Ambient Folk / électronique / folk expérimental

POP MTL | Jules Reidy, le fil d’une histoire mystérieuse

par Félicité Couëlle-Brunet

Vendredi soir à POP MTL, j’ai croisé par hasard l’univers de Jules Reidy, artiste de Berlin, originaire d’Australie.

Tout a commencé presque incognito. Après le concert de Una Rose, alors que la scène se vidait dans un va-et-vient de techniciens, une silhouette discrète déposait une guitare classique, puis une autre électrique, suivies d’un ordinateur et de quelques contrôleurs déposés sur une petite table centrale. Avec son allure modeste, on aurait juré qu’iel faisait partie de l’équipe technique.

Puis, les lumières s’éteignent. Silence. Jules revient, cette fois seul. Pas un technicien, mais bien l’artiste. Iel s’avance avec délicatesse, prend sa guitare électrique et se place devant le micro. Chaque geste est mesuré, tendre, presque timide. Peu à peu, une présence s’installe, subtile et magnétique.

La première note résonne. La voix se déploie, douce et narrative, comme un fil qui nous guide à travers une histoire mystérieuse. Derrière, des textures électroacoustiques se construisent graduellement : nappes étranges, enveloppantes, constantes, auxquelles la guitare répond avec une précision et une intention frappantes. Les deux univers s’emboîtent parfaitement, créant un équilibre hypnotique.

Des effets vocaux autotunés viennent se greffer, rappelant une pop dure et éthérée, dans la continuité de la soirée qui annonçait le set suivant, celui de Chanel Beads. Les boucles s’accumulent, ralentissant le temps, plongent la salle dans une transe douce. On n’écoute plus seulement de la musique : on flotte dans un espace suspendu.

Jules dépose sa guitare électrique, ajuste patiemment ses textures électroniques, avant de revenir avec l’acoustique. Plus brute, plus rugueuse, elle décale l’atmosphère, ajoutant une profondeur inattendue. Toujours avec grâce, toujours en prenant son temps, iel laisse chaque son respirer, chaque silence compter.

Et le public, captivé, se laisse happer par cette lente construction, comme si on assistait à une cérémonie intime où tout se déploie avec intention.

Un moment rare. Hypnotique. Touchant.

Jules Reily ne donne pas un concert : iel ouvre un passage, un espace où le temps devient émotion.

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