Festival Ligeti à la Salle Bourgie | Pierre-Laurent Aimard : Touchantes et transcendantes perspectives

par Rédaction PAN M 360

Il y a cent ans déjà, le fascinant compositeur hongrois György Ligeti voyait le jour. Même s’il a disparu en 2006, sa musique a préservé une trace imposante sur la musique contemporaine et actuelle des XXe et XXIe siècles. La Salle Bourgie et le Quatuor Ligeti ont invité une foule d’interprètes et de compositeurs à venir rendre hommage à cet architecte sonore aussi diversifié que bouleversant.

La musique de Ligeti est difficile à définir en une seule œuvre puisqu’elle évolue non seulement à travers les formats dans le quel il a composé, mais aussi à travers les périodes. Ainsi, il était impossible d’adéquatement représenter et honorer son œuvre à travers un seul concert. C’est pourquoi ce festival est composé de trois concerts distincts, indépendants, pour t’enter de représenter les différents aspects du travail de Ligeti et de le présenter à un public souvent déjà conquis, mais toujours aussi curieux face à une musique si inusitée.

Le dernier concert du Festival Ligeti invitait un musicien de marque. Le fantastique pianiste français Pierre-Laurent Aimard venait rendre un hommage remarqué et sincère à un proche collaborateur et ami en la personne de Ligeti. Il a proposé un touchante mise en perspective des œuvres pour piano du compositeur avec les œuvres du répertoire classique (avec Beethoven), romantique (avec Chopin) et moderne (avec Debussy). C’était également l’occasion de mettre en valeur le nouveau piano à queue de concert de la Salle Bourgie (un Steinway modèle D-274 de Hambourg).

La première partie est entièrement consacrée à l’alternance entre les mouvements de la Musica ricercata (1951-1953) de Ligeti et des Bagatelles de Beethoven (une sélection parmi elles). On apprécie la manière avec laquelle Aimard met en évidence les idées en résonnance et les liens étroits entre l’écriture des deux compositeurs. On se surprend à parfois perdre le fil et à confondre les deux compositeurs, du moins lorsque l’on ne connait pas les œuvres par cœur. On ne peut qu’admirer l’interprétation intense et magnifique de la part du pianiste.

Le programme de la seconde partie a été modifié, offrant à nouveau une alternance de compositeurs, cette fois-ci entre les œuvres de Ligeti, Chopin et Debussy. Cela donne l’occasion à Aimard de comenter chaque œuvre du programme et d’en expliquer la logique. L’attention avec laquelle il a reconstruit le programme démontre tout l’amour sincère qu’il portait pour Ligeti et sa musique, et on le sent à travers l’exploration harmonique, mélodique et rythmique qu’il a proposé. Il offre même un rappel, où il joue l’œuvre Fanfares qui avait été retirée du programme. Un grand succès et une belle occasion de réfléchir sur les échos entre les époques.

On peut qualifier la célébration de György Ligeti et son Festival à la Salle Bourgie comme un succès. Que cela soit une occasion de découvrir ou d’approfondir sa connaissance sur le compositeur hongrois, une chose est sûre : il a été impossible de rester passif devant la musique intensément créative et époustouflante de ce monument de la musique contemporaine.

Crédit photo : Claudine Jacques

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