Ensemble Obiora : on parle de la nomination de Daniel Bartholomew-Poyser comme chef invité principal

Entrevue réalisée par Frédéric Cardin
Genres et styles : classique occidental

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À l’aube de son cinquième anniversaire de fondation (saison 21-22), l’ensemble Obiora franchit une nouvelle étape de son existence en nommant un premier chef ‘’régulier’’. Daniel Bartholomew-Poyser portera le titre de ‘’Chef invité principal’’ et donnera son premier concert à ce titre (il en a donné d’autres par le passé, mais simplement en tant qu’invité) le 31 janvier à Montréal. Bartholomew-Poyser vient également, il y a quelques mois, d’être nommé Directeur musical de l’Orchestre national des jeunes du Canada. Natif de Montréal mais ayant grandi à Calgary, le chef dirigera lors de ce concert a la salle Pierre-Mercure, un programme éclectique constitué d’une symphonie de Haydn, une courte pièce du coloriste Jacques Ibert, le séduisant Pulcinella de Stravinsky et deux oeuvres contemporaines qui témoignent de la mission de l’orchestre : une pièce de l’excellente États-unienne Caroline Shaw et une création du Canadien d’origine iranienne Saman Shahi,Then the sky was amber pour alto et orchestre. J’ai discuté de cette nomination et du concert à venir avec la Co-fondatrice, Directrice générale et artistique Allison Migeon. 

PAN M 360 : Bonjour. Quelle est la signification du titre de ‘’Chef invité principal’’ octroyé à Daniel Bartholomew-Poyser?

Allison Migeon (Ensemble Obiora) : Nous avons toujours eu à cœur de travailler avec beaucoup de chefs (issus de la diversité), pour la bonne raison que nous aimons la possibilité d’en faire connaître le plus grand nombre possible. Mais avec le temps, nous constatons un désavantage avec cette méthode : c’est plus difficile de fabriquer un son cohérent pour l’ensemble. Nous avons trouvé cette formule, qui nous assure une présence régulière, mais pas exclusive, de daniel pour les trois prochaines années, à raison d’un concert par année, en plus d’activités de représentation et d’une présence dans la communauté.

PAN M 360 : Qu’est-ce qui vous a convaincu dans la candidature de Daniel Bartholomew-Poyser?

Allison Migeon (Ensemble Obiora) : Sa compréhension de la mission de l’orchestre, sa vision du développement et son expérience pertinente ailleurs. Il voit très bien où aller, et ça va nous amener ailleurs que ce qu’on envisageait tout en demeurant très complémentaire. 

PAN M 360 : Par exemple?

Allison Migeon (Ensemble Obiora) : Il a à coeur de conjuguer l’interprétation de répertoire niche, basé sur la diversité (compositeurs-trices et interprètes d’origine non-européenne blanche, femmes) avec du répertoire plus ‘’traditionnel’’, mais pas nécessairement ultra connu. Par exemple la Symphonie no 1 de Haydn que l’on jouera le 31 janvier. Sa toute première! C’est rare qu’on la joue en concert.

PAN M 360 : Sa présence aura également l’avantage de mettre un visage régulier sur l’orchestre.

Allison Migeon (Ensemble Obiora) : En effet. Il a très envie de s’investir dans la communauté et d’entrer en contact avec les Montréalais-es.

PAN M 360 : Il est natif de Montréal, mais a grandi à Calgary. C’est un retour à la maison pour lui. Ça a joué dans vos décisions respectives?

Allison Migeon (Ensemble Obiora) : C’est un plus, en effet. Quand on a su, ça a donné un sens encore plus important. Lui aussi est très emballé et touché par l’idée de revenir à Montréal régulièrement. 

PAN M 360 : Le 31 janvier, vous jouerez Haydn, Ibert, Stravinsky, Caroline Shaw et une création de Saman Shahi. Quel est le fil conducteur qui relie les éléments de ce programme?

Allison Migeon (Ensemble Obiora) : L’idée de Daniel est de montrer à quel point l’orchestre est capable d’exceller dans tous les styles, autant le colorisme de Stravinsky et d’Ibert, le classicisme formel et très européen traditionnel de Haydn, que le langage moderne accessible de Shaw et de Shahi. Il veut montrer que Obiora est un orchestre très complet, et que nous pouvons jouer de la nouveauté, inspirée de la diversité, sans mettre la grande tradition à la poubelle. 

PAN M 360 : Parlez-moi justement de cette création de Saman Shahi, un concerto pour alto intitulé Then the sky was amber. 

Allison Migeon (Ensemble Obiora) : Saman s’est inspiré de la force de la nature, particulièrement des manifestations météorologiques qui construisent les tempêtes. On y entend les jeux de couleurs changeant dans le ciel et tout ce qui mène à l’orage. 

PAN M 360 : Quel type de projet aimeriez-vous réaliser dans les années à venir?

Allison Migeon (Ensemble Obiora) : Nous aimerions faire un enregistrement. Nous avons beaucoup de demandes à ce sujet.

PAN M 360 : On vous le souhaite de tout coeur. Merci!

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