Je m’explique assez mal comment un album du génial Thomas Carbou peut passer inaperçu dans nos médias traditionnels. Le type est l’un des guitaristes les plus épatants de sa génération. M’enfin, comme dirait Gaston….
Cet album réalisé en tant qu’homme-orchestre dans un studio montréalais est d’une très belle palette atmosphérique côté world-beat, avec une expressivité puissamment visuelle. Carbou y taquines une grande quantité d’instruments : guitare 8 cordes (nylon), guitare électrique, bouzouki, cuatro, kalimbas, tamboa, xylophone, bérimbau, udu, tambours, synthétiseur, électroniques, flûte et voix. Le type est franchement impressionnant.
Dans une scénographie mouvante, mais fidèle à un fil cohérent et continu en termes d’ambiances, Carbou nous emmène avec lui dans un vol plané au-dessus de multiples paysages, qu’on admire dans un regard étendu, panoramique. Une énergie propulsive mais pas énervée, réalisée grâce à la lutherie synthétique, garde notre attention active et intéressée tout le long de l’album.
L’artiste émérite troque ici la virtuosité technique, dont il est on ne peut plus capable, pour la création de couleurs relativement douces dans une palette analogique, adaptée aux mélodies qu’il chante en toutes sortes de langues : français, anglais, islandais, portugais brésilien, kiswahili, et d’autres encore.
Fly Away donne envie de se lancer immédiatement sur les ailes d’un immense oiseau migrateur.























