L’OSM présente une soirée à saveur folklorique et hollywoodienne. Au tour de la violoniste Simone Lamsma d’agir en tant que soliste à la Maison symphonique avec le concert Éclatante nostalgie : De l’Europe à Hollywood que l’OSM présentait deux soirs consécutifs avec une version Apéro symphonique mardi, avant de présenter le programme dans une version plus traditionnelle le mercredi.
Le programme arborant la pastille « poétique » dans la programmation de l’orchestre met de l’avant Béla Bartok et Erich Wolfgang Korngold, deux compositeurs de l’Europe de l’Est ayant au cours de leurs vies respectives émigré aux États-Unis. Dans une ambiance folklorique et parfois même hollywoodienne (comme le titre le précise) ce programme marquait le retour de Rafael Payare à la barre de l’OSM à l’approche des fêtes.
Une œuvre de Claude Debussy amorçait le concert avec une orchestration de la pièce L’isle joyeuse, originalement composée pour piano. À l’aide de soufflets que l’orchestre effectua à merveille et d’un son qui a su remplir la Maison symphonique, le public a pu se laisser bercer pendant cette première pièce du concert.
Le Concerto pour Violon de Korngold, interprété par Simone Lamsma, poursuivit le concert en beauté. La pièce pige dans plusieurs thèmes du cinéma composés par le Korngold illustration le côté plus hollywoodien de ce concert, particulièrement dans les deux premiers mouvements où la soliste a su jouer avec grande délicatesse les grandes envolées lyriques du concerto avant de conclure la pièce avec un 3e mouvement teinté de virtuosité où nous avons pu témoigner de la complicité entre Lamsma et Payare, qui partageaient des sourires complices tout au long du mouvement. L’orchestre a su laisser briller la soliste tout en prenant la place nécessaire dans les tuttis.
Le concert s’est terminé avec le Concerto pour orchestre de Bartok. Si le genre musical du concerto est traditionnellement pour un instrument solo accompagné d’un ensemble, il est clair à l’écoute que Bartok a voulu donner la parole aux différentes sections de l’orchestre avec des tuttis et des solos un peu partout au travers de celle-ci. En ce qui concerne l’interprétation de la pièce, Rafael Payare a une fois de plus démontré sa capacité à faire vibrer l’orchestre dans les passages les plus intenses de la pièce, particulièrement avec les cuivres qui étaient au rendez-vous hier soir pour ce concert. Cette intensité lui a donc permis d’aller chercher un contraste bienvenu dans les deuxième et quatrième mouvements, qui, malgré leur douceur et leur fluidité, ont été quelque peu éclipsés par les trois autres mouvements, qui possèdent une force de caractère certainement plus grande.
Photo Antoine Saito























