indie pop

POP MTL | U.S. Girls dans toute sa splendeur

par Marilyn Bouchard

Meghan Remy , alias U.S. Girls, était de retour à Montréal dans toute sa splendeur, entourée de  musiciens et choriste.

Ce samedi 27 septembre au Ria. La musicienne et productrice torontoise derrière U.S. Girls était enthousiaste et remplie d’émotion d’être de nouveau sur une scène montréalaise, qu’elle nous a confié apprécier particulièrement.

Elle a présenté pour l’occasion des extraits issus de In a Poem Unlimited et de Bless This Mess principalement, parsemant le spectacle de séquences passionnées de danse et de petites interventions personnelles et cocasses, comme sur sa myopie.

Celle qui aime beaucoup collaborer avec plusieurs artistes à l’écriture et à la production  s’est replongée dans certaines de ses plus récentes State House (It’s a Man’s World), Rosebud, Dear Patti, L-Over et des incontournables telles que Overtime, Bookends et 4 American Dollars, très appréciées des fans qui ondulaient lentement devant la scène. Nous avons également eu droit à une reprise originale de Rage of Plastics de Fiver en version pop expérimentale.

 En somme, malgré quelques désagréments  mineurs côté sonores (interférences et choriste absente du mix sur une chanson), l’énergie était au rendez-vous et le public fut charmé.

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électro arabe / Hip Hop / hip-hop / Moyen-Orient / Levant / Maghreb

POP MTL | DAM, ZE groupe pionnier sur scène

par Simon Gervais

Groupe rap palestinien par excellence, pionnier du rap arabe, DAM (Da Arab MCs) nous a électrisés samedi, 4e soirée de POP Montréal. 

Rappant principalement en arabe, mais aussi en anglais et en hébreu, Tamer Nafar, Mahmoud Jreri et Maysa Daw s’avouaient affectés par le décalage horaire en début de spectacle. Cela dit, ils ne manquaient pas d’énergie sur scène.

Enfilant ´banger’ après ´banger’, la formation hip-hop a enflammé un public dont près des deux tiers étaient arabophones, plusieurs arborant le keffieh en symbole de résistance pour la cause palestinienne. Pour l’un de leurs hits, Emta Njawzak Yamma, Maysa a fait usage du micro de façon surprenante, créant un effet sonore particulièrement amusant.

Mention spéciale à Maysa, qui nous a enseigné à pousser le cri de célébration arabe et pris un moment pour déclamer certains des textes traduits en anglais , question de permettre aux néophytes d’en saisir la signification.

J’ai eu les larmes aux yeux à quelques reprises, mon esprit voyageant naturellement vers Gaza et toute la souffrance et l’injustice subies là-bas. J’ai aussi été touché par ce partage culturel qui défie toutes les barrières, même dans une salle adjacente à une épicerie Maxi spécial casher puisque située à la lisière d’Outremont. Ce vivre ensemble qui perdure au-delà des conflits, ça me touche beaucoup. 

Ce fut ainsi un spectacle à la fois touchant, lourd de sens, mais non pas sans légèreté et sans joie. Comme quoi l’un n’empêche pas l’autre et la résilience l’emportera toujours.

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indie rock / pop-punk / post-punk

POP MTL | Ribbon Skirt magnétique, frénétique

par Simon Gervais

Finaliste de la courte liste au prix Polaris 2025 pour son album Bite Down, le duo indie rock montréalais Ribbon Skirt a livré, le 27 septembre dernier à La Sotterenea, une performance à la fois magnétique et frénétique.

La chanteuse et guitariste anishinaabe Tashiina Buswa était chargée d’une énergie chaotique, très contagieuse. Elle chantait souvent les yeux clos, comme envahie par son monde intérieur. S’aventurant tantôt sur les enceintes de son, tantôt parmi la foule, puis recroquevillée ou encore allongée sur scène, Buswa occupait l’espace de façon presque transgressive et profondément théâtrale, poussant l’idée du concert comme rituel collectif.

Son partenaire, le multi-instrumentiste Billy Riley, la bassiste ainsi que le batteur étaient tout autant survoltés, donnant lieu à une prestation très incarnée et flamboyante, tout en mouvement. La complicité entre les musiciens était palpable, chaque regard ou sourire semblant alimenter la tension électrique du moment. On pouvait observer une subtile identité queer au sein du band : bassiste au genre ambigu, Riley vêtu d’une chemise à froufrou et jouant de sa guitare rose scintillante, détails qui participaient à l’esthétique unique du groupe.

L’indie rock de Ribbon Skirt est chargé d’émotions viscérales. Cette intensité puissante s’appuie sur des influences garage et grunge des dernières décennies, post-punk des années 90, mais aussi sur un soupçon de pop punk des années 2000. Le son oscille ainsi entre fureur et fragilité, créant une expérience sonore cathartique.

Avec la chanson Off Rez, Ribbon Skirt aborde de façon frontale son identité autochtone, les frustrations systémiques et le désir d’évasion qui s’y associe. Le nom du groupe fait référence aux jupes traditionnelles autochtones, célébrées depuis 2023 lors du National Ribbon Skirt Day.

Leur prochain EP, PENSACOLA, attendu le 3 octobre 2025 sous étiquette Mint Records, se veut une forme d’épilogue à Bite Dow.

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avant-pop / disco

POP MTL | Elle Barbara à l’heure de Word On The Street

par Marilyn Bouchard

C’est avec grâce et plaisir que la Montréalaise Elle Barbara était de passage au Rialto ce samedi 27 septembre, ouvrant pour les U.S Girls, afin de présenter un bouquet de compositions et de reprises inspirées.

L’artiste transgenre (autrefois Jeff Barbara) et ses musiciens ont ainsi rejoint leurs  fans pour une prestation décomplexée et remplie d’autodérision, frôlant parfois le burlesque. 

Vêtue d’une combinaison pastel moulante pairée à une longue chevelure brune, Elle a revu avec beaucoup d’humour son répertoire disco-pop, parfois psychédélique. Elle a insisté particulièrement sur les pièces de son plus récent album Word On The Street. Dans ce contexte, Elle a d’ailleurs créé une performance où Elle se marie à elle-même!

Également vidéaste, elle a aussi accompagné la pièce Hitler, Satan & Associates LLP par des images de son cru. Les chansons Justice Complice, Caramelized Onions, BBQ All-Dressed et Word on The Swing se sont elles aussi mariées à certaines relectures, dont l’une très sensuelle de Beat It qui n’a pas manqué de faire sourire  l’assistance. Enfin, elle a fait un clin d’œil à Délice Créole remixé, pour un début de soirée tout en rythmes et en couleurs où l’avant-garde était à l’honneur!

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Ambient Folk / électronique / folk expérimental

POP MTL | Jules Reidy, le fil d’une histoire mystérieuse

par Félicité Couëlle-Brunet

Vendredi soir à POP MTL, j’ai croisé par hasard l’univers de Jules Reidy, artiste de Berlin, originaire d’Australie.

Tout a commencé presque incognito. Après le concert de Una Rose, alors que la scène se vidait dans un va-et-vient de techniciens, une silhouette discrète déposait une guitare classique, puis une autre électrique, suivies d’un ordinateur et de quelques contrôleurs déposés sur une petite table centrale. Avec son allure modeste, on aurait juré qu’iel faisait partie de l’équipe technique.

Puis, les lumières s’éteignent. Silence. Jules revient, cette fois seul. Pas un technicien, mais bien l’artiste. Iel s’avance avec délicatesse, prend sa guitare électrique et se place devant le micro. Chaque geste est mesuré, tendre, presque timide. Peu à peu, une présence s’installe, subtile et magnétique.

La première note résonne. La voix se déploie, douce et narrative, comme un fil qui nous guide à travers une histoire mystérieuse. Derrière, des textures électroacoustiques se construisent graduellement : nappes étranges, enveloppantes, constantes, auxquelles la guitare répond avec une précision et une intention frappantes. Les deux univers s’emboîtent parfaitement, créant un équilibre hypnotique.

Des effets vocaux autotunés viennent se greffer, rappelant une pop dure et éthérée, dans la continuité de la soirée qui annonçait le set suivant, celui de Chanel Beads. Les boucles s’accumulent, ralentissant le temps, plongent la salle dans une transe douce. On n’écoute plus seulement de la musique : on flotte dans un espace suspendu.

Jules dépose sa guitare électrique, ajuste patiemment ses textures électroniques, avant de revenir avec l’acoustique. Plus brute, plus rugueuse, elle décale l’atmosphère, ajoutant une profondeur inattendue. Toujours avec grâce, toujours en prenant son temps, iel laisse chaque son respirer, chaque silence compter.

Et le public, captivé, se laisse happer par cette lente construction, comme si on assistait à une cérémonie intime où tout se déploie avec intention.

Un moment rare. Hypnotique. Touchant.

Jules Reily ne donne pas un concert : iel ouvre un passage, un espace où le temps devient émotion.

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latino / reggaeton

POP MTL | Nuit latine au Piccolo Rialto, presque torride

par Alain Brunet

On s’attendait à une nuit torride au Piccolo Rialto, jusqu’aux petites heures. Ce fut moins infernal que prévu. Le clou de cette nuit était Isabella Lovestory, dont on dit qu’elle vient de franchir le mur de New York où on s’apprête à la propulser encore plus haut.

Montréalaise originaire du Honduras, elle fait dans un reggaeton plus hardcore et souvent joué beaucoup plus rapidement, avec des effets sonores clairement atypiques malgré ses velléités pop. Isabella fait aussi dans la lourde évocation kitsch latino, vu ce look de midinette sexy se trémoussant aux quatre coins du rectangle scénique.

Plus rap que chant, sa dégaine vocale est certes enflammée, mais un tantinet brouillonne, échevelée, un peu perdue dans le maelström. Pas mal, on en convient, mais on attend les effets spéciaux! Avec un budget à la hauteur des prétentions de miss bombe, on remplacera les animaux gonflables, les ballons de Saint-Valentin et ce monde de toutous softcore ornant la scène, ceci incluant la principale intéressée. Mention spéciale à son excellente et très créative DJ, la New-Yorkaise ali rq, à suivre de près.

Une heure plus tôt, on s’était présenté au sous-sol du Rialto pour Jashim, qui brille dans l’underground montréalais pour ses déconstructions de reggaeton et sa posture non binaire afro-colombienne. Or, sa proposition sur scène a été plus convenue que ses enregistrements tout à fait rafraîchissants, pour leur originalité et leur aplomb. À peine une demi-heure passée sur scène, Jashim a quitté côté cour, après qu’une invitée sexy ait fait contrepoint avec son look beaucoup plus neutre, assurément non genré.

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art-rock / expérimental / contemporain / J-pop / noise / pop psychédélique

POP MTL | TEKE::TEKE encore et toujours inclassable

par Marilyn Bouchard

La formation montréalaise TEKE::TEKE a présenté un concert à la hauteur des attentes de son public déchaîné, ce vendredi 26 septembre au Théâtre Rialto dans le cadre de son passage à POP MTL. Présentant un assemblage de sa discographie inspirée, ils sont passés par leurs albums Hagata, Shirushi et même Jikaku (EP), sans oublier la favorite Ezio’s Family, se retrouvant sur le nouveau Assassin’s Creed. 

Costumes flamboyants, masques excentriques,  projections de figures géométriques ou nuageuse: on aura compris que les sept complices ont offert une prestation déjantée où l’énergie était au maximum, autant sur scène que dans l’assistance. 

On a eu droit à des solos originaux de Yuki Isami à la flûte traversière, à une partition complexe d’Étienne Lebel au trombone et à quelques moments de puissance brute de la part de Maya Kuroki au chant, qui était magnétique.  Inspiration japonaise… inclassable !

Habitant la scène comme sa maison, tantôt dansant de manière contemporaine et tantôt criant dans le mégaphone, elle nous a emmenés visiter les pièces Meikyu, Setagaya Koya et Ai No Kozuna avec passion. 

Devant un plus ou moins millier de personnes qui s’éclataient sur la piste, le Rialto s’est transformé en un lieu de transe festive, digne des plus gros festivals.

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punk / rock

POP MTL | Kasador met le feu au décor

par Marilyn Bouchard

Les quatre amis de Kingston n’ont pas attendu longtemps pour mettre le feu aux planches à l’Hémisphère Gauche ce jeudi 25 septembre dans le cadre de POP MTL. C’est devant un public d’une trentaine de personnes et un fond de scène noir à l’effigie de leur nom que les artilleurs de Kasador, porteurs du rock&roll ontarien, ont ouvert leur prestation de fin de soirée.

Ils ont d’emblée réchauffé l’atmosphère avec Youth, posant tout de suite le ton déjanté et l’énergie survoltée de leur passage. Ils ont enchaîné des extraits de Broad & Bloom, Youth et de leurs plus récents EP Kasador I et II avec intensité, passant par Could’ve Loved You, Talk About It et Skeleton Park.

Le plaisir et la complicité entre les membres était palpable et Cameron, visiblement amusé, nous a offert quelques coups de pied dans les airs bien sentis pour marquer les accents du jeu percussif à Stephen. À mi-chemin, la foule a commencé à se dégourdir avec eux juste à temps pour les plus dansantes, culminant avec R.I.P. Me Down pour une finale attendue. Un concert court mais électrisant, qui nous a fait oublier la pluie en nous offrant 45 minutes d’émotion brute et de rock gentil.

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americana / folk-rock

POP MTL | The Codas se font de nouveaux amis

par Marilyn Bouchard

Tout en douceur que The Codas, invités par POP Montreal dans le cadre de leur Counterfeit Cowboy Tour, se sont embarqués sur la scène de l’Hémisphère Gauche ce 25 septembre. De Kingston en Ontario, tout comme leurs amis de Kasador, leur apparition relativement nouvelle (2019) ne leur enlève en rien la place de choix qu’ils ont su se tailler sur la scène indépendante canadienne. 

Ils ont puisé dans le matériel de leurs EPs Chasing Sun et Is This Us en ne laissant de côté aucune des plus appréciées du public : Habit, One Foot out the Door et Eyes Closed étaient sur la liste. 

À travers les singulières chansons folk-rock teintées d’americana, le public de prime abord timide s’est rapproché, devenant captivé et attentif à leurs riches harmonies vocales et à la sensibilité charismatique de Braden. 

Les musiciens nous ont également surpris avec deux récents extraits, soit Last Call et Poison, rendant ce passage unique pour les fans des premières heures. On a eu droit à un solo inspiré, à des arrangements-surprise de violon électrique, ainsi qu’à plusieurs beaux moments à trois voix qui valaient le détour.Avec cette prestation empreinte d’émotion et de mélodies hypnotiques,  The Codas n’ont  pas manqué de séduire de nouvelles oreilles et de bercer Montréal.

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folk-rock / indie pop / pop-rock

POP MTL | Erika Hagen incante les fantômes au Rialto

par Florence Cantin

En première partie de Michel Pagliaro, j’ai découvert Erika Hagen et son premier album solo, Pouvoirs magiques, sorti en avril dernier. Une jolie succession de premières fois pour un mercredi soir — c’est un peu ça, au fond, Pop Montréal.

Au yiable ceux qui boudent les premières parties.

Dans ce nouveau projet, l’ardeur du punk croise la rugosité du folk-garage, le tout porté par une base rock et indie-pop. La poésie de Hagen se dessine plus particulièrement dans le relief entre résistance et tendresse nostalgique. C’est un monde où les fantômes sont des amis, qui se glissent gentiment entre les murs de nos appartements. Les pouvoirs magiques n’existent pas, malgré toutes nos superstitions et bonnes intentions. Les femmes sont libres de crier, cracher, casser, courir et bien plus encore.

Les riffs oniriques sont complètement magnifiés par la basse de Louis-Solem Pérot. Il sert les chansons avec une agilité pop rare, exploitant la simplicité des notes pour ajouter une texture qui ajoute une richesse à l’ensemble. Puis il y a une espièglerie éclatante dans le jeu de Hagen. Elle nous surprend au détour de ruptures de rythme inattendues. Sa manière singulière de s’adresser au public nous tient en haleine.

Je pense notamment à Anita, une chanson dédiée à sa grand-mère disparue : « Anita, tu ne reviendras pas, tu traînes ta jupe de laine dans toutes les villes européennes. » Au-delà de la musique, la gorge nouée par l’émotion, elle nous présente des portraits et des histoires qui entrent par l’oreille, et bientôt, on se surprend à les voir se dessiner devant nos yeux. La virtuosité de sa plume y est pour beaucoup. Elle est superbe à voir en concert.

Photo: Louis Longpré

darkwave / EDM / électro-punk

POP MTL: Slash Need: Pas de scène, pas de chaises, pas de frontières..

par Loic Minty

La foule s’est formée en un large demi-cercle autour de Slash Need, maintenue à distance par la présence volcanique du chanteur Dusty Lee. Ils marchaient sur des charbons ardents à la périphérie, soutenant de leurs yeux écarquillés le regard médusé du public. Derrière eux, ce qui ressemblait à un savant fou (Alex Low) avec des lunettes d’aviateur tournait les boutons de filtres stridents, transformant les basses acides en grognements animaliers. C’était un ensemble primordial, mêlant sensualité et colère non seulement à travers leur musique, mais aussi dans leurs tenues et leurs performances audacieuses. L’un des membres a traversé la foule avec des lampes de poche et un bas sur la tête, aveuglant les appareils photo des téléphones et nous captivant dans l’instant. Il était clair qu’il n’y avait pas d’échappatoire. Un extrait a retenti après leur premier morceau : « Vous êtes venus ici pour vous amuser, pour danser ? Eh bien, c’étaient les derniers. »

C’était un rappel bienvenu que la musique ne sert pas seulement à divertir ou à vendre. Slash Need est tout sauf un anesthésiant ; ils sont ce qu’ils disent. Et dans un monde où l’identité est affichée avec trivialité, ils portent le flambeau de groupes comme Suicide ou Pussy Riot, qui ont tourné le dos à la sympathie pour créer quelque chose de réel. Juste parce que, pourquoi pas ?

Malgré leur côté combatif, leur performance était accueillante et ouverte à la physicalité du corps. Tout le monde dansait, au moins dans une certaine mesure, sur les lignes de basse séquencées et les rythmes contagieux de la boîte à rythmes. Entre cela et les paroles qui criaient littéralement « ressentez votre corps », l’expérience tout entière constituait une prise de conscience profonde. Au final, le message était plutôt positif. Derrière une interprétation violente se cachait une tendre attention pour le public, le désir de le sortir de sa cage mentale.

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dance / électro-indie / funk psychédélique / jazz-fusion

POP MTL: Un bar clandestin à mille kilomètres sous terre en Europe avec TUKAN

par Léa Dieghi

Hier soir au Bar Le Ritz PDB, TUKAN a pris son envole sur la scène québécoise, déployant un assemblage de plumes-sonorités multicolores. Et c’’est dans le cadre de POP Montréal 2025 que le groupe bruxellois, composé de ses quatre membres, est venu agiter le dancefloor montréalais. 

Le concert, ouvert en première partie par le groupe canadien Poets’ Workout Soundsystem, a commencé en fureur. Ce groupe, très mystérieux sur les réseaux sociaux, est un secret bien gardé de la scène musicale Montréalaise. Performant le minimalisme dans la mise en scène (deux personnes, un projecteur, un micro, une boîte à rythmes, un tracksuit), c’est dans l’énergie d’une poésie contestataire que le Bar le RitZ PDB s’est plongé. Les beats sont aussi simples que la scénographie, mais ce qui compte, c’est le message. La résistance, l’anticapitalisme, la communion. Qu’on apprécie ou pas le format, le message semble, de nos jours, provenir d’un sentiment que beaucoup partagent. Un message nécessaire: Nous ne sommes pas seules, même dans le chaos de cette société qui semble tous nous diviser. Ce slam crié, sur fond électronique, a été une sorte de début de catharsis avant le show de TUKAN, qui, rapidement, a pris le relais. 

Batterie, synthétiseurs, guitare, piano, machines analogues… TUKAN, c’est le point de rencontre entre quatre individus, entre différentes sonorités, instruments, genres, mais aussi entre eux, et nous. Au fur et à mesure de la performance, le public ne peut rester stoïque face à la complicité  des membres, qui se traduit en musique. Ils semblent communiquer par le son, l’un parle, l’autre répond. Les sons s’enchaînent avec une certaine simplicité, et bientôt, c’est comme si on était projeté loin du continent nord-américain. Cette performance a l’hybridation entre le jazz, le post-rock, le psychédélique, et la musique électronique, nous projette dans un speakeasy à mille lieux sous terre en Europe. 

Lumière tamisée, corps dansant, quatre artistes passionnés, sublimés. C’est groovy, dansant, parfois transcendantal et planant.  On sent définitivement la touche européenne au sein de ce croisement des genres. Jouant plusieurs de leurs titres de leurs derniers albums Human Drift, sorti en 2025, ainsi que des plus anciens, ils nous ont baladés dans leur univers le temps d’une soirée. Et pendant un instant, l’Europe m’a manqué. Heureusement que la musique s’exporte, et que ces artistes ont la possibilité de venir jouer, dans le cadre d’un festival, ou non, ici, chez nous, à Montréal. C’était TUKAN live pour POP MTL, et c’était bon, vraiment bon!

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