À l’instar de Sufjan Stevens, Grizzly Bear ou Arcade Fire, The National est une valeur sûre de l’indie pop ou rock des années 2000. Est venu le temps de se poser la question : ces artistes si pertinents ont-ils tout révélé ce qu’ils avaient de substantiel ? Nul ne peut l’affirmer ou le prédire, mais les chansons issues de chaque génération suivent inexorablement cette tendance, sauf exception : au bout de quelques albums vachement inspirés, le texte et l’interprétation doivent être exceptionnels pour faire échec à la désuétude de la forme… à moins que le songwriter puisse en changer l’enveloppe. C’est justement ce que Matt Berninger a tenté ici. Pour varier sa proposition et se distinguer de The National dont il est le frontman, il a fait appel au légendaire Booker T. Jones pour la réalisation de cet album solo. Ainsi, le septuagénaire de Memphis s’est mis au service du quadragénaire de Cincinnati, sans compter Matt Berrick (The Walkmen), Andrew Bird et Scott Devendorf qui ont aussi mis la main à la pâte. Le chanteur creuse un grand sillon americana, avec un accent fort en country-folk, en folk de chambre ou en southern soul. Les chansons de Matt Berninger portent donc de nouveaux habits : piano country, Hammond B3, guitares acoustiques, pedal steel guitar, rythme clopin-clopant du début à la fin… Seuls les arrangements de cuivres et une participation de la chanteuse et bassiste Gail Ann Dorsey nous rappellent la facture indie à laquelle le chanteur nous a habitués. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas cette nouvelle enveloppe, on ne pourra dire que le chanteur, auteur et compositeur n’a pas tenté quelque chose de différent. Sombres, grises, pluvieuses, anxiogènes, parfois autodérisoires ou même lumineuses, toujours honnêtes par rapport à leur auteur, ces nouvelles chansons de Matt Berninger nous apprennent peu de choses que l’on ne lui connaissait pas, ces récits mis en rime maintiennent néanmoins notre respect à son endroit.
Tout le contenu 360
Critique de concert électronique/électro-minimal
MUTEK 2026 | Ah! Kosmos & Hainbach, quand les machines deviennent musique
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert dark wave/électronique/musique de film/musique de jeux vidéo
MUTEK 2026 | Violent Magic Orchestra, la baffe annoncée
Par Alain Brunet
Critique de concert classique/classique occidental
MUTEK 2026 | Infinity Gradient ? Exceptionnel
Par Ariel Rutherford
Critique de concert électronique/expérimental/expérimental / contemporain
MUTEK 2026 | La douce entropie de Endless Summer
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | A Guy Called Gerald, grand sorcier de la jungle
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | Jeff Mills, maître à l’œuvre dans le cosmos
Par Julius Cesaratto
Critique de concert électronique/hip-hop
MUTEK 2026 | Korea Town Acid & Ajeebsir, la fascination dreamcore
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique/expérimental/expérimental / contemporain
MUTEK 2026 | Electronicos Fantasticos, divertissement garanti!
Par Alain Brunet
Interview Antilles / Caraïbes
Alain Mercier, l’agent 360 derrière le Mois du Créole 2026
Par Sandra Gasana
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | Art Saves, ou la survie urbaine entre tradition et décharge industrielle
Par Léa Dieghi
Critique de concert expérimental / contemporain
MUTEK 2026 | Vivian Li, nostalgie des souvenirs et du temps suspendu
Par Léa Dieghi
Critique de concert électronique/expérimental / contemporain/classique occidental/classique
MUTEK 2026 | Kali Malone, minimalisme extrême… élévation
Par Alain Brunet
Interview électronique/soul/R&B/jazz
MUTEK 2026 | Patche débarque au MTELUS, plus aguerri, plus immersif
Par Alain Brunet
Interview rock/dark wave/électronique
MUTEK 2026 | Violent Magic Orchestra, la grande déflagration d’Osaka
Par Alain Brunet
Critique de concert
MUTEK 2026 | Kara-Lis Coverdale pour piano, pour cordes… et pas pour orgue
Par Ariel Rutherford
Critique de concert électronique/Moyen-Orient / Levant / Maghreb
MUTEK 2026 | Un duo masqué sur l’Esplanade Tranquille, tiens, tiens …
Par Julius Cesaratto
Interview électronique/rock/microtonal/Moyen-Orient / Levant / Maghreb
MUTEK 2026 | Istanbul Ghetto Club, un air de déjà vu… et de jamais entendu
Par Julius Cesaratto
Interview Antilles / Caraïbes
Tony Chasseur : la voix d’une culture créole en mouvement
Par Sandra Gasana
Interview latino/électronique/jazz
MUTEK 2026 | L’univers foisonnant de Chiquita Magic, du Louis Cole Big Band à Hardware Techno
Par Alain Brunet
Critique d'album Europe de l'Ouest 2025
Le fado portugais réinventé de Carminho
Par Michel Labrecque
Critique d'album Europe de l'Ouest 2025
Le fado portugais réinventé de Júlio Resende
Par Michel Labrecque
Critique d'album Europe de l'Ouest 2025























