En avril dernier, la compositrice et électroacousticienne Sarah Davachi a enregistré Five Cadences dans son studio perso de Los Angeles. L’instrumentation est frugale : un Mellotron et un magnétophone à ruban, dont elle a exploité les effets de réverbération. Cet EP de six titres comprend également l’extrait d’une improvisation à l’harmonium enregistrée sur scène. Voilà certes un exercice intéressant au chapitre des superpositions de fréquences et de la recherche texturale. Les modulations y sont extrêmement ténues, parfois inspirées des tonalités classiques, laissent néanmoins émerger des caractéristiques plus riches qu’il n’y paraît d’entrée de jeu. Five Cadences a été rendu public à peine un mois après Horae, sorti le 20 mars, qui exploitait des sons très différemment texturés mais servis également sur des courbes longues et peu prononcées. Inspirée de déesses grecques aux portes de l’Olympe, divinités incarnant les balises du temps, cette œuvre constituée d’une triade et de deux autres pièces offre un jeu de textures et couleurs, bourdons assortis d’harmonies étonnamment bienveillantes malgré l’austérité apparente. Doctorante à UCLA, Sarah Davachi a obtenu une maîtrise du Mills College d’Oakland, célèbre pour sa propension aux musiques contemporaines de tradition classique et autres musiques d’avant-garde depuis les années 40. Son œuvre est déjà riche et diversifiée, Sarah Davachi mérite l’attention de tous les amateurs d’ambient et d’électroacoustique.
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