Ex-Orchestra Baobab, Cheikh Ibra Fam trimballe désormais une carrière solo en expansion rapide depuis 2022. On comprend vite pourquoi ce qu’il fait plait tant partout ou il passe. Voici de l’Afropop de haute tenue, bien trempée dans l’écuménisme musical traditionnel d’Afrique de l’Ouest et dans la force d’une production studio digne des meilleures réalisations pop occidentales.
Cheikh Ibra Fam dévoile onze titres inspirés, de facture mélodique archi attrayante et de groovytude communicative. Dans ce paysage sonore parfait pour n’importe quel festival d’été, des sujets qui parlent au coeur et à l’esprit : la famille, le succès, l’amour, l’importance des mères, la confiance en soi, etc.
Cheikh Ibra Fam s’inscrit avantageusement dans une riche lignée d’artistes afro pop d’Afrique de l’Ouest, de Touré Kunda à Ismael Lo en passant par Angélique Kidjo, qui ont essaimé en Occident dans les dernières décennies. Ce vivier culturel n’a manifestement pas fini de nous réjouir.
Prenez le premier titre de l’album, Gnou Mbollo. Il y a quelque chose de Tiken Jah (Fakoly) dans la voix et les lignes harmoniques (moins le reggae). La pièce titre, Adouna, elle, ne détonnerait certainement pas dans un album de Youssou (N’Dour). Bien sûr, Cheikh Ibra Fam y insuffle sa propre personnalité. On en ressort avec une impression de familiarité, mais qui sert de tremplin à une voix unique.
Le succès de l’artiste sénégalais est finalement simple : des chansons mélodiquement attrayantes, habillées de belles et solaires touches de cuivres (trompettes, trombones), doublées ici et là de positives couleurs de flûte ou de kora. On garde le tout en éveil rythmique avec des guitares et des percus toujours bien mises de l’avant. Très peu de temps mort donc, dans un programme que l’on suit avec un plaisir continu à travers les onze plages proposées.
Dans un canevas world-beat de production moderne, on devine aussi les sources plus traditionnelles des rythmes entendus : zouk, kizomba, mbalax, maloya. Toutes les particularités se fondent positivement en une trame groovy et rassembleuse assez irrésistible.
C’est chaud, c’est bon, c’est entraînant, c’est tout ce dont on a envie en ce moment.
Je découvre en lisant la liste des musiciens que le ‘’boss’ lui-même, Jacob Edgar (grande tête pensante et musicale de Cumbancha et de Putumayo) est trompettiste! Il apparaît dans le line-up de plusieurs chansons. Cachottier, va. Il n’a pourtant pas raison de camoufler ce talent car il est assez bon. Comme il habite à Montréal désormais, on le verra peut-être monter sur une scène avec des amis? Au Balattou? Allez Jacob… 🙂




















