Avec Oiseau de nuit, Antoine Corriveau a sorti en 2025 l’un de ses albums les plus audacieux et les plus vivants à ce jour, marquant une rupture nette avec les atmosphères nordiques, glaciales et mélancoliques qui caractérisaient depuis longtemps sa musique.
Dès le premier morceau, Suzo nous propulse dans un univers où théâtre et groove s’entremêlent, avec des récits flamboyants soutenus par des percussions nerveuses et des ruptures de ton délibérément déstabilisantes. Les morceaux s’enchaînent comme des collages instables, prêts à surprendre l’auditeur avec un rythme hip-hop, une explosion de jazz, un refrain pop ou une pause psychédélique.
On sent que ce projet est le fruit d’un travail sonore minutieux et d’une audace créative véritablement débridée : enregistré à partir d’improvisations et de matériaux sonores assemblés puis recousus, l’album semble respirer d’une vie organique qui lui est propre. Cette méthode donne naissance à un disque riche en textures granuleuses et en surprises harmoniques, où chaque écoute révèle de nouvelles subtilités.
Cependant, Oiseau de nuit n’est pas simplement une expérience abstraite : la mélodie et la narration restent au cœur de l’œuvre, même lorsqu’elle s’éloigne des sentiers battus. Les collaborations — avec Cherry Lena, VioleTT Pi et Rose Perron, entre autres — ajoutent des couleurs et des textures qui enrichissent les histoires de vies imaginaires qui traversent l’album. Soigneusement pensé et exécuté avec assurance, cet album est à la fois une célébration de la liberté créative et une œuvre profondément personnelle. Certains trouveront peut-être son exubérance déconcertante, mais c’est précisément cette audace qui en fait une expérience musicale majeure en 2025.























