La Sala Rosa était pleine à craquer pour la célébration du double-anniversaire de Forró Rasta Paix et Tamboréal Samba Bloco. Alors que le premier groupe célébrait ses deux ans, le second fêtait son tout premier anniversaire.
La soirée a débuté avec Forró Rasta Paix, un groupe composé de cinq membres incluant Fabio Stilben que nous avons eu en entrevue. Alors qu’il chante et joue du triangle, il était accompagné de Pablo Majlis à l’accordéon, Alexandre Monteiro à la flûte traversière, Vovô Saramanda aux percussions et Anit Ghosh au violon ou à la basse selon la chanson.
Nous avons eu droit principalement à des reprises du large répertoire de forró, avec des classiques de Luis Gonzaga entre autres, mais également du xote, un style qui s’apparente au reggae. La piste de danse se remplissait de couples, ce style se danse principalement à deux.
« Pour la prochaine chanson, nous allons inviter notre marraine qui supporte le forro depuis longtemps, Bïa », annonce Fabio avant d’accueillir la grande chanteuse et animatrice brésilienne.
Pour les dernières chansons, Fabio a laissé sa place au triangle à Lissiena Neiva, une autre figure importante de la scène musicale brésilienne à Montréal, principalement dans les rodas de samba, pour se concentrer entièrement au chant. Cela lui a permis de se défouler plus librement et de danser même.
Mon coup de cœur de la soirée était la reprise de Vamos Fugir, de Gilberto Gil mais surtout Bebê de Hermeto Pascoal, parfaitement maitrisée par Alexandre Monteiro et sa flûte.
Comme Fabio nous l’avait décrit lors de notre entrevue, la soirée a commencé avec des morceaux plutôt calmes avant de terminer en véritable fête aux allures de carnaval. Le public dansait dans tous les sens, chantait toutes les chansons par cœur et avait même initié une sorte de tunnel qui circulait dans toute la salle. Bref, après le premier set, la barre était déjà bien haute.
Après une courte pause, Tamboréal a ouvert le bal avec deux morceaux joués par les étudiants. En effet, en plus d’être un groupe de percussionnistes, Tamboréal offre également des cours de percussions depuis quelques mois et c’était la première prestation devant public de ces étudiants. S’en est suivi le véritable collectif Tamboréal Samba Bloco, composé de 18 percussionnistes, 3 musiciens : basse, guitare électrique et cavaquinho, et bien entendu, le chef d’orchestre Carlos, avec qui nous nous sommes entretenus.
Chacun des musiciens a eu la chance de chanter sur certains morceaux mais le reste du temps, c’était la chanteuse Thaynara Perí qui occupait parfaitement ce rôle. Elle alternait entre son instrument percussif et le chant, mais c’était clairement dans le chant qu’elle brillait. Malgré le bruit imposant des percussions, on entendait tout de même sa voix qui portait.
Leur répertoire est composé de reprises mais également de compositions originales, notamment un morceau qui porte le nom du groupe.
« J’aimerais qu’on applaudisse tous les amateurs de Capoeira et ce qu’ils ont fait pour faire connaitre cet art martial à travers le monde », dit Carlos avant de présenter le morceau « Capoeira ». Tout comme Thaynara, il alternait entre son rôle de chef d’orchestre, de percussionniste et de MC puisqu’il prenait la parole entre les morceaux pour fournir du contexte ou parler des morceaux.
Certains morceaux avaient des allures plutôt rock, en partie grâce à la guitare électrique, mais sinon on a eu droit à un mélange de samba, forró, maracatu et de axé.
Carlos a même pris le temps d’inviter Fabio sur un morceau, accentuant cette idée de collaboration. Pendant ce temps, dans le public, les gens se mettaient à faire des danses en ligne, certains s’improvisant profs de danse alors que d’autres suivaient les pas derrières.
« Il nous a fallu beaucoup d’heures de travail, de l’amour, de la sueur pour vous offrir un spectacle comme celui-ci, j’espère que vous en profitez bien », nous partage Thaynara en portugais, entre deux chansons.
J’ai l’impression que ces soirées double-anniversaires risquent d’être un rituel puisque c’est déjà la deuxième fois que ces deux groupes célèbrent ensemble. Et même s’il y avait un autre événement majeur dans la communauté brésilienne cette fin de semaine (Sambakana), cela n’a pas empêché d’avoir une bonne foule à la Sala Rosa, autre indicateur de la taille importante de la communauté brésilienne à Montréal. Il y en a pour tous les goûts.























