Percussia est un quintette de chambre de facture très originale : deux percussionnistes, une flûtiste, une harpiste, une altiste auxquelles s’ajoute une soprano. On ne rencontre pas souvent, en vérité jamais, ce genre de combinaisons sonores. Du coup, les partitions jouées sur cet album révèlent des paysages musicaux de caractère néo-impressionniste très agréables, mais aussi additionnés parfois de modernisme et de colorations style gamelan, des mariages adaptés et complémentaires.
La facture des pièces proposées dans le programme est essentiellement positive et souriante. Les compositions sont toutes du 21e siècle (qui a déjà un quart de fait!!) et d’artistes états-uniens de diverses origines. Toutes sont résolument consonantes et accessibles pour un public néophyte en musique de création. J’ai particulièrement remarqué Moiré de Bill Clark et Murmuration (la pièce titre) de Alexis Lamb, deux œuvres qui utilisent l’instrumentation si unique du groupe dans un esprit coloriste raffiné et très séducteur. Le néo-impressionnisme déployé dans ces deux pièces n’est pas assez stéréotypé pour lasser une écoute attentive. Murmuration présente la profondeur additionnelle de l’évocation du vol synchronisé, ondoyant et virtuose de large groupes de passereaux qui réalisent des merveilles de ballets aériens. La musique de Lamb exprime avec douceur les entrelacs de mouvements de ces créatures naturellement virtuoses.
Variasi Ombak de Matthew Welch trahit les accointances indonésiennes du compositeur. Ombak en Indonésien signifie vagues, et les ondulations de la musique se lovent parfaitement dans cette idée, en y ajoutant des sonorités héritées de la musique de gamelan balinais. Il y a quelque chose qui rappelle un peu la musique de Alan Hovhaness, mais en plus onirique, voire féérique. C’est superbe. On the Street Where I Live de l’altiste du groupe Ljova (il joue aussi du fadolin, un violon à six cordes) se manifeste avec des sonorités world affirmatives, alors que Starfish at Pescadero de Dennis Tobenski ajoute à l’ensemble la présence de la soprano Melissa Fogerty. Cette dernière pièce est la plus mélancolique du programme, avec des harmonies chromatiques qui se rapprochent d’une modernité ‘’sérieuse’’, ce qu’on n’avait entendu nulle part ailleurs sur l’album. Les textes sont tirés de la poésie de Idris Anderson.
À première vue, le poème dépeint une excursion à la plage—de brèves scènes montrant deux individus qui savourent la journée en tandem. Mais derrière ce décor, nous rencontrons la tristesse indéfinissable qui peut coexister avec les instants les plus joyeux, comme par exemple la difficulté à exprimer nos émotions, surtout envers ceux pour qui nos sentiments sont les plus intenses.
– Dennis Tobenski
Le genre d’album qui vous surprend et vous reste en mémoire.
Membres de l’ensemble :
Ingrid Gordon, percussion
Frank Cassara, percussion
Margaret Lancaster, flûte
Susan Jolles, harpe
Llova, alto, fadolín
Melissa Fogerty, soprano (Invitée)























