Il y a quelque chose de merveilleusement sans peur dans le premier album de Niall Mutter Silver. C’est un disque qui refuse de rester sur une voie, sautant entre des moments coquelicot de folk rock sur l’ouverture émouvante « Beau Bassin » et les tons country folk sombres de « Black Water. » Bien qu’il ne soit pas particulièrement fantasque, la voix de Mutter me rappelle aussi un jeune Devendra Banhart, ce qui est un énorme attrait pour moi. Ce qui rend Silver si attrayant, c’est à quel point Nutter est effronté à propos de ces changements de tons.
Plutôt que de se sentir discordant, il y a un côté ludique à la juxtaposition de sensibilités folk coquelicot avec des textures rock indie atmosphériques de mauvaise humeur sur une chanson comme « Je ne veux pas t’abandonner. »La production mérite un crédit particulier. Chaque piste se sent soigneusement arrangée sans jamais avoir l’air trop cuite. Il y a une légèreté même dans les moments les plus lourds de l’album, un sens de l’espace et du temps qui laisse respirer les chansons.
Silver est l’œuvre d’un artiste suffisamment confiant pour mélanger des influences apparemment incongrues en quelque chose de vraiment frais. C’est un album ambitieux de rêverie sans être sérieux, intelligent sans être suffisant, et surtout, c’est un plaisir à écouter.























