Pays : Suède Label : Reigning Phoenix Music Genres et styles : death-metal / métal progressif / rock prog Année : 2024

Opeth – The Last Will and Testament

· par Laurent Bellemare

Encore plus que la semaine des quatre jeudis ou que le nouvel album de Necrophagist, le jour où Opeth se remettrait à faire du death metal n’était même plus vraiment espéré. Mais après quatre albums pastiches au rock progressif d’antan, le monument suédois a pris tout le monde par surprise avec une odyssée digne d’un Blackwater Park ou d’un Watershed. Vous l’aurez compris, il y a des death grunts, et pas rien qu’un peu!

Un nouvel album d’Opeth est toujours un événement pour le milieu du métal. Même quand on n’est pas fan, ça ne passe pas inaperçu étant donné l’influence démesurée qu’a eue le groupe sur les musiques rock et métal plutôt cérébrales. Cela dit, Mikael Akerfeldt et sa bande avaient fait le choix très aliénant, du moins pour une partie de l’auditoire, de « maturer » hors du death metal en nous privant de l’un des growl les plus reconnaissables de la scène. Qu’importe, car sur The Last Will and Testament, le groupe est complètement revenu à ses sources et c’est sous cette forme qu’Opeth brille. Au mieux, sa dérive rétro n’aura fait que préparer le terrain pour ce grand retour.

À plus de cinquante minutes, ce nouvel opus est à nouveau une affaire à grand déploiement narratif – presque cinématique – d’influences très diversifiées, le tout uni par la pesanteur familière de l’instrumentation rock. Entre et au travers des passages lourds, on a toujours une variété de synthétiseurs, d’échantillons, de percussions additionnelles, de passages à l’orgue et autres Mellotron. Ces éléments permettent à Opeth d’orchestrer ses idées et de transcender, à son meilleur, les contraintes d’un petit ensemble amplifié. Mais dissimulés dans toute cette grandeur, de nombreux passages fort accrocheurs rendent les morceaux mémorables et propices au hochement de tête.

Reste qu’on se sent vraiment au cœur d’une histoire, que ce soit par la division de l’album en chapitres ou à l’écoute des segments instrumentaux qui font évoluer le récit. Les arrangements vocaux sont également à leur plus spectaculaire, accentuant tantôt le chant clair par d’éloquentes harmonies et tantôt la voix rauque avec de puissants et oppressifs rugissements. La réinsertion du chant distortionné a vraiment redonné de l’ambition à cet aspect si important du groupe, donnant à Akerfeldt l’aura d’un manitou omniscient capable de déplacer les continents. Il va sans dire que la performance instrumentale est impeccable d’un bout à l’autre, mais notons tout de même l’excellente contribution du nouveau batteur Waltteri Väyrynen qui vient tartiner les pièces de subtilités rythmiques bienvenues.

On peut spéculer sur le sens profond d’un album qui porte les dernières volontés et le dernier testament dans son nom, mais pour l’heure, ce 14e opus dépasse toutes les attentes qu’on pouvait avoir d’un Opeth presque quarantenaire.

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