J’adore quand les groupes locaux cartonnent, quand ils dépassent les limites de la scène locale et obtiennent la reconnaissance qu’ils méritent. Même si je me fiche généralement de ce que pense Pitchfork, Ribbon Skirt (anciennement Love Language) a récemment obtenu une critique élogieuse chez PAN M 360 pour son premier album, Bite Down. Et c’est bien mérité pour un groupe qui a changé de nom, de composition et de style musical au cours des dernières années.
Nous avons désormais un groupe plus sombre et plus introspectif qui a plongé son indie rock atmosphérique bien connu dans de nouvelles eaux psychédéliques (comme en témoigne le morceau d’ouverture « Deadhorse »), un morceau plein de shoegaze accrocheur et de post-punk entraînant, qui aborde l’identité autochtone (grâce à la chanteuse principale Tashiina Buswa), la vie, le deuil, les traumatismes et la posture existentialiste.
Alors que Deadhorse et Cellophane jouent avec la mémoire et la perte, livrées avec un chaos contrôlé qui suggère un naufrage émotionnel à peine maîtrisé, Off Rez associe des lignes de guitare déchiquetées à des paroles sur le déplacement et la survie, transformant un récit personnel en quelque chose d’hymnesque. Wrong Planet est sans doute mon morceau préféré du moment, avec son effet de tonnerre qui monte lentement, tout en tension et en tremblements, avant d’exploser en un rock post-punk déchirant.
Buswa apporte une qualité magnétique, parfois brute, à chaque chanson, qu’elle livre les confessions fragiles de Mountains ou les refrains acérés de Cut. Sa voix porte le poids des histoires qu’elle raconte avec Ribbon Skirt : celles qui parlent de la terre, des corps, de l’histoire et peut-être d’un avenir sombre, mais plein d’espoir, où il ne s’agit pas seulement de survivre, mais de serrer les dents et d’aller de l’avant. Il faut également saluer le travail de Billy Riley à la guitare, qui apporte toute sa richesse à Bite Down, en particulier dans un morceau aussi chaleureux que « Earth Eater », ainsi que le jeu de batterie de Lan Thockchom, qui maintient le rythme dans les moments les plus sinistres de l’album.
Avec Bite Down, Ribbon Skirt livre un premier album plein de courage, de tendresse et de compositions incisives. Il dégage un sentiment d’urgence, d’intimité et, surtout, donne l’impression d’être le début de quelque chose d’essentiel.























