Nicola Cruz est monté sur scène à l’Esplanade Tranquille à 21 h pour clore la première soirée du 26e MUTEK, devant une foule importante venue vivre l’expérience en chair et en os de son DJ set. Vêtu d’un col roulé et d’une veste jean, arborant une attitude à la fois enjouée et décontractée, il a lancé la soirée avec une présence sobre mais magnétique.
Cette première performance DJ s’inscrivait dans une programmation déjà amorcée par l’intervention percussive et interactive de Valentina Magaletti, suivie du live immersif de Stephen Beaupré, qui manœuvrait avec synthétiseur, boîte à rythmes et Ableton Live.
L’attirail du producteur équatorien paraissait simple: devant lui, quatre platines à entraînement direct sur lesquelles il faisait tourner les vinyles de sa collection. Cette approche traditionnaliste du DJing a donné lieu à un set éclectique, mêlant techno, house et breakbeat, tout en y incorporant une large palette d’influences musicales, des Balkans à l’Amérique latine, en passant par les scènes électro underground nord-américaines et la house européenne.
Cette exécution de morceaux électro-futuristes témoignait de son profond attachement à une musique résolument corporelle, qui a su éveiller les festivaliers dans une communion rythmique, où l’effervescence kinétique n’a cessé de croître au fil du set.
Les rythmes techno et électro résonnaient dans la cage thoracique, provoquant une réaction viscérale : les têtes hochaient, les épaules se balançaient, les jambes frappaient le sol au rythme de la musique. Les passages les plus intenses se mêlaient à des moments de transe accentués par des distorsions, des bips expérimentaux et des percussions latines, le tout porté par des ornements rythmiques subtils et enveloppants. Dans cet espace saturé de basses et de percussions, la foule devenait un seul organisme vibrant, respirant au rythme d’un kick soutenu. D’autres moments nous plongeaient dans la dub techno, la minimal techno et la microhouse, offrant fluidité et relâchement, et installant les festivaliers dans un état quasi méditatif.
S’étant vu accorder une quinzaine de minutes supplémentaires, Nicola Cruz a conclu la soirée en force, mêlant l’ensemble des genres explorés au fil du set dans une finale énergique marquée par son edit du morceau aux influences Chicago house It’s Gonna Be… (A Lovely Day). On ne pouvait demander mieux pour lancer cette 26e édition du festival MUTEK.
Nicola Cruz sera produira de nouveau le samedi 23 août dans le cadre de Metropolis 2, à compter de 23 h.
photo: Vivien Gaumand























