dancehall / reggae

PAN M 360 aux Nuits d’Afrique 2024 | Queen Omega, du haut de son trône

par Sandra Gasana

Willy B Rose était à l’animation lors du spectacle tant attendu de la Reine du Reggae, venue accompagner l’Entourloop avec qui elle collabore depuis plusieurs années déjà. À ma grande surprise, nous avons débuté avec Queen Omega, le public étant venu majoritairement pour voir le groupe français qui compte plusieurs fans à Montréal. 

L’icône du reggae Trinidadienne était accompagnée pour l’occasion par The Royal Souls, composés par Ons Barnat aux claviers, Thomas Broussard à la guitare, Thierry « Titi » Lechauve à la basse et David Dub Akom à la batterie.

Ce sont d’abord les musiciens qui préparent le terrain pour accueillir la Royauté sur scène, dont la voix se fait déjà entendre au loin. Et quoi de mieux que de débuter avec Fittest, tiré de son plus récent album Freedom Legacy, un des morceaux phares. Avec sa longue robe orange, et son turban légendaire qui fait sa signature, elle débarque sur scène telle une reine. Elle enchaîne sans transition avec Make a Sacrifice, durant lequel il y a eu un petit souci technique avec le micro, suivi de Judgement, avec la participation du public sur le refrain. Elle saute sur scène, fait des pas de militaires par moment, bref cette Queen est en bonne forme physique.

« C’est bon d’être ici Montréal », dit-elle en anglais, ne parlant pas la langue de Molière malgré ses nombreux séjours dans l’Hexagone. Sur Dirty Minds, elle parle de corruption qu’elle veut éradiquer avant de poursuivre avec Bite the Dust.
« Je sens votre énergie, merci beaucoup. C’est le temps du renouveau », annonce-t-elle.
Elle fait une magnifique reprise d’Amazing Grace, qu’elle a renommé Jahmazing Grace, en y ajoutant sa petite touche, mixant reggae et dancehall. Par moment, nous avions l’impression d’être dans une église aux États-Unis. Elle saute en l’air, danse avec le guitariste, parfois en transe, chantant Glory et terminant avec un Halleluia
Elle fait un saut en arrière dans le temps lorsqu’elle chante Ganja Baby, tiré de son album Away from Babylon, paru en 2004. « Bravo au gouvernement du Canada d’avoir légalisé la Ganja ici. L’herbe n’est pas une drogue, c’est une plante, mais il ne faut pas en abuser », rappelle-t-elle à l’audience qui semble apprécier ses paroles.
Elle est complètement en feu lors du morceau Elevate mais mon moment préféré de la soirée est sans aucun doute lorsqu’elle nous partage un nouveau son comme Head Above the Water, avec son message d’encouragement qui a suivi. « Même quand les choses semblent insurmontables, dites-vous que ça passera ! Ne baissez pas les bras ! », dit-elle sous des applaudissements d’appréciation.

« Est-ce que vous vous souvenez de I Can’t Breathe ? Vous vous souvenez de Black Lives Matter ? », demande-t-elle à la foule avant de jouer Elimination. Elle fait quelques pas de danse, fait même le robot à un moment donné, en plus de danser et sauter sur la scène. Une chose est sûre, cette reine a une présence scénique incontestable et est infatigable.
Elle ne pouvait pas partir sans rendre hommage aux femmes, ce qu’elle fait dans Black Woman. « Encouragez les femmes, aimez-les, vénérez-les ! » déclare-t-elle. Et en s’adressant directement aux femmes : « Femmes, gardez votre couronne sur la tête et gardez la tête haute ! Je vous aime. »

Elle a gardé le meilleur pour la fin, notamment le succès planétaire qui l’a fait connaître mondialement, le morceau No Love, suivi de Local, sur lequel elle se revendique comme une chanteuse internationale et une ambassadrice du Reggae. Cela a permis à la foule de se défouler à fond et d’être prêts pour L’Entourloop. 

Je suis restée sur ma faim car j’en voulais plus. Une heure de performance n’était pas assez pour les spectateurs venus voir Queen Omega. Espérons qu’elle reviendra pour un show complet très bientôt.

J’ai eu le temps de voir quelques minutes de l’Entourloop avant de partir. Je ne connaissais pas du tout le groupe ni le concept mais ce que j’ai cru comprendre, c’est qu’il s’agit d’un duo de DJ d’un certain âge, qui mixe des sons reggae mais aussi dancehall, dub, ragga, downtempo et hip-hop, accompagnés d’un trompettiste et deux MC qui animent la soirée en chantant et rappant principalement en anglais. La salle était principalement composée de français et sur l’écran derrière eux, des animations de toute sorte. Lorsque j’ai quitté le MTelus, le public avait l’air de s’éclater.

Crédit photo: Nuits d’Afrique

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