Moment historique de poésie à la salle Bourgie. Notre Vigneault national accueilli par une chaleureuse ovation, avant même que le concert ne commence…
Cette coproduction entre la salle Bourgie et le Festival international de la littérature (FIL) qui mettait en musique des poèmes de Gilles Vigneault n’a visiblement laissé personne indifférent samedi après-midi… Tous étaient en communion dans cette magnifique église transformée en salle de concert. À quelques jours des élections, nous contemplions notre riche patrimoine, toustes ensemble…
« Sentiers intérieurs », projet inspiré par la présentation des lieder de Schubert à la salle Bourgie (échelonnée sur plusieurs années comme ce fut le cas, sous la direction d’Isolde Lagacé, pour les cantates de Bach), visait à créer un cycle de lieder sur des textes de notre grand poète. Olivier Godin, directeur artistique de la salle Bourgie, se remet au piano à notre grand bonheur pour cette occasion et offre la titanesque commande de composition à nul autre que Simon Leclerc.
Érudit du monde de la musique, (ex-petit chanteur du Mont-Royal, compositeur de musiques de film, de comédies musicales, chef d’orchestre, choriste (pour Céline Dion!), cerveau arrangeur d’Harmonium symphonique et, plus récemment, une version lyrique de Notre-Dame de Paris, réalisateur pour des artistes du monde entier, et j’en passe), Simon Leclerc a su déployer pour l’occasion un langage très personnel, sorte d’amalgame de styles, nourri par sa vaste expérience. Habitué aux concerts à grand déploiement, il semble néanmoins s’être régalé de cette formule plus intimiste , plus dénudée, qu’offre le piano et la voix.
Ce cycle inédit, brillamment interprété par un duo de complices, incarné par Olivier Godin (piano) et Hugo Laporte (baryton), nous révèle, avec sa riche écriture, de nouvelles facettes des textes de Vigneault. Parfois déchirés entre la richesse de la musique et la beauté des textes (beau problème!), on aura particulièrement apprécié certains lieder comme Les menteurs et Funambule où le mariage musique/texte semblait particulièrement heureux, ou encore L’écolier, plus théâtral, qui a bien amusé un public immédiatement séduit!
La dernière chanson intitulée Après bouclait parfaitement le cycle, réussite d’un compositeur mature, d’une musique merveilleusement jouée et chantée d’où émanait nostalgie, grandeur, une certaine tristesse même.
Et que dire des derniers mots de Vigneault projetés à l’écran (comme l’ensemble des textes) à l’aube de ses 98 ans : « de n’être qu’une horloge à moudre le passé… »