anti-bruits, du type de ceux qu’on utilise sur les chantiers de construction. Ainsi, les musiciens ne peuvent entendre leurs voisins, et même difficilement ce qu’ils jouent eux-mêmes. Ajoutez à cela une partition basée sur des sections pouvant être jouées aléatoirement par l’interprète et vous avez là une pièce qu’il sera presque  impossible de réentendre deux fois de la même façon. L’écriture de Bulsink a heureusement évité la bouillie cacophonique en assurant des gestes et interventions de chaque musicien faits de douceur, de subtilité et de délicatesse parfois arachnéenne. Derrière la musique, les projections de Prinsen étaient cette fois logiquement symbiotiques avec les notes. Prinsen ne s’est pas contenté de montrer les tableaux correspondants (ce qui aurait été, ma foi, assez banal), mais il en a transformé la nature en l’imprégnation d’un dynamisme rythmique et mouvant sachant appuyer le propos musical.

Suivait une œuvre de 1981 de Guus Janssen (né en 1951), le Quatuor à cordes no 2 ‘’Streepjes’’, qui veut dire bandes (ou stripes en anglais). L’astuce de Janssen dans ce quatuor tout en finesse est d’avoir demandé à chaque cordiste de désaccorder une des cordes de son instrument et de la régler de façon à permettre l’utilisation d’une tonalité naturelle, ou ce qu’on appelle l’intonation juste. En résulte une pièce formellement atonale, mais qui semble flotter doucement sur des harmonies aérées, agréablement ventilées, peu astreintes aux dissonances rugueuses. L’utilisation de pulsations bondissantes mais jamais pesamment appuyées achève de dessiner le caractère plutôt agréable (même si tout de même exigeant) de ce Quatuor maîtrisé avec beaucoup de grâce et de précision par les Molinari. Les projections de très fines lignes lumineuses en couleurs pastels, de Prinsen, côtoyaient habilement, ici encore, le propos musical. 

Pour terminer, c’est le compositeur québécois Denis Gougeon qui rendait la pareille à Wilbert Bulsink en s’inspirant d’un peintre néerlandais, le plus connu de tous, et l’un des plus populaires au monde, Piet Mondrian. Vaste défi, car comment traduire les lignes colorées, géométriques, si emblématiques de l’artiste? Gougeon, avec bonheur, n’a pas cherché à faire de la réflection mimétique d’une structure visuelle abstraite. Il a plutôt laissé parler une certaine émotion. C’est d’ailleurs ce qu’il fait de mieux. Le premier des trois mouvements est inspiré de Soir, Arbre Rouge, un des premiers tableaux de Mondrian, avant sa période abstraite. Un arbre rouge sur fond bleu profond stimule ainsi le Québécois dans une pièce organique, qui naît dans une obscurité veloutée, frémissante de glissandos serpentins, autant de racines qui s’étendent dans le secret de la terre. L’ensemble progresse lentement vers la lumière, laissant se déployer des branches qui semblent s’épancher vers le ciel. Magnifique, avec un plus une fort jolie construction visuelle de prinsen, qui révèle l’arbre petit à petit. 

Composition avec grand plan rouge, jaune, noir, gris et bleu, le deuxième mouvement pénètre enfin dans le monde géométrique de Mondrian, celui que l’on connaît si bien. Ici, la musique se fait plus dense, pleine et charnue, bien que rutilante. Elle est aussi animée d’une énergie vibrante qui se marie aptement avec la création visuelle de Prinsen, qui nous fait entrer dans le tableau, qui se révèle dans une tridimensionnalité tourbillonnante. Imaginez que vous avez une image avec de multiples points, ou carrés/rectangles, et que vous découvrez qu’en vérité, ce sont les sommets de gratte-ciels d’une grande ville. Imaginez alors tout ce que vous y verrez d’étonnant en descendant au niveau de ses rues.

Finalement, Gougeon conclut son parcours avec un bang excitant : Broadway Boogie Woogie. Ce tableau, peut-être le plus célèbre de tous ceux de Mondrian, est une invitation a de la musique swinguante, invitation que n’a pas refusée le Québécois. Celui-ci utilise comme matériau de base une pièce pour piano de Albert Ammons, Stomp (1939), dont les syncopes jazzées évoquent parfaitement, bien entendu, le New York tonifiant du quartier des comédies musicales dans les années 1930-40. Gougeon cite son matériau dès le départ, mais le transforme brillamment, lui faisant faire des détours imprévus et excentriques, comme dans un taxi jaune conduit par un fou du volant qui veut en mettre plein la vue. La mélodie déhanchée de Ammons revient à la fin, comme pour appuyer pour de bon le propos, mais finit par s’éteindre doucement. Une finale passionnante et appropriée. 

Chapeau aux quatres membres du Quatuor Molinari, ainsi qu’aux compositeurs présents et au vidéaste Udo Prinsen. C’était un maudit bon show. 

période classique

Arion : Cendrillon s’amuse et déploie sa magie

par Frédéric Cardin

Une vraie pépite que cette Cendrillon de Niccolo Isouard, créée en 1810 à l’Opéra-Comique. Après avoir savouré la présentation d’hier soir à la salle Bourgie, par un orchestre Arion dans une belle forme, dirigé vivement par Mathieu Lussier, et soutenant des performances souvent magistrales des solistes en présence, on comprend pourquoi cette oeuvre pleine de vie a séduit le public européen pendant une bonne partie du 19e siècle avant d’être malheureusement reléguée aux ombres de l’histoire par la version de Massenet (1899), et celle de Rossini (La Cenerentola), plus populaires de nos jours sur les scènes lyriques. Il faut dire que cette Cendrillon a une forme qui a elle-même passablement disparue, celle d’une alternance entre chant et dialogues parlés. N’empêche, quand on a entendu un aréopage aussi efficace que celui assemblés par les producteurs de cette itération en grande partie québécoise, on se plaît à imaginer un retour beaucoup plus assidu de ce genre de spectacles. Du moins de notre côté de l’Atlantique, car en Europe, c’est évidemment moins rare. M’enfin, comme dirait Gaston…

Si vous souhaitez en savoir beaucoup plus sur cette Cendrillon d’Isouard, et sur le compositeur lui-même, lisez l’entrevue que j’ai réalisée avec Alexandre Dratwicki, Directeur artistique du Palazzetto Bru Zane – Centre de musique française, qui a étroitement collaboré à cette production. 

ENTREVUE AVEC ALEXANDRE DRATWICKI

Cendrillon était présentée dans une mise en espace signée Julien Patenaude, qui jouait également le rôle du Baron Montefiascone, le méchant beau-père de Cendrillon, et père des deux exécrables demie soeurs. Des mouvements simples mais efficaces, et de menus détails scéniques pour camper les lieux : un foyer pour le château du Baron (ou vit Cendrillon) et des fleurs au sol pour l’épisode au Palais du Roi. Mais surtout, quelques projections sur le mur du fond franchement drôlatiques et adaptées au contexte local. Par exemple, à la fin du premier acte, quand le carrosse du Roi transporte les demie soeurs vers le Palais, et que cela mène à l’entracte, une image du centre-ville de Montréal avec un château digne de Walt Disney plus loin derrière, bordé par un bouchon de circulation, nous indique que le convoi aura une vingtaine de minutes de retard car il est pris sur Décarie. J’ai bien ri. 

Dès l’Ouverture, le ton était donné : Arion est en forme, en particulier Simon Poirier, le cor solo, qui lance une efficace mélodie qu’on ré-entendra plus tard, accompagné par la harpe en dentelle d’Antoine Malette-Chénier. Une partition redoutable pour un cuivre déjà difficile à contrôler, qui plus est ici dans son format ‘’naturel’’, c’est-à-dire sans valves. Tout se fait avec la bouche et la main dans le pavillon. Poirier s’en est sorti avec panache, même si quelques notes étaient trop ‘’bouchées’’ par ladite main dans le pavillon. N’empêche, respect. On savait donc, dès ce moment, que la qualité musicale (instrumentale) allait être au rendez-vous. On a également compris que l’attitude générale allait être bon enfant, avec les projections amusantes accompagnant ces initiales minutes occupées uniquement par l’orchestre. Une autre bonne idée de Julien Patenaude : les personnages sont présentés de façon ironique. Par exemple : Clorinde, occupation : détestable sœur. Alias : Florie Valiquette. Et ainsi de suite. Réussi. 

On est finalement convaincu pour de bon avec l’arrivée des solistes. Ils et elles sont tous bons, vocalement, en plus de jouer avec beaucoup de justesse. Les personnages sont certes caricaturaux, mais pas sur-écrits. Emma Fekete est une Cendrillon adéquatement authentique et bienveillante, Son soprano limpide, léger mais avec assez de chair, lui donne le timbre parfait pour le rôle, celui d’une jeune fille normale, simple et altruiste. Les deux méchantes sœurs sont délicieusement détestables. Elles ont les passages les plus stratosphériques, dans lesquels elles doivent virevolter comme des colibris énervés. Florie Valiquette (Clorinde) et Magali Simard-Galdès (Tisbé) semblent savourer pleinement leurs rôles, en leur imprimant une condescendance méprisable (envers Cendrillon et les ‘’inférieurs’’ en général) autant qu’une obséquiosité dégoulinante de mauvaise foi devant celui qu’elles pensent être le Roi (mais en réalité, un simple valet). Simard-Galdès s’est surpassée dans le Boléro de l’Acte II où elle tente de séduire le (faux) Roi, sur une musique et avec un bagout qui évoque, 65 ans d’avance, une certaine Carmen..

Cyrille Dubois est le grand nom de cette production, et il ne déçoit pas. Son ténor léger mais puissant lui permet d’incarner un Prince Ramir candide mais sincère et aimable. Laurent Deleuil est un efficient Alidor, Ministre et un peu Magicien du Roi, mais, à mon avis, c’est Dominique Côté qui vole la partie côté masculin, même s’il chante peu (et quand il le fait, on apprécie son baryton chaleureux). C’est surtout dans son jeu truculent de Dandini, le valet qui se fait passer pour le Roi, qu’il excelle et épate. Il est aussi le seul à (presque) jouer son rôle sans texte d’appui. Dès sa première apparition, on était attaché. Il se dandine, il fanfaronne, il fait de l’oeil au deux soeurs (qui le prennent pour le Roi) avec une délectation non feinte, et avec sa chemise déboutonnée, fait absolument penser à un mononc quétaine à qui on a donné 24 heures pour réaliser tous ses rêves. Fabuleux. 

Les épisodes choraux, de très belle teneur, sont assurés solidement par le Choeur Éphémère.

On notera un détail technique à améliorer : les surtitres, qui sont en vérité des ‘’arrières titres’’ (projetés sur le mur du fond) sont quasiment illisibles si on se trouve dans la moitié avant de la salle, car les chanteurs et leurs lutrins les cachent en bonne partie. On pourrait les monter plus haut…

Cela dit, cette production mérite d’être saluée pour son immense qualité. Les mêmes protagonistes feront d’ailleurs un enregistrement pour ATMA Classique, une initiative qui risque de devenir une version de référence, car il n’existe pas de compétition valable à l’heure actuelle. Un enregistrement de 1998 sous étiquette Olympia, dirigé par Richard Bonynge devant des forces moscovites, est devenu introuvable, en plus de souffrir d’une prise de son bas-de-gamme, typique de productions de l’ère soviétique (même si l’URSS était alors décédée). Une autre version, plus récente (2018), est disponible chez Albany, et menée par la Manhattan School of Music Opera Theater. Je l’ai écoutée, et si les solistes témoignent de belles aptitudes, l’orchestre n’est tout simplement pas à la même hauteur que Arion. 

Une autre représentation est donnée dimanche à 14h30. Si vous lisez ceci dimanche matin, il vous reste une chance de déguster ce trésor non seulement caché, mais déterré et ressuscité ici avec brio. 

Amenez-en d’autres comme ça. Longue vie à cette collaboration entre Arion et le Palazzetto Bru Zane. 

classique / musique de chambre / période romantique

OSM : D’un quatuor à l’autre

par Rédaction PAN M 360

À seize ans, Schubert signe un Quatuor plein d’élan, héritage de ses concerts familiaux. Debussy, quant à lui, apporte à son unique Quatuor des harmonies inédites et un lumineux jeu de couleurs sonores. Avec Dreams, Ian Cusson offre une musique évocatrice inspirée d’un film japonais, où chaque mouvement déploie son propre imaginaire. Concert de musique de chambre

At sixteen, Schubert composed a quartet brimming with youthful energy, a legacy of his family concerts. Debussy, in turn, infused his only quartet with bold harmonies and a luminous play of tonal colors. With Dreams, Ian Cusson offers evocative music inspired by a Japanese film, where each movement unfolds its own imaginative world. Music chamber concert

Programme

Franz Schubert, Quatuor à cordes nᵒ10 en mi bémol majeur, D.87
Ian Cusson, Yume (Dreams) pour quatuor à cordes
Claude Debussy, Quatuor à cordes en sol mineur, op.10

Program

Franz Schubert, String Quartet no. 10 in E-flat major, D. 87
Ian Cusson, Yume (Dreams) for String Quartet
Claude Debussy, String Quartet in G minor, op. 10

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Ce contenu provient de l’Orchestre symphonique de Montréal et est adapté par PAN M 360

Chanson francophone / chant lyrique / classique occidental

Mots de Gilles Vigneault, musique de Simon Leclerc: grand moment d’émotion à Bourgie

par Julie Thériault

Moment historique de poésie à la salle Bourgie. Notre Vigneault national accueilli par une chaleureuse ovation, avant même que le concert ne commence…

Cette coproduction entre la salle Bourgie et le Festival international de la littérature (FIL) qui mettait en musique des poèmes de Gilles Vigneault n’a visiblement laissé personne indifférent samedi après-midi… Tous étaient en communion dans cette magnifique église transformée en salle de concert. À quelques jours des élections, nous contemplions notre riche patrimoine, toustes ensemble…

« Sentiers intérieurs », projet inspiré par la présentation des lieder de Schubert à la salle Bourgie (échelonnée sur plusieurs années comme ce fut le cas, sous la direction d’Isolde Lagacé, pour les cantates de Bach), visait à créer un cycle de lieder sur des textes de notre grand poète. Olivier Godin, directeur artistique de la salle Bourgie, se remet au piano à notre grand bonheur pour cette occasion et offre la titanesque commande de composition à nul autre que Simon Leclerc. 

Érudit du monde de la musique, (ex-petit chanteur du Mont-Royal, compositeur de musiques de film, de comédies musicales, chef d’orchestre, choriste (pour Céline Dion!), cerveau arrangeur d’Harmonium symphonique et, plus récemment, une version lyrique de Notre-Dame de Paris, réalisateur pour des artistes du monde entier, et j’en passe), Simon Leclerc a su déployer pour l’occasion un langage très personnel, sorte d’amalgame de styles, nourri par sa vaste expérience. Habitué aux concerts à grand déploiement, il semble néanmoins s’être régalé de cette formule plus intimiste , plus dénudée, qu’offre le piano et la voix. 

Ce cycle inédit, brillamment interprété par un duo de complices, incarné par Olivier Godin (piano) et Hugo Laporte (baryton), nous révèle, avec sa riche écriture, de nouvelles facettes des textes de Vigneault. Parfois déchirés entre la richesse de la musique et la beauté des textes (beau problème!), on aura particulièrement apprécié certains lieder comme Les menteurs et Funambule où le mariage musique/texte semblait particulièrement heureux, ou encore L’écolier, plus théâtral, qui a bien amusé un public immédiatement séduit!

La dernière chanson intitulée Après bouclait parfaitement le cycle, réussite d’un compositeur mature, d’une musique merveilleusement jouée et chantée d’où émanait nostalgie, grandeur, une certaine tristesse même. 

Et que dire des derniers mots de Vigneault projetés à l’écran (comme l’ensemble des textes) à l’aube de ses 98 ans : « de n’être qu’une horloge à moudre le passé… »

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baroque / classique

Arion Orchestre Baroque : Actéon, Didon et Énée à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Par la fenêtre de son palais de Carthage, Didon aperçoit les collines couvertes d’oliviers descendant vers le port où scintillent les proues des navires phéniciens. Abandonnée par Énée, elle entonne un déchirant lamento qui continue de faire frémir plus de 300 ans après la naissance de l’opéra de Purcell. Celui-ci est présenté dans une version concert aux côtés d’une autre tragédie, Actéon de Charpentier. Offrant un miroir fascinant entre la France et l’Angleterre baroques, ce programme réunit deux joyaux du théâtre musical du XVIIᵉ siècle sous la direction d’Andrew McAnerney.

From the window of her palace in Carthage, Dido sees the hills covered with olive trees sloping down to the harbour, where the prows of Phoenician ships glint in the sunlight. Abandoned by Aeneas, she sings a heartrending lament that continues to move audiences more than 300 years after Purcell’s opera was born. It is presented here in a concert version alongside another tragedy, Charpentier’s Actéon. Offering a fascinating reflection between Baroque France and England, this program brings together two jewels of 17th-century musical theatre under the direction of Andrew McAnerney.

Program/program

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) Actéon, H. 481
Henry Purcell (1659-1695) Dido and Aeneas, Z. 626

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classique / Piano

Arion Orchestre Baroque : Beethoven, les portes du romantisme à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Au-delà d’une démonstration de virtuosité et de jeux sonores, les concertos pour piano de Beethoven sont de véritables journaux intimes dans lesquels celui-ci s’abandonne dans un dialogue avec un orchestre qui prend de nouvelles proportions. Élisabeth Pion et Arion sous la direction de Mathieu Lussier présentent les 3ᵉ et 5ᵉ concertos, encadrés de la dramatique ouverture Coriolan de Beethoven ainsi que d’une ouverture inédite de l’opéra-comique La Méprise de la Française Sophie Gail, contemporaine de ce dernier.

Beyond a display of virtuosity and soundscapes, Beethoven’s piano concertos are intimate diaries in which he immerses himself in a dialogue with an orchestra that takes on new proportions. Élisabeth Pion and Arion, conducted by Mathieu Lussier, present the 3rd and 5th concertos, framed by Beethoven’s dramatic Coriolan Overture as well as a hitherto unpublished overture from the comic opera La Méprise by the French composer Sophie Gail, a contemporary of Beethoven.

Programme

Ludwig van Beethoven (1770 – 1827)
Coriolan, op. 62
Concerto pour piano nº 3 en do mineur, op. 37
Concerto pour piano nº 5 en mi bémol majeur, op. 73 « L’Empereur »
Sophie Gail (1775 – 1819)
La Méprise (Ouverture)*
*Éditions musicales Palazzetto Bru Zane

Program

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Coriolan, op. 62
Piano Concerto No. 3 in C minor, op. 37
Piano Concerto No. 5 in E-flat Major, op. 73 “Emperor”
Sophie Gail (1775-1819)
La Sérénade* – Overture
*Orchestral material provided by Palazzetto Bru Zane Editionsç

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classique / période romantique / Piano

Le piano symphonique de Florian Noack à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Lauréat de nombreux prix internationaux, le pianiste belge Florian Noack est reconnu pour son affinité avec le répertoire russe ainsi que ses transcriptions virtuoses du répertoire orchestral. Pour ses débuts montréalais, il nous en propose deux, aux côtés de grandes pages de Schumann et de Scriabine.

International award-winning Belgian pianist Florian Noack is well-known for his affinity for Russian repertoire and virtuoso transcriptions of orchestral works. He presents two of these transcriptions for his Montréal début, paired with masterpieces by Schumann and Scriabin.

Programme

J. S. BACH Concerto pour quatre clavecins en la mineur, BWV 1065 (arr. F. Noack)
R. SCHUMANN Kreisleriana, op. 16
SCRIABINE 
Sonate no 2 en sol dièse mineur, op. 19, « Sonate-Fantaisie »
Sonate no 4 en fa dièse majeur, op. 30
TCHAÏKOVSKI Roméo et Juliette, TH 42 (transcr. F. Noack)

Program

J. S. BACH Concerto for four Harpsichords in A minor, BWV 1065 (arr. F. Noack)
R. SCHUMANN Kreisleriana, Op. 16
SCRIABIN
Piano Sonata No. 2 in G-sharp minor, Op. 19, “Sonata-Fantasy”
Piano Sonata No. 4 in F-sharp major, Op. 30
TCHAIKOVSKY Romeo and Juliet, TH 42 (transcr. F. Noack)

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chant lyrique / classique / Multidisciplinaire

Festival TransAmériques : U. (un canto) à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

U. (un canto) est un concert-performance imaginé par Alessandro Sciarroni. Sept chanteurs a cappella interprètent un répertoire italien composé entre 1968 et 2019, mêlant voix, silences et déplacement vers le public. Ces chants évoquent nature, temps, sacré et fragilité de l’existence, tout en transmettant une mémoire vivante. La dramaturgie musicale de U. s’articule autour des figures des compositeurs Renzo Bertoldo, Piercarlo Gatti, Bepi de Marzi, Angelo Mazza et Giorgio Susana. Formé aux arts plastiques, Alessandro Sciarroni crée depuis 2007 des œuvres à la croisée des disciplines. Lauréat du Lion d’Or à Venise en 2019, il est reconnu internationalement.

U. (un canto) is a concert-performance conceived by Alessandro Sciarroni. Seven a cappella singers perform Italian repertoire composed between 1968 and 2019, combining voices and silence while advancing towards the audience. These songs evoke nature, time, the sacred, and the fragility of existence, while conveying a living memory. The musical dramaturgy of U. is structured around the work of composers Renzo Bertoldo, Piercarlo Gatti, Bepi de Marzi, Angelo Mazza, and Giorgio Susana. Trained in visual arts, Alessandro Sciarroni has been creating interdisciplinary works since 2007. This internationally recognized artist received the Golden Lion in Venice in 2019.

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baroque / classique

Arion Orchestre Baroque : Les quatre saisons à la salle Bourgie

par Rédaction PAN M 360

Si Les quatre saisons de Vivaldi, œuvres oubliées pendant plus de deux siècles, sont aujourd’hui parmi les pages les plus appréciées du répertoire baroque, c’est parce qu’elles sont bien plus que des concertos pour violon. Illustrant en musique la morsure du froid, la chaleur accablante du soleil d’été ou encore le pépiement des oiseaux au printemps, ces œuvres sont depuis plus de 300 ans les bandes sonores de nos vies ! Sous l’archet de la brillante violoniste suisse Leila Schayegh que l’on retrouvera à la direction d’Arion, et assortie d’œuvres vocales de Vivaldi et de Bembo livrées par l’admirable soprano québécoise Sophie Naubert, cette présentation promet tout un carrousel d’émotions et de contrastes.

If Vivaldi’s Four Seasons—works forgotten for over two centuries—are today among the most beloved pieces in the Baroque repertoire, it is because they are far more than just violin concertos. Depicting the biting cold, the oppressive heat of the summer sun, or the chirping of birds in spring, these works have become the soundtracks of our lives after over 300 years! Brought to life by the brilliant Swiss violinist Leila Schayegh, who returns to conduct Arion, and paired with vocal works by Vivaldi and Bembo performed by the remarkable Quebec soprano Sophie Naubert, this presentation promises a whirlwind of emotions and contrasts.

Programme

Antonio Vivaldi (1678 –1741)
Les quatre saisons, RV 269, RV 315, RV 293, RV 297
Concerto pour cordes en si bémol majeur, RV 163 « Conca »
In Furore iustissimae irae, RV 626
« Vedrò con mio diletto » (Il Giustino, RV 717)
« Agitata da due venti » (Griselda, RV 718)
Antonia Bembo (1640-1720)
Cantate “Per il natale”

Program

Antonio Vivaldi (1678 –1741)
The Four Seasons, RV 269, RV 315, RV 293, RV 297
Concerto for strings in B-flat Major, RV 163 “Conca”
In Furore iustissimae irae, RV 626
“Vedrò con mio diletto” (Il Giustino, RV 717)
“Agitata da due venti” (Griselda, RV 718)
Antonia Bembo (1640-1720)
Cantate “Per il natale”

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Ce contenu provient de l’Arion Orchestre Baroque et est adapté par PAN M 360

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