Pays : États-Unis Label : Columbia Genres et styles : alt-pop / art-pop / avant-pop / dance-pop / noise-pop / pop-rock / punk pop Année : 2024

Vampire Weekend – Only God Was Above Us (Top Albums 2024)

· par Stephan Boissonneault

Tout amateur de musique à temps partiel a au moins entendu parler du groupe indépendant Vampire Weekend. Ils ont explosé sur la scène avec l’irrésistible A-Punk, qui est rapidement devenu la toile de fond de n’importe quel film hollywoodien léger. Le groupe est devenu extrêmement influent pour son intégration stylistique : congas cubaines, guitares d’Afrique de l’Ouest, rythmes de batterie dans la veine de Graceland (Paul Simon) ou même funk à la Chic, fioritures orchestrales aux accents pop. C’est le genre de musique que l’on peut écouter lors d’une soirée, ou étudier seul, la lumière éteinte, tout en s’imprégnant de la poésie effervescente du chanteur Ezra Koenig.

À mon avis, Contra est le meilleur album du groupe, le plus exploratoire, un calypso léger qui devient plus étrange dans ses arrangements et ses structures. Modern Vampires of the City a poursuivi ce voyage, mais j’avoue qu’il m’a fallu un certain temps pour devenir accro. Il y avait trop de musique en 2013, d’accord ?

Peu importe à quel point Vampire Weekend a plongé dans l’étrange, il a toujours sonné comme Vampire Weekend, une pop facile à digérer qui a poussé de nombreux musiciens à se gratter la tête et à se demander « Comment ont-ils fait ça ? Beaucoup de groupes sont l’un ou l’autre, mais Vampire Weekend est vraiment unique à cet égard. Une grande partie de cette structure spectaculaire est due au claviériste/percussionniste Rostam Batmanglij, et son départ du groupe (bien qu’il soit toujours crédité en tant que producteur sur chaque album depuis) s’est fait sentir sur Father of The Bride, sorti en 2019, qui contient quelques titres accrocheurs(Harmony Hall), mais qui est finalement oubliable.

Nous voici, quatre ans plus tard, avec le cinquième album studio de Vampire Weekend, Only God Was Above Us, qui s’inspire du hip hop des années 90, du shoegaze bruyant, des ragas indiens, de la pop baroque, du synthé cinématique des années 80 et de tout ce qui se trouvait à la périphérie de Vampire Weekend au moment de la conceptualisation. On sent que le groupe a pris le temps de travailler sur ce projet, car il est propre, bien ficelé et s’écoute de préférence avec de bons écouteurs. Avec 10 chansons et 47 minutes, même les moments les plus sombres de l’album restent fascinants, et il n’y a pas beaucoup de moments sombres à part, par exemple, la progression d’accords simpliste de Capricorn, et peut-être le prêche. Ice Cream Piano? Honnêtement, je l’aime de moins en moins à chaque fois que je l’écoute.


La production de Only God Was Above Us est impeccable, avec des moments subtils comme les lignes de basse très droites de Connect, le falsetto poétique sous l’orgue de Prep School Gangsters , ponctué d’un énorme grincement de violon… Ce disque est fait de petits moments comme ça, qui donnent l’impression d’avoir été assemblés à la hâte, comme l’orchestration emphatique à la James Bond pendant le pont de The Surfer, mais vous savez qu’il a fallu des heures et des jours d’arrangements minutieux pour atteindre cette perfection.

The Surfer, avec son post-punk lent, ses lignes de guitare aquatiques et les riffs vocaux d’Ezra sur le déclin social, les statues et Dieu seul sait quoi d’autre, est probablement ma chanson préférée de l’album, si ce n’est l’une des chansons préférées de Vampire Weekend, ce qui me place probablement dans une catégorie différente de fans de Vampire Weekend car c’est l’une des plus lentes et des plus mélancoliques de l’album (merci Rostam).

Parmi les autres titres marquants, on trouve Gen-X Cops, un single évident avec son niveau de pop distordue qui vous donne envie de crier avec lui, mais ensuite vient Mary Boone, qui est une pure magie … une chanson classique de Vampire Weekend dans son thème et ses paroles sur un marchand d’art de Brooklyn en disgrâce, avec une chorale complète derrière elle, des pistes de piano arpégées, une section de sitar, un rythme de batterie hip-hop, le tout englouti dans une corne d’abondance à l’écoute aisée.

Enfin, Pravda, ah oui, le mot russe pour la vérité mais aussi pour laisser derrière soi les luttes familiales, est signalé par une lourde conclusion shoegaze, suivie de Hope, un final indie rock orchestral pour le moins surprenant, même s’il est un peu long. Les Vampires sont de retour !


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