Elle est née au Pakistan, elle vit à Brooklyn, elle enregistre des albums depuis 2015. Ce superbe Vulture Prince est son troisième. Arooj Aftab s’exprime en anglais et en ourdou, la langue des musulmans indiens/pakistanais. Son folk de chambre est teinté de qawwali, reggae, jazz, ou même de styles électros (ambient, dub, drum’n’bass) ici évoqués par une instrumentation hybride. Ces chansons érigent des ponts magnifiques entre l’Amérique du Nord et l’Asie du Sud. Parolière, compositrice et interprète, elle n’a pas le timbre des chanteuses qawwali mais elle en conserve les glissandos lui permettant les quarts, huitièmes et seizièmes de ton. Ces échelles mélodiques n’apparaissent que dans le discours vocal et dans certains ornements, effets de pédale ou de bourdon. Le reste de l’instrumentation est occidental; guitare classique ou flamenca (Gyan Riley et Badi Assad), harpe (Maeve Gilchrist), trompette (Nadje Noordhuis), cordes (le violoniste Darian Donovan Thomas et le quatuor Rootstock Republic ), synthés (Shahzad Ismaily), contrebasse, percussions. Les harmonies et rythmes sont occidentaux, les ornements orchestraux sont orientaux, les mélodies oscillent entre l’Est et l’Ouest. Ces chansons et musiques sont très finement ciselées. Partiellement inspirés du ghazal pakistanais (genre littéraire répandu dans l’Islam), ses textes évoqueraient la perte amoureuse, la mort d’un jeune frère, l’acceptation du destin, une sagesse évidente. Voilà un must pour tout apaisement. Tant qu’à y être, recommandons chaudement son opus ambient Siren Islands (2018), ainsi qu’un autre bijou de folk éthéré, Bird Under Water (2015).
Tout le contenu 360
Interview électronique
Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir
Par Léa Dieghi
Interview rock/dark-rave
FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival
Par Stephan Boissonneault
Interview classique occidental/classique/expérimental / contemporain
18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu
Par Alain Brunet
Critique d'album classique occidental/classique 2026
Eldritch Priest – Too, So Like Nothing
Par Frédéric Cardin
Interview expérimental / contemporain/classique occidental/classique
SMCQ | Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique, ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027
Par Alain Brunet
Interview americana/reggae/rock
Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement
Par Keithy Antoine
Interview Antilles / Caraïbes/autochtone/jazz
Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue
Par Keithy Antoine
Interview americana
Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie
Par Keithy Antoine
Critique d'album americana/classique occidental/classique/traditionnel 2026
Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This
Par Frédéric Cardin
Critique de concert
MUTEK 2026 | Expérience 6 se conclut dans la jungle d’un gars nommé Gerald
Par Julius Cesaratto
Critique de concert électronique/électro-minimal
MUTEK 2026 | Poirier… Il n’y a (toujours) pas de Sud, 25 ans plus tard
Par Léa Dieghi
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | Purelink et Mika Oki, toile d’une grande richesse
Par Léa Dieghi
Interview Afrique/latino/Musiques du Monde
Souk du Sud 2026 | Carrefour des cultures selon Patrice Agbokou
Par Sandra Gasana
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | COCKPIT, habiter l’interface
Par Félicité Couëlle-Brunet
Critique de concert électronique/expérimental / contemporain























