Tout comme lors des Francos en juin dernier, Jocelyne Béroard a offert un spectacle mémorable pour son tout premier concert en solo à Montréal. Elle alternait entre chant, pas de danse, quelques chorégraphies tout en s’amusant sur scène devant une foule déjà conquise. La plupart connaissait les paroles de ses plus grands succès par cœur. Elle s’est même aventuré vers le raggamuffin, démontrant ainsi sa polyvalence artistique. Bien entendu, ses plus grands hits tels que « Pa Bizwen Palé », « Wèp » ou encore « Siwo » ont beaucoup plu à l’audience qui était debout pour une bonne partie de son spectacle. Elle passait d’une chanson triste qui parle d’enfants pas comme les autres à une chanson plus festive, presque sans transition. La surprise de la soirée est lorsque Rebecca Jean est venue se joindre à elle sur scène pour chanter sur « Siwo ». Et comme Jocelyne l’a mentionné durant son entrevue avec Alain Brunet, elle est dans l’esprit de transmission aux plus jeunes générations et c’est clairement ce qu’elle a fait avec Rebecca Jean.
Rapide changement de costume et elle réapparait resplendissante, vêtue d’une tunique jaune, et c’était parti pour une deuxième portion de son spectacle qui a embrasé le Monument national. La voix de Jocelyne, unique et reconnaissable dès les premières notes, n’a pas changé malgré l’âge. Elle parvient à pousser les notes tout en chantant juste. Mais c’est la chanson « Kay-Manman » qui a réellement levé la foule et qui a permis de clôturer ce spectacle d’ouverture en apothéose. Et pour couronner le tout, Jocelyne et Tony ont reçu une plaque d’honneur remise par Pierre-Roland Bain.
Et tout juste avant le show de Jocelyne Béroard, Tony Chasseur a partagé plusieurs de ses succès, notamment « La vie » ou encore « Dansé soleil », sur lequel le pianiste Ronald Tulle nous a offert des solos à couper le souffle. En effet, Tony Chasseur donne beaucoup de place à ses musiciens afin qu’ils brillent à leur tour, portant par moments son chapeau de chef d’orchestre. Il a même invité Jean-Christophe Germain sur scène pour un petit bout d’improvisation, malgré quelques soucis techniques. Ces deux artistes ont eu l’occasion de collaborer au sein du groupe Malavoi dans le passé et se retrouvent à Montréal plusieurs années plus tard. La gente féminine était particulièrement expressive durant la portion de Tony Chasseur, connaissant certaines de ses chansons par cœur. « Merci pour l’accueil. J’étais déjà venu à Montréal mais c’est la première fois que je me produis ici », nous apprend-il.
Mais avant la portion des deux têtes d’affiche, nous avons eu plusieurs artistes en première partie, à commencer par le compositeur, auteur et guitariste Harold Faustin et la chanteuse-auteure Samina, du groupe KoulKoulDuo. Ils ont ouvert le bal avec leur musique mélodieuse, teintée de solos de guitares époustouflants de Harold. La voix de Samina, tantôt apaisante, tantôt rythmée, vient bien s’intégrer au groove jazzy et afro des musiciens et ensemble, ils ont su nous transporter le temps de trois morceaux.
Après ce duo, j’ai découvert Jean-Christophe Germain, un violoniste et chanteur virtuose basé à Montréal. Même s’il était seul sur scène, on avait l’impression d’avoir un band complet devant nous. Avec sa petite machine qui envoyait des instrumentaux élaborés, avec des chœurs intégrés, il y rajoutait sa voix et son violon au son particulier. Un pur délice à l’oreille.
Tout juste après lui, Rebecca Jean a pris d’assaut la scène avec son piano et ses trois musiciens, un bassiste que je ne connaissais pas, le talentueux Amady Sidibè à la guitare et son percussionniste de longue date Moïse Yawo. Elle a débuté avec sa reprise d’« Hier encore », de Charles Aznavour, en créole. Cette Haïbecoise a participé au Spectacle de la Saint-Jean, ce qui l’a fait connaitre à un plus large public. Elle enchaine avec « Amour lumière », un autre de ses succès sur lequel elle a fait chanter toute la salle.
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