Patche, ce collectif local montréalais composé de cinq membres – Eliott Durocher Bundock (synthétiseur modulaire et boîte à rythmes), Étienne Dupré (basse), Lévy Bourbonnais (harmonica et manipulation sonore), Mandela Coupal-Dalgleish (batterie) et JB Pinard (synthétiseur modulaire) – a créé quelque chose de véritablement unique : une techno à la fois cérébrale et viscéralement physique. Mode affiche un certain refus, celui de suivre la formule prévisible « build-drop » qui gangrène tant de musique club. Au contraire, ces neuf titres se déploient avec patience et détermination, tissant des motifs hypnotiques qui récompensent une écoute attentive tout en cherchant à détruire les dancefloors.
La production est impeccable : des percussions nettes et entraînantes s’accordent parfaitement avec des atmosphères dub et des textures inattendues qui vous captivent du premier coup de pied au fondu final. Impossible d’ignorer la batterie déjantée de « Influence » ou l’ivresse de la foule à 3 heures du matin dans « Dupré’s Paradise ».
Mode est rempli de ces moments où un set transcende le simple divertissement et devient quelque chose qui vous transporte. L’album fonctionne aussi bien avec un casque lors d’une promenade nocturne dans la ville qu’avec une sono puissante dans un club sombre. Il est rare de trouver de la musique électronique qui fonctionne aussi bien dans les deux cas avec une telle assurance.
Patche a sorti un album qui semble indispensable pour tous ceux qui s’intéressent sérieusement à la techno contemporaine, ou plutôt expérimentale. Il est parfait pour les clubs et vous rappelle pourquoi vous êtes attiré par la musique électronique en premier lieu : l’euphorie.























