americana / chanson keb franco / indie folk / indie rock

Laurence Hélie sort du lit: toutes les créatures de son moi profond

par Alain Brunet

Laurence Hélie en français ou Mirabelle en anglais ? Créature hybride?  Qu’importe. Cette femme crée des chansons, des ambiances, des fréquences qui finissent par nous happer et nous mener au bon endroit. 

Depuis les années 2010, cette chanteuse, autrice et musicienne a fréquenté l’americana et l’indie rock anglo-américain. Elle s’exprime dans les deux langues et on ne s’en plaindra pas dans la république de Montréal. Depuis les débuts de son parcours, on aurait pu conclure à l’incohérence de sa direction artistique, à la girouette esthétique.

Aussi modeste soit-il, son nouveau spectacle infirme cette appréhension : Laurence Hélie présente un vrai corpus artistique: inspiré, équilibré, complet.

En ce mercredi 19 novembre au Lion d’Or, elle savait rire d’elle-même, s’avouant fatiguée, exaspérée par une covid longue qui, trop souvent, trop longtemps, la cloue au lit avec ses chats comme elle le raconte  dans la chanson Last Chance Lake. Lorsqu’elle arrive à sortir du lit, en tout cas, elle se présente sans filtres apparents, fragile et mortelle telle qu’elle est, parfois éteinte par la conjoncture générale pour des raisons évidentes. Enfin… on la croit! 

Cela étant posé, Laurence Hélie trouve quand même l’énergie de pondre des chansons solides, bien tournées, assez substantielles pour qu’on les écoute à répétition. Elle trouve le moyen d’écrire des textes solides et consonants malgré leur simplicité apparente. Néanmoins, son arme principale est sa voix : timbre magnifique, superbes inflexions, susurrements circonspects, puissance naturelle.

Sans prétention apparente, son groupe compte des multi-instrumentistes aguerris, toustes capables de tout jouer, guitares, basse, claviers, batterie : Karolane Carbonneau, Navet Confit (Jean-Philippe Fréchette), Pierre-Guy Blanchard, sans compter la participation du doué Mat Vezio à la batterie sur deux titres, ce dernier ayant assuré une première partie touchante et minimaliste en y présentant une demi-douzaine de chansons neuves – il revient de loin le mec, infarctus printanier, maman alzheimer, papa sourd, on en passe.

Laurence Hélie aura interprété, grosso modo, les titres de son mini-album Tendresse et bienveillance, lancé en 2025 chez Simone Records, aussi d’une reprise singulière de Nirvana qu’elle a enregistrée récemment (All Apologies), sans compter quelques « classiques » de sa discographie franco ou anglo. 

Elle a beau faire vraisemblablement plus de siestes que nous en faisons, son art n’a rien d’endormant. 

Laurence Hélie réunit désormais toutes les variables de son moi profond et affiche une belle maturité chansonnière. Aurez-vous saisi qu’elle mérite plus d’attention qu’elle n’en reçoit. À vous de jouer!

Tout le contenu 360

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné