Le Requiem de Brahms, interprété par un ensemble baroque, disons que cela inspire une attente pour le moins dubitative. Mais, dans le genre, cette lecture de Raphaël Pichons et son Pygmalion est probablement l’une des belles réussites. Malgré la relative minceur du choeur (37, pour ce répertoire, c’est peu, à moins de choisir spécifiquement la version de chambre, ce qui n’est pas le cas ici), celui-ci s’impose agréablement dans les nombreux tutti. Et avec l’orchestre, ces moments collectifs dépassent les limites attendues du baroquisme authenticiste. C’est occasionnellement que la maigreur sonore, particulièrement chez les cordes qui jouent sans vibrato, trahit la construction musicale de cet édifice puissant. L’espace habituellement bien meublé semble un peu dénudé.
Par contre, on notera la réjouissante clarté des lignes contrapuntiques, ainsi que la très belle qualité de la diction chorale. Ajoutons à cela des solistes qui déploient une beauté vocale de superbe facture, spécialement Sabine Devieilhe, lumineuse. Certains préfèrent un timbre plus sombre, voire opulent. Je ne suis personnellement pas de cet avis. Le Requiem de Brahms n’est pas essentiellement tragique, il est plutôt imprégné de lumière et d’espoir. La présence de la soprano française s’aligne très bien avec cet esprit.
Sommes toutes, voici une lecture excitante de ce chef-d’œuvre, qui ne manque pas de muscles, bien qu’elle soit parfois un brin filiforme. Pour ma part, je la revisiterai encore avec plaisir.























