arabo-andalou / Maghreb

FMA 2025 | La grande classe de Lila Borsali

par Alain Brunet

Chanteuse de grande qualité, Lila Borsali explorait samedi les recoins de la pensée face à l’exil. Ses introductions de chaque chanson au programme rappellent plusieurs états de l’exil à travers les mélodies, rythmes et paroles des artistes les ayant créées.

Cette fois, elle mettait en lumière Ya Ghorbati, « chant séculaire où palpitent les mémoires blessées de l’exil ». Ce répertoire raffiné comprenait aussi une composante kabyle (amazigh algérienne ou berbère algérienne), soit une langue autochtone qui existait avant les invasions et la colonisation arabe à partir du 7e siècle. Et qui existe toujours. Une forte portion de l’Algérie québécoise étant kabyle et dont plusieurs parlent toujours leur langue d’origine, on peut comprendre l’intérêt des festivaliers venus remplir la 5e salle de la Place des Arts ce samedi 8 novembre.

Originaire de Tlemcen, Lila Benmansour avait pris le nom Borsali lorsqu’elle maria Selim Borsali, dont elle est la veuve depuis 2013. Spécialiste du répertoire arabo-andalou, mais ne parlait pas cette langue kabyle qu’elle a approfondie dans le contexte de ce programme – nous a-t-elle confié. Son directeur musical et oudiste l’a assistée afin qu’elle en maîtrise la prononciation et les accents toniques de la langue amazigh. On ne se prononcera pas sur les résultats mais on vous assure que le public a vraiment apprécié dans son ensemble

Pour tout Occidental qui n’a qu’une connaissance théorique de cette culture, l’exotisme est complet : les (2) violons sont joués à la verticale, le quanoun est un instrument à cordes pincées et exigeant une technique complexe, ney (flûte traditionnelle), deux ouds (luth arabe) et deux percussions – derbouka, cymbales, tambours sur cadre, etc.

De souches arabes et nord-africaines, les mélodies modales de ces chants arabo-andalous peuvent se coucher sur des accompagnements doux et soyeux, mais aussi impliquer de vrais élans rythmiques, fortes pulsations suscitant le battement des mains et même les youyous aigus des spectatrices galvanisées.

Deux heures bien pleines, conclues sans l’euphorie générée par cette chanteuse excellente, dont le timbre rappelle des voix aux carrières fort différentes mais unies par leur texture vocale et leur tessiture mezzo soprano – Joan Baez, Edith Butler, Nana Mouskouri.

Altière, très élégante dans sa robe traditionnelle blanche serti de dorures orientales, Lila Borsali aura comblé le public du FMA, à l’évidence conquis d’avance.

Publicité panam

Tout le contenu 360

Souk du Sud 2026 | Du erhu à la cumbia, un Souk Pro sous le signe des rencontres

Souk du Sud 2026 | Du erhu à la cumbia, un Souk Pro sous le signe des rencontres

FME 2026 I Max Baby est un elfe indie quelque peu louche…

FME 2026 I Max Baby est un elfe indie quelque peu louche…

FME 2026 | RIZOMAGIC de Bogotá, futurisme tropical et accordage cosmique

FME 2026 | RIZOMAGIC de Bogotá, futurisme tropical et accordage cosmique

FME 2026 I Birds of Prrrey’s , chant des sirènes d’un autre type

FME 2026 I Birds of Prrrey’s , chant des sirènes d’un autre type

FME 2026 I Choses Sauvages, où se trouve l’indomptable

FME 2026 I Choses Sauvages, où se trouve l’indomptable

FME 2026 I Camilla Sparksss nous apporte le bruit sur un plateau d’argent

FME 2026 I Camilla Sparksss nous apporte le bruit sur un plateau d’argent

Jackie Leung – Inside Out : Piano Music by Alvin Singleton

Jackie Leung – Inside Out : Piano Music by Alvin Singleton

UdeM | Rentrée jazz réussie et intrigante

UdeM | Rentrée jazz réussie et intrigante

Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir

Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir

FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival

FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival

Tönky Hönk – The ËP

Tönky Hönk – The ËP

The Holland Court Jazz Trio – Inverted Tango

The Holland Court Jazz Trio – Inverted Tango

18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu

18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu

Eldritch Priest – Too, So Like Nothing

Eldritch Priest – Too, So Like Nothing

Raymond Roussel – No One Asked Us Yet

Raymond Roussel – No One Asked Us Yet

Rite of Strings – Dust and the Moon

Rite of Strings – Dust and the Moon

SMCQ |  Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique,   ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027

SMCQ | Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique, ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027

Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement

Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement

Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue

Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue

Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie

Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie

Souk du Sud 2026 | Borduas : de la scène aux coulisses de la culture

Souk du Sud 2026 | Borduas : de la scène aux coulisses de la culture

Jabfung – In Real Life

Jabfung – In Real Life

Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This

Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This

MUTEK 2026 | Expérience 6 se conclut dans la jungle d’un gars nommé Gerald

MUTEK 2026 | Expérience 6 se conclut dans la jungle d’un gars nommé Gerald

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné