La prémisse de l’album pourra initialement paraître trompeuse (bien qu’après l’écoute attentive de la totalité des pièces, on comprend la référence) : il ne s’agit pas d’un programme complet d’airs ou extraits variés d’opéras. Deux pièces remplissent ce rôle (trois si on ajoute la plage offerte en bonus dans la version numérique de l’album), alors que deux autres sont des quintettes tout ce qu’il y a de plus classiques dans la forme. Il est cependant vrai que, étant composés par des Italiens, ils ont un caractère ‘’lyrique’’ et ‘’chantant’’ indéniable. Mais bon, passons sur la sémantique d’un titre et ses velléités commerciales…
De Rossini, quatre extraits de La Cenerentola (Cendrillon), dans un arrangement de Ulf-Guido Schäfer, sont agréablement interprétés, mais c’est le virevoltant Potpourri Fantastico sur Le barbier de Séville de Rossini, par Giulio Briccialdi (1818-1881), qui marque le plus fortement les esprits, entre les deux hommages opératiques.
Le même Briccialdi est aussi représenté par l’une des deux œuvres ‘’sérieuses’’ de l’album, le Quintuor pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson, op. 124 (sic.), dont l’écriture rappelle à bien des égards celle de Rossini pour la scène. Un premier mouvement qui fait penser à une ouverture, un deuxième à une canzonetta attendrissante et un troisième à une finale pleine d’énergie, basée sur une mélodie pétillante, font en effet penser à un mini-opéra purement instrumental.
Le Quintette no 2 en ré mineur de Giuseppe Maria Cambini (1746-1825), s’il n’a pas la même envergure artistique que le Briccialdi, demeure néanmoins très attrayant et historiquement marquant car ce compositeur est le tout premier de l’histoire à avoir écrit pour ce genre de formation, toute nouvelle à l’époque. Cambini a donc été le pionnier d’une musique instrumentale et chambriste profitant des avancées techniques apportées aux instruments à vent vers la fin du 18e siècle, soit une nouvelle conception physique (clés, pistons, valves) améliorée qui a permis à ces instruments de jouer avec plus de puissance et d’aisance virtuose.
Le quintette présenté ici est empreint d’une élégance classique et d’un caractère sérieux qui n’exclut pas une certaine légèreté, notamment dans le mouvement final. Là encore, l’écriture belcantiste n’est pas loin, les lignes sont pétillantes et assez lyriques dans leur expressivité, quoique d’un caractère un peu plus sombre que chez Briccialdi.
Pour ceux et celles qui se seront procuré la version numérique, un très bel arrangement de O mio babbino caro (extrait de Gianni Schicchi de Puccini), dans un arrangement délicat du clarinettiste Martin Carpentier, est offert.
Je ne m’étend pas inutilement sur la qualité d’exécution musicale de Pentaèdre, qui est un acquis. On ne les prend jamais en défaut de bon goût et de perfection technique.
On trouvera difficilement mieux pour apprécier ces œuvres méconnues mais charmantes à souhait.























