dance-punk

!!! : «Do the Dial Tone»

par Rupert Bottenberg

Une nouvelle parution des vétérans californiens du dance-punk !!! (alias Chk Chk Chk pour la prononciation) est toujours un événement qui mérite trois points d’exclamation. Après l’album Wallop de l’an dernier, le groupe sortira le EP Certified Heavy Kats le 31 juillet. Réalisée par l’animateur berlinois primé Cheng-Hsu Chung, la vidéo de Do the Dial Tone, en donne un avant-goût. Un appel à ne pas manquer.

punk

Jello Biafra et The Guantanamo School of Medicine : «Taliban USA»

par Patrick Baillargeon

L’ineffable Jello Biafra et son Guantanamo School of Medicine viennent de lancer un nouveau clip qu’on n’attendait pas. Taliban USA est leur première chanson en sept ans. La pièce, vitriolique à souhait, devrait se retrouver sur le prochain album du groupe, Tea Party Revenge Porn, qui doit sortir vers la fin de l’été ou à l’automne sous le label Alternative Tentacles de Jello Biafra.

industriel / post-punk

Black & Red : « On The Day The Earth Went Mad »

par Patrick Baillargeon

Jaz Coleman ne décolère pas! Le chanteur de Killing Joke présente avec ce clip son nouveau projet Black & Red en compagnie du maître du didgeridoo Ondrej Smeykal. Coleman, qui est allé chercher jusqu’en Australie pour trouver un virtuose du didgeridoo, s’est finalement rendu compte qu’il en demeurait un pas très loin de chez lui, à Prague! La paire dévoile ici sa première pièce, l’apocalyptique chanson On The Day The Earth Went Mad, qui touche grosso modo aux mêmes sujets préoccupant Killing Joke depuis plus de 40 ans. Ce n’est pas Jaz Coleman qui est fou, c’est le monde qui l’est…

art-punk / post-punk

Low Praise : «Supermind»

par Patrick Baillargeon

Ce trio d’Oakland vient de faire paraître un clip pour son nouveau single Supermind. Formé en 2017, le groupe propose une musique fortement teintée de références post-punk de la fin des années 70, Wire et The Fall en tête, avec un son peut-être un peu plus musclé. Le clip a été tourné et monté à distance durant le confinement en utilisant des images de l’artiste vidéo McHank et des images captées par les téléphones des membres du groupe. Low Praise a deux EP à son actif, Expectation(s) et Tanning Beds, et prévoit sortir un autre single au courant de l’été.

free jazz / jazz

Sun Ra Arkestra : «Seductive Fantasy»

par Rupert Bottenberg

La Terre a fait le tour du soleil 20 fois depuis la sortie de A Song for the Sun, le dernier album du Sun Ra Arkestra. Dirigé par le vénérable saxophoniste Marshall Allen depuis la mort du parrain du jazz cosmique en 1993, l’ensemble a gardé l’esprit explosivement exploratoire de Sun Ra, et en fait sortira un nouvel album à l’automne, sur Strut, label bien funky. En attendant, pour donner un avant-goût, ils ont sorti une nouvelle version de « Seductive Fantasy », à l’origine sur On Jupiter de 1979. Elle est à la fois séduisante et fantastique, d’autant plus qu’elle est accompagnée des images incroyables de Chad VanGaalen, rockeur indie canadien et illustrateur / animateur psychédélique par excellence.

post-rock

Bravery in Battle : «Parmi des millions»

par Rupert Bottenberg

Installé entre Paris et Nantes, le sextet français Bravery in Battle est précis à propos de la bataille qu’il mène. Son nouveau projet ambitieux, The House We Live In – Penser le monde de demain, regroupe un spectacle multimédia, un DVD, un livre et, bien sûr, un album, où de luxuriants paysages post-rock servent de support aux paroles d’un ensemble de voix mondiales dignes d’une oreille attentive – des militants, des scientifiques et des icônes culturelles, tous ayant des perspectives importantes sur la catastrophe de l’anthropocène et sur la manière dont nous pourrions espérer en contrer les effets. Parmi eux, l’astrophysicien d’origine montréalaise Hubert Reeves, qui énonce de dures vérités d’une charmante voix chantée, que l’on peut voir et entendre ici (sous-titrée pour les non-francophones) dans Parmi des millions.

Turning Jewels Into Water : «Our Reflection Adorned by Newly Formed Stars»

par Rupert Bottenberg

Les percussionnistes brooklynois Ravish Momin et Val Jeanty, le duo qui forme Turning Jewels Into Water, sont en train d’élaborer leur propre langage supranational avec batterie et électronique. Sous ce nom, qui est un anagramme des leurs, les deux musiciens et leurs invités transmutent leur flux d’ondes sonores en joyaux brillants (dont les bords sont parfois tranchants) réunis sur leur prochain album Our Reflection Adorned by Newly Formed Stars dont la sortie est prévue pour la fin août. Voici la vidéo de la chanson-titre et premier extrait, pour laquelle le réalisateur Art Jones a transformé les images en fragments déchiquetés et scintillants, créant un séduisant mélange de couleurs et de corps en mouvement.

jazz

Cinéma du Suoni Per Il Popolo

par Michel Rondeau

Encore quelques jours pour profiter du volet cinéma du festival Suoni Per Il Popolo présenté conjointement avec le Cinéma Moderne. La programmation recèle quelques beaux morceaux, à commencer par le documentaire réalisé sur le saxophoniste et compositeur Ornette Coleman en 1985 par la cinéaste Shirley Clarke, Ornette : Made in America.

On se souviendra que madame Clarke – l’une des rares réalisatrices à cette époque – avait lancé son premier long-métrage, The Connection, en 1961. Il s’agissait de l’adaptation d’une pièce de théâtre portant sur une bande de musiciens de jazz accros à l’héro qui, comme dans la célèbre pièce du Velvet Underground I’m Waiting for the Man, attendent la visite de leur revendeur. La bande sonore, signée par le pianiste Freddie Redd dans la tradition du bop en vogue à ce moment, mettait notamment en vedette le saxo alto Jackie McLean. Si ce film est son plus connu, c’est que la plupart des autres qu’elle a tournés par la suite ont eu toutes sortes de démêlés avec la censure aux États-Unis. Ornette : Made in America constitue sa dernière production cinématographique.

Ce portrait du père de l’harmolodique forme une mosaïque complexe composée d’images d’archives, de séquences de fiction, de concerts devant public et d’entretiens. Parmi les personnes interrogées signalons la présence des musiciens Don Cherry et Charlie Haden, qui ont longtemps fait partie du groupe de Coleman, ainsi que celle du compositeur et chef d’orchestre George Russell, des auteurs William Burroughs et Brion Gysin, et même de l’architecte, designer et théoricien Buckminster Fuller.

Précédé d’un court métrage sur le saxo de free jazz Marion Brown tourné en 1967.

Autre programme à signaler, une rétrospective des courts métrages du cinéaste Karl Lemieux. À seize de ses courts métrage expérimentaux – dont le plus ancien, avec musique de Lee Ranaldo, remonte à 1998 – s’ajoutent des extraits de performances multiprojections : avec Jerusalem In My Heart au Suoni Per Il Popolo en 2007, Godspeed You ! Black Emperor au Bataclan de Paris en 2015, BJ Nilssen au 25 FPS International Experimental Film and Video Festival de Zagreb en 2017, et Philip Jeck et Michaela Grill au Foundation for Art and Technology de Liverpool en 2017.

À noter également, dans un programme regroupant divers portraits et documentaires, on retrouve le film Pauline Julien, intime et politique, que la cinéaste Pascale Ferland a consacré à l’égérie du mouvement indépendantiste en 2018, sauf que ce film, comme la plupart de ceux provenant de l’ONF – sauf erreur – sont visionnables en tout temps et gratuitement sur le site de l’Office.

rock psychédélique

Khruangbin : «Pelota»

par Rupert Bottenberg

Dans quelques semaines, le trio texan Khruangbin lancera son nouvel album, le très attendu Mordechai. Pour nous aider à patienter, le groupe vient de sortir une vidéo du savoureux morceau Pelota, un voyage extracorporel dans une dimension d’énigmes géométriques animé par le Glassworks Creative Studio. « Un groupe texan au nom thaïlandais qui chante une chanson en espagnol, vaguement inspirée d’un film japonais », voilà comment Khruangbin présente cette chanson. Quant à la vidéo, nous citerons les paroles telles que chantées par la bassiste Laura Lee, « perdido en una casa surreal » (perdu dans une maison très étrange).

ambient / expérimental

Solipsisme : «Outrage à la morale publique»

par Louise Jaunet

Guitariste dans l’excellent groupe de post-rock montréalais Milanku, François Lemieux peut grâce à l’isolement se consacrer à un nouveau projet solo : Solipsisme. Également artiste visuel, il illustre lui-même son dernier titre d’ambient expérimental Outrage à la morale publique, paru sur la compilation drone Memories of a Lost City du label indépendant japonais Tokyo Jupiter Records, dont toutes les recettes seront remises à Médecins Sans Frontières. Il y propose une remise en question de l’existence à travers un jeu de miroirs en noir et blanc d’extraits poétiques du Triadisches Ballet d’Oskar Schlemmer, créant une danse gracieuse de formes géométriques qui éveillent notre sixième sens. Tel un test projectif de psychologie, la vidéo nous invite à observer les pensées que notre imagination peut parfois laisser échapper du subconscient. La musique qui l’accompagne est d’une esthétique profondément mélancolique, soignée, délicate et intrinsèquement lumineuse.

https://youtu.be/VpWKaKeT77k
jazz / punk

Retorunose : «Haisen Session»

par Rupert Bottenberg

Retorunose est un duo japonais formé de la saxophoniste Ruby Nakamura et du batteur #STDRUMS qui vient de sortir un EP éponyme chargé de deux pièces de jazz-punk sismique de dix minutes. D’autres pièces de leur séance à l’espace artistique indé Zengyo Z ont été captés par le réalisateur vidéo Taro Maruyama – voir ci-dessous. Filmé sous tous les angles, le duo se démène dans une unité d’entreposage en béton/skate park miniature dont toutes les surfaces portent la trace de l’œuvre fébrile de l’artiste Masato Okano. « C’est la salle de musique de ma ville natale », dit Okano à propos du lieu situé dans la banlieue de Tokyo, à Fujisawa City. « J’ai peint mes monstres avec les noms de tous les groupes de mes amis sur les murs. Mon image de l’art vient toujours de la musique ».

Asie du Nord-Est / new wave / post-punk

LeeNalchi : «Tiger’s Third Leg»

par Rupert Bottenberg

Nous avons récemment annoncé la sortie de Sugungga, l’impressionnant premier album de LeeNalchi de Séoul. Le groupe a redonné vie à la tradition du conte musical à l’ancienne du panori en y injectant une bonne dose d’attitude avant-gardiste et de branchitude post-punk. Il vient de lancer la vidéo de l’un des morceaux les plus légers de l’album, Tiger’s Third Leg, qui met en vedette le jeu de jambes de la troupe de danse contemporaine sud-coréenne Ambiguous Dance Company. Attrapez ce tigre par la queue ci-dessous.

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