Let It Hiss montre les Barr Brothers au sommet de leur art, avec un album à la fois familier et rafraîchissant. Le duo montréalais a toujours excellé dans la création d’une folk atmosphérique, à mi-chemin entre une chanson à chanter en chœur sous le porche et un rêve fiévreux et bruyant, et leur dernier opus s’inscrit avec assurance dans cet espace liminal. Suivant l’idée de « Let it Hiss », nommé d’après les sifflements d’une pédale de guitare, il n’y a pas une seule chanson ennuyeuse sur cet album. Queens of the Breakers (2017) est le dernier album complet des frères, et il est difficile de faire mieux, mais The Barr Brothers y sont parvenus avec ce retour, et même plus.
Dès les premières notes de « Take it From Me », Let It Hiss dégage un sentiment palpable de libération. La production respire une chaleur organique qui laisse chaque instrument s’exprimer librement : le jeu de guitare de Brad reste aussi inventif que jamais, oscillant entre un fingerpicking délicat et des tangentes électriques inattendues, tandis que les percussions d’Andrew fournissent un rythme incessant, teinté de jazz, tout au long du morceau.
Comme toujours, l’instrumentation élève l’ambiance folk standard, ajoutant des couches de texture qui scintillent et se dissolvent comme la brume matinale. Les chansons elles-mêmes refusent de se comporter comme des chansons. Elles ressemblent davantage à des pièces dans lesquelles on se retrouve soudainement, chacune meublée des débris de rêves à moitié oubliés, comme dans « English Harbour », qui met en vedette les aigus de Jim James, de My Morning Jacket.
Let It Hiss embrasse son titre comme un mantra, une permission de laisser le bruit statique devenir le signal. Si vous avez besoin d’être davantage rassuré, écoutez simplement la structure inventive de la chanson indie la plus pop, « Run Right Into It », avec Land of Talk. Un excellent album pour les vrais fans et les auditeurs qui découvrent cette nouvelle version revigorée des Barr Brothers.























