Jaz Coleman ne décolère pas! Le chanteur de Killing Joke présente avec ce clip son nouveau projet Black & Red en compagnie du maître du didgeridoo Ondrej Smeykal. Coleman, qui est allé chercher jusqu’en Australie pour trouver un virtuose du didgeridoo, s’est finalement rendu compte qu’il en demeurait un pas très loin de chez lui, à Prague! La paire dévoile ici sa première pièce, l’apocalyptique chanson On The Day The Earth Went Mad, qui touche grosso modo aux mêmes sujets préoccupant Killing Joke depuis plus de 40 ans. Ce n’est pas Jaz Coleman qui est fou, c’est le monde qui l’est…
Ce trio d’Oakland vient de faire paraître un clip pour son nouveau single Supermind. Formé en 2017, le groupe propose une musique fortement teintée de références post-punk de la fin des années 70, Wire et The Fall en tête, avec un son peut-être un peu plus musclé. Le clip a été tourné et monté à distance durant le confinement en utilisant des images de l’artiste vidéo McHank et des images captées par les téléphones des membres du groupe. Low Praise a deux EP à son actif, Expectation(s) et Tanning Beds, et prévoit sortir un autre single au courant de l’été.
La Terre a fait le tour du soleil 20 fois depuis la sortie de A Song for the Sun, le dernier album du Sun Ra Arkestra. Dirigé par le vénérable saxophoniste Marshall Allen depuis la mort du parrain du jazz cosmique en 1993, l’ensemble a gardé l’esprit explosivement exploratoire de Sun Ra, et en fait sortira un nouvel album à l’automne, sur Strut, label bien funky. En attendant, pour donner un avant-goût, ils ont sorti une nouvelle version de « Seductive Fantasy », à l’origine sur On Jupiter de 1979. Elle est à la fois séduisante et fantastique, d’autant plus qu’elle est accompagnée des images incroyables de Chad VanGaalen, rockeur indie canadien et illustrateur / animateur psychédélique par excellence.
Installé entre Paris et Nantes, le sextet français Bravery in Battle est précis à propos de la bataille qu’il mène. Son nouveau projet ambitieux, The House We Live In – Penser le monde de demain, regroupe un spectacle multimédia, un DVD, un livre et, bien sûr, un album, où de luxuriants paysages post-rock servent de support aux paroles d’un ensemble de voix mondiales dignes d’une oreille attentive – des militants, des scientifiques et des icônes culturelles, tous ayant des perspectives importantes sur la catastrophe de l’anthropocène et sur la manière dont nous pourrions espérer en contrer les effets. Parmi eux, l’astrophysicien d’origine montréalaise Hubert Reeves, qui énonce de dures vérités d’une charmante voix chantée, que l’on peut voir et entendre ici (sous-titrée pour les non-francophones) dans Parmi des millions.
Turning Jewels Into Water : «Our Reflection Adorned by Newly Formed Stars»
par Rupert Bottenberg
Les percussionnistes brooklynois Ravish Momin et Val Jeanty, le duo qui forme Turning Jewels Into Water, sont en train d’élaborer leur propre langage supranational avec batterie et électronique. Sous ce nom, qui est un anagramme des leurs, les deux musiciens et leurs invités transmutent leur flux d’ondes sonores en joyaux brillants (dont les bords sont parfois tranchants) réunis sur leur prochain album Our Reflection Adorned by Newly Formed Stars dont la sortie est prévue pour la fin août. Voici la vidéo de la chanson-titre et premier extrait, pour laquelle le réalisateur Art Jones a transformé les images en fragments déchiquetés et scintillants, créant un séduisant mélange de couleurs et de corps en mouvement.
Encore quelques jours pour profiter du volet cinéma du festival Suoni Per Il Popolo présenté conjointement avec le Cinéma Moderne. La programmation recèle quelques beaux morceaux, à commencer par le documentaire réalisé sur le saxophoniste et compositeur Ornette Coleman en 1985 par la cinéaste Shirley Clarke, Ornette : Made in America.
On se souviendra que madame Clarke – l’une des rares réalisatrices à cette époque – avait lancé son premier long-métrage, The Connection, en 1961. Il s’agissait de l’adaptation d’une pièce de théâtre portant sur une bande de musiciens de jazz accros à l’héro qui, comme dans la célèbre pièce du Velvet Underground I’m Waiting for the Man, attendent la visite de leur revendeur. La bande sonore, signée par le pianiste Freddie Redd dans la tradition du bop en vogue à ce moment, mettait notamment en vedette le saxo alto Jackie McLean. Si ce film est son plus connu, c’est que la plupart des autres qu’elle a tournés par la suite ont eu toutes sortes de démêlés avec la censure aux États-Unis. Ornette : Made in America constitue sa dernière production cinématographique.
Ce portrait du père de l’harmolodique forme une mosaïque complexe composée d’images d’archives, de séquences de fiction, de concerts devant public et d’entretiens. Parmi les personnes interrogées signalons la présence des musiciens Don Cherry et Charlie Haden, qui ont longtemps fait partie du groupe de Coleman, ainsi que celle du compositeur et chef d’orchestre George Russell, des auteurs William Burroughs et Brion Gysin, et même de l’architecte, designer et théoricien Buckminster Fuller.
Précédé d’un court métrage sur le saxo de free jazz Marion Brown tourné en 1967.
Autre programme à signaler, une rétrospective des courts métrages du cinéaste Karl Lemieux. À seize de ses courts métrage expérimentaux – dont le plus ancien, avec musique de Lee Ranaldo, remonte à 1998 – s’ajoutent des extraits de performances multiprojections : avec Jerusalem In My Heart au Suoni Per Il Popolo en 2007, Godspeed You ! Black Emperor au Bataclan de Paris en 2015, BJ Nilssen au 25 FPS International Experimental Film and Video Festival de Zagreb en 2017, et Philip Jeck et Michaela Grill au Foundation for Art and Technology de Liverpool en 2017.
À noter également, dans un programme regroupant divers portraits et documentaires, on retrouve le film Pauline Julien, intime et politique, que la cinéaste Pascale Ferland a consacré à l’égérie du mouvement indépendantiste en 2018, sauf que ce film, comme la plupart de ceux provenant de l’ONF – sauf erreur – sont visionnables en tout temps et gratuitement sur le site de l’Office.
Dans quelques semaines, le trio texan Khruangbin lancera son nouvel album, le très attendu Mordechai. Pour nous aider à patienter, le groupe vient de sortir une vidéo du savoureux morceau Pelota, un voyage extracorporel dans une dimension d’énigmes géométriques animé par le Glassworks Creative Studio. « Un groupe texan au nom thaïlandais qui chante une chanson en espagnol, vaguement inspirée d’un film japonais », voilà comment Khruangbin présente cette chanson. Quant à la vidéo, nous citerons les paroles telles que chantées par la bassiste Laura Lee, « perdido en una casa surreal » (perdu dans une maison très étrange).
Guitariste dans l’excellent groupe de post-rock montréalais Milanku, François Lemieux peut grâce à l’isolement se consacrer à un nouveau projet solo : Solipsisme. Également artiste visuel, il illustre lui-même son dernier titre d’ambient expérimental Outrage à la morale publique, paru sur la compilation drone Memories of a Lost City du label indépendant japonais Tokyo Jupiter Records, dont toutes les recettes seront remises à Médecins Sans Frontières. Il y propose une remise en question de l’existence à travers un jeu de miroirs en noir et blanc d’extraits poétiques du Triadisches Ballet d’Oskar Schlemmer, créant une danse gracieuse de formes géométriques qui éveillent notre sixième sens. Tel un test projectif de psychologie, la vidéo nous invite à observer les pensées que notre imagination peut parfois laisser échapper du subconscient. La musique qui l’accompagne est d’une esthétique profondément mélancolique, soignée, délicate et intrinsèquement lumineuse.
Retorunose est un duo japonais formé de la saxophoniste Ruby Nakamura et du batteur #STDRUMS qui vient de sortir un EP éponyme chargé de deux pièces de jazz-punk sismique de dix minutes. D’autres pièces de leur séance à l’espace artistique indé Zengyo Z ont été captés par le réalisateur vidéo Taro Maruyama – voir ci-dessous. Filmé sous tous les angles, le duo se démène dans une unité d’entreposage en béton/skate park miniature dont toutes les surfaces portent la trace de l’œuvre fébrile de l’artiste Masato Okano. « C’est la salle de musique de ma ville natale », dit Okano à propos du lieu situé dans la banlieue de Tokyo, à Fujisawa City. « J’ai peint mes monstres avec les noms de tous les groupes de mes amis sur les murs. Mon image de l’art vient toujours de la musique ».
Nous avons récemment annoncé la sortie de Sugungga, l’impressionnant premier album de LeeNalchi de Séoul. Le groupe a redonné vie à la tradition du conte musical à l’ancienne du panori en y injectant une bonne dose d’attitude avant-gardiste et de branchitude post-punk. Il vient de lancer la vidéo de l’un des morceaux les plus légers de l’album, Tiger’s Third Leg, qui met en vedette le jeu de jambes de la troupe de danse contemporaine sud-coréenne Ambiguous Dance Company. Attrapez ce tigre par la queue ci-dessous.
Le sujet explosif de la violence policière à l’endroit des Afro-Américains est abordé par Killer Mike et El-P depuis les premières offrandes de Run the Jewels. Parmi les classiques du genre, voici Close Your Eyes (And Count To F**k) avec Zack de la Rocha, renommé tribun rap-rock de l’opposition progressiste aux USA.
Run them jewels fast, run them, run them jewels fast Run them, run them, r-run them, run them, fuck the slow mo
Fashion slave, you protestin’ to get in a fuckin’ look book Everything I scribble’s like The Anarchist Cookbook (Look good, posing in a centerfold of Crook Book) Black on black on black with a ski mask, that is my crook look How you like my stylin’, bruh? Ain’t nobody stylin’, bruh ‘Bout to turn this mothafucka up like Riker’s Island, bruh Where my thuggers and my cripples and my blooders and my brothers? When you niggas gon’ unite and kill the police, mothafuckas? Or take over a jail, give those COs hell The burnin’ of the sulfur, God damn I love the smell Blankets and pillow torchin’, where the fuck the warden? And when you find him, we don’t kill him, we just waterboard him We killin’ ’em for freedom cause they tortured us for boredom And even if some good ones die, fuck it, the Lord’ll sort ’em
We out of order, your honor, you’re out of order This whole court is unimportant, you fuckers are walkin’ corpses I’m a flip wig synonym, livin’ within distortion I’ll bite into a cyanide molar before you whores win I’m a New Yorkian, I fuck for the jump I wear my Yankee so tilted I actually walk with a hunch Look at Mikey, I think he likey, we are sinister sons (Aye, we the type to beat the preacher with a grin and a gun)
Run them jewels fast, run them, run them jewels fast Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them Run them jewels fast, run them, run them jewels fast Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them
A wise man once said, (« We all dead, fuck it ») Just spit it disgusting youngin’, and hold your nuts while you’re gunnin’ I listened, tatted a sentence on my dick last summer Now I’ll never get that phrase off my brain, it’s no wonder I’m here to buy hearts, I got hundreds, honey The cheaper the parts, the better buy for the money I’m trained in vagina whisperin’, glistenin’ Waitin’ for their christenin’, I know the neighbors can’t help but listen in A dirty boy who come down on a side of dissonance I can’t even relax without sirens off in the distances Not shittin’ you, little buddy, this fuckin’ island’s a prison The only solace I have is the act of conjugal visitin’
My solitary condition’s preventin’ conjugal visits Go mane and missin’ my misses, they keepin’ me from my children Conditions create a villain, the villain is givin’ vision The vision becomes a vow to seek vengeance on all the vicious Liars and politicians, profiteers of the prisons The forehead engravers, enslavers of men and women Includin’ members of clergy that rule on you through religion (So strippin’ kids to the nude and then tell ’em God’ll forgive ’em)
Run them jewels fast, run them, run them jewels fast Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them Run them jewels fast, run them, run them jewels fast Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them
It’s De La on the cut, liftin’ 6 on your stitchy crew I’m miles ahead of you, you can sip my bitches brew My battle status is burnin’ mansions from Dallas to Malibu Check my résumé, your residence is residue Call her a skin job and my honey dip’ll backflip for you You playin’, God your eye sockets, she gon’ rip in two We sick of bleedin’ out a trace, spray a victim, you Done dyin’, Phillip AK Dickin’ you With clips in the bottom, we dippin’ from Gotham Yes eclipsed by the shadows, a dark dance to the coffin I’m a fellow with melanin, suspect of a felony Ripped like Rakim Allah, feds is checkin’ my melody Yes aggressively tested we’ll bump stretchers and penalties Dump cases with face and the cop pleas when we seizing a pump With reason to dump on you global grand dragons Still pilin’ fast, plus Afghani toe taggin’ Now they trackin’ me and we bustin’ back, see The only thing that close quicker than our caskets be the factories
Run them jewels fast, run them, run them jewels fast Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them Run them jewels fast, run them, run them jewels fast Run them, run them, r-run them, r-run them, run them, r-run them
Terrace Martin feat. Denzel Curry, Daylyt, Kamasi Washington & G Perico : «Pig Feet»
par Rupert Bottenberg
La pause du Blackout Tuesday est terminée, mais cela ne signifie pas un retour aux divertissements insouciants pour autant. Ce n’est pas le moment. Le temps est plutôt venu d’écouter Terrace Martin, auquel se joint le ténor Kamasi Washington (tous deux ont participé à To Pimp a Butterfly, de Kendrick Lamar en 2015) ainsi que Denzel Curry, Daylyt et G Perico. « Quelqu’un m’a demandé comment je me sens, dit Martin. Je lui ai répondu que j’avais mal mais que j’étais en colère, sans peur, conscient et prêt à me défendre, ainsi que ma famille et mon peuple, à tout prix. Je me suis retrouvé avec des hommes noirs qui ressentaient la même chose que moi et j’ai créé une œuvre de vérité. » Quand la musique s’arrête, prenez le temps de lire les noms qui défilent au générique jusqu’à la fin.
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