Étoile montante de la R&B keb, dit-on depuis quelque temps de Naïma Frank, ce qui se confirme avec ce 18 ans et + bien sonné, et surtout très créatif.
La montréalaise d’origine haïtienne a construit sa réputation tranquillement, en débutant par un mini album en 2022 (Petite fille devient grande), très bien reçu, puis en parcourant les festivals et les concours. Le 30 janvier dernier, elle s’est lancée pour de bon avec un album traversé d’introspection, de révélations intimes et d’une trame alt-électro particulièrement stimulante.
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Cette dernière se dévoile dans une majorité de titres habillés d’atours numériques raffinés, créatifs et colorés avec soin. Joue avec mon corps lance le bal dans un velours somptueux qui rappelle l’époque de Morcheeba. Ailleurs, un foisonnement moléculaire de textures éclatées accompagnent des mélodies amples et sensuelles (Ainsi soit-il; La fin; Dans ma tête).
Entre Stromae et Karim Ouellet
On pense au genre de constructions bouillonnantes de détails comme celles de Stromae, auxquelles on ajoute des textes en symbiose spirituelle comme chez le regretté Karim Ouellet. Ce qui est, avouons-le, pas mal haut placé. C’est en fait dans ces moments que la dame est de loin la plus intéressante et porteuse d’avenir pour la musique francophone keb. Certains titres beaucoup plus pop, tel Félicité, pourtant adoubés par les médias généralistes, me semblent bien moins marquants.
Certaines chansons sont particulièrement touchantes, comme Le même amour, une ode au Papa bien aimé et au sacrifice consenti pour donner un avenir à ses enfants. Un peu partout sur l’album, Naïma fait preuve d’humilité et de transparence sur des sujets personnels et fortement émotifs, l’amour, le rejet, la quête d’identité.
18 ans et + est un album qui témoigne d’une précoce maturité musicale.
Lancement :
Au Pantoum à Québec le 19 mars et
Au Ministère à Montréal le 24 mars























