À l’instar de Sufjan Stevens, Grizzly Bear ou Arcade Fire, The National est une valeur sûre de l’indie pop ou rock des années 2000. Est venu le temps de se poser la question : ces artistes si pertinents ont-ils tout révélé ce qu’ils avaient de substantiel ? Nul ne peut l’affirmer ou le prédire, mais les chansons issues de chaque génération suivent inexorablement cette tendance, sauf exception : au bout de quelques albums vachement inspirés, le texte et l’interprétation doivent être exceptionnels pour faire échec à la désuétude de la forme… à moins que le songwriter puisse en changer l’enveloppe. C’est justement ce que Matt Berninger a tenté ici. Pour varier sa proposition et se distinguer de The National dont il est le frontman, il a fait appel au légendaire Booker T. Jones pour la réalisation de cet album solo. Ainsi, le septuagénaire de Memphis s’est mis au service du quadragénaire de Cincinnati, sans compter Matt Berrick (The Walkmen), Andrew Bird et Scott Devendorf qui ont aussi mis la main à la pâte. Le chanteur creuse un grand sillon americana, avec un accent fort en country-folk, en folk de chambre ou en southern soul. Les chansons de Matt Berninger portent donc de nouveaux habits : piano country, Hammond B3, guitares acoustiques, pedal steel guitar, rythme clopin-clopant du début à la fin… Seuls les arrangements de cuivres et une participation de la chanteuse et bassiste Gail Ann Dorsey nous rappellent la facture indie à laquelle le chanteur nous a habitués. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas cette nouvelle enveloppe, on ne pourra dire que le chanteur, auteur et compositeur n’a pas tenté quelque chose de différent. Sombres, grises, pluvieuses, anxiogènes, parfois autodérisoires ou même lumineuses, toujours honnêtes par rapport à leur auteur, ces nouvelles chansons de Matt Berninger nous apprennent peu de choses que l’on ne lui connaissait pas, ces récits mis en rime maintiennent néanmoins notre respect à son endroit.
Tout le contenu 360
Interview chanson française/Chanson francophone/Chansonnier/électronique/americana/pop/hip-hop/rock
FRANCOS 2026 | Évidences et pépites, Maurin Auxéméry défend sa prog
Par Alain Brunet
Interview classique/jeunesse
Jeunesses Musicales Canada 2026-2027 : Mission musique pour tous
Par Frédéric Cardin
Critique de concert hip-hop
Francos 2026 | Orelsan, LA tête d’affiche de la francophonie cette année à MTL
Par Alain Brunet
Interview expérimental / contemporain/expérimental
SuperMusique X Le Vivier | La Chorale Joker et le langage des signes
Par Alain Brunet
Critique de concert classique/Europe de l'Est/classique occidental
Classica 2026 | Jorane et Oktopus: unir les couleurs
Par Ariel Rutherford
Interview classique occidental/classique
Classica X Le Vivier | L’hiver attend beaucoup de moi: l’opéra, le féminisme, l’hiver
Par Ariel Rutherford
Critique d'album classique occidental/classique 2026
Quatuor Voxpopuli – Novák, Schulhoff, Liatochynskyï
Par Frédéric Cardin
Interview classique occidental/classique/pop
Classica 2026 | Notre-Dame de Paris symphonique et lyrique, libre vision de Simon Leclerc
Par Alain Brunet
Interview jazz
FMCM 2026 | Jens Lindemann, ex-Canadian Brass, se fait plaisir avec un big band tout Montréalais
Par Frédéric Cardin
Interview classique/jazz
FMCM 2026 | Yoanna Prodanova revient à l’une de ses maisons
Par Alain Brunet
Critique d'album classique occidental/classique/jazz 2026
Jacques Kuba Séguin – Parfum no 3
Par Frédéric Cardin
Interview jazz
La vie est un parfum : conclusion de la Trilogie des odeurs de Jacques Kuba Seguin
Par Frédéric Cardin
Interview jazz
L’Entracte Cabaret Jazz : Un nouveau club 100% jazz ouvre ses portes à Montréal
Par Frédéric Cardin
Interview classique/classique occidental
FMCM 2026 | Cameron Crozman, la musique de chambre droit au cœur
Par Pietro Freiburger
Critique de concert électronique
SAT – Futurs Antérieurs | « Lueurs quantiques », espace de perception suspendu
Par Félicité Couëlle-Brunet
Critique de concert
SAT – Futurs Antérieurs | Jacques Greene & Martyn Bootyspon, dans la filiation post-club
Par Félicité Couëlle-Brunet
Critique de concert électronique
SAT – Futurs Antérieurs | Mozhgan, messe industrielle dans la Satosphère
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique
SAT- Futurs Antérieurs | Kaitlyn Aurelia Smith amène ses breakbeats cathartiques
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique
SAT – Futurs antérieurs | Mattias Aguayo, danses et incantations organiques
Par Ariel Rutherford
Critique de concert DJ set/musique de film























