Dimanche après-midi, à la Salle Bourgie, avait lieu le concert Noël baroque à Montréal présenté par l’Ensemble Arion, orchestre baroque. C’est un choix audacieux que le directeur artistique Mathieu Lussier a fait avec ce concert se voulant « immersif » dans la vie montréalaise en 1780 en y incluant pour la grande majorité des compositeurs inconnus du public.
Le concert s’entame sur un motet intitulé Cantate Domino, interprété par la soprano Janelle Lucyk accompagnée au serpent, un instrument à vent d’époque utilisé traditionnellement en tant que basse. L’interprétation de la pièce se fit dans une douceur teintée d’introspection laissant place à l’immersion immédiate du public dans l’atmosphère hivernale des Fêtes.
Nous avons ensuite eu le plaisir d’entendre la première symphonie d’un cycle de six symphonies de Michel Corrette autour de la thématique des Fêtes, ainsi qu’un hymne de Capel Bond intitulé Blessed Be the Lord God of Israel « for Chrismtas Day ».
Cependant, ce sont les sept cantiques suivants qui ont retenu mon attention. Ces petites cantates se trouvent à avoir été composées ici même par une Ursuline au début du 19e siècle dans le but de remplacer les chants de taverne trop souvent chantés à cette époque. Si, en théorie, ces cantiques illustrent parfaitement le milieu musical montréalais au tournant du 19e siècle, ceux-ci se sont perdus dans le concert par leur simplicité et par une harmonisation que Mathieu Lussier définit lui-même de « parfois maladroite ».
Après une série d’hymnes par divers compositeurs de France et du Royaume-Uni, ainsi que la 4e symphonie de Michel Corrette et des extraits de la pièce A Christmas Tale de Charles Dibdin (une des seules pièces du concert n’étant pas religieuse), le concert s’est terminé avec un arrangement d’extraits du Messie de Handel. Le but de cet exercice était d’illustrer comment, avec peu de moyens et d’effectifs, certaines pièces aussi grandioses que celle-ci pouvaient être jouées à l’époque sans chœur ou même sans soliste. Les deux premiers extraits. Thou Art gone Up on High et The Trumpet Shall Sound ont été joués de manière purement instrumentale, ce qui a permis à Mathieu Lussier de nous montrer la virtuosité du basson reprenant la partie solo. La soprano a rejoint le reste de l’orchestre pour clore le concert avec l’air If God Be for Us.























