Les albums de nouvelles musiques pour trompette classique ne sont pas légions, qui plus est ceux de musique canadienne! Celle présentée ici est majoritairement séduisante et vêtue d’habits harmoniques consonants. On serait dans une bande sonore de film documentaire sur les beautés naturelles du Canada, qu’on ne serait pas surpris.
Le Terre-Neuvien Klaus insuffle en effet une couleur cinématographique aux très belles phrases mélodiques des différents compositeurs. Song of Hope de Peter Meechan est adéquatement touchante et dédiée à la Fondation CancerBlows. Klaus la dédie lui-même à son propre papa, décédé en 2024. Robbie Teehan a construit sa suite Waters of Life en trois mouvements comme un parcours évocateur qui débute avec Flowing Rivers, très animé avec ses roucoulements ondoyants pour le soliste, se poursuit avec la tranquillité apaisante de Autumn Lakeside Rain et se termine avec le lumineux et consolant Ritual of Cleansing. Très très agréable.
Golden Hour de Cait Nishimura dessine un coucher de soleil rayonnant et inspirant alors que First Light Brings New Beginning de Allan Gilliland nous amène initialement dans des zones grisailleuses avant de lever le voile sur un paysage plein de charme et de douce nostalgie. Three Seasons, de Bill Brennan, ajoute une subtile dose de jazz au programme.
Les cinq Inventions pour trompette et électronique de Andrew Staniland nous transportent complètement ailleurs. C’est la seule musique du programme à toucher la dissonance et l’avant-garde sonore, bien que dans un cadre expressif programmatique plutôt que strictement abstrait. Les titres font en effet référence soit au fantastique (Sirens, Ghosts), soit à des animaux (Butterflies, bien que ceux-ci semblent sortir d’un film d’épouvante) ou encore à quelque chose de facilement identifiable (Rip, ou déchirement, un spectaculaire duo pour Klaus avec … lui-même)). The Secret Death Toll of semble décrire un champ de bataille, celui que vous voudrez car la suite du titre est laissée vide. Finalement, ce sera une pièce appropriée n’importe où dans le monde, et probablement pour longtemps encore.
Le choc stylistique entre Staniland et les autres compositeurs pourra en surprendre, et même rebuter, quelques-uns. Qu’à cela ne tienne, la qualité consistante des interprètes, et la beauté des partitions, bien que de natures différentes, rendent le tout fort agréable.























