hip-hop

RTJ + Zack de la Rocha

par Alain Brunet

Le sujet explosif de la violence policière à l’endroit des Afro-Américains est abordé par Killer Mike et El-P depuis les premières offrandes de Run the Jewels. Parmi les classiques du genre, voici Close Your Eyes (And Count To F**k) avec Zack de la Rocha, renommé tribun rap-rock de l’opposition progressiste aux USA.

Run them jewels fast, run them, run them jewels fast
Run them, run them, r-run them, run them, fuck the slow mo

Fashion slave, you protestin’ to get in a fuckin’ look book
Everything I scribble’s like The Anarchist Cookbook
(Look good, posing in a centerfold of Crook Book)
Black on black on black with a ski mask, that is my crook look
How you like my stylin’, bruh? Ain’t nobody stylin’, bruh
‘Bout to turn this mothafucka up like Riker’s Island, bruh
Where my thuggers and my cripples and my blooders and my brothers?
When you niggas gon’ unite and kill the police, mothafuckas?
Or take over a jail, give those COs hell
The burnin’ of the sulfur, God damn I love the smell
Blankets and pillow torchin’, where the fuck the warden?
And when you find him, we don’t kill him, we just waterboard him
We killin’ ’em for freedom cause they tortured us for boredom
And even if some good ones die, fuck it, the Lord’ll sort ’em

We out of order, your honor, you’re out of order
This whole court is unimportant, you fuckers are walkin’ corpses
I’m a flip wig synonym, livin’ within distortion
I’ll bite into a cyanide molar before you whores win
I’m a New Yorkian, I fuck for the jump
I wear my Yankee so tilted I actually walk with a hunch
Look at Mikey, I think he likey, we are sinister sons
(Aye, we the type to beat the preacher with a grin and a gun)

Run them jewels fast, run them, run them jewels fast
Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them
Run them jewels fast, run them, run them jewels fast
Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them

A wise man once said, (« We all dead, fuck it »)
Just spit it disgusting youngin’, and hold your nuts while you’re gunnin’
I listened, tatted a sentence on my dick last summer
Now I’ll never get that phrase off my brain, it’s no wonder
I’m here to buy hearts, I got hundreds, honey
The cheaper the parts, the better buy for the money
I’m trained in vagina whisperin’, glistenin’
Waitin’ for their christenin’, I know the neighbors can’t help but listen in
A dirty boy who come down on a side of dissonance
I can’t even relax without sirens off in the distances
Not shittin’ you, little buddy, this fuckin’ island’s a prison
The only solace I have is the act of conjugal visitin’

My solitary condition’s preventin’ conjugal visits
Go mane and missin’ my misses, they keepin’ me from my children
Conditions create a villain, the villain is givin’ vision
The vision becomes a vow to seek vengeance on all the vicious
Liars and politicians, profiteers of the prisons
The forehead engravers, enslavers of men and women
Includin’ members of clergy that rule on you through religion
(So strippin’ kids to the nude and then tell ’em God’ll forgive ’em)

Run them jewels fast, run them, run them jewels fast
Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them
Run them jewels fast, run them, run them jewels fast
Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them

It’s De La on the cut, liftin’ 6 on your stitchy crew
I’m miles ahead of you, you can sip my bitches brew
My battle status is burnin’ mansions from Dallas to Malibu
Check my résumé, your residence is residue
Call her a skin job and my honey dip’ll backflip for you
You playin’, God your eye sockets, she gon’ rip in two
We sick of bleedin’ out a trace, spray a victim, you
Done dyin’, Phillip AK Dickin’ you
With clips in the bottom, we dippin’ from Gotham
Yes eclipsed by the shadows, a dark dance to the coffin
I’m a fellow with melanin, suspect of a felony
Ripped like Rakim Allah, feds is checkin’ my melody
Yes aggressively tested we’ll bump stretchers and penalties
Dump cases with face and the cop pleas when we seizing a pump
With reason to dump on you global grand dragons
Still pilin’ fast, plus Afghani toe taggin’
Now they trackin’ me and we bustin’ back, see
The only thing that close quicker than our caskets be the factories

Run them jewels fast, run them, run them jewels fast
Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them
Run them jewels fast, run them, run them jewels fast
Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them

Source : LyricFind

Paroliers : Jaime Meline / Michael Santigo Render / Zack De La Rocha

Paroles de Close Your Eyes (And Count to Fuck) © Royalty Network, Cypmp

hip-hop

Terrace Martin feat. Denzel Curry, Daylyt, Kamasi Washington & G Perico : «Pig Feet»

par Rupert Bottenberg

La pause du Blackout Tuesday est terminée, mais cela ne signifie pas un retour aux divertissements insouciants pour autant. Ce n’est pas le moment. Le temps est plutôt venu d’écouter Terrace Martin, auquel se joint le ténor Kamasi Washington (tous deux ont participé à To Pimp a Butterfly, de Kendrick Lamar en 2015) ainsi que Denzel Curry, Daylyt et G Perico. « Quelqu’un m’a demandé comment je me sens, dit Martin. Je lui ai répondu que j’avais mal mais que j’étais en colère, sans peur, conscient et prêt à me défendre, ainsi que ma famille et mon peuple, à tout prix. Je me suis retrouvé avec des hommes noirs qui ressentaient la même chose que moi et j’ai créé une œuvre de vérité. » Quand la musique s’arrête, prenez le temps de lire les noms qui défilent au générique jusqu’à la fin.

soul/R&B

Face of An Artist : «Fucboii»

par Rédaction PAN M 360

Le chanteur soul de Chicago Face of An Artist sort aujourd’hui sur Vevo un clip sobre pour son tout premier morceau, Fucboii, sorti en mars dernier. La simplicité semble être la meilleure façon pour lui de déclarer un amour honnête et sincère, et assumer sa vulnérabilité. Il arbore la couleur violette de la passion entre des moments d’intimité pour un scénario classique et esthétique, qui laisse la place à son propos.

country / folk / rock

Bon Enfant : «Faux pas»

par Patrick Baillargeon

Bon Enfant dévoile aujourd’hui le vidéoclip Faux pas, troisième extrait de son album homonyme paru à l’automne 2019. Le groupe montréalais a fait appel aux talents de Philippe Beauséjour afin de mettre en image cette chanson aux sonorités un peu rétro 70s, rappelant certains airs ludiques de François De Roubaix. Le réalisateur, Philippe Beauséjour, qu’on a pu apercevoir au sein de la formation I.D.A.L.G., a réussi un ingénieux collage dans lequel des découpures de romans-photos des années 50 et 60, des décors en papier construction et des projections s’animent en stop-motion, créant une étrange histoire peuplée de personnages sans visages.

funk / pop

Eve : «Inochi no Tabekata»

par Rupert Bottenberg

Native de la ville japonaise d’Osaka, Eve (le plus récent des nombreux noms de scène de cette auteur, compositeur et interprète anonyme) a débuté comme participant de la scène « utaite », une sous-culture de fans amateurs qui reprennent des tubes vocaux (un créneau passablement étroit). Au cours de la dernière décennie, Eve et son groupe sont devenus une véritable machine à succès avec leur pop-funk hyper-léchée, légère mais à haute teneur calorique. Tiré de leur tout nouvel album Smile, le plus récent single s’intitule Inochi no Tabekata, ce qui signifie « comment manger la vie ». Le clip qui l’accompagne résume énergiquement une série d’animation imaginaire grouillant de toutes sortes de lutins urbains. C’est la toute dernière vidéo d’Eve de la série à présenter le travail d’animateurs japonais, en l’occurrence Mariyusa, dont la maison hantée regorge de détails intéressants; vous la trouverez ici.

Si cela n’est pas encore assez précieux pour vous, voici la même chanson, en version boîte à musique mécanique.

jazz

Electric Ascension Live

par Michel Rondeau

Le 7 septembre 2012, le festival de Guelph, en Ontario, présentait une relecture électrifiée et électrisante d’une des œuvres les plus férocement libres de John Coltrane : Ascension.

La version originelle avait été enregistrée en 1965 avec trois saxos ténors (Trane, Pharoah Sanders et Archie Shepp) deux saxos altos (Marion Brown et John Tchicai), deux trompettes (Freddie Hubbard et Dewey Johnson), deux contrebasses (Art Davis et Jimmy Garrison), un piano (McCoy Tyner) et une batterie (Elvin Jones).

Pour la version réactualisée, le ROVA Saxophone Quartet (Bruce Ackley, saxo soprano, Steve Adams, saxo alto, Larry Ochs, Saxo ténor, Jon Raskin, saxo baryton) était flanqué de Nels Cline à la guitare électrique, Fred Frith à la basse électrique, Carla Kihlstedt et Jenny Scheinman au violon, Chris Brown et Ikue Mori à l’électronique, Rob Mazurek au cornet et Hamid Drake à la batterie. Son : Hayward Parrott et Marc Urselli.

Tourné à cinq caméras, ce concert – publié en DVD et Blu-ray par le label français Rogue Art – sera présenté gratuitement sur Vimeo toute la semaine, soit jusqu’au 25 mai inclusivement, à l’occasion du Grand Confinement.

Merci à Michel Dorbon de Rogue Art.

À écouter FORT!

hip-hop

MC Phylis et Maxime Robin : «Twilight»

par Rupert Bottenberg

Certains artistes font des disques pour fracasser des records de vente. D’autres ont beau en faire, ils restent cassés. Le beatmaker montréalais Maxime Robin, maître du jam à la Dollarama, et son partenaire de placement MC Phylis, sont bien moins que millionnaires, comme ils l’ont clairement indiqué dans la série de mixtapes qu’ils ont produite au cours de dix dernières années – Bling de pauvre, Mix de pauvre, Epopée de pauvre, vous voyez le genre.

« Bling de pauvre, explique Mc Phylis, est le titre du premier mixtape que moi et Max avons fait ensemble en 2010. Du coup, ç’a marqué le concept du band : prendre le prestige du “bling bling” hip-hop, pis le faire avec une attitude punk pauvre.

À partir de là, moi et Max, on a un peu trop trippé, pis on a décidé de faire un maximum de mixtapes avec ce concept. La formule basic hip-hop, beatmaker-emcee, nous plaît bien et représente bien un secteur plus underground de la culture hip-hop keb qui est un peu négligé de nos jours. »

Un de leurs morceaux, Twilight, de 2012, vient de refaire surface sous la forme d’une vidéo d’animation qui donne à la pièce originale un beau poli. On dirait une réflexion surréaliste sur l’ambiance qui entoure la pandémie, assez surréaliste en soi, mais MC Phylis admet que celle-ci n’est peut-être pas aussi honorable qu’elle en a l’air.

« La toune est l’histoire vraie, raconte-t-il, d’une angoisse de weed que j’ai eue sur Sainte-Cath cette année-là. Pour ajouter à l’absurde, fallait que je croise un vieux chum qui m’avait pas vu depuis longtemps. »

Il y a quand-même un rapport entre la COVID et le retour de Twilight.

« Le réalisateur s’appelle Matthieu Bonnier, poursuit MC Phylis. C’est un fan-ami du milieu cinéma-télévision, bien sympathique, qui a une passion bien bénévole pour les artistes underground loufoques de notre genre. Il y a cinq ou six ans, il m’a écrit pour m’annoncer de la manière la plus simple du monde qu’il travaillait tranquillement un clip d’animation pour une toune de McPhylis et Max Robin. Ce qui est super-excitant vu que Bonnier est un professionnel. Il a d’ailleurs travaillé sur un clip de Claude Bégin, entre autres. Tout ça gratuitement.

Faque deux ans plus tard, aucune news du clip, et quand j’en parle à Bonnier, il semble un peu désespéré. Le gars est vraiment occupé par sa carrière en post-production. Alors moi et Max avons fait le deuil de voir ce clip un jour. Et voilà que grâce au COVID, Matthieu Bonnier a trouvé le temps de compléter ce magnifique projet. La toune, datant de 2012, sonnait un peu trop le cul pour la qualité visuelle du clip. J’ai alors décidé de la re-rec pour avoir une meilleure qualité de son. Et voilà, on a reçu un hostie de beau cadeau qui n’aurait sûrement jamais vu jour sans la pandémie! »

électronique

Suzanne Ciani inaugure le nouveau Subharmonicon, signé Moog

par Rupert Bottenberg

Moog, le fabricant numéro un des synthétiseurs modulaires, vient d’annoncer l’ajout d’un nouvel appareil à sa gamme de synthétiseurs analogiques semi-modulaires, le Subharmonicon, qui se distingue par ses timbres générés par oscillateurs et ses possibilités polyrythmiques. Un long cheminement a mené à la création de cette drôle de petite machine, et cette aventure, les gens de Moog la racontent ici (en anglais seulement), du système mathématique mis au point par Joseph Schillinger pour la composition musicale jusqu’au Mixtur-Trautonium (responsable des cacophonies aviaires dans The Birds d’Hitchcock) en passant par le Rhythmicon de Léon Theremin.

Tout ça est très intéressant vous dites-vous, mais à quoi ressemblent les sons qu’il produits? Une démonstration s’impose, et pour ce faire, qui peut le mieux l’exécuter que la pionnière de l’audio électronique, la « diva de la diode », l’Américaine Suzanne Ciani? Surtout quand on considère le nombre stupéfiant de ses innovations (reportez-vous plutôt à l’entrée en anglais, beaucoup plus détaillée que celle en français) et que la pièce qu’elle a créée pour le Subharmonicon – accompagnée des visuels joliment rétro de Scott Kiernan – est un pur délice. Admirez le résultat de leur travail et découvrez les sonorités du nouveau jouet de Moog dans le court métrage Music As Living Matter ci-dessous.

expérimental / improvisation libre

The Necks avec des cordes

par Michel Rondeau

Crédit photo : Camille Walsh

The Necks est cet intrépide trio australien qui depuis une trentaine d’années propose de longues improvisations qui se développent lentement, de façon organique, sans jamais rien brusquer et qui, ce faisant, réussit à explorer des territoires musicaux rares, à la croisée de l’ambient, du free jazz et de la musique contemporaine.

Il est parfois arrivé que les trois musiciens invitent un quatrième musicien à se joindre à eux, un improvisateur de haut vol comme Evan Parker ou Ned Rothenberg par exemple, mais en 2017, leur invité était nul autre qu’un orchestre symphonique au grand complet, le BBC Scottish Symphony Orchestra sous la direction de Ilan Volkov. En fait, c’est plutôt l’inverse puisque la proposition est venue du chef d’origine israélienne et avait pour cadre le festival Tectonics de Glasgow dont il est l’un des commissaires.

Pour les besoins du concert, le batteur Tony Buck avait préparé dix partitions graphiques pour la section des percussions et le contrebassiste Lloyd Swanton en avait fait quatre pour la section des cordes. Avec une soixantaine de musiciens, il fallait en effet au moins établir quelques balises pour éviter que l’aventure ne tourne en eau de boudin. 

La captation de cette événement très spécial – d’une durée de 47 minutes – est disponible jusqu’à la fin du mois sur le site du vénérable diffuseur britannique.

pop-punk

CHAI : «Ready Cheeky Pretty»

par Rupert Bottenberg

Avec la période de confinement qui s’étire en longueur, les soins de beauté et l’art du bien paraître sont en déclin dans le monde entier. Certaines personnes (quelques Américains en tout cas) descendent même dans la rue avec pancartes et fusils d’assaut pour réclamer des coupes de cheveux. D’un autre côté, il y a le quatuor pop-punk japonais CHAI, champion du néo-kawaii et détracteur obstiné des normes de beauté à la con. Ce que ses membres désirent faire valoir est d’autant plus pertinent que la période des coiffures négligées risque de se prolonger. « Keep it real » (Soyez vrai) chantent-elles sur Ready Cheeky Pretty, leur tout nouveau simple, « Imperfect is perfect ! » (C’est parfait d’être imparfait!) La vidéo consiste en un collage animé de peintures colorées de la bassiste Yuuki. Les paroles anglaises (le groupe sait qu’il a maintenant un public international) y apparaît en sous-titre, autant pour la compréhension que le karaoké.

Si cela vous a plu, sachez qu’il y a quelques semaines, à l’occasion du confinement, CHAI a mis en ligne sa reprise de Ue o Muite Aruko de Kyu Sakamoto. Mieux connue des Occidentaux sous le nom de Sukiyaki, cette chanson courageuse et douce-amère qui a été un véritable tube en 1961 – et demeure universellement appréciée, quelque 60 ans plus tard – pourrait être considérée comme le véritable hymne national du Japon.

rock

Destroyer : «Foolssong»

par Alain Brunet

Lorsque Dan Bejar et le groupe Destroyer dont il est le frontman ont entamé un tournée nord-américaine pour défendre la matière de son nouvel album Have We Met, qui pouvait s’attendre à ce que s’arrête l’activité humaine sur la planète entière ? D’ici à ce que les activités sur scène reprennent, vous avez amplement le temps de visionner ce fragment de documentaire et écouter l’album Have We Met tout en lisant notre recension signée Jean-François Cyr.

La tournée de Destroyer a été annulée, bien évidemment. Tourné sur la route par les réalisateurs David Galloway et David Ehrenreich, le clip de Foolssong présente des scènes d’une caravane forcée d’accélérer. soit traverser le continent mord-américain en catastrophe pendant que le monde fait exactement le contraire. « En cette période très particulière, l’expression « Have We Met » mérite moins que jamais un point d’interrogation. Nous n’avons probablement rencontré personne de nouveau depuis le mois de mars, et la cadence de cette déclaration est plus absolue qu’une véritable enquête… Nous étions en train de faire un film. Peut-être le faisons-nous encore, mais c’est difficile à dire… Foolssong est ce qu’il en reste pour l’instant.  » soulèvent les réalisateurs forcés de suspendre leurs activités jusqu’à la reprise des activités publiques de Destroyer, excellent groupe de Colombie Britannique. « Avec un peu de chance, ces paysages étrangers ne donnent qu’un aperçu temporaire d’un monde inconnu, aperçu d’un avenir qui dénote une séparation de soi, un isolement. Mais le bon côté des choses, c’est peut-être un peu plus d’émerveillement. Il faut espérer que cette image ne flétrisse pas. »

  • Les citations et les informations de ce texte sont tirées d’un communiqué promotionnel.

Afrique / afrobeat / jazz africain / jazz-fusion

Tony Allen : 1940-2020

par Alain Brunet

Le concepteur rythmique de l’afrobeat est mort. Sans conteste, le Nigerian Tony Allen fut le plus grand batteur africain de son époque, de surcroît acolyte et directeur musical du célébrissime Fela Anikulapo Kuti. PAN M 360 vous suggère quelques vidéos de ce batteur d’exception, assorties d’un profil biographique.

Sans Tony Allen qui vient de décéder (de causes indéterminées pour l’instant), l’afrobeat nigerian n’aurait jamais existé tel qu’on l’a connu des années 60 à aujourd’hui. Cet extraordinaire batteur fut plus qu’un sideman pour Fela Anikulapo Kuti (de 1968 à 1979), on lui doit la conception rythmique de l’afrobeat dont Fela a récolté le crédit… tout en admettant la contribution cruciale de son fameux batteur et directeur musical au sein du fameux groupe Africa 70, ce qui avait d’ailleurs causé un profond différend entre les deux musiciens. Tony Allen avait réclamé en vain une part de cette paternité, pour ensuite quitter le groupe et s’exiler en France où il a vécu jusqu’à sa mort.

L’afrobeat s’inspirait du funk afro-américain et du jazz, conférant à ces styles une touche africaine absolument distincte. La formidable impulsion rythmique donnée au groupe de Fela était une conception de Tony Allen (jeu singulier sur la caisse claire et au hi-hat tout en maintenant un très puissant back beat), conception reprise par les batteurs subséquents de Féla et tous les groupes d’allégeance afrobeat. De son côté, Tony Allen a progressivement migré vers des hybrides afro-jazz et des collaborations multiples avec des musiciens de plusieurs styles.

Tout récemment, il a collaboré avec le pionnier techno Jeff Mills pour un concert spécial donné à la Philharmonie de Paris – un nouvel album, Tomorrow Comes The Harvest, accompagne ce projet présenté sur scène. En 2016 et 2017, il rendait hommage au répertoire des Jazz Messengers et leur batteur Art Blakey, en témoignent ses propos succincts pour ne pas dire très brefs dans une interview accordée à La Presse.

Tony Allen fut actif sa vie durant, on a pu apprécier ses enregistrements, notamment sous étiquette Comet Records. Il a aussi travaillé auprès de Damon Albarn , soit au sein du supergroupe  The Good, The Bad and the Queen, il a aussi bossé avec Albarn et le bassiste Flea pour le projet Rocket Juice and The Moon. En 2017, sa participation à l’album Yere Faga de la chanteuse malienne Oumou Sangaré fut remarquable. Sa collaboration avec feu le trompettiste sud-africain Hugh Masekela n’est pas non plus piquée des vers.

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