Vous aurez tôt fait de le kiffer ou le réprouver, vous en entendrez assurément parler. Infinite Coles, le fils queer de Ghostface Killah, est une arme nucléaire pour neutraliser toute homophobie, transphobie et autres intolérances planétaires. La demi-heure passée devant sa face valait la soirée entière à vadrouiller d’un bar à une salle à une boutique réaménagée en salle de concert.
Le Bal Bizarre de Pop Montréal, prévu vendredi au Rialto Hall (à l’étage du théâtre), avait pour invité principal ce rapper, chanteur, danseur, meneur, bref une créature très spéciale que l’univers a engendré.
SweetFaceKillah, comme l’indique le titre d’un album lancé l’an dernier en guise de boutade au paternel, assume tout.
La tornade est réelle, tangible, mémorable.
Cette très courte performance produit cet effet rare d’excitation lorsqu’on découvre une bombe de la pop culture.
Son look fusion femme-homme, drag sur les bords mais pas complètement, est majestueusement assumé. Son flow est hallucinant et il sait chanter. Il danse en toute aisance avec ses potes, toustes maîtrisent les patrons chorégraphiques du hip-hop, soul/R&B. Le mouvement des corps est aussi induit par les énergies house, dancehall (batty boy cité au passage), afrobeats, footwork, jungle, funk et plus encore.
Srylistiquement, Infinite Coles aime se décrire comme un caméléon, il apparaît pot ma part simplement ouvert à tout et maîtrise déjà les dosages de ses nombreuses inclinations qui font sa marque. Il faut insister, les entertainers de ce calibre ne sont pas légion, forcément moins visibles chez les Blacks non binaires à l’échelle planétaire, on ne vous fera pas un dessin.
On ne peut donc que prendre la claque, et accueillir cette expression afro-descendante ou afro tout court. Il va sans dire, la culture afro-américaine n’échappe pas à cette dimension bien réelle de l’humanité en profonde mutation. Et dont Infinite Coles deviendra possiblement une figure emblématique.
Alors il y a au fond de la salle un DJ avec des oreilles de minou. Il y a au centre un proscenium bas, ceinturé par le public. Il y a au centre des mecs qui dansent et galvanisent tous les humains présents. Il y a des pièces essentiellement construites sur le rythme et le verbe, desquelles des beatmakers ont créé des environnements propices à l’extase musicale. Il y a une formidable bête de scène, ruisselant de sueur dans ses fringues androgynes.
À moins qu’il se tire lui-même dans le pied, ou qu’il soit victime d’un grave accident de parcours, Infinite Coles a toutes les chances de relayer son Wu-Tang Clan de père à travers un spectaculaire (et très divertissant) conflit de génération entre queers et mâles alphas. Fort probablement, c’était la première et la dernière fois qu’on le voyait au Rialto Hall.























