The Birds of Marsville fait référence à un guide ornithologique du 18e siècle d’un certain C. Smalloochi, qui y décrit la faune de l’île disparue de Marsville. Cette île située près de l’Île Maurice a été rayée de la carte par une gigantesque éruption volcanique dans le même siècle. Pardon? Jamais entendu parler? En vérité, cela n’a rien de surprenant : tout cela est de la pure fiction (mais gagez que des complotistes finiront peut-être par l’utiliser à leurs propres fins….). Une fiction truculente signée Richard Marsella, alias Friendly Rich, sorte de mix canadien de PDQ Bach, Harry Partch, Captain Beefheart et peut-être Ennio Morricone.
Friendly Rich est basé à Brampton, Ontario, et est ultra actif depuis 35 ans sur la scène underground/avant-garde/expérimentale. The Birds of Marsville est son 17e album. Sa musique est une sorte de douce folie organisée qui semble trempée dans la bonne humeur et le manque de sérieux pleinement assumé. Au final, on est subjugué par la panoplie presque infinie d’atmosphères, d’états d’esprit et d’humeurs que le musicien arrive à conjurer en l’espace de deux plages d’environ 18 minutes chacune.
L’instrumentation est en parfaite symbiose avec le caractère ludique de l’artiste : un orgue de barbarie qui constitue le centre névralgique de toute la partition, des percussions variées, une guitare électrique, un trombone, un tuba, et quelques autres outils qui tombent sous la main du compositeur, également membre du groupe instrumental.
Le caractère carnavalesque de la musique est porté avec une idéale adéquation par l’orgue de barbarie, mais avec une liberté et une spontanéité qui rendent le tout, comment dire, délirant.
Au fil des deux longues plages, on est amené à visiter cette île totalement imaginaire et y découvrir, comme dans une randonnée surréaliste, toutes sortes d’oiseaux improbables tels que le Honker, le Bum Bum et le School Shooters. C’est totalement déstabilisant, mais tout aussi fascinant. Il faut entendre la musique de Friendly Rich pour croire qu’elle existe.
Imaginez un croisement musical du subconscient du Baron Münchausen, d’un rêve hallucinatoire de Tim Burton et d’un cirque pour artistes atteints de délirium tremens, et vous commencerez à avoir une idée de la chose. Ce truc mis en scène avec du visuel à l’avenant serait tout simplement épatant. Ce qui me fait penser que, poussant jusqu’au bout sa logique, Friendly Rich a conçu le vrai faux guide en question avec l’aide de son ami David C Hannan, artiste multidisciplinaire et illustrateur. Si l’aventure vous dit, vous pouvez vous le procurer ici:
https://www.blurb.ca/books/10797695-the-birds-of-marsville
Vous ne devinerez jamais qu’une telle chose existe avant de l’avoir entendue.























