The Mauskovic Dance Band : danser dans le noir

Entrevue réalisée par Rupert Bottenberg

Le Mauskovic Dance Band d’Amsterdam produit un cocktail coloré et cosmo-tropical de styles musicaux marginaux qui tiennent ensemble grâce à la force centrifuge de ses rythmes frénétiques. Le leader du groupe, Nicola Mauskovic, s’est entretenu avec PAN M 360 sur sa tentation d’en faire trop, les ombres derrière le soleil, le club où leur album est né et la direction dub de l’enregistrement qui a rapidement suivi, le récent EP Shadance Hall.

Genres et styles : afro-caribéen / cumbia / dub / électronique

renseignements supplémentaires

« Le plus dur pour moi, c’est de ne pas surcharger les pistes avec plein de percussion, lance Nicola Mauskovic. J’adore créer de nouveaux rythmes, mais il faut faire attention de ne pas noyer une chanson en y mettant trop de congas et de guiras. »

L’observation et d’autant plus sensée que The Mauskovic Dance Band, le groupe que dirige ce musicien et producteur installé à Amsterdam fait une musique qui déborde de partout. Son premier album complet, éponyme, sorti à la fin de l’année dernière sous étiquette Soundway (après plusieurs mini-albums pour le label suisse Bongo Joe) est plein à ras bord de space disco vertigineux, de motifs afro-colombiens effervescents et de punk-funk new-yorkais suintant, le tout baignant dans un bouillon de hurlements hallucinogènes et de chants obsédants, de lignes de basse élastiques, de synthés inquiétants et d’échos mystérieux.

Ç’a l’air vraiment amusant, et ça l’est, mais les apparences peuvent être trompeuses.

La musique de MDB est aussi empreinte d’un malaise subtil mais palpable. « Je pense que la dimension hypnotique de notre musique, en raison de ses rythmes répétitifs, lui donne une caractère un peu sombre, poursuit Mauskovic.

« J’ai l’impression que bien des gens considérent la musique rythmée comme une musique joyeuse, dit-il. Dès qu’il y a une groove, des congas ou d’autres percussions, c’est de la musique de party. Ce qui, pour moi, n’est pas le cas.

« Une grande partie de la musique des années 70 et 80 d’Afrique de l’Ouest – que j’écoute beaucoup – possède, à mon sens, une dimension assez sombre ou mélancolique. Même si ça se danse. La techno a beau avoir été faite pour les planchers de danse, ce n’est pas une musique joyeuse pour autant. »

Disons donc que la musique de MDB n’est pas tant joyeuse que rassembleuse, au sens zoologique du terme. Elle favorise les rassemblements comme mécanisme de célébration et – en temps normal – de survie.

Bien que Mauskovic soit lui-même un musicien très grégaire – avec un curriculum vitæ comprenant les perpétuateurs du rock psychédélique turc Altin Gün, les doyens du garage-rock zambien W.I.T.C.H. et le chambriste pop Jacco Gardner, avec qui il a formé le délirant duo Bruxas – la musique qu’il fait avec le MDB commence de façon solitaire.

« Travailler seul est la meilleure façon pour moi de vraiment expérimenter et d’essayer de nouvelles choses. Je n’ai de compte à rendre à personne et personne n’attend son tour de jouer. Bien entendu, ce n’est que lorsque le groupe se réunit que les chansons prennent vie. »

Le choix du lieu d’enregistrement a aussi son importance. Le Garage Noord d’Amsterdam n’est pas bien entendu du niveau d’Abbey Road sur le plan technique, mais son ambiance est idéale pour Mauskovic et sa bande. « C’est une boîte de nuit assez enfumée le week-end et son espace-studio sert souvent comme fumoir ou lieu d’after-party. Mais c’est aussi ce qui donne à l’endroit son caractère. En fait, c’est l’espace de rangement du club, avec de l’équipement d’enregistrement dans un coin.

« Le groupe s’y sent chez lui. On y programme toutes sortes de musiques, mais en mettant l’accent sur des trucs expérimentaux et des rythmes avec beaucoup de percussion. C’est un endroit où punk et techno se rencontrent. »

L’approche a été un peu différente pour le EP Shadance Hall qui est sort le 17 avril. Il s’agit de quatre nouveaux titres, joués deux fois, « beaucoup plus influencés par le mixage dub et les rythmes dancehall », comme le dit Mauskovic. La face B présente des versions dub ou riddim de la face A.

Du travail avec le producteur Kasper Frenkel dans son studio Electric Monkey, Mauskovic se souvient : « Nous avons réalisé de nombreuses versions différentes des morceaux. En mixant directement sur bande, nous avons expérimenté avec les réverbérations et les échos qu’il y avait dans son studio – et utilisé le studio davantage comme un instrument. »

Si vous êtes curieux de savoir ce que ç’a donné, consultez notre critique du mini-album Shadance Hall, ici même sur PAN M 360.

Tout le contenu 360

Montréal Baroque 2026 | Entre bouffe, whiskey, concerts et découvertes : Plein de sensations juste avant l’été

Montréal Baroque 2026 | Entre bouffe, whiskey, concerts et découvertes : Plein de sensations juste avant l’été

Classica 2026 | 1001 histoires de guitare avec Tommy Dupuis

Classica 2026 | 1001 histoires de guitare avec Tommy Dupuis

FRANCOS 2026 | Évidences et pépites, Maurin Auxéméry défend sa prog

FRANCOS 2026 | Évidences et pépites, Maurin Auxéméry défend sa prog

Jeunesses Musicales Canada 2026-2027 : Mission musique pour tous

Jeunesses Musicales Canada 2026-2027 : Mission musique pour tous

SuperMusique X Le Vivier | La Chorale Joker et le langage des signes

SuperMusique X Le Vivier | La Chorale Joker et le langage des signes

FMCM 2026 | John-Henry Crawford, jeune artiste passionné

FMCM 2026 | John-Henry Crawford, jeune artiste passionné

Classica 2026 | Notre-Dame de Paris symphonique et lyrique, libre vision de Simon Leclerc

Classica 2026 | Notre-Dame de Paris symphonique et lyrique, libre vision de Simon Leclerc

FMCM 2026 | Jens Lindemann, ex-Canadian Brass, se fait plaisir avec un big band tout Montréalais

FMCM 2026 | Jens Lindemann, ex-Canadian Brass, se fait plaisir avec un big band tout Montréalais

FMCM 2026 | Yoanna Prodanova revient à l’une de ses maisons

FMCM 2026 | Yoanna Prodanova revient à l’une de ses maisons

Classica X Le Vivier |  L’hiver attend beaucoup de moi: l’opéra, le féminisme, l’hiver

Classica X Le Vivier | L’hiver attend beaucoup de moi: l’opéra, le féminisme, l’hiver

La vie est un parfum : conclusion de la Trilogie des odeurs de Jacques Kuba Seguin

La vie est un parfum : conclusion de la Trilogie des odeurs de Jacques Kuba Seguin

L’Entracte Cabaret Jazz : Un nouveau club 100% jazz ouvre ses portes à Montréal

L’Entracte Cabaret Jazz : Un nouveau club 100% jazz ouvre ses portes à Montréal

Classica 2026 | Rock symphonique: au tour de Supertramp!

Classica 2026 | Rock symphonique: au tour de Supertramp!

FMCM 2026 |  Cameron Crozman, la musique de chambre droit au cœur

FMCM 2026 | Cameron Crozman, la musique de chambre droit au cœur

La Commission B à Saint-Casimir: « complètement organique »

La Commission B à Saint-Casimir: « complètement organique »

Festival Énergik en Mauricie: musique, manèges, éco-responsabilité, communauté

Festival Énergik en Mauricie: musique, manèges, éco-responsabilité, communauté

FMCM 2026 | Trois midis avec Bach et Sirena Huang

FMCM 2026 | Trois midis avec Bach et Sirena Huang

Classica 2026 | Jorane & Oktopus, « Rêvances sans paroles »… et les mots de Gabriel Paquin Buki

Classica 2026 | Jorane & Oktopus, « Rêvances sans paroles »… et les mots de Gabriel Paquin Buki

Classica 2026 | La longueur sublime des Trios pour piano de Schubert

Classica 2026 | La longueur sublime des Trios pour piano de Schubert

Classica 2026 | Michel Legrand, chant lyrique, symphonie, jazz… Lorraine Desmarais raconte

Classica 2026 | Michel Legrand, chant lyrique, symphonie, jazz… Lorraine Desmarais raconte

La renaissance musicale de Mantisse

La renaissance musicale de Mantisse

SAT | Johnny Jewel de retour à Montréal pour le live set d’une œuvre vaste et impressionnante

SAT | Johnny Jewel de retour à Montréal pour le live set d’une œuvre vaste et impressionnante

Festival de la chanson de Tadoussac, culture, nature au coin du fjord et de l’estuaire

Festival de la chanson de Tadoussac, culture, nature au coin du fjord et de l’estuaire

Classica 2026 | « Le grand tango »: la passion de Denis Plante pour le bandonéon et le violoncelle de Stéphane Tétreault

Classica 2026 | « Le grand tango »: la passion de Denis Plante pour le bandonéon et le violoncelle de Stéphane Tétreault

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné