rock / rock n' roll

POP MTL | Pag au Rialto, coolitude éternelle

par Florence Cantin

Mercredi soir, on entre au Rialto comme on descend dans un sous-sol d’église. L’ambiance ressemble à celle d’une assemblée clandestine. À peine une poignée de spectateurs s’était déplacée pour la première partie d’Erika Hagen, puis est restée pour Michel Pagliaro… Le public bigarré, allant de la vingtaine à l’octogénaire, est cordé sur deux rangées de chaises disposées en demi-lune. Pris d’une nervosité parasociale, tous attendent avec fébrilité de voir si leur souvenir de Pag correspondra à la prestation qui allait imminemment commencer.

« Voyons, j’ai l’impression d’être dans le Grand Canyon », lâche Pag, contrarié par le son, avant de passer complètement à autre chose. « C’est ça le rock and roll ! », ajoute-t-il, présentant son groupe avant même la première note.

Pas de mauvaise surprise. Fier derrière ses lunettes de soleil, Pag est fidèle à lui même, légendaire et tout en voix. Après la troisième chanson, Dangereux, l’ambiance se réchauffe. Le Rialto se remplit. Les sédentaires abandonnent leur siège pour rejoindre l’avant-scène. Ça sonne comme une tonne de brique, setlist de béton, juste des hits, évidemment. Tant mieux pour nous puisque dans le style, toute forme de demi-mesure est prohibée.

Le guitariste Corey Diabo connaît toutes les notes. Les messieurs font de l’air guitare, espérant accrocher le regard de Diabo au détour de ses nombreux solos. Le plus fringant d’entre eux sourit : « Il faut se détendre et se laisser aller, la jeunesse ! ». L’invitation à la danse est sans équivoque. Je les joins.

Loin des émeutes de Jonquière, l’armée ne s’est pas invitée cette fois-ci. Cinquante ans plus tard, moins de bière vendue, mais des chansons qui, comme la face à Pag et sa voix, portent joliment les marques du temps.

Photo: Charles-Antoine Marcotte

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Afrique / haïtien / kora

Jean Jean Roosevelt et Ballaké Sissoko : une connexion Haïti-Mali

par Sandra Gasana

Ce n’est pas souvent que les communautés africaines, aussi diverses soient-elles, et la communauté haïtienne se retrouvent dans le même espace pour un spectacle. Eh bien, c’était le cas hier soir, lors du concert au Balattou mettant à l’honneur l’artiste haïtien Jean Jean Roosevelt et son invité spécial Ballaké Sissoko, un virtuose de la kora originaire du Mali.

La soirée a d’abord débuté avec un volet solo de Jean Jean Roosevelt en mode guitare-voix, durant lequel il a joué « Dessine ta destinée ». Clairement, son fan club était bel et bien présent au Balattou puisqu’on les entendait chanter sur les morceaux les plus populaires de l’artiste comme « Agoye » ou encore « Acclimatisation ».

« Ce soir, je ne suis pas seul, j’ai l’honneur d’accueillir Ballaké Sissoko », annonce-t-il devant une salle en ovation, avant d’entonner « L’Île de Gorée ». Très humblement, le maitre de la kora s’est installé devant son instrument, avant de le mélanger à la guitare de Jean Jean. Le temps était suspendu, le silence régnait dans la salle de spectacles, mis à part quelques spectateurs bruyants qui dérangeaient leurs voisins à proximité.

À plusieurs reprises, Jean Jean faisait participer le public qui se prêtait plutôt bien au jeu. Il est l’un des rares artistes qui a contribué au rapprochement entre les peuples africains et le peuple haïtien. Cette initiative en est un exemple concret. On sentait la complicité entre les deux artistes et par moments, Ballaké émettait des sons comme « yeah », lorsque Jean Jean chantait, semblant approuver ce qu’il entendait.

Puis, est venu le tour de Jean Jean de nous laisser avec Ballaké afin qu’il ait également son moment solo. Et c’était reparti pour une session de planage. Son doigté sur les cordes de la kora était tout à fait éblouissant et berçant à la fois, ses mouvements de corps allant aux rythmes des sonorités émises par son instrument.

Mon moment préféré restera la chanson dans laquelle il rend hommage à sa fille de 13 ans, Maimouna, née prématurément. On ne voulait pas que le morceau s’arrête et lorsque c’était le cas, la salle s’est mise debout pour une deuxième ovation.

« Derrière ce concert, il y a une femme qui a rendu tout cela possible. Elle connaissait Ballaké, elle nous a mis en contact, et aujourd’hui nous sommes là ! », nous a raconté Jean Jean entre deux chansons, avant de nous présenter une certaine Nadine.

Le concert a terminé avec un retour en formule duo des deux artistes, entre guitare et kora, et cette fois-ci Jean Jean avait deux micros à sa disposition passant de l’un à l’autre selon les effets souhaités. Dans la chanson « Libres ensemble », il insère d’ailleurs le lingala, la langue parlée en République démocratique du Congo, autre indicateur de la curiosité et de l’ouverture artistique de l’artiste. Il semblait d’ailleurs très ému après la chanson qui lance un appel aux Africains afin qu’ils visient Haïti. Il a terminé en force avec « Pinga » qui a fait bouger le Balattou avant de clôturer la soirée. Tous les amateurs de kora et de musique ouest-africaine en général étaient présents et se sont rués vers Ballaké Sissoko pour des photos alors que le fan club de Jean Jean se pressait pour aller saluer leur artiste préféré. On devrait avoir plus de ces espaces de communion entre l’Afrique et Haïti, plutôt que de les percevoir comme des silos. Une chose est sûre: Jean Jean Roosevelt sera un des précurseurs.

Crédit Photo: Peter Graham

danse / musique contemporaine

Sororité bienveillante des Veilleuses à la salle Bourgie

par Frédéric Cardin

Neuf femmes sur scène, dans une sorte de grande geste théâtrale où sont évoquées toutes les facettes d’une sororité riche et complexe. De la bienveillance (surtout) à l’abandon, de l’exclusion à la réconciliation. 

Les Veilleuses, de Simon Renaud (chorégraphie et conception) et Romain Camiolo (musique) se sont donc levées mercredi soir à la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal. Une rare incursion de la salle de musique classique dans l’univers de la danse (la première? Je ne peux le confirmer…), mais une bien belle réussite. Il faut dire que le spectacle des Veilleuses est autant chorégraphique que musical. Six des neuf interprètes sont des chanteuses dans la vie : Marie-Annick Béliveau, Salomé Karam, Kathy Kennedy, Elizabeth Lima, Hélène Picard et Ellen Wieser. Celles-ci ont fait équipe avec les danseuses professionnelles Marie-Hélène Bellavance, Nasim Lootij et Ingrid Vallus. 

On n’a bien sûr pas demandé aux danseuses de chanter pleinement, ni au chanteuses de faire des contorsions trop acrobatiques, mais la mise en espace avait manifestement pour but d’intégrer toutes les participantes à une seule communauté, celle de ces femmes de plusieurs tailles et gabarits, quoique pas trop hétérogènes. De manière assez abstraitement suggestive, ces femmes ont parcouru l’heure et quelques du spectacle pour exprimer différents états d’âme et surtout les moyens de les affronter ensemble, parfois désunies, ou de les partager entre toutes. 

La pièce est déclinée dans un rythme lent et mesuré. Ces femmes évoluent dans un monde de ressenti mutuel qui prend le temps de s’exprimer et d’être accueilli. C’est la musique qui sert de puissant liant de l’ensemble psycho-émotionnel du spectacle, en appui à la cohérence visuelle des costumes, soit des robes de différentes teintes chromatiques liées au jaune-orangé-brun-ocre. La dite musique, toute vocale (sinon un drone électro préenregistré agissant comme coussin harmonique) et essentiellement tonale, est bien entendu interprétée par les chanteuses du groupe, qui agissent à la fois comme l’incarnation émotionnelle de chaque unité individuelle mais aussi comme coalescence de la relation de groupe. La partition de Camiolo est belle et semble progresser, du moins c’est l’impression que j’ai eue, selon une évolution chronologique historique. 

Au tout début, les voix prennent une apparence collective de chœur grec, dans une expression de type modal qui évoque subtilement quelque chose de très ancien, peut-être archaïque. Plus loin, on entend quelque chose comme un air médiéval. Plus loin encore, ça se rapproche de la chanson folk ou populaire. Mais ce sont là des moments brefs, émergeant d’une trame plus ample et soutenue de longues lignes mélodiques qui ne déplairaient pas à plusieurs compositeurs ou compositrices actuels faisant dans le choral néo-mystique. À quelques reprises, les harmonies se resserrent, jusqu’à saturation et grincement rugueux. C’est dans ces moments, comme le soulignait le compositeur dans l’entrevue que j’ai réalisée avec lui et le chorégraphe à propos du spectacle (ENTREVUE À ÉCOUTER ICI) que les femmes de cette sororité symboliste semble s’éloigner les unes des autres et dissoudre leurs liens. La tactique est simple, mais efficace. 

En fin de compte, Les Veilleuses est un regard assez juste et poétique sur la force, mais aussi sur les périls, d’une communauté féminine qui a, depuis des millénaires maintenant, dû se serrer les coudes devant l’adversité et se donner la main dans les épisodes lumineux. 

Les Veilleuses est un spectacle beau et complet, complexe mais pas hermétique, et surtout parfaitement adapté à une large possibilité d’engagements : dans des festivals de danse comme de musique ou de propositions transdisciplinaires. Un lancement parfaitement adéquat pour la série Arts croisés de la salle Bourgie.

Les Veilleuses est une coproduction de Amour Amour, la Salle Bourgie, Chants Libres et Corpuscule Danse.

électro-indie / Experimental / indietronica / musique contemporaine

POP MTL | L’ambiance hypnotique et le silence sous-jacent de múm

par Loic Minty

La foule remplissait le Théâtre Fairmount enfumé. Composée de fans de longue date du groupe culte et des habitués du festival Pop Montréal, elle était avide de quelque chose qui sorte de l’ordinaire. Depuis sa création dans la vague originale de l’indietronica, múm est connu pour son mélange éclectique de personnalités et son approche exploratoire, en particulier dans ses performances live.

Le concert d’hier soir n’a pas tout à fait répondu aux attentes d’une musique plus libre, mais le groupe a tout de même réussi à créer une atmosphère unique dans laquelle on pouvait se perdre. Des tempos lents, des samples électroniques industriels et des guitares shoegaze ont donné cette étrange sensation de trip-hop des années 90, une humeur à la fois élixir et poison, dans laquelle on a envie de se reposer, mais pas trop longtemps. Heureusement, le concert était bien équilibré sur le plan émotionnel et comprenait des morceaux plus légers et mélodiques qui ont remonté le moral ; la présence scénique du violoncelliste était élégante et captivante.

Mais entre l’orchestration maussade et les voix aiguës et aériennes, j’avais l’impression qu’il manquait quelque chose dans le mélange, peut-être l’absence de basse, qui rendait les rythmes creux. Même si tout le monde était dans le tempo et que le batteur avait une excellente compréhension des dynamiques, les chansons avaient toutes un silence sous-jacent qui ne cadrait peut-être pas bien avec l’espace. Curieusement, pendant qu’un des membres jouait du mélodica, je m’imaginais au bord de l’océan ou quelque part dans une forêt islandaise.

Même si la musique en elle-même ne m’a pas complètement convaincu, tous les membres donnaient le meilleur d’eux-mêmes, et au final, c’est leur passion et leur dévouement qui attirent sans cesse les fans. múm est clairement dévouée à son art et semble être un groupe très intéressant, capable de sortir des sentiers battus. Il serait imprudent de sous-estimer leur talent artistique, car leurs concerts ne cesseront d’évoluer après la sortie récente de leur nouvel album, History of Silence.

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disco / disco funk / indie / indie folk / indie rock

Foxwarren live, c’est de la disco, mais de la soft disco

par Stephan Boissonneault

Il y a environ une semaine, le prince canadien de la pop baroque, Andy Shauf, était de retour à Montréal, mais cette fois-ci avec l’un de ses premiers véritables groupes, Foxwarren. Nommé d’après une toute petite ville du Manitoba, Foxwarren s’est produit sur la scène du Théâtre Fairmount pour promouvoir son deuxième album, 2. Mon groupe et moi étions un peu en retard et n’avons pu assister qu’à la fin du concert de la première partie, Allegra Krieger, mais la dernière chanson que j’ai entendue était dépouillée et émouvante. Alors que Krieger jouait de sa guitare électrique en fingerpicking, j’ai ressenti une affinité avec une autre auteure-compositrice-interprète indie alternative, Margaret Glaspy, du moins avec ses premiers EP.

Foxwarren a ouvert son concert avec « Dance », le premier titre de 2, aux accents disco lents. Shauf était à la guitare rythmique et au sampler, qu’il a utilisé pour créer des effets de batterie 808 et des samples de vieux films romantiques des années 50 et 60, que l’on retrouve tout au long de 2. Honnêtement, j’aurais aimé entendre davantage de samples de films en live, comme sur l’album, car ils viennent joliment compléter l’atmosphère thématique de l’ensemble. Malgré tout, Foxwarren a offert un spectacle incroyable. Les autres membres du groupe, Dallas Bryson, les frères Avery Kissick et Darryl Kissick, ainsi que Colin Nealis, ont tous joué avec une telle complicité qu’on aurait dit qu’ils formaient un groupe depuis des décennies, ou du moins depuis deux décennies. Les échanges sur scène ont été très limités, à l’exception de quelques « bonjours » et « merci » de la part du discret et docile Shauf.

Nealis est un nouveau venu, mais les quatre membres principaux, Bryson, les frères Kissick et Shauf, faisaient déjà de la musique ensemble avant la sortie de l’album The Party d’Andy Shauf en 2016, qui a été acclamé par la critique. Les moments forts de ce concert ont sans aucun doute été le morceau funky « Deadhead », mon préféré sur l’album 2, « Yvonne » et, bien sûr, le tube du groupe, « Sunset Canyon ». Nous avons également eu droit à un rappel avec « Green Glass » d’Andy Shauf, une chanson que je n’aurais jamais pensé entendre en live. Oui, Foxwarren mérite tous les éloges, même en dehors du lien avec Andy Shauf.

Codes d’accès | Un phare pour le son de demain

par Loic Minty

Dans le silence, face au public, l’attention s’est concentrée sur chaque expression, chaque mouvement et chaque silence entre les respirations. Rebecca Gray nous a montré qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un orchestre pour remplir la scène. Chaque seconde de sa performance était riche en intention et en courage, surpassant n’importe quel instrument par son expression émouvante. C’était humoristique, vertueux et, surtout, brillamment composé. Et ce avec un répertoire qui révélait le thème sous-jacent d’un dialogue étrange et qui mettait en lumière son grand talent d’actrice.

La musique était pour le moins contemporaine ou selon son propre terme, « déjantée ». À mesure que sa conscience passait d’un personnage à l’autre, sa voix faisait de même. Trilles aigus, sons percussifs, rires et autres sons tout simplement indescriptibles. Dans un hôpital psychiatrique, ces sons ne seraient peut-être passés inaperçus, mais ici, à la Sala Rossa, tout le monde est resté bouche bée.

Sa collaboration avec la dramaturge Sarah Pittman, intitulée Deer Opera, a véritablement volé la vedette. Même s’il s’agissait d’une collaboration peu conventionnelle, l’humour était très accessible et l’ajout d’une simple lumière vive pour séparer les intrigues parallèles a permis de tout harmoniser. L’histoire s’est déroulée de manière fluide, culminant dans un moment de prise de conscience satisfaisant qui nous a laissés bouche bée, comme des cerfs pris dans les phares d’une voiture. Avec son jeu d’acteurs, son scénario et sa scénographie minimaliste si raffinés, la pièce ne donne pas l’impression d’être une première ; elle a la maturité d’une œuvre qui a déjà fait le tour du monde.

La soirée s’est terminée par une magnifique pièce instrumentale, imaginée et écrite par de jeunes compositeurs locaux. Avec ses ruptures brusques, ses passages rapides et ses solos, cette oeuvre exigeait manifestement un haut niveau de technique, et les interprètes, pour la plupart de formation classique, ont rendu ces moments cruciaux avec une précision chirurgicale. Entre les cordes grinçantes jouées sur des accords doux de piano électrique et les sons diaphoniques du saxophone et de la flûte, ce fut un superbe jeu entre tension et soulagement. Le caractère éthéré de la composition donnait l’impression d’être plongé dans un film du Studio Ghibli, et la soirée s’est terminée en nous laissant émerveillés.

Codes d’accès a ainsi lancé sa saison avec un succès retentissant, musical dans tous les sens du terme. Tout le spectre de l’expérience musicale a été couvert. Expression brute et sauvage, proche de l’art performatif. Immersion attentive d’un travail électroacoustique. Magie naturelle d’une pièce contemporaine finement composée et interprétée par des musiciens talentueux. Cette approche consistant à soutenir les artistes émergents donne toujours des résultats surprenants et captivants, offrant un aperçu de la musique à venir.

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art-punk / post-punk / punk-jazz / rock

Viagra Boys, le chaos à l’état pur

par Stephan Boissonneault

La tournée Infinite Anxiety des Viagra Boys au MTelus a donné lieu à un rêve fiévreux et dépravé. Le chanteur Sebastian Murphy s’est glissé sur scène, torse nu et couvert de tatouages traditionnels, comme s’il avait été mariné dans du whisky bon marché et des choix de vie douteux.

Ses cheveux gras pendaient sur le dessus de sa tête, formant une triste frange courte au-dessus d’un visage qui a vu le fond de nombreuses bouteilles, ainsi que des lunettes de soleil noires cachant ses yeux. Le reste du groupe, Linus Hillborg (guitare), Elias Jungqvist (claviers), Henrik « Benke » Höckert (basse), Tor Sjödén (batterie) et Oskar Carls (saxophone), s’est lancé dans l’intro indie rock lourde et purulente de « Man Made of Meat », et Murphy a souri de manière menaçante avant de grogner : « Très bien, OK. … »

BODEGA

Le public était prêt pour les Viagra Boys, bien préparé par le groupe d’ouverture, les New-Yorkais post/art punk BODEGA, qui ont commencé la soirée dans une ambiance absurde. La musique de Bodega est satirique, une attaque furieuse contre l’establishment avec des hymnes punk cinglants. Et c’est sacrément amusant. La chanteuse/percussionniste/échantillonneuse Nikki Belfiglio est au premier plan, frappant son charleston et chantant avec le chanteur/guitariste Ben Hozie sur le consumérisme et l’étrangeté de la culture en ligne.

BODEGA

« Nous sommes Bodega, pas le groupe AI, Nodega, alors si vous voyez ces types, dites-leur d’aller se faire foutre », crie Belfiglio avant d’entamer Thrown. BODEGA déborde d’énergie et a quelque chose à dire dans chaque chanson, mais si on résume vraiment, leurs morceaux, à part peut-être le dernier Tarkovski, sont du punk pur et dur qui vous fait bouger. Ils étaient le groupe idéal pour ouvrir le concert des Viagra Boys.

BODEGA

Le morceau Ain’t No Thief des Viagra Boys a frappé comme un revers de ton dealer, avec une basse grinçante et un saxophone qui semblait inhaler des vapeurs de peinture. La voix de Murphy, mi-chanteur de bar, mi-lézard, rampait sur la foule comme une gueule de bois dont on ne peut se débarrasser. Il bougeait comme une marionnette cassée, avec des spasmes saccadés et des mouvements de hanches, déchaînant son fabuleux ventre. Tout le monde dans la fosse était trempé de bière et de mauvaises décisions. L’air était épais de fumée de cigarette (probablement celle de Murphy, qu’il utilisait comme une baguette de chef d’orchestre) et de désespoir. Les corps se pressaient les uns contre les autres dans l’obscurité collante, bougeant au rythme illégal.

Viagra Boys

« Cette chanson parle de rester chez soi, de ne rien faire et d’être tout simplement un vrai connard », explique Murphy avant d’entamer Waterboy, extrait du dernier album viagr aboys. Les plaisanteries de Murphy sur scène relevaient purement et simplement de la philosophie de rue : il divaguait sur les relations ratées, les mauvaises habitudes et les raisons pour lesquelles les soins de santé ne peuvent pas guérir ce qui ne va vraiment pas chez vous, à savoir la « pyramide de la santé ». Il y a eu un moment d’activisme sincère lorsque Murphy a déclaré que notre société régressait vers une période de fascisme pur.

« On vit comme en 1933, mec, on doit rester soudés, et je vais dire : Free Palestine ! » Les Viagra Boys ont ensuite entamé Troglodyte, une chanson sur les guerriers du clavier qui restent chez eux à troller et sur les théoriciens du complot d’extrême droite.

Medicine For Horses était absolument magnifique, démontrant que Murphy a vraiment le talent pour chanter avec une voix grave et sombre qui peut vous arrêter net dans votre élan. Bien sûr, l’absurdité a continué lorsque Murphy s’est effondré sur scène et s’est mis à divaguer sur des crevettes apprenant à faire du sport (il s’agit bien sûr de Shrimpech). « Je suis désolé d’être si ému, mais cette dernière chanson m’a vraiment attristé, tout comme la suivante. »

Ils ont entamé Sports, et le saxophone de Höckert est devenu complètement sauvage, hurlant comme un animal blessé dans une affaire louche qui a mal tourné. Le son était si sale qu’on pouvait pratiquement le sentir laisser des traces sur son âme. Murphy se tordait contre le micro, la sueur coulant sur son visage en ruisseaux de pure saleté. Le rappel consistait en un autre single des Viagra Boys, The Bog Body, suivi de ADD et peut-être de la chanson la plus lente des Viagra Boys, Worms.

« En fin de compte, mec, on finit tous en pâture pour les vers », conclut Murphy, clôturant la soirée par une déclaration honnête, même si elle fait transpirer.

avant-garde / expérimental / contemporain / musique contemporaine

Chambre commune avec Quasar et Trio Zukan

par Frédéric Cardin

Un quatuor d’un côté, un trio de l’autre. Côté jardin, quatre saxophones québécois (Quasar), côté cour un accordéon, des percussions et un txistu basques espagnols (Trio Zukan). Pardon? Un quoi? Un txistu, une flûte traditionnelle basque, jouée verticalement telle une flûte-à-bec. Bref, tout ce monde se réunissait jeudi soir, 18 septembre 2025, à l’Espace Orange du Wilder à Montréal, dans le Quartier des spectacles. Chambre d’écoute, le titre du concert mais aussi de la première pièce dans l’ordre du programme, a offert cinq compos de quatre compositeurs-trices dont trois unifiant les deux ensembles. Si la pièce-titre, de Chantale Laplante, était intéressante, ce sont les deux œuvres de la Québécoise Émilie Girard-Charest qui ont le plus marqué votre humble chroniqueur. 

Bien campée dans une facture sonore contemporaine éduquée, la musique de Girard-Charest possède une qualité que trop peu de ses équivalents revendiquent : une attention à la construction narrative stimulante et captivante. Atonale, expérimentale, éclatée, la plume de la jeune artiste est néanmoins attachée, du moins c’est ce que j’y ai perçu, à la construction et l’expression d’une histoire. Laquelle? Ça c’est up to you, mais ce qui est certain, c’est que les mélomanes sont amenés quelque part, et ce grâce à une architecture générale facilement compréhensible, autant pour les oreilles averties que les simples curieuses/audacieuses, sans expertise. 

Dans les deux partitions proposées par la compositrice, Artefaktuak et Quantum Statistical Zero-Knowledge, c’est la première qui m’a fait le meilleur effet. Écrite spécifiquement pour le trio Zukan, Artefaktuak est formée de deux sections aux contrastes texturaux simples et efficaces, suivies d’une courte et pimpante conclusion. La première des sections est construite avec des sonorités pointillistes qui sont accentuées par les gestes des artistes sur scène. Le geste physique menant au son est ici aussi important que le son lui-même. La deuxième partie fait appel à des sons frottés, plus soutenus dans le temps, comme un archet sur le vibraphone par exemple. Chacune des sections est déployée dans un crescendo dynamique et énergétique menant à sa fin. 

Quantum Statistical Zero-Knowledge est écrite pour le quatuor et le trio unifiés, dans une facture tripartite Intense-calme-intense où les deux mouvements extérieurs sont particulièrement denses, voire saturés jusqu’au bruitisme, alors que le mouvement central apporte une dose souhaitable d’apaisement. La mécanique quantique, cette branche scientifique qui rend compte des mécanismes existant dans l’infiniment petit, révèle des réalités étonnantes, comme l’intrication ou la simultanéité d’états contraires. Si Quantum Statistical Zero-Knowledge n’offre pas une incarnation particulièrement déstabilisante des possibilités musicales, elle est néanmoins une pièce qui sait maintenir l’intérêt des auditeurs, même plus profanes. En soi, c’est déjà une réussite, surtout dans le domaine des musiques très complexes.

Le Concerto grosso de Miguel Matamoro est foisonnant de couleurs à l’image des compositions du même type de l’ère baroque, alors que Jalkin de Ramon Lazkano, des points et des traits sonores assez prévisibles, m’est apparue comme l’œuvre la plus conformiste du lot. 

Opus 17 : Le sermon du serpent

par Loic Minty

Entre spa nordique et conception sonore de vaisseau spatial des années 1970, la Casa, avec ses échos, est devenue un navire pris dans une distorsion spatio-temporelle à la vitesse des jours qui raccourcissent. Des mouvements lents, presque imperceptibles, ont transformé deux heures en un clin d’œil, nous entraînant dans les ambiances profondes de Ben Grossman et Micheal Mucci, connus ensemble sous le nom de Snake Church.

Façonné par une vielle à roue et un instrument à cordes frottées traité par des synthétiseurs modulaires, leur son évoquait une atmosphère nostalgique et cathartique qui rappelait A Feast Before the Drought de Puce Marie : des gémissements aigus comme la sirène d’un navire traversant l’Atlantique et de longues textures boueuses et inharmoniques dans les médiums.
Bien que le contenu mélodique soit resté globalement statique, la résonance modulée des cordes à travers des textures lisses et granulées faisait écho à l’esprit de l’Opus 17 d’Éliane Radigue, qui a inspiré cette série de concerts. À l’instar des dernières œuvres de Radigue, leur musique est en perpétuelle transformation, liant le passé et l’avenir dans un état intermédiaire palpitant de vie.

À mi-chemin de ce voyage, ils sont passés à une nouvelle tonalité par incréments d’un quart de ton. Les sirènes se sont dissoutes en nuages éthérés, dispersés comme des taches de soleil. Le navire a accosté dans un autre monde verdoyant, et les moteurs graves se sont tus, laissant tout en suspension. Alors que la longue fin permettait à la poussière de retomber, le silence est revenu, non plus timide ou inquiétant, mais accueillant. Des applaudissements mêlés à des sifflements de serpents et des rires ont retenti lorsque les lumières se sont rallumées et que les habitués du Mardi Spaghetti se sont rassemblés pour discuter. Pour le premier concert de cette nouvelle série Opus 17, la fréquentation a été forte et l’anticipation est grande quant à ce que les organisateurs présenteront ensuite.

Hermeto Pascoal et l’ONJ| Exécution lumineuse pour le génie disparu

par Michel Labrecque

Mon collègue Alain Brunet l’a écrit: «Hermeto Pascoal doit être considéré comme un génie absolu ». Ce multi-instrumentiste brésilien, peu connu sous nos latitudes, a produit un mélange inédit de musique brésilienne, de jazz, de musique expérimentale et tutti quanti. 

Par un hasard total, le concert hommage de l’Orchestre National de Jazz de Montréal, préparé de longue date, était présenté cinq jours après son décès. Le directeur invité, Jovino Santos Neto, est un compagnon de route de Hermeto Pascoal, ce qui ajoutait beaucoup d’émotions. D’autant plus que Jovino parle un excellent français et pouvait nous communiquer aisément cette palette émotive. 

Pour les amateurs de la musique de Hermeto, dont je suis, se posait toutefois une question. Comment ce big band de jazz allait pouvoir traduire la musique souvent éclatée et hors format du génie? Parfois, il n’y a qu’un solo de piano, parfois des flûtes indigènes, parfois de l’accordéon?

La réponse est arrivée rapidement, dès le premier morceau, Apresentação: il se trouve que O Bruxo (le sorcier) ,comme on le surnomme, a déjà écrit des arrangements pour big band. Les musiciens ont toutefois dû sortir de leur zone de confort, en commençant la pièce avec des onomatopées vocales. 

Les arrangements de cuivres étonnaient ! Et l’orchestre était furieusement « tight ». Ça sonnait hyper-bien malgré la panne de console au début du concert. A suivi Brasil Universo et nous étions en état d’apesanteur. Ça « groovait » sérieusement, avec les dérapages atonaux qui sont une marque de commerce de Hermeto.   

Il est devenu rapidement évident que Jovino éprouvait du plaisir à diriger ce groupe. Quand la console s’est rétablie (elle était apparemment morte au début du concert), il s’est installé au piano pour jouer deux pièces en solo de Pascoal, et nous lévitions! Ceci dit, c’est Marianne Trudel qui a assuré au piano pendant la presque totalité du concert et elle et elle l’a fait très très bien, comme d’habitude.  Il y avait une complicité évidente entre elle et Jovino, qui s’étaient connus au Brésil il y a longtemps. 

La partie suivante  du concert était un peu plus jazz traditionnel, bien que savant. Et le public était conquis, semblait-il. L’ONJ comptait un percussionniste invité, le brésilien Carlos Henrique Feitosa. Il y a eu beaucoup de solos; le saxophoniste David Bellemare était dans une forme éclatante, ainsi que Jean-Pierre Zanella, le plus brésilien des saxophonistes québécois. 

Ça s’est terminé en lion avec Piramide, sur laquelle tout le groupe était déchainé. Et Obrigado Mestre (Merci au maître) , à la fin de laquelle Jovino Santos Neto a dû essuyer quelques larmes. 

Bref, les sceptiques ont été confondus et nous avons passé une magnifique soirée. Le prochain concert de l’ONJM se déroulera le 30 octobre et présentera de la musique de compositrices. C’est un rendez-vous.

ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL

La Musique de Hermeto Pascoal

18 septembre

Cinquième Salle de la Place des Arts

classique moderne

Duos violon-piano, virtuosité, posture « agriculturelle »

par Alain Brunet

Virtuose de posture agriculturelle parce qu’il s’inquiète du sort de notre petite planète et se consacre à construire des ponts entre culture et agriculture biologique, le violoniste Emmanuel Vukovich poursuivait dimanche la mise en œuvre de concerts estivaux dans cette salle de concert aménagée à la ferme Cadet Roussel dans la municipalité rurale de Mont Saint-Grégoire en Montérégie. L’enregistrement public de la création de trois duos violon piano de la compositrice fut une expérience d’élévation pour le petit auditoire présent, et le sera fort possiblement pour celles et ceux qui s’immergeront dans cet enregistrement audio et vidéo.

En amont de ce concert présenté le dimanche 14 septembre, nous avions parlé de ce projet avec les trois artistes directement concernés : Emmanuel, la pianiste et maestra canadienne Maria Fuller (de Saskatchewan) et la compositrice américaine Sheila Silver (upstate New York), pour l’enregistrement public de Resilient Earth. Dans un contexte de grande fragilité environnementale, l’inspiration d’une réplique de notre planète aux actions néfastes du genre humain est plus que légitime.

Dans cette optique, Sheila Silver a imaginé une œuvre pour violon et piano trois parties distinctes. Il s’agit d’un prolongement de Resilient Earth, soit quatre caprices pour violon seul composés entre l’été 2020 et février 2022. Pendant la période pandémique, la compositrice a réfléchi à la destruction continue de notre environnement et s’est intéressée aux solutions écologiques pour y remédier. Un enregistrement fut fait, son interprète et la compositrice ont convenu de poursuivre l’expérience avec ces duos flambant neufs.

D’entrée de jeu, les Danses populaires roumaines de Béla Bartók, que maîtrisent à l’évidence Emmanuel Vukovich et sa collègue Maria Fuller, sont très clairement inspirés du folklore balkanique et migrent progressivement vers la modernité pour se conclure dans une gigue musclée, percussive côté claviers, très appuyée dans les attaques du violon. Composée il y a 110 ans, ces danses annonçaient l’immense chantier de Bartok dans l’aventure moderne de la musique au 20e siècle. Nous étions donc en terrain connu avant de passer au plat principal, les trois duos de Sheila Silver.

Trees come from the Skies se déploie dans la lenteur de sa progression harmonique au clavier, les harmonies explorées y sont très clairement modernes –  trois premières décennies du 20e siècle. Cette œuvre évoque le miracle sylvestre tel que ressenti par la compositrice, cette capacité qu’ont les arbres de se régénérer et de nous oxygéner. Les phrases mélodiques du violon permettent ici de belles envolées dans les hautes fréquences, on apprécie ensuite le dialogue du violon en pizzicato avec le piano que les motifs alimentent bellement. Bref, une proposition néo-moderne que tout amateur de musique classique devrait comprendre sans forcer.

On se dirige vers Photosynthesis – Magic, une ode à la photosynthèse et à la capacité de régénérescence terrestre. Le jeu se calme pendant un moment, jusqu’à ce qu’il investisse une construction en mesures composées, qui permettent aux deux instruments la superposition d’un discours contrapuntique. Cela, d’ailleurs, n’est pas sans rappeler le modernisme balkanique à la Bartok, qui s’adoucit et propose de magnifiques motifs pianistiques permettant au violon d’élaborer un discours complémentaire. Les changements de tempo ajoutent à cette théâtralité du son.

Le point culminant sera atteint avec Dracula Reimagined, assurément la plus violente des trois propositions de Sheila Silver. Les avant-bras plaqués sur le clavier, les 10 doigts bien enfoncés dans les ivoires, les motifs atonaux, les cadences violentes, le maelström organisé, voilà un beau raccourci pour passer à un discours hybride, construit sur des harmonies modernes du siècle précédent. En somme, les formes observées à travers ces trois œuvres sont connues, digérées, même celles de Dracula Reimagined, plus violentes et plus atonales par moments. Sheila Silver préfère accomplir un très beau jeu de références que d’en imposer des nouvelles, au plus grand plaisir de son public.

En conclusion, on a posé la deuxième tranche de ce succulent sandwich moderne, soit la Rhapsodie pour violon et piano n° 1 de Béla Bartók  ainsi que la Rhapsodie tzigane de concert de Maurice Ravel. Le choix de Bartok et Ravel en introduction et en conclusion de programme n’est pas aléatoire, il  s’inscrit parfaitement dans l’esthétique néo-moderne de Sheila Silver, qui peut lorgner néanmoins des périodes esthétiques plus récentes, sans bouleverser quoi que ce soit de ce qu’on en connaît. 

Il va sans dire qu’une telle immersion dans cette modernité musicale demeure et demeurera une expérience des plus nourrissantes pour une vaste majorité de mélomanes habitués aux référents baroques, classiques ou romantiques. Voilà une autre clé pour ouvrir les portes du présent.

PROGRAMME :
Danses folkloriques roumaines – Béla Bartók

Trees come from the Skies – Sheila Silver

Photosynthesis – Magic – Sheila Silver

Dracula Reimagined – Sheila Silver

Rhapsodie pour violon et piano n° 1 – Béla Bartók

Rhapsodie tzigane de concert – Maurice Ravel

MUSICIENS :

Maria Fuller – piano
Emmanuel Vukovich – violon

chanson / classique / musique traditionnelle juive

L’âme yiddish de Montréal au Centre des musiciens du monde

par Frédéric Cardin

Le Centre des musiciens du monde lançait hier soir sa nouvelle saison de Concerts intimes. Une saison allongée, avec plus de concerts et de découvertes à la clé. Si le concert d’hier est un bon indicateur, ce sera une riche année. Mélodiquement parlant, ce sont certaines des plus belles chansons que j’ai entendues dans les dernières années qui ont été interprétées lors du concert Tur Malka (la montagne du roi) – nouvelles chansons Yiddish du Canada . Plusieurs d’entre elles étaient flambant neuves, jamais données encore sur scène. S’il y a bien quelques détails à fignoler et un rendement scénique à accorder, la beauté touchante du matériel offert par l’ensemble est un gage de succès assuré dans le cœur de ceux et celles qui les écouteront. 

Le quatuor est formé de Henri Oppenheim au piano, à la guitare, aux percussions, aux compos et aux arrangements, Mael Oudin à la contrebasse et aux arrangements, Elvira Misbakhova à l’alto et Sheila Hannigan au violoncelle. Oppenheim est l’idéateur du projet, Français d’origine juive installé à Montréal depuis presque 30 ans. Les chansons en yiddish, la langue des Juifs d’Europe de l’est, piochent dans le style mélodique ultra poignant, émotionnellement puissant même, de la tradition est-européenne. Celle-ci, lourdement décimée par l’Allemagne nazie, est heureusement encore bien vivante à Montréal, un des principaux bastions mondiaux de cette culture historique. Oppenheim puise ses textes dans la poésie en yiddish, dont celle de plusieurs poètes montréalais comme Chava Rosenfarb ou Jacob-Isaac Segal.

Les arrangements, empreints de tendresse et de mélancolie, sont portés avec un grand soin par les interprètes hors pair que sont Sheila Hannigan, une habituée de toutes les musiques, et Elvira Misbakhova, excellente altiste de l’Orchestre métropolitain en plus d’avoir joué très souvent dans des ensembles klezmer de la métropole. Mael Oudin à la contrebasse se fait plus discret mais sa présence demeure néanmoins essentielle. Oppenheim anime les enchaînements de manière sobre, et avec une discrète pointe d’humour. 

En fin de compte, ce fut un moment de communion humaine extrêmement touchant, trempé dans la richesse culturelle du Montréal juif, sans lequel l’âme de la métropole ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

DÉTAILS ET BILLETS POUR LA SÉRIE CONCERTS INTIMES

Prochains concerts de la série : 

  • 17 décembre 2025 – Didem Basar, kanun – Sous la lune de Topkapi
  • 23 janvier 2026 – Ori Shalva, choeur – Échos de Sakartvelo, polyphonies georgiennes
  • 11 février 2026 – Guillaume Martineau, piano et Gabriel Paquin-Buki, clarinette – Une nuit dans le jardin d’Éden
  • 18 mars 2026 – Sadaf Amiri, santour – Scintillement de cordes intérieures
  • 15 avril 2026 – Duo Perse-Inca – Federico Tarazona (charango) et Showan Tavakol (kamancheh) – La vallée des rêves

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