La qualité première de Jowee Omicil est la communication. Encore cette fois avec sMiLes, le saxophoniste sait installer une ambiance, planter le décor, à la fois divertir et nourrir qui s’y trouve. Saxophones (surtout alto cette fois, aussi ténor et soprano), trompette de poche, Fender Rhodes, piano, voix humaines et bien plus encore. Sauf les saxos, ses instruments de prédilection qu’il joue fort bien, le musicien d’origines haïtienne et montréalaise ne maîtrise aucun instrument à fond mais bien assez pour faire mijoter son savoureux bouillon. Les épices et fines herbes sont le jazz moderne ou contemporain, les musiques afro-antillaises à commencer par celles du 509 (indicatif international d’Haïti). La participation lumineuse de la Marocaine Malika Zarra, une des meilleures chanteuse de jazz à provenir d’Afrique du Nord, étoffe cet enregistrement.
Pour le dessert, le musicien a fait appel à Dominique Fils-Aimé pour une berceuse-complainte sur la joie se confondant avec la peine, pièce d’orientation jazzy-soul – qui pourrait fort bien se trouver sur un album de la chanteuse montréalaise. Le jazz moderne et le jazz contemporain ont toujours été peuplés de grands techniciens au service de grands leaders ou compositeurs, mais aussi de concepteurs inspirés, plus aptes que les autres à créer un langage singulier plutôt qu’à épater la galerie de leurs prouesses techniques. Jowee Omicil fait partie de cette deuxième frange du jazz actuel, son œuvre voit ici naître un onzième chapitre discographique sans surprise majeure, s’inscrivant dans sa propre continuité. Quant au lien de ce projet avec Miles Davis, parlons davantage d’une inspiration qu’une évocation directe. Les traits de Miles ne m’ont pas semblé évidents dans cet album, sauf quelques courts moments – la pièce Shorter Way Pour Marrakech, par exemple. Et on s’en fout à la limite, c’est le résultat qui compte.























