Mieux connu sous le pseudo Oneohtrix Point Never, Daniel Lopatin a créé quelque chose qui ne devrait pas exister, et pourtant, c’est bien là, palpitant d’une vie impossible. La bande originale de Marty Supreme ricoche dans votre conscience comme une balle de ping-pong possédée, rebondissant entre les dimensions avec une précision maniaque.
Travaillant sous son propre nom, comme il l’avait fait pour un autre film des frères Safdie, Uncut Gems, Lopatin livre une bande originale synthétique si complexe et volubile qu’elle fonctionne comme un deuxième scénario. Il s’agit d’un voyage hallucinogène qui oscille entre différentes réalités sonores, chaque battement étant comme un coup de pagaie qui vous propulse dans un autre monde.
Un instant, vous flottez dans des passages fantaisistes, dignes d’un carnaval, qui scintillent comme des bulles de champagne prises dans des lumières stroboscopiques (Endo’s Game). L’instant d’après, vous plongez dans les profondeurs obscures de l’horreur des années 80, où les synthétiseurs grondent et pulsent avec une terreur à la Carpenter (Tub Falls et Vampire’s Castle).
Le film se déroule peut-être dans les années 50, mais la bande originale évoque les années 80, le côté étrange de The Human League et un peu de Brian Eno, filtrés à travers un rêve fiévreux, où des films d’horreur baignés de néons entrent en collision avec une synth-pop enjouée dans les airs et explosent en fragments prismatiques.
Cette bande originale palpitante évolue avec la géométrie frénétique du sport de Marty Supreme lui-même : d’avant en arrière, de la lumière à l’obscurité, de la joie à la terreur, sans jamais s’arrêter, toujours en mouvement. Si vous n’avez pas vu le film, regardez-le, et sachez que l’une des raisons pour lesquelles il vous marquera est la merveilleuse bande originale de Lopatin.























