C’est une belle rencontre entre la contrebasse jazz et la kora mandingue que nous offrent les deux musiciens Laurent Perrault-Jolicoeur et Zal Sissokho. Ils sont accompagnés de Simon Ionas au piano et Christina Beaudry-Cardenas à la batterie, en plus de recevoir la visite occasionnelle de Djely Tapa à la voix, de Donald Dogbo aux percussions/batterie et d’Evelyne Méthot au violoncelle. La facture générale et sonore du programme de onze compositions partagées entre Jolicoeur et Sissokho oscille entre deux pôles contigus : soit du jazz aux couleurs mandingues, soit du mandingue jazzifié. Dès la pièce initiale (Après la fin), la surprise attirera l’attention des mélomanes qui connaissent un peu leurs sonorités de musique mandingue, c’est-à-dire l’apparition d’un piano aux côtés de la kora, quelque chose de peu fréquent. Néanmoins, les harmonies, les couleurs, le style sont bien liés aux racines de cette musique si attachante, tout en prenant des libertés habituellement étrangères à la pureté du genre.
ENTREVUE AVEC ZAL SISSOKHO ET LAURENT PERREAULT-JOLICOEUR
Sissokho a toujours été un remarquable explorateur et il a très souvent participé à des projets qui s’éloignaient de ses racines musicales exclusives. Le résultat est un artiste qui sait faire progresser son instrument et la musique qu’il peut investir. La présence de Perreault-Jolicoeur, si elle n’est pas poussive, demeure influente et prescriptrice pour le reste du groupe, à travers un dialogue sobre, respectueux.
On remarque particulièrement la belle attitude du piano de Ionas, délicat mais souvent évocateur dans ses interventions, qu’elles soient plutôt de l’ordre de l’Impressionnisme pictural ou de l’improvisation plus typiquement jazz. Les prestations de Tapa, Dogbo et Méthot, bien qu’éphémères, dynamisent sagement mais de façon appréciée, les moments qui leur sont laissés pour s’exprimer.























