Pays : Canada / Canada (Québec) / Québec Label : Bravo Musique Genres et styles : pop Année : 2025

Coeur de Pirate – Cavale

· par Marilyn Bouchard

Cœur de Pirate revient avec un septième album rempli d’inspirations des années 80 et de french touch. Articulées autour de la thématique de l’anxiété, sa « relation la plus longue et la plus toxique », les dix chansons abordent la peur de vieillir, de ne plus être pertinente, de voir ses enfants grandir ou de l’apocalypse afin de se libérer de leur contrôle.

Dans des formats pop rythmés soutenus par les synthétiseurs, Nicolas Subrechicot (Zaho de Sahagan) et Renaud Gauvin apportent dynamisme et densité musicale à la coréalisation, alors que l’écriture en finesse de Béatrice ajoute tendresse et chaleur humaine. C’est d’ailleurs lors d’une conversation sur son âme tourmentée avec Gab Bouchard que le concept de cet album, paru le 26 septembre, est né.

Le récit des angoisses commence avec l’histoire d’amour à sens unique Cavale, une ode musicale à Bruce Springsteen où se marient mouvement et regret avec une partition groovy de saxophone par Benjamin Dousteyssier.

La teinte synth-pop s’amplifie en passant à Un autre regret, également sur le couple, versant dans l’électro pour avouer « Je sais que tu me mentirais toujours/Même si tu devais crier au secours ». Les enfants des temps derniers s’ouvre avec un éclat non sans rappeler Taylor Swift, pour évoluer vers un hybride du disco et de la synthwave française, hybride funky et rythmé.

Ensuite, avec Mélancolie, l’environnement sonore devient à la fois plus sombre et plus dance, à propos pour une piste un peu désillusionnée. On peut y scander « Et si mes larmes deviennent la fin/Qu’on lève un verre à mon chagrin », prémisse parfaite à Château de sable, la pièce centrale de l’album où la crainte de voir les enfants grandir est exprimée avec simplicité. L’interlude Pensées intrusives dévoile sans filtre les doutes de tous horizons qui assaillent l’esprit de l’artiste, Instants volés, tout de suite après, ç vient accentuer l’alourdissement de l’atmosphère avec des textures un peu plus glauques et des synthés denses, donnant le ton pour l’électro sombre Terre inconnue. Laisse-moi pleurer, malgré son titre, remonte le niveau d’énergie pour se confier sur l’impossibilité de pouvoir librement vivre ses états d’âme sous l’œil constant du public. La dernière, La cérémonie, nous laisse sur une odyssée hyperpop qui nourrit une espérance lucide.
Malgré le temps qui passe et qui l’inquiète, celle qui « ne sait pas ce qu’elle ferait de sa vie si elle ne faisait pas de musique » demeure pertinente avec cet album à la fois vulnérable et assumé. Même si le doute le parcourt, l’ensemble est musicalement rempli de fun et de pop en honorant une période musicale importante pour l’artiste . Et ce sans réduire la densité des propos.

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