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L’âme de Melissa Aldana transperce le Big Band de l’UdeM

par Michel Labrecque

Avec le froid et les cordes de pluie qui tombaient sur Montréal, il fallait un peu de courage pour se rendre à la salle de concert de la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Mais ce n’était pas en vain : le saxophone solaire de la Chilienne Melissa Aldana nous attendait. Avec un Big Band d’étudiants qui semblait chauffé à bloc. La pluie ? Quelle pluie ?

Melissa Aldana s’est attiré beaucoup d’éloges au cours des dernières années pour l’originalité de son jeu et la qualité de ses compositions. « C’est une des meilleures saxophonistes sur la planète », m’a dit João Lenhari, trompettiste, professeur et directeur musical du Big Band lors de notre entrevue. Et par cela, il voulait dire sans distinction du sexe.

Habituellement, Melissa se produit en sextet ou en quintette. Son unique expérience en big band était un projet réalisé avec le Frankfurt Radio Big Band, un projet inspiré par l’artiste mexicaine Frida Kahlo. C’est à une version de ce projet que nous avons eu droit à la Salle Claude Champagne.

João Lenhari l’a déclaré, d’entrée de jeu, dans son français joliment teinté d’accent portugais : reproduire ces compositions de Melissa Aldana arrangées par Jim McNeely était un travail sérieux de complexité qui a exigé beaucoup de répétitions.

Dans l’ensemble, ce concert était à la hauteur. Les kids se sont très bien tirés d’affaires. Ces pièces, qui sont du jazz teinté de latinité, mais de façon très subtile, sont effectivement difficiles à exécuter. Mais, dans l’ensemble, tout coulait. La section rythmique était particulièrement impeccable, de mon  avis de profane, qui écoute beaucoup de musique.

Ce qui est particulièrement chouette dans ce genre de concert, c’est la capacité d’humilité de la « vedette ». Melissa Aldana laissait beaucoup de place aux solos des étudiants, les applaudissait, les encourageait. Je ne sais pas si on trouve ceci dans la musique classique. Il y a eu un moment particulièrement émouvant ou la saxophoniste ténor Maude Gauthier et Melissa Aldana dialoguaient, se donnaient la réplique. Je me demandais à quelle vitesse le cœur de Maude battait. C’est une chance incroyable !

Bref, ce fût une soirée chaleureuse et musicalement excellente. Seul petit bémol : parfois, le Big Band enterrait un peu le saxophone de Melissa, qui est souvent dans des émotions très subtiles. Fort heureusement, elle a pu démontrer tout son talent dans un solo sans accompagnement, où on réalisait l’ampleur de son registre et des nuances.

Je vous recommande donc d’écouter son dernier album Echoes Of The Inner Prophet, pour prendre la mesure de ses talents de saxophoniste et de compositrice.

Le 7 décembre, la Salle Claude Champagne recevra le saxophoniste Bob Minzer, accompagné par le Big Band des diplômés de l’université.

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